Cinq jours sur les Panoramas du Mont-Blanc

La simple évocation du terme Mont-Blanc suffit à inspirer, dans la seconde, des visions grandioses de montagnes enneigées, entre fascination, fantasme et divin. Si le sommet ne peut être envisagé par tous – encore moins désormais ! – fouler du pied ses alentours est en revanche une option souvent retenue. Le Tour du Mont-Blanc fait ainsi partie des grands trekkings classiques des Alpes pour nombre de randonneurs/ses, y compris internationaux. Mais le niveau physique requis peut en décourager beaucoup. A l’usage de ceux-ci, voici l’option Panoramas du Mont-Blanc, un programme complet, sur cinq jours, pour découvrir le meilleur du massif, côté français et italien, en mode rando tranquille et facile. Pas convaincu ? Je vous montre !

 

– INFOS PRATIQUES –

Avec qui partir : les randonnées présentées dans ce reportage et cet article sont proposées par Chamina Voyages dans leur circuit intitulé Les Panoramas du Mont-Blanc. Il s’agit d’un séjour en étoile, au départ des Houches (Haute-Savoie) pour sa partie française et de Courmayeur pour sa partie italienne. L’hébergement se fait en hôtel, en demi-pension, transport des bagages inclus. Le séjour est accompagné par un professionnel diplômé. Pour en savoir plus et réserver votre place pour un prochain départ, n’hésitez pas à consulter la fiche descriptive du voyage sur le site de l’agence.
Niveau & Difficulté : les itinéraires peuvent être effectués par des personnes pratiquant habituellement la randonnée. Les dénivelés quotidiens n’excèdent pas 500 mètres positifs, pour des temps d’activité d’environ 4 et 5 heures en extérieur. Portage des affaires de la journée et du pique-nique (fourni par l’hôtel). Train, bus et télécabines sont fréquemment utilisés pour rejoindre le départ des randonnées.
L’hébergement : nous avons été hébergés à l’hôtel les Campanules pendant notre séjour aux Houches. C’est un deux étoiles mais, franchement, ça pourrait être un trois. Le bâtiment est magnifique et les chambres spacieuses et confortables. Le personnel est aux petits soins, les espaces communs très agréables. On y mange bien et fin. Une très belle adresse. Côté italien, nous avons dormi à l‘hôtel Astoria à Entrèves, plus rustique mais néanmoins très correct. L’hôtel ne fait pas restaurant. Aussi le soir, le dîner se fait, au choix, dans deux adresses voisines : la Palud ou le Chalet Joli. Une petite préférence pour le second, que ce soit en termes d’accueil ou de générosité des plats.
Tarif: premier prix à partir de 775 euros la semaine

mont-blanc
Un cliché pour résumer tout l’esprit de cette semaine de randonnée : la silhouette du randonneur, minuscule, face aux géants du massif. A commencer par le Mont-Blanc en personne, vu ici depuis le lac des Cheserys

JOUR 1 : LE SIGNAL PAR LE PLAN DE L’AIGUILLE

Difficulté : facile | Longueur : 6km | Durée : 3h | Dénivelé : 265m

Petit matin aux Houches. Derrière la vitre du train, le Mont-Blanc et sa suite royale défilent. C’est bon de les revoir. Mais pas question d’aller leur chatouiller la glace. Cette semaine, c’est rando et le Mont-Blanc et sa bande officient comme piliers fondateurs d’un véritable décor de cinéma. Le groupe s’entasse dans la benne du télécabine de l’Aiguille du Midi, direction le Plan de l’Aiguille, terminus momentané pour cause de travaux de réfection du câble sur la seconde section. On débouche au frais, à 2300m, dans l’ombre des Aiguilles de Chamonix. Derrière nous, le Goûter luit au soleil. On n’a pas commencé à marcher que, déjà, le panorama est à couper le souffle. Les géants glacés semblent à portée de main. Difficile de les approcher de plus près quand on est simple randonneur. On leur tourne pourtant le dos, direction le Montenvers par un sentier balcon devenu, au fil des ans, un classique. En-dessous de nous, Chamonix et sa vallée prennent le soleil. Au-dessus, les silhouettes acérées d’un gang d’aiguilles redoutables découpent au rasoir un ciel bleu azur. Plan, Blaitière, Grépon… Les alpinistes locaux les connaissent bien. Pour nous autres, les noms sonnent comme ceux des Titans pour de simples mortels. Nous les regardons avec déférence et fascination.

Ici le randonneur évolue aux frontières d’un Panthéon de sommets légendaires. La grâce lui est accordée d’approcher les portes d’un mystérieux Valhallah et de poser les yeux sur des montagne courtisées par une poignée d’élus qui, seuls, ont pu ainsi approcher des dieux

A 2100m d’altitude, le sentier ondule le long de la courbe de niveau, coincé entre prairies d’altitude pentues et falaises imprenables. On y croise des marcheurs, d’un jour ou de plusieurs, des coureurs, des habitués de la randonnée, d’autres beaucoup moins. L’itinéraire a des allures de pèlerinage et tout ce petit monde converge vers un seul lieu : le Signal. Confluence de ces horizons verticaux, le Signal officie comme assommoir visuel. Le randonneur y est accueilli par la masse formidable du Pilier des Drus, propulsé en trompe-l’oeil à 3754m, juste devant l’Aiguille Verte dont on distingue la longue arête déployée depuis les Grands Montets. La fusion parfaite de deux sommets mythiques. Le terrain de jeu de Walter Bonatti. Niveau légendes, la vue vers le sud vaut également son pesant d’or. Le regard est vite happé par le mur des Grandes Jorasses, dressé immense et raide au-dessus du glacier de Leschaux. Je pense à Rebuffat, je pense à Bérhault, à Steck, à Siffredi… L’une des faces nord les plus difficiles et engagées des Alpes derrière l’Eiger et le Cervin. On dépasse le cadre de la rando. Mais la haute-montagne est un fantasme de randonneur et un univers de héros tragiques et de grandes épopées qu’il aime entendre et raconter. Ce panorama me rend muet. C’est un cadeau fait aux hommes par la Nature. Il est nécessaire de s’en rendre compte en posant les yeux dessus. J’y songe encore dans le petit train qui m’arrache à la contemplation pour me redescendre vers Chamonix. Un peu de patience, on remonte là-haut dès demain !

les drus
Spectaculaire rencontre en venant du Plan de l’Aiguille. Le face-à-face avec le Pilier des Drus reste un choc absolu sur la route du Signal.
mont-blanc
Le départ d’entrée de jeu « grand spectacle » depuis le Plan de l’Aiguille avec, en arrière-plan et plein cadre, le Mont-Blanc. Du moins le Goûter et l’épaule…

JOUR 2 : LAC BLANC

Difficulté : moyen | Longueur : 7km | Durée : 4h | Dénivelé : 500m

Une journée au Pays du Mont-Blanc démarre souvent de la même façon : un petit coup de train, un petit coup de benne et à vous les sentiers ! N’y voyez pas là de la paresse, plutôt une économie de temps. La vallée de Chamonix est à ce point encaissée qu’accéder à plus de 2000m d’altitude ne peut souvent se faire à pied que par de longues et fastidieuses heures d’ascension à travers la forêt, sur des chemins sans charme. Autant aller à l’essentiel donc. La route vers cet essentiel, aujourd’hui, passe par le télécabine de La Flégère. C’est l’une des portes de la Réserve Naturelle des Aiguilles Rouges que nous allons partiellement découvrir au cours de la journée. Un agréable sentier en balcon oscille à travers des plans de myrtilles en direction du chalet des Cheserys. C’est l’un des derniers endroits de la vallée où l’on produit encore le fromage de manière traditionnelle. C’est aussi le démarrage de l’ascension vers les lacs du même nom et, surtout, vers le célèbre lac Blanc, spot de pèlerinage bien connu des randonneurs et des photographes. Tout le monde a en tête cette image du massif du Mont-Blanc se reflétant à la perfection dans l’eau, à l’aube ou au crépuscule. C’est lui. C’est le lac Blanc. Et nous ne sommes pas seuls à y monter !

C’est la classique parmi les classiques de ce secteur. A faire au moins une fois. Mais, si possible, en évitant les processions estivales. Le Lac Blanc n’est jamais aussi beau qu’un petit matin d’automne, vidé de ses hordes bruyantes de touristes.

C’est au carrefour de la Tête aux Vents que l’effet procession commence. Montés depuis Argentière ou le col des Montets, des wagons de randonneurs se succèdent, tous candidats pour le lac. L’ascension se fait à la patience. Le groupe lui, éclate selon le tonus de chacun. A 2210m, le dernier des lacs de Cheserys m’offre le spot photo que j’attendais. Plus massif que jamais, le Mont-Blanc et ses suivants remplissent l’horizon de la vallée de Chamonix. Les Aiguilles Rouges sont parmi les meilleurs endroits pour embrasser l’ensemble du massif et offrent au marcheur des panoramas très scéniques. Après ce lac, la montagne se redresse en remparts plus sportifs. Des échelles et des escaliers sommaires font leur apparition pour faciliter la progression des randonneurs. Ca se bouscule, ça se croise, ça souffle. Des centaines de personnes sont là, à soumettre à la montagne des expériences et des conditions physiques variables. A l’arrivée au lac Blanc, c’est le soulagement, le ravissement et aussi un peu la foire d’empoigne. La foule des grands jours est là, rappelant à qui l’aurait oublié la notoriété du lieu. Ce lac c’est une classique mais, pour la tranquillité, préférez-le hors saison et, mieux encore, à l’aube ou au crépuscule, à la faveur d’un bivouac ! A moins que l’effet de masse vous rassure, auquel cas, vous serez servi !

mer de glace
On était juste en face la veille, au-dessus de cette Mer de Glace dont beaucoup contemplent le lent recul avec gravité. Au fond ce sont les Grandes Jorasses et aussi la Dent du Géant. On est ici côté Lac Blanc et Aiguilles Rouges.
cheserys
Dernier effort avant le Lac Blanc : les échelles et les escaliers qui succèdent au lac des Cheserys ont éprouvé les mollets de nos marcheurs. Mais quelle vue déjà !

JOUR 3 : GLACIER NOIR DE MIAGE

Difficulté : moyen | Longueur : 6km | Durée : 4h | Dénivelé : 400m

Direction l’Italie pour cette troisième journée. Le tunnel du Mont-Blanc a cette capacité déconcertante de faire passer du côté face au côté pile du massif en quelques minutes. Le changement de décor est immédiat. Le minéral s’impose face à la neige et à la glace. Partout les géants glacés ont reculé en altitude plus encore que sur le versant français, laissant derrière eux des remparts rocheux nus et sillonnés de cascades. On a un peu l’impression d’être passé derrière les coulisses d’un décor de cinéma. Les Jorasses, en Italie, ont perdu de leur raideur. Quant à la voie normale du souverain des Alpes, elle se fait ici essentiellement en rocher. Le Val Ferret et le Val Veny, qui courent au pied de la chaîne, sont les deux portails qui permettent au randonneur d’approcher les sommets voire, pour les plus aventureux et expérimentés, de les gravir. Pour notre petit groupe, l’introduction à ce nouveau paysage se fera par le second,, immense vallon fermé tout à l’ouest par le col de la Seigne et que sillonnent quelques glaciers encore colossaux, malgré un recul marqué. C’est le cas de celui de la Brenva, qui surmonte l’accès au tunnel du Mont-Blanc. C’est surtout le cas de celui de Miage, le plus grand de ce côté du massif, formidable corridor de glace descendu depuis les Dômes de Miage et dont la virgule finale, en forme de pince, a créé une énorme moraine à partir de laquelle le randonneur peut partir explorer cet univers singulier.

Fouler du pied le plus grand glacier du versant méridional du Mont-Blanc ? C’est possible dans le Val Veni et ça se passe sur le glacier de Miage. Un tapis de roc et de blocs met l’expérience à la portée du randonneur curieux et prudent.

On appelle ça des « glaciers noirs ». Une lecture de terrain trop superficielle tendrait à les faire passer pour un énième pierrier. Mais ce n’est qu’une couverture, dans tous les sens du terme. Glace, lacs, bédières et moulins sont bien là, juste en-dessous. Ils sont juste recouverts par des tonnes de dépôts morainiques, charriés et transportés par le glacier, cette entité vivante qui, imperciptiblement pour l’oeil humain, avance et recule au fil des ans et des conditions climatiques. Et c’est cette pellicule de surface, qui fait ressembler le glacier à la lune, qui permet justement à notre groupe de se frayer un passage sur la peau de ce géant. La progression n’y est pas toujours simple. Le terrain est piégeux et instable. On y évite prudemment les pans plus sombres, dissimulant de la glace vive. On ne s’approche que très prudemment de l’extrémité des cuvettes où apparaissent des lacs à la teinte de petit lait. L’exercice est parfois soutenu et difficile pour certains. Le pierrier peut poncer les plus endurants, sans expérience préalable de ce type de terrain. Mais quelle ambiance ! Ce n’est pas tous les jours qu’un randonneur est amené à évoluer sur un glacier, tout noir soit-il ! Le tout dans le cadre grandiose du Val Veni et sous l’oeil du Mont-Blanc de Courmayeur et de l’Aiguille Noire de Peuterey. La couleur noire est décidément au centre de cette journée. C’est aussi la couleur du ciel en début d’après-midi. Juste le temps de rejoindre le refuge de Combal et la pluie est là. Les portes du glacier de Miage se referment derrière nous. Les pieds sont fatigués mais les souvenirs déjà intenses.

glacier de miage
Pour qui sait suivre les discrets jalons disposés sur le glacier, il est possible de découvrir de beaux spécimens de lacs glaciaires. Celui-ci, à proximité du refuge Combal, est l’un des plus visités.
Une partie du groupe en action sur le glacier noir de Miage, vaste surface lunaire inondant le Val Veni dans sa partie haute. En toile de fond, c’est l’Aiguille Noire de Peuterey, un sacré objectif en alpinisme !

JOUR 4 : LE REFUGE BONATTI

Difficulté : assez facile | Longueur : 9km | Durée : 4h15 | Dénivelé : 600m

Un matin dans un bus. Ici les randonneurs l’ont à la bonne. Des lignes régulières relient Courmayeur et ses villages voisins à ses plus proches vallées. Le Val Veni, comme hier, ou le Val Ferret, comme aujourd’hui. Je me réjouis de découvrir celui-ci, prolongement oriental de notre randonnée de la veille. On est encore et toujours dans les pas du TMB, mais en version tranquille. Les mêmes paysages, un peu des mêmes sentiers, mais avec nettement moins de souffrance. Depuis le terminus de la ligne, au pied des Aiguilles de Leschaux et du Triolet, le groupe embraye en versant nord, dans la zone de combat des aulnes glutineux. Ca patine un peu dans la pente, ça souffle un peu fort d’entrée de jeu. Mais l’effort est de courte durée : on rejoint assez vite le tracé du Tour du Mont-Blanc qu’on emprunte à contresens. Les aulnes sont restés en-dessous, les pentes raides aussi. En tournant le dos au Grand Col Ferret, qui ferme l’Italie à l’Est pour passer en Suisse, nous prenons pied sur un confortable chemin en balcon qui nous laisse le temps de profiter de vues spectaculaires sur le massif du Mont-Blanc. Nous sommes aux premières loges pour lever les yeux sur la face sud des Grandes Jorasses, une masse minérale immense qui dévore l’horizon. La perspective donne le vertige et les rapports d’échelles totalement disproportionnés. Nous ne sommes et resterons que des poussières sur les flancs de ces géants que nous aimons contempler.

Encore plus profond que le Val Veni, le Val Ferret accueille sur ses chemins en balcon les marcheurs qui, pareil qu’au théâtre, souhaitent occuper les premières loges face au spectacle du Mont-Blanc et des Jorasses. Difficile honnêtement de trouver meilleures places.

A l’approche du refuge Bonatti, Maxime propose aux plus persévérants d’ajouter un peu de dénivelé à l’étape en bouclant sous les bergeries desservant le col de Malatras. C’est une occasion de prendre encore un peu d’altitude et de prolonger notre immersion dans le Val Ferret. La pente se redresse à nouveau. Ici c’est le pays des marmottes. Des tapis bosselés d’herbe rase, des blocs chauffés par le soleil en guise de transats, de l’eau qui cascade joyeusement en dévalant de la montagne. Tout ce qui est nécessaire au bien-être de ces adorables habitantes des montagnes est là. Un peu plus haut, la vue sur le Mont-Blanc de Courmayeur se dégage davantage. Le grand baron local nous aura dévoilé le moindre de ses profils au cours de cette semaine. Retour au refuge pour la pause déjeûner. Le cadre est somptueux, l’exposition idéale. Les refuges italiens sont animés. On sent l’amour de la montagne chez les promeneurs qui affluent en ce lieu. On note également une effervescence latente dûe à l’imminence du départ de l’UTMB. Les petits fanions sont déjà en place pour baliser la trace. Je pense à ces coureurs hors-norme qui la parcoureront tout à l’heure, en pleine nuit, pendant que nous dormirons. Quels athlètes incroyables ! Une soudaine envie de courir se répand en démangeaisons dans mes jambes. Il faudra un coup de pouce du destin pour l’assouvir : un bus trop plein nous fait manquer le retour véhiculé ! C’est le signal que j’attendais. Je sangle mon bagage sur le dos et rentre en petites foulées à l’hôtel. J’aurai au moins eu mon micro-TMB !

val ferret
Côté italien et Val Ferret, les Grandes Jorasses ont une toute autre allure. Moins de glace mais un aspect tout autant redoutable et inacessible. Les fourmis que nous sommes se contentent de lever la tête vers cette Olympie lointaine et fascinante.
val ferret
Magnifique perspective sur le Val Ferret depuis le sentier balcon ondulant en direction du refuge Bonatti.

JOUR 5 : AUTOUR DE MERLET

Difficulté : moyen | Longueur : 8km | Durée : 3h30 | Dénivelé : 350m

Retour en France ce matin, via le tunnel du Mont-Blanc. Partis sous le soleil, nous faisons irruption côté français dans un chaos nuageux opaque qui rince la vallée de Chamonix à grand coup d’averses. Sale temps pour l’UTMB ce soir en perspective. La montagne s’est fermée, dissimulée derrière un rideau gris boudeur. Aucun sommet n’est visible, encore moins le nôtre, l’Aiguillette des Houches, au programme de la journée. Plutôt que de se borner à se mouiller inutilement pour ne finalement rien voir, Maxime joue la carte de l’improvisation et décide d’une virée en forêt autour de la zone du Parc de Merlet. Si vous n’avez jamais vu de bouquetin ou de daim en chair et en corne dans la nature – sauvage – n’hésitez pas à pousser la porte du parc. Avec des enfants, c’est encore mieux. Nous autres nous contentons de longer la clôture d’enceinte avant de remonter en zig-zag dans une haute forêt de résineux. L’occasion de réviser les connaissances sur les épicéas, les sapins et les mélèzes dispensées par notre guide tout au long de la semaine. La marche est agréable et fraîche. Un soupçon humide mais pas trop, surtout que la pluie faiblit aux alentours de 11 heures. Un panneau indique le sommet de l’Aiguillette des Houches à 1h40 : il faudra revenir une autre fois pour l’atteindre.

La pluie s’est invitée pour ce dernier jour de randonnée. L’Aiguillette des Houches est prise dans les nuages. Nous passons notre tour pour une virée en forêt, les panoramas du séjour étant provisoirement bouchés !

J’aime l’atmosphère en forêt, tout spécialement les jours où le panorama fait grise mine. La magie des sous-bois s’y fait plus palpable. Et le regard, dans l’incapacité de voir loin, s’applique davantage que d’accoutumée à en observer les détails. Sous l’effet des averses, les champignons sont de sortie : quelques girolles, rarement des cèpes, des troupeaux de pieds de moutons… Le lac Noir apparaît sur notre droite. J’écarte un pan de ma capuche pour mieux le voir. Une petite surface sombre, tapissée de longs végétaux lancéolés. Après lui vient le Plan de la Cry, une épaule dénudée du versant sur laquelle deux habitations se sont bâties. Une vue probablement spectaculaire sur le Mont-Blanc d’ici. Les terrains doivent valoir de l’or. Maxime me glisse que ce côté de la montagne est l’un des meilleurs spots pour admirer le secteur d’Anterne et des Fiz. Mais les places sont chères. A la faveur d’une trève des averses, nous installons le pique-nique sur la terrasse déserte d’un chalet de Samoteux. Même sans le soleil, le moment du déjeûner demeure un instant apprécié. Surtout quand un petit vin rouge est tiré d’un sac à dos pour trinquer à ce dernier jour. Nous remballons les affaires plus vite que d’habitude pour entamer notre descente vers les Houches. Maxime a bien calculé son coup pour nous éviter le bitume et nous ramener à la porte de l’hôtel par des chemins forestiers bien cachés. Terminus.

Le groupe au grand complet sur la photo : des Belges, des Québecquois, un Vendéen, une Bretonne, des Iséroises… Un melting-pot international !

EN BREF

Un séjour à double sensation : celle d’avoir pu admirer les plus beaux panoramas du massif du Mont-Blanc pour un moindre effort et celle, plus excitante encore, que ces randonnées, en forme d’introduction aux lieux, ont diablement titillé mon envie d’en voir encore plus. Plus loin, plus longtemps, plus haut. Le Mont-Blanc appelle à un éternel retour. Quand un endroit est aussi beau, que voulez-vous y faire

 

by-nc-ndCe reportage Carnets de Rando, sous licence Creative Commons, est la propriété exclusive de Carnets de Rando. Son usage à des fins non commerciales est autorisé à condition de mentionner son appartenance au site www.carnetsderando.net. Pour toute autre utilisation, merci de me contacter.

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