coronavirus et randonnée

Coronavirus et randonnée : pourquoi est-il préférable de ne plus randonner ? [TOPIC FERMÉ]

Suite à de récentes publications sur Facebook, j’ai remarqué pas mal de réactions et de questions interrogeant l’interdiction de randonner. Peut-on encore randonner ? Notre activité favorite, pratiquée au cœur de la nature et loin, on l’espère, des turpitudes sanitaires liées au coronavirus, est-elle devenue illégale ? En gros, doit-on craindre d’être verbalisé si on part sur les sentiers ? Coronavirus et randonnée sont-ils compatibles ? Autant de questions que vous vous posez et auxquelles je vais essayer de répondre le plus précisément possible au regard des informations dont je dispose. La situation évoluant au fil des jours, je veillerai à actualiser cet article aussi fréquemment que nécessaire. N’hésitez pas à me poser des questions auxquelles cette publication n’aurait pas initialement répondues.

MISE À JOUR DU 7 MAI

Depuis le 28 avril, on sait qu’il sera possible de se déplacer sans attestation dans un rayon élargi de 100 kilomètres autour de chez soi et sans limitation de durée. Au-delà il faudra justifier de motifs impérieux, familiaux ou professionnels. Il est envisageable, selon le code couleur (vert ou rouge), que chaque préfet dispose de la liberté d’adapter ce rayon et, notamment, de restreindre/limiter/interdire les mouvements inter-départementaux ou inter-régionaux dans les cas où d’autres départements/régions sont à cheval dans le périmètre des fameux 100 km. Certaines zones pourront également être maintenues fermées (comme actuellement le littoral ou le Parc des Calanques). D’une manière générale, les recommandations d’usage du Ministère des Sports concernant les activités de pleine nature, et notamment la randonnée, sont les suivantes : respect de la distanciation physique (à partir de 2 mètres à allure normale et jusqu’à 5 mètres lors d’un effort plus soutenu), limitation à 10 personnes maximum, pas de covoiturage.

 MISE À JOUR DU 25 AVRIL

À maintenant deux semaines de la date du déconfinement, un horizon se dévoile pour la reprise de la randonnée. Même si la prudence restera de mise et le maintien des gestes barrières nécessaire, le Ministère des Sports assure qu’il sera possible, à titre individuel, de « courir, rouler et marcher » dans des « conditions normales » dès le 11 mai (lire l’article ici). Le retour à la pratique collective se fera, en revanche, de façon un peu plus différée et ajustée. J’imagine que, selon les régions, les préfets auront néanmoins la liberté d’adapter ces mesures à leur territoire. Il est aujourd’hui clair que l’argument des accidents en montagne (ou ailleurs sur les sentiers) n’a plus aucun fondement et que le zèle des autorités à verbaliser les contrevenants est excessif et aveugle. Le retour au libre accès à la nature apparaît à la fois comme un besoin humain, social et économique qui sait obéir aux règles de sécurité sanitaire de base, de par la taille de son terrain d’exercice et par sa possibilité d’être pratiqué individuellement. L’article initial ci-dessous, écrit au tout début de l’épidémie, l’a été afin de répondre à une urgence et à des questions dont on connaît désormais les réponses et que le temps passé a rendu obsolètes. Il ne doit donc être lu aujourd’hui qu’avec du recul et le regard du contexte de l’époque. Nous avons en commun une passion qui nous rassemble : la randonnée. Et chacun(e) – moi le premier car c’est aussi mon activité professionnelle, actuellement au point mort et clairement mise en danger – se languit du jour où il/elle pourra retrouver le chemin des sentiers. D’ici là prenez soin de vous et de vos proches, quoique vous décidiez de faire par rapport au confinement. Et merci de la courtoisie dont vous pourrez faire preuve dans vos éventuels commentaires. Je veille, en permanence, à y répondre à l’identique. 

AVANT / APRÈS LE CONFINEMENT

Jusqu’à l’intervention, lundi 16 mars dernier, d’Emmanuel Macron, la lutte contre la propagation du coronavirus en France se bornait à l’application des gestes barrières et au bon sens citoyen. Les sentiers, pour les pratiquants de randonnée et les amoureux de nature, apparaissaient alors encore comme l’endroit le plus adapté pour se protéger et échapper au stress croissant qui agitaient les médias et les foyers. Comment, après tout, être contaminant ou contaminé quand on est loin de tout, en montagne, en forêt ou au bord de la mer ? Au contraire, l’activité et la valeur thérapeutique de l’extérieur paraissaient plutôt contribuer à une plus-value psychologique et physiologique. Raison pour laquelle beaucoup – moi y compris avec les Calanques et le Caroux – ont investi les chemins samedi et dimanche derniers.

Cependant, dès lundi soir, la situation change très rapidement. Les gestes barrières ne suffiront pas. Un confinement total est décrété, faisant écho à celui de nos voisins italiens. On passe du tout à rien avec une marge de transition extrêmement réduite. Notre zone de confort passe du reste du monde aux quatre murs de nos maisons pour les quinze jours à venir. Une première salve de confinement, volontairement réduite pour mieux pouvoir être prolongée, à mon avis. L’idée générale est de freiner la propagation du virus en limitant nos propres déplacements et contacts. Un objectif qui ne souffre pas la demie-mesure et qui impose une restriction absolue de l’essentiel de nos habitudes. Des règles sont instaurées dont le non-respect est désormais répréhensible au regard de la loi (135 euros d’amende). Coronavirus et randonnée peuvent-ils trouver un arrangement dans ce cadre ? On va essayer de le voir maintenant.

RAPPEL DES RÈGLES

La règle du jeu est assez simple : on ne sort plus de chez soi, c’est interdit jusqu’à nouvel ordre ! Facile à retenir. Des dérogations sont néanmoins prévues pour les gens qui ne peuvent pas travailler depuis leur domicile, pour faire ses courses dans des commerces de proximité autorisés, pour aller chez le médecin, pour faire garder ses enfants ou aider les personnes vulnérables. Une attestation individuelle – en téléchargement ici ou à reproduire sur papier libre – doit être remplie pour chacun de ces déplacements. Une dernière règle existe, stipulant que l’exercice physique uniquement à titre individuel et autour de son domicile est également autorisé, à condition d’être en possession de cette attestation sur l’honneur dûment remplie. Mais, vous aurez beau chercher, vous ne trouverez pas la ligne marquée « Faire de la randonnée ». Pourquoi ?

CORONAVIRUS ET RANDONNÉE : LA LIAISON DANGEREUSE

Il est tentant de faire rentrer la rando dans la case de l’exercice physique. En jouant un peu sur les mots, on y arriverait presque. Il ne faut cependant pas trop abuser. Même avec le meilleur bagou du monde, vous ne convaincrez plus les gendarmes que votre randonnée de 3h et de 600m de D+ à deux heures de chez vous constitue un exercice physique essentiel. La consigne est claire : la notion d’exercice physique doit être en lien avec la proximité de son domicile. Balader oui. Randonner, pas vraiment. La notion de durée d’exercice n’est, en revanche, pas indiquée. On peut donc imaginer boucler plusieurs fois sa balade de 1h. La notion de proximité, quant à elle, fait appel à l’interprétation de chacun(e) [Mise à Jour : depuis le 25 mars, faisant suite à l’état d’urgence sanitaire, la distance maximale autour de chez soi a été fixée à 1km et le temps de sortie à 1h maximum]. Dans tous les cas, c’est essentiellement contre le regroupement que la lutte s’effectue. Marcher, balader ou randonner – la sémantique importe peu au final – ne pourra se faire qu’individuellement. Un état de fait qui entraîne souvent son lot de questions paradoxales.

POURQUOI CORONAVIRUS ET RANDONNÉE SONT-ILS INCOMPATIBLES ?

Mais oui c’est vrai ça ? Qu’est-ce qu’on fait de mal sur un sentier et dans la nature d’abord ?

C’est la première question qui vient à l’esprit. A priori, la réponse est : pas grand-chose, je vous l’accorde. Mais, pour mieux comprendre et accepter les raisons de cette interdiction, il faut changer de perspective. L’idée derrière l’interdit n’est pas de protéger le randonneur du coronavirus mais d’un éventuel accident. Aujourd’hui, la prise en charge d’un blessé sur les sentiers impacte celle d’une victime du Covid-19. Et au regard de la saturation rapide des hôpitaux pour accueillir les personnes contaminées et de la priorité donnée à la gestion de l’épidémie, les centres hospitaliers doivent être préservés d’autres interventions. Des interventions d’autant plus inadmissibles si elles tirent leur origine d’un accident lié à la satisfaction d’un petit plaisir égoïste. Derrière l’interdit c’est au sens de la responsabilité de chacun qu’il est fait appel. Le PGHM et les secours en montagne ont d’ailleurs rappelé tout cela suite à un accident au premier jour du confinement.

En plus de ça on ne va croiser personne sur les sentiers de randonnée, pfff… Et si on croise des gens, il n’y a qu’à respecter les gestes-barrières, c’est pas compliqué quand même… Re-pfff…

Oui. Probablement. Il y a fort à parier que les sentiers actuellement ne ressembleront pas au GR20 et qu’il doit y avoir possibilité de marcher en ne croisant au mieux personne, au pire très peu de gens. Auquel cas éviter le contact direct avec eux semble suffisant pour maintenir la sécurité. C’est du bon sens après tout, non ? Malheureusement, ce bon sens qui semble acquis à chacun ne se vérifie absolument pas sur le terrain. Il y aura toujours un risque. On l’a vu lors du week-end précédant le confinement total : on ne peut guère dire que le respect des gestes-barrières et de la distance de sécurité aient été à l’esprit des comportements et des activités. La confiance totale en chacun est impossible. Et aucun risque ne souhaitant être couru, la politique restrictive est donc absolue. Ainsi coronavirus et randonnée ne font pas bon ménage.

Oui mais bon : je suis confiné toute la journée à la maison avec ma famille alors qu’est-ce que ça change si je me balade avec elle dehors ?

Voilà un argument qui revient souvent et qui peut s’entendre. Son explication est pourtant facile et en appelle, une fois encore, à une notion de responsabilité. On l’a vu dans les mesures restrictives, c’est aussi contre la notion de rassemblement collectif que lutte le confinement. Or, si vous êtes parfaitement au courant que les gens qui vous accompagnent sont votre famille, ce n’est pas forcément le cas des personnels chargés de contrôler et de faire respecter les mesures. Ils sont obligés de vérifier chaque regroupement pour éventuellement le dissoudre. Dans ce moment compliqué que nous vivons, c’est une charge de travail qui ne saurait être permise. Je peux vous certifier qu’autour de chez moi il est courant d’être témoin de regroupements. Le texte dit « Les sorties indispensables à l’équilibre des enfants et l’activité physique individuelle sont autorisées à proximité du domicile, dans le respect des gestes barrières et en évitant tout rassemblement ». En gros, pour être dans les clous avec votre ou vos enfants, il faut y aller avec un seul adulte accompagnant.

Bon, mais si j’y vais en douce, sans me faire attraper, seul(e) et que je fais de câlins à personne, pas même à un arbre, que je fais attention à ne pas me blesser, je peux randonner alors ?

De mon point de vue, je dirais que si, à première vue, il semblerait que ce plan vous mette à l’abri du coronavirus et que vous ne soyez pas un danger pour les autre – sachant que le risque zéro, comme celui de se blesser malgré votre extrême vigilance, n’existe pas – cela reste un acte individualiste et déconnecté de tout sens solidaire. Selon la région et la commune où vous habitez, une action de ce type sera plus ou moins aisément réalisable. Là où je vis, à proximité d’un petit bois de lotissement, on a déjà été contrôlé avec ma compagne et ma fille par exemple. C’est plus par esprit de cohésion que par strict respect de consignes qui mériteraient d’être adaptées localement que cette interdiction de randonner doit être abordée. Une conscience collective et responsable est impérative pour endiguer le virus. À ce stade, le mariage du coronavirus et de la randonnée me paraît impossible.

Et toi David t’en penses quoi officieusement ?

Je pense que l’heure n’est plus au cas par cas et que la satisfaction de nos plaisirs personnels a peu de poids face à l’enjeu mondial actuel. Je pense également qu’en tant que personnage public – certes je ne suis pas Nicolas Hulot mais je suis néanmoins lu et vu par quelques milliers de personnes par mois – ma responsabilité est précisément de donner l’exemple et d’expliquer les choses. Professionnellement, la machine est à l’arrêt. Contrats suspendus, tournages reportés aux calendes grecques : je ne sais pas si ma trésorerie s’en remettra. Mais là encore, je raisonnerais en égoïste si je faisais de ces arguments un plaidoyer personnel au regard des événements actuels. Le moment est au dépassement des intérêts individuels face à une problématique mondiale. La randonnée, comme de nombreux autres domaines, a été provisoirement reléguée au rang des choses non-essentielles. D’ici à son retour en grâce, préoccupons-nous des autres et profitons-en pour remettre en question notre vision du monde. Quoiqu’il advienne, il y aura un avant et un après, j’en suis convaincu.

>> N’hésitez pas à me poser toutes les questions que vous jugeriez utiles et qui n’auraient pas été posées dans cet article consacré spécifiquement au thème coronavirus et randonnée

LIEN UTILE

La page du gouvernement consacrée au coronavirus, actualisée dès que nécessaire.

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41 Comments

  1. Serge Répondre

    Bonjour
    Votre article sur la randonnée et le covid est très bien fait et je partage maintenant votre avis .
    Au début du confinement je me disait bah ! Mon épouse et moi avons de la chance ,il fait beau et on va pouvoir se promener en appliquant spucruleusement les consignes…
    Et moi je pourrais faire du VTT tous les jours…
    Je me disais ,il y a pire…
    J’ai vu beaucoup plus de monde que d’habitude dans nos contrées de Metz ,tous en respectant les consignes ,sauf une bande de jeunes qui faisaient un pique nique…
    Maintenant par solidarité et citoyenneté je respecte les consignes ,cela va être moins sympa ,pour sur !
    Mais je ne peux m’interroger sur tous ces gens qui continuent a voyager dans les trains,ceux qui travaillent ?etc,ect.
    Comment faire ?et là force est de constater que nous sommes impuissant car quoi que l’on fasse on va impacter d’autres problème tout aussi insolubles !
    Eh oui notre humanité redécouvre que notre équilibre n’est pas si stable finalement.
    Il aura suffit qu’un organisme minuscule vienne s’immiscer dans nos vies pour tout chambouler !
    Vous en pensez quoi ?
    Cdt Mr Visconti

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Serge,

      Merci pour votre commentaire. Le Covid-19 remet en question nos habitudes, notre quotidien et notre vision du monde. Un mal pour un bien ? Au-delà de la dramatique crise sanitaire qu’il engendre, je vois aussi une opportunité pour tous de sortir de cette bulle dans laquelle nous vivions jusqu’alors. L’épisode du coronavirus pourrait bien nous aider à repenser nos modes de vie et notre relation à la planète. On n’y arrivait visiblement pas par nous-mêmes, en dépit des signaux d’alerte et des recommandations du corps scientifique. Ce minuscule virus – microscopique même – nous pousse donc à la réflexion par la force. J’espère qu’une fois la sortie de crise atteinte, l’humanité saura retenir la leçon et suivre d’elle-même un cap nécessaire pour retrouver un équilibre qu’elle a rompu depuis longtemps avec son environnement.

  2. pasdid88 Répondre

    Je suis complètement d’accord avec cet article, à une exception près : « Quoiqu’il advienne, il y aura un avant et un après, j’en suis convaincu. »
    Je crois qu’au contraire, RIEN changera après. Certes, il y aura des débats, des questions, des mises en accusation, mais … l’être humain à cette faculté d’avoir la mémoire très courte et de rarement apprendre les leçons des épreuves qu’il subit !
    Quand tout rentrera dans l’ordre, la vie reprendra son court, les erreurs du passé avec …

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Oui je suis aussi d’accord avec ça. Ce que je nomme la masse critique ne sera pas atteinte pour que cet après se matérialise par un changement significatif. Il y a des chances que beaucoup se remettent à courir après ce qu’ils ont perdu pendant ce laps de temps. Mais je reste convaincu que certain(e)s – peut-être pas assez, je vous le concède, mais même ce pas assez est déjà en soi encourageant – poseront un regard neuf sur eux et le monde qui les entoure. C’est mon côté optimiste et joyeusement naïf qui parle 🙂

  3. Anne Liotard Répondre

    Dans la Drôme il y a un durcissement depuis vendredi 20 mars au soir
    Les espaces naturels sont interdits

    Voici le lien
    http://www.drome.gouv.fr/confinement-durcissement-des-regles-par-arrete-a7368.html

    La durée préconisée des sorties est de 30 minutes et maintenant on parle plutôt d’un rayon de 500m autour du domicile

    Pensez à vous déchausser à l’entrée du domicile

    Merci pour votre contribution à la pratique de la randonnée

    Prenez bien soin de vous

    Cordialement
    Anne Liotard

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Merci Anne pour ces précisions concernant le département de la Drôme. C’est bien de pouvoir compléter cet article avec des informations plus localisées. Bon courage pour cette période de confinement.

  4. Francis Répondre

    Merci pour cette article et ces avis.
    Depuis quand la randonnée n’est pas une « activité physique » ?

    J’ai compris que la raison essentielle, sinon l’unique raison intelligible à proscrire nos activités favorites de balade à pied ou a bicyclette, serait d’éviter de surcharger par nos éventuelles blessures, des services de soins potentiellement débordés, dépassés, des personnels éprouvés, exposés… J’ai bien compris ?

    De là à réprimer de 38, 135, 375, 1500… €, et même de prison !

    Nonobstant le fait que nous devrions être suffisamment intelligents pour garder nos distances, se laver ce qu’il faut quand il le faut, quitte à vivre avec un masque et à se parler au travers d’un hygiaphone, je suis enclin à penser qu’il est aussi imprudent de se livrer aux activités de jardinage, aux conneries sur son balcon ou dans son salon la tête à l’envers, ses enfants sur les épaules, la sono à fond…, au bricolage avec perceuse et scie circulaire, à la petite chimie ménagère à base d’alcool, de savon, de white spirit, de soude…, voire même à jouer le « couch potato » (personne qui passe beaucoup de temps assis ou couché, souvent à regarder la télévision, en mangeant des friandises ou en buvant de l’alcool)…

    De là à réprimer de 38, 135, 375, 1500… €, et même de prison …

    Que nous fait-on payer au juste, notre bêtise et notre indiscipline qui seraient devenus délit d’incivisme ?

    NB- c’est juste un échange en toute amitié bien entendu…

    Bises, et portons-nous bien

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Francis,

      Pas de souci, les débats sont ouverts et chacun peut y faire entendre sa voix, en toute liberté et franchise.

      Une fois les règles acceptées, par citoyenneté et solidarité, une analyse plus en profondeur survient, suivie de questions et parfois de colère. La politique déborde forcément et surgit en toile de fond. J’en suis au même stade, entre résignation, incrédulité et agacement. La méthode du confinement aurait-elle pu être évitée par une anticipation de la crise sanitaire ? Probablement et des faits viennent de plus en plus étayer cette hypothèse. Malheureusement, cette phase d’anticipation a, semble-t-il, été loupée et voilà où nous en sommes. Au fur et mesure que passent les jours, les incohérences de la politique de confinement font surface. Mais du fait d’une mauvaise prise en charge initiale de la crise du covid-19 (notamment le dépistage) on en est là. Pour éviter les surcharges inutiles d’un milieu hospitalier démuni par des années de déconstruction politique mais aussi pour éviter une inutile propagation par des porteurs sains. L’aspect martial du respect des règles peut paraître sévère mais, comme chaque fois, il y a celles et ceux qui s’appliquent et les autres, ceux qui s’en foutent. On paye toujours pour ceux-là, quel que soit le domaine. J’espère sincèrement qu’on sortira de cette crise sanitaire, économique et sociale au plus vite. Que chacun puisse reprendre le cours de sa vie et de ses activités. Bon courage pour cette période complexe Francis et au plaisir de retrouver vos commentaires sur le blog !

  5. fab Répondre

    Bien sûr vous ne pouviez pas écrire autre chose.
    Bien sûr cela semble cohérent .

    ..Mais..
    dans le fond c’est une vaste mascarade. Qui se balade quelques jours dans les collines est déjà bien plus responsable -de soi!! quitte à ne rien demander si une entorse survient!..- que les avachis devant leur TV.. qui ne manqueront pas d’inonder les soignants de leurs problèmes psychologiques et même physiques dans quelques semaines.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Fab,

      L’idée globale n’est pas de juger quelle attitude de confinement est la meilleure ou pas. Qui serais-je pour fustiger celui qui préfère s’astiquer à Netflix par rapport à l’amateur de footing ? Le confinement était de toute façon nécessaire à ce stade. La mascarade c’est plutôt ce qui s’est passé avant, le chemin qui nous y a tous conduits. À la date d’aujourd’hui, on peut dire ce qu’on veut : le confinement est le seul moyen de limiter la casse. Et s’y soustraire, quand bien même son environnement immédiat le permet et garantit un maximum de sécurité quant aux risques de propagation/contamination – ce qui est loin d’être le cas pour tous – ne me paraît révéler que le parfait manque de citoyenneté et de solidarité de l’individu qui s’y rattache. Mon article n’a rien de démagogique. J’espère sincèrement que chacun(e) saura mettre de côté ses plaisirs personnels et ses envies de liberté pour le bien commun. Bon courage à vous pour cette période confinée, en attendant de pouvoir retrouver nos chers sentiers.

      1. Philippe Répondre

        Pardon mais je suis totalement de l’avis de Fab. La raison de l’interdiction des randonnées n’est pas celle de prise de risques particuliers, elle est morale et irrationnelle.
        Je vous renvoie à la conférence tristement visionnaire « Arnaud Fontanet – faut-il craindre les pandémies ». Monsieur Fontanet savait déjà comment la crise serait gérée quand il disait:
        « On rentre dans des systèmes autoritaires avec des corps de métiers qui ne veulent pas réfléchir par rapport à la situation réelle. »
        Pour cette pandémie, le confinement est le seul moyen de limiter la casse est probablement une affirmation pertinente ; inclure les randonnées au confinement n’a aucun sens.

        1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

          Bonjour Philippe,

          Comme je l’écrivais dans la mise à jour récente de cet article, les points de vue initiaux quant à la situation évoluent et c’est normal. Il y a, en ce sens, une bonne nouvelle pour les randonneur/ses : les éditions Nivéales (TrekMag, Wider, Ski Mag, Grands Reportages…) viennent d’envoyer un courrier au Ministère de la Jeunesse et des Sports, afin de demander, dès le 11 mai, la déconfinement des activités de pleine nature. La lettre et la demande rappellent que l’espace alloué par la Nature pour ces pratiques, qui peuvent être individuelles et non collectives – un bon point pour éviter les rassemblements – permet de respecter les gestes barrières et les mesures de distanciation requises. À l’heure où la question de l’engorgement des hôpitaux et des services de réanimation est moins d’actualité, on espère que le message sera entendu et que nous pourrons reprendre prochainement le chemin des sentiers. Et que la crise d’autoritarisme qui s’est manifestée à plusieurs endroits à l’encontre des randonneurs se résorbera rapidement. Bon dimanche à vous.

          1. Philippe

            Merci beaucoup de nous faire connaître la référence à cette *excellente* « [Lettre ouverte] Pour un redémarrage des activités de pleine nature à partir du 11 mai », dont nous userons et abuserons !

  6. Valérie Arsicaud Répondre

    Bonjour,
    vos propos sont cohérants. Même si une ballade n’et pas interdite pendant un petit laps de temps, il est plus sage de rester chez soi, au moins par respect pour le personnel soignant qui lui est au front et qui eux ont qqfois à faire des soins certainement la peur au ventre. Bonne journée

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Valérie,

      Bien sûr et j’évoque ce sens citoyen de la solidarité à l’égard des autres dans l’article. Bonne journée à vous également !

  7. Christoph Répondre

    Je suis surpris de l’absence de débat sur l’étendue des restrictions concernant les activités de plein air. Cet article est l’un des rares qui va au-delà de la simple répétition des règles du confinement.

    Peu des français semblent savoir que dans des nombreux pays européens (par exemple, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse), il est toujours permis de se promener à pied ou à vélo à l’extérieur – en respectant les distances de sécurité – sans les restrictions draconiennes de 1 heure et 1 km.

    Le fait que nous ne soyons plus autorisés à marcher dans la forêt n’est pas une question de solidarité, ni de santé publique. La question est de savoir si l’État ne dépasse pas ses limites en interdisant des activités qui ne sont manifestement pas en conflit avec les objectifs d’endiguement de l’épidémie.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Christophe,

      Je suis content si tu as estimé l’article suffisamment pertinent. J’ignorais en effet qu’il y avait des restrictions moins lourdes en matière d’activités extérieures chez nos voisins européens. J’ai néanmoins deux pistes pour répondre à ton interrogation quant aux choix de la France et ce n’est absolument pas pour défendre l’exécutif, dont je remets sincèrement en question la gestion de crise et l’absence d’anticipation. Ma réponse est donc apolitique.

      1° On vit dans un pays qui cherche à échapper le plus possible aux responsabilités. Il était plus simple de tout interdire – du moins de limiter à l’extrême – que de faire appel au bon sens de tous. Nos politiques connaissent l’état de nos hôpitaux, savaient qu’ils seraient engorgés avec le seul covid-19 et n’ont pas voulu courir le risque de voir encore davantage de malades y arriver.

      2° Par rapport aux pays que tu cites, il faut considérer la France comme un pays au tempérament plus latin que scandinave. Ça veut dire que, naturellement, le français manque de bon sens et n’en fait qu’à sa tête. Si on était tous aussi disciplinés que les nordiques ou aussi rigoureux que les allemands, peut-être les consignes auraient été plus allégées. Mais non : si tu autorises par exemple la rando moyennant le respect des gestes barrières, tu auras forcément des gens qui vont faire n’importe quoi. Si tu autorises les balades sur la plage en demandant le respect des consignes de distanciation, tu auras forcément des groupes d’individus qui vont débarquer avec le pique-nique et la bière. Le capital confiance avec le peuple n’est pas assez fort. C’était un risque trop grand à courir.

      C’est mon interprétation et je te remercie d’avoir ouvert ce débat. J’espère que d’autres, dans le respect des règles de politesse et de tolérance, l’alimenteront de leur propre point de vue !

      Bonne journée à toi,

      David

    2. Paul Répondre

      Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de christoph et je suis heureux de la lire quelque part! Je ne suis pas seul. Je trouve au fond non compatriote bien sage pour des « latins ». On se laisse privé de nos libertés sans fondement réelle, puisque nos voisins comme l’Allemagne s’en sort mieux et autorise les promenade en nature. peut être pour la pratique sportive « engagée », l’interdiction se justifierai et encore, la pédagogie serait plus intelligente que la répression. reste que l’on nous prive même d’une promenade en campagne ou en foret…
      Le comble est aujourd’hui de mobiliser des forces de l’ordre pour aller verbaliser dans la nature. On voit même des hélicoptères survolés la Garrigue. Il y a surement un millier de chose plus utile à leur faire faire par se temps de confinement. L’état nous infantilise, nous prive de nature, nous jette dans une vie toute virtuelle. Et jusqu’à présent 99% de la population accepte sans broncher… Je suis pantois

      Enfin, l’analyse sur les français latins, je le rapprocherai du discours sur les africains qui auraient besoin de dictateur pour les gouverner… Au fond l’humanité est qu’une et nous avons tous les même réactions, les même aspirations. Mais il y a de la part de nos élites beaucoup d’arrogance et pas suffisamment de pédagogie: Une règle comprise et juste est une règle respectée. Si les règles sont excessives, elle nous pousse à y désobéir: c’est à mon avis le cas de cette interdiction des promenades au delà de 1km et 1h par jour!

      Alors protégez-vous (masque gel hydroalcoolique), soyez prudent et désobéissez!

      1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

        Bonjour Paul,

        Merci pour cette contribution à ce débat ouvert par Christophe.

        Même si l’analogie est volontairement généraliste sur le tempérament latin des français, elle demeure toutefois bon enfant. Ce trait de caractère, mon job qui me fait pas mal bouger, m’a permis de l’observer à maintes reprises. Je ne pousserai donc pas la comparaison plus loin – et encore moins sur le terrain de l’Afrique : quelle pensée horrible de dire que les africains ont besoin de dictateurs pour être gouvernés… Y a-t-il réellement des gens qui pensent ça ? Brrr, ça fait froid dans le dos.

        L’Allemagne, a géré entièrement différemment la crise (voir ici) et continue de le faire (voir également ici). Le choix du confinement large en France a pour but de réduire la mortalité immédiate. Avec 8000 décès enregistrés à ce jour, la méthode fonctionne. Je suis d’accord que, selon l’endroit, ce confinement manque de sens et qu’on se sent vite privé injustement de liberté. Mais là on paye l’incurie de l’exécutif qui a anticipé comme un manche et qui a privé la France de moyens d’action efficaces. Oui je suis d’accord aussi avec cette course à la répression dans la Nature qui est juste aberrante. Pas plus tard que ce matin je lisais qu’un hélicoptère de gendarmerie traquait – c’est le verbe employé – les randonneurs dans les Vosges ! On marche sur la tête ! Malheureusement il faut – on le doit – rester encore chez soi. Je n’approuve pas les moyens et le discours mais je maintiens que le confinement doit être poursuivi pour limiter la casse. Je ne peux pas laisser dire ici « désobéissez » sans réagir. Contestez, oui, exigez des aménagements du confinement à J+21 mais désobéir, non. Ça me semble toujours ouvrir la porte à des débordements irresponsables.

        Amicalement,

        David

  8. Eric Répondre

    Bonjour.Tout à fait d’accord avec Paul, Christoph, Fab, Francis. Il n’y a pas plus de raison de santé publique d’interdire la rando en solitaire ou même en famille que d’interdire de rester plus de 2mn sur un banc. Les hôpitaux ne sont pas debordes (à part les réanimations) pas plus que le personnel soignant ou de secours en général, pour une seule raison : faute de tests et de masques ce sont de potentiels foyers d’infection nosocomiale. Le confinement est l’occasion de tester tous les outils de la servitude volontaire. Une bonne occasion de laisser les smartphones à la maison.
    Quelle solidarité ?Depuis quand les infirmières, les éboueurs ou les caissieres, devraient renoncer à se détendre ?

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Éric,

      Merci également de ta contribution et de cette opinion sur la situation.

      Alors pour te répondre, car je pense que la question de la solidarité s’adresse à moi et à l’article : la solidarité que j’évoquais était celle envers les gens qui respectent le confinement à la lettre. Évidemment que, pris isolément, un marcheur ne devrait pas générer un risque quelconque de propagation sur des chemins. La question d’un éventuel accident pour éviter l’engorgement des hôpitaux est un vrai-faux problème : on sait aujourd’hui que des hôpitaux privés tournent à vide et sont prêts à filer la main pour aider le public. Mais, visiblement, ça ne se fait pas. Bref y’a de la place. Alors quoi ? Le hic, pour la question des activités loisirs c’est, à mes yeux et ça n’engage que moi, que si y’en a un qui commence à randonner en démontrant par A+B que ça risque rien, il va donner envie à dix autres qui vont se dire « si lui il le fait, je le fais aussi ». Et ces dix vont donner envie à dix autres encore, etc, etc. Et à la fin, y’a ce risque que ça brasse du monde parce qu’on n’arrivera plus à poser de limite. Le confinement n’est pas à voir uniquement sous un angle de politique autoritariste, même si je suis d’accord qu’il faut rester très vigilant sur les décisions qui peuvent être prises par notre gouvernement pendant cette période. C’est aussi une méthode pour limiter la propagation du virus. Propagation qui sera de nouveau d’actualité pour le déconfinement. Je joins d’ailleurs à ce commentaire un lien intéressant qui détaille la complexité du déconfinement en schéma. Et sinon je ne sais pas où j’ai écrit que les infirmières, les éboueurs ou les caissières, devraient renoncer à se détendre ? J’avoue je n’ai pas trop compris comment rapporter la question à ce qui est écrit dans l’article.

      Mais c’est un débat intéressant et je suis content que les gens qui y participent fassent preuve de courtoisie et d’ouverture d’esprit. Sur le Facebook de Carnets de Rando ça a viré au bain de sang, c’était moche et ça m’a bien attristé.

      Prenez soin de vous tous en attendant 🙂

  9. Éric Répondre

    Bonjour et merci pour ta réponse. Je n’ai pas trouvé le lien que tu mentionnes mais c’est peut être parce-que je ne maîtrise pas bien l’usage d’Internet.
    Je ne comprends pas cette notion de solidarité avec les gens qui respectent strictement le confinement. Cela me rappelle le régime de Vichy qui avait pris quelques lois sanitaires pertinentes mais aussi interdit les bals public pour des raisons de « morale publique ». Cela n’a pas empêché l’hécatombe des fous qui sont morts de faim dans les asiles, pas à cause d’un plan délibéré mais parce que les lois sur le rationnement y ont été appliquées à la lettre.
    Quelques remarques en vrac. Il n’y aura pas de vaccin disponible avant des mois et des mois ; il n’y en a pas pour de nombreux virus existant. Il y aura d’autres zoonoses. Donc ou on reste confiné en attendant Godot ou on recherche l’immunité collective (60%, on en serait qu’à 3%) donc on se contamine en essayant de limiter la casse de façon civilisée, le contraire de la pensée magique militarisée (zones interdites, loi des suspects, quadrillage, traçage…).
    Cordialement.
    Eric

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Ha mince le lien marchait pas ? Attends, j’essaie de te le remettre car il est vraiment, je trouve, intéressant pour détailler les possibilités de déconfinement :

      => https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/04/07/les-enjeux-du-deconfinement-expliques-en-schemas_6035827_4355770.html

      J’ai, personnellement, plusieurs raisons d’appliquer le confinement à la lettre que j’ai expliquées dans l’article. Ça ne veut pas dire que je l’approuve à 100% mais je comprends les raisons de sa mise en place et, pour l’instant, je ne les conteste pas car c’est la moins pire des solutions dans la mesure où on essaie d’avoir le moins de décès possible en 1ère vague. Mais bon, comme tu le mentionnes, on n’est qu’à 3% de personnes identifiées ayant contracté le virus. On est loin des 60% de l’immunité collective. Pour y parvenir, il va falloir remettre des gens dehors et le tout confiné ne pourra donc pas être maintenu vitam æternam. Il va falloir réfléchir à des aménagements, c’est clair, c’est net et le plus tôt sera le mieux. Pour l’heure, c’est peut-être un tort, mais je reste chez moi et je respecte les consignes. Je ne peux pas – et ne veux pas – être un mauvais exemple. Je perdrais toute crédibilité publique. L’analogie avec Vichy m’a donc fait un peu grincer des dents je t’avoue mais j’imagine que l’exemple était surtout pris pour faire réagir 🙂 J’espère de tout cœur, en tout cas, qu’on n’aura pas à attendre Godot trop longtemps. Bonne soirée à toi !

      Cordialement,

      David

  10. Jean Paul Répondre

    Bonjour,
    Tous ceux qui prétendent que marcher en foret augmentent considérablement les risques en cette période de confinement ne sont pas des randonneurs, mais des  »promeneurs du dimanche ». En temps normal, avant cette période débile, qui se souciait des randonneurs partant seuls (ou ne famille) ? PERSONNE. Quant à dire que les accidents sur un chemin de randonnée provoqueraient un énorme afflux d’accidentés dans les services hospitaliers est une vue déformée de ce que les unités de traumatologie gèrent actuellement. Un de mes enfants est en poste dans un de ces services, et bien au contraire, c’est une diminution très sensible des patients ayant subi un traumatisme qui est observée, c’est peut-être du au confinement, quoique..
    Il me paraît normal que ces interdictions d’aller randonner en forêt soient assouplies. On ne va pas retrouver des milliers de personnes sur les sentiers, la plupart des sentiers ne sont pas parcourus par ces ‘’promeneurs du dimanche’’, les sentiers sont trop ardus pour eux, mais par des randonneurs dont la marche est la passion. On ne rencontre que deux ou trois personnes pendant une journée de marche… Et je ne pense pas que l’on puisse être contaminé de cette façon..
    Ce que je constate, c’est que des forces de police soient utilisées pour TRAQUER le moindre randonneur et lui faire payer cher son non respect de la loi de Castaner. Ils seraient plus utiles ailleurs, dans les quartiers ‘’chauds’’ de certaines villes, ou des bandes d’individus ne respectent pas le confinement, essentiellement la nuit.
    Ceux qui parlent du confinement subi sans trop de problèmes moraux ne sont pas ceux qui habitent dans les barres d’immeubles, logés dans appartements exigus avec plusieurs enfants, où la vie est infernale, mais des gens qui habitent leurs maisons au milieu de la campagne, maison évidemment entourée d’espaces verts de 15, 20 ares..
    Ceux qui nous ont conduit à ce que nous vivons aujourd’hui à cause de leur insouciance, leur imprévoyance veulent faire payer à tous le résultat de leurs attitudes irresponsables.
    En quelques semaines, la France est devenue un état où seule compte la répression policière. Quelqu’un citait Vichy, effectivement, ON Y EST, triste retour à cette période de l’histoire

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Jean-Paul,

      Merci pour ce commentaire au travers duquel se perçoit nettement une colère de plus en plus partagée.

      À maintenant un mois du début du confinement, chacun(e) a eu le temps d’affiner sa vision et son analyse de la situation. Si, au 15 mars, je pense que tout le monde a saisi l’importance du confinement, aujourd’hui sa remise en cause et son besoin d’être aménagé semble inévitable. On ne pourra pas garder les gens enfermés comme ça sans explication valable et, pire encore, sous la menace d’une répression policière. J’ai écrit cet article dès le début du confinement. Ma pensée, comme celle de chacun(e) a évolué depuis même si je reste inquiet et vigilant quant au risque d’une deuxième vague en cas de déconfinement trop brusque. Alors que ce soir le président va probablement annoncer un prolongement de celui-ci, je commence à mon tour à me poser des questions.

      On voit bien, par des témoignages directs dans son entourage personnel ou par des reportages sur les réseaux, que la question de l’engorgement des hôpitaux n’est plus autant d’actualité et que des solutions existent. On entend aussi souvent parler d’exaction ou de répression excessive par les forces de l’ordre. Lundi dernier, j’ai partagé sur le Facebook de Carnets de Rando l’information de « traque » de randonneurs par un hélicoptère dans les Vosges. Le débat qui a suivi a été sanglant. Le sujet est clivant. Déjà parce que le sanitaire se mêle à la politique. Un sujet qui divise et qui échauffe très vite les esprits. Le confinement est vécu différemment par chacun(e). Il est certainement subi même par endroit.

      On en a tous une vision différente. Il y a aussi celles et ceux qui sont directement touché(e)s par le covid, soit parce qu’ils connaissent des gens qui l’ont, soit parce qu’ils travaillent à son contact dans les hôpitaux. Et ceux-là ont la rage contre les personnes qui parlent d’aller se promener, qu’il s’agisse de promeneurs du dimanche ou de randonneurs. Ça ne fait aucune différence aux yeux de ceux qui voient les dégâts du virus au quotidien. Je peux les comprendre aussi.

      En fait j’arrive à comprendre tout le monde. Je serai donc très attentif au choix de la stratégie de déconfinement. J’espère qu’elle saura prendre en compte l’évolution de l’épidémie pour s’adapter à la reprise en sécurité et en intelligence du quotidien de chacun(e). J’espère également que, malgré les indicateurs alarmants qu’on reçoit ici et là, elle ne sera pas prétexte à une forme d’autoritarisme. Ce serait assurément une très mauvaise nouvelle. Bonne journée à vous et continuez à prendre soin de vous et de vos proches Jean-Paul 🙂

      Amicalement,

      David

  11. Nico Répondre

    On risque gros à partir en randonnée, imaginez si votre pied droit se prend dans votre pieds gauche et que vous trébuchez, pire, la météo change trés vite en montagne, imaginez que quelques gouttes de pluie traversent votre gore-tex et c’est l’hypothermie assurée.

    Même sur un GR on est pas en sécurité, on peut vite dévisser et faire une chute de plusieurs dizaines de mètres.

    Non sérieusement, les gens qui connaissent vraiment la montagne, ne se blessent pas et n’appellent pas les secours parce qu’il ne sentent plus le bout de leur petit orteil .

    Les citadins peuvent donc aller se promener dans leur ville, et les montagnards aller randonner dans leur montagne, au pied de laquelle ils habitent.

    Mais bon, le PGHM verbalisera sans faire preuve de bon sens, le règlement c’est le règlement.

    Vous pouvez ne pas être d’accord avec ça, juste, que personne ne vienne laisser de leçon de moralisation sur le poste que je viens de faire, car il y a pire dans la vie que quelqu’un qui n’est pas d’accord avec vous, ou une contravention de 135 €, ou une randonnée en montagne .

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Nico,

      Comme je l’écrivais récemment en réponse à un commentaire, un mois s’est écoulé entre la parution de cet article et maintenant. Où en sommes-nous exactement après ces quatre semaines ? Les recommandations énoncées dans l’article en mars sont-elles toujours d’actualité à la mi-avril ? Je suis mal placé pour le dire, comme beaucoup d’entre nous. Mais, comme vous, je piétine, je trouve des choses injustes, d’autres censées. J’accepte une partie de la consigne et j’aimerais aussi qu’on puisse néanmoins ouvrir une porte où le bon sens de chacun ait sa place. Je m’indigne contre la réponse autoritariste exercée contre les randonneur/ses qui ressemblent presque à des voyous aujourd’hui. L’application stricte du tout-confiné n’a pas le même visage partout. Et le regard sur la situation est propre à chacun(e). À ce stade, jugez l’autre me paraît inutile. Je suis sûr que chacun(e) fait bien de son mieux et tout clivage serait donc contre-productif. En espérant pouvoir retrouver prochainement le chemin des sentiers… Bon courage à vous jusqu’au 11 mai et merci d’avoir pris le temps de vous exprimer ici !

      David

  12. Loulou Répondre

    Bien évidemment , j’ai lu votre argumentaire qui reprend l’argumentaire officiel.
    Mais je ne partage pas votre avis , ni l’officiel.
    Le taux d’accident en randonnée est très faible ( par rapport aux nombre de pratiquants) et les accidentés ne finissent pas tous dans un service de pneumologie.
    On peut penser à de la contagion facilitée dans des groupes, mais lorsqu’on randonne seul ou à 2 ou3, on ne peut qu’être très réservé.
    A l’heure actuelle , ce n’est pas le coronavirus qui m’empêche de randonner, mais les flics qui abreuvent de Pv exorbitants ceux qui veulent prendre l’air, et qui font des rondes sur les parkings de montagne pour traquer un qui n’aurait pas obéi.
    Vivement qu’on en finisse avec ce confinement qui a mis au chômage 8 millions de personnes , cassé un bon nombre de PME et sacrifié le secteur touristique.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonsoir Loulou,

      L’article n’est évidemment pas fait pour que tout le monde soit d’accord avec lui.

      Il faut aussi – et surtout – rappeler qu’il a été écrit juste après le début du confinement, soit il y a un mois de ça. L’argumentaire était ce qu’il était alors. À mes yeux, depuis, des choses ont changé. La question de l’engorgement des hôpitaux, par exemple, ne s’aborde plus le 14 avril comme elle s’abordait le 13 mars. La dérive autoritariste prise dans certains coins de France interroge. Le fait que le bon sens de chacun, et surtout celui des responsabilités, ne soit pas pris en compte, agace.

      L’application stricte du tout-confiné n’a évidemment pas le même visage partout. Et le regard sur la situation est propre à chacun(e). À ce stade, jugez l’autre me paraît inutile et favoriser les divisions. Je suis sûr que chacun(e) fait bien de son mieux et que tout clivage serait contre-productif.

      Je fais partie de ces gens qui ont perdu pour l’instant leur activité. Et qui ne sait pas quand, ni comment, il sera possible de la reprendre. L’inquiétude, les incertitudes, sont là. La randonnée est une passion mais c’est aussi mon boulot. Pas de rando, pas de boulot, c’est aussi simple que ça.

      Il faudrait que j’écrive, je crois, une mise à jour de cet article pour clarifier ma position.

      En espérant pouvoir retrouver prochainement le chemin des sentiers… Bon courage à vous jusqu’au 11 mai quoiqu’il en soit et merci d’avoir pris le temps de vous exprimer ici !

  13. Christoph Répondre

    Re-bonjour,

    Je suis content qu’un débat animé ait lieu ici.

    Voici deux articles sur le sujet. Le premier est la réponse d’un homme politique suisse à l’accusation d’un sénateur français selon laquelle le « laxisme » de la Suisse met en danger la santé des Français.

    https://www.heidi.news/sante/la-reponse-d-antonio-hodgers-au-senateur-qui-accuse-la-suisse-de-menacer-la-sante-des-francais

    La second était ma tentative de relancer le débat sur le sujet. Je suis étonné de constater à quel point la population soutient les mesures drastiques et donc peu efficaces du gouvernement français.

    https://www.contrepoints.org/2020/04/07/368338-le-confinement-est-il-pertinent-tel-quil-est-prescrit-en-france

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Christophe,

      Je suis surtout content que le dit-débat se réalise en toute courtoisie ! C’est pas forcément courant et j’en remercie sincèrement tous les participant(e)s.

  14. Stephane Répondre

    Bonjour,

    Merci pour votre article et la tribune.
    J’habite près de Grenoble et amoureux de la montagne, je suis très frustre de la situation et de cette interdiction très privative.
    Alors habitant au pied de la Chartreuse dans une zone assez fortement peuplée, je vais prendre ma dose de plein air a peu près dans les règles sur les sentiers des coteaux, ou je croise bien entendu des dizaines de sportifs faisant de même, en général peu stressés par la situation. Pas plus terrible que de croiser tous mes collègues sur mon lieu de travail : les grosses entreprises n’ont pas le choix et se doivent de continuer leur activité sous peines de conséquences économiques dramatiques.
    Parce qu’on oublie un peu trop de dire que l’objectif du confinement n’est pas de STOPPER le virus, mais de le FREINER. Déjà le 11 mai nous allons nous retrouver quasiment a la case départ : peu de gens immunisés et un virus plus présent que jamais…
    Donc oui, freiner la propagation du virus est important pour nos hôpitaux et sauver des vies, mais un excès de privation n’apporte rien, si ce n’est d’autres problèmes graves : dépressions, conflits familiaux, faillites… dont les effets sont majeures mais beaucoup moins visibles qu’un décompte morbide et anxiogène.
    L’argument des accidents potentiels en montagne me laisse perplexe. De combien de cas potentiels parlons nous a l’échelle de la population ?? Les accidents domestiques sont bien plus nombreux et a ma connaissance il n’est pas interdit de repeindre sa façade ou tailler sa haie dans son confinement!… L’absence de risque zéro ce n’est pas que pour la montagne.

    Bref, nous sortirons par le haut (sans jeu de mot) uniquement par une attitude responsable de chacun, et surement pas par les interdictions de ce type.

    Pour tempérer ce message, je suis néanmoins d’accord que la discipline et le sens civique n’est pas le même dans tous les pays et une ouverture des espaces naturels sans un minimum de règles favoriserait probablement une propagation trop rapide de l’epidemie, en particulier dans les zones proches de grandes villes.

    merci

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Stéphane,

      Merci pour cette contribution au débat. AU 25 avril, la question de l’argument des accidents en montagne n’a, à mon sens, plus aucune raison d’être. On a maintenant dépassé le maintien de cet argument. A priori, la stratégie de déconfinement prévue dès le 11 mai par le Ministère des Sports va dans le sens d’un retour des pratiques individuelles (voir ici). Ma propre position n’est forcément plus la même aujourd’hui qu’il y a un mois et demi, au début de l’épidémie. Outre le besoin de retourner dans la Nature, j’ai besoin de reprendre mon activité économique liée à la randonnée avant d’être totalement exsangue. Et je ne pense pas me tirer d’affaire tout de suite malgré tout. Esperons donc qu’il n’y ait pas de rétropédalage du gouvernement après le 11 mai pour ce qui concerne la reprise des activités de pleine nature individuelles.

      Bon week-end à vous,

      David

  15. Stephane Répondre

    merci pour la réponse.
    Je comprends d’autant cette difficulté économique que ma compagne est ostéopathe et ne gagne pas un rond depuis 1 mois et demi…
    Ce matin, honte a moi, nous avons fait tous les deux une randonnée d’environ 3h dans le secteur des contreforts de Chartreuse, par des sentiers improbables ou sans sentier du tout. Au point le plus éloigné de la balade, nous étions a 1450m de chez nous… Cela m’a fait un bien fou…

  16. Jean Paul Répondre

    Bonjour Carnets de Rando, bonjour Stéphane,
    Vous avez bien de la chance d’avoir parcouru votre randonnée sans présence policière…
    J’ai osé me déplacer en voiture pour accéder à un chemin de randonnée dont le départ est situé à 2.5km de mon domicile, accompagné de mon épouse qui est malvoyante. Nous avions commencé notre marche depuis moins de 20mn lorsque un policier est arrivé en sens inverse et nous a expressément demandé de faire demi-tour parce que ce cette activité est interdite par la loi. Nous étions attendus à la sortie de la forêt par DEUX autres policiers qui sans hésitation ont commencé à nous dresser un PV de 135€ à chacun. J’ai pu prouver que mon épouse est malvoyante grâce à sa carte CMI: un arrêté du 2/04/2020 permet aux personnes en situation de handicap de ne pas être limité à une distance de 1km du domicile, ni à 1 heure de marche, elle n’a donc pas été verbalisée.
    En tant qu’accompagnant, j’ai droit à la même dérogation, mais le policier n’a rien voulu savoir, malgré le document présenté (il ignorait ce texte …..); donc PV puisque j’étais à plus de1km de chez moi. Quand même 3 policiers pour ÇA… qui étaient sans doute à l’affut à proximité, tâche facile, c’est honteux.. TRAQUER les personnes âgées (nous avons 74 ans les deux) c’est inadmissible.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Un triste témoignage qui me navre sincèrement. Les expériences où la stricte application de la loi, sans aucun regard humain, avec l’objectif flagrant de résultat et de verbaliser à tout prix, ont malheureusement été souvent rapportées. À tel point qu’un site s’est monté pour tenter des recours, sans certitude de succès cependant. Je vous invite à consulter cet article qui évoque des situations similaires à la vôtre et qui explique comment faire pour contester : https://www.60millions-mag.com/2020/04/14/confinement-peut-contester-son-amende-et-comment-17376

      Nous ne sommes pas des voyous c’est certain.

  17. Christoph Répondre

    Jean-Paul, merci pour votre rapport. Cela me rend triste de l’entendre. Le confinement révèle les habitudes profondément autoritaires des forces d’ordre françaises. Avez-vous vu cette vidéo courte, distribuée quand même par le premier syndicat de la police nationale ?

    https://twitter.com/UNITESGPPOLICE/status/1242354844356222978?s=20

    Tout ça n’est pas digne d’un pays libre et démocratique, où le peuple est censé d’être le souverain. C’est une honte. Et tout cela nous apporte combien ?

    Selon une étude, le confinement en France a permis de sauver 62 000 vies entre le 19 mars et le 19 avril. Toutefois, les chercheurs ont comparé le confinement actuel avec un scenario sans restrictions, sans télétravail généralisé, sans fermetures des commerces et des écoles, etc.

    Si on compte que les morts du COVID-19 en France avaient en moyenne encore quatre ans a vivre (c’est optimiste, car l’âge moyen des morts de virus est 81,2 ans en France), toutes les mesures anti-COVID nous ont collectivement fait gagné 240 000 années de vie, soit 31 heures par habitant de la France.

    Un confinement plus mesuré, moins draconien, combien de ces heures aurait-il coûté ? Dix ? Cinq ? Probablement même pas. Une analyse de l’EPF Zurich, qui compare les mesures prises par différents pays, conclut que le confinement de la population est la mesure la moins efficace, loin derrière les interdictions des rassemblements, les fermetures de frontières, et la arrêt des activités commerciales non-essentielles :

    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.16.20062141v3

    Est-il justifié d’enfermer l’ensemble de la population pendant deux mois (avec toutes les conséquences néfastes et aussi sanitaires que cela entraîne) pour prolonger l’espérance de vie moyenne de même pas un jour ?

    Toutefois, même si le premier ministre pense que ces restrictions des droits fondamentaux sont justifiées pour protéger (un peu) les personnes âgées, n’aurait-il pas pu annoncer mardi dernier un allégement symbolique du confinement, pour redonner de la morale aux Français et pour récompenser le bon respect général des mesures ?

    Pourtant, toutes les parties de l’opposition dans le parlement semblent d’accord avec les grandes lignes de la stratégie du gouvernement. Connaissez-vous un parti qui met en avant le besoin de garder un équilibre entre la protection de la santé et les droits et libertés fondamentaux ? (Ce serait le rôle naturel des libéraux et des centristes, ha ha ha.)

    J’espère que finalement quelque chose de bien sortira de cette crise. Après tout, des choses ne changent pas en profondeur sans crise profonde. Je voudrais citer Dominique Rousseau, un professeur de droit constitutionnel :

    « Oui, là encore, je pense qu’il faut qu’on ait une Justice indépendante du pouvoir politique, précisément pour être mieux à même de contrôler les limitations des libertés par le pouvoir politique. Et quand je dis Justice, je pense aussi au Conseil Constitutionnel dans son mode de composition. Je pense aussi au mode de désignation des députés. Le fonctionnement du parlement, le scrutin proportionnel, qui encouragent les compromis plutôt que l’affrontement, sont dans des moments de crise, des nécessités. Donc l’indépendance de la Justice, l’indépendance du parlement me semblent être les points importants d’une prochaine réforme constitutionnelle. »

    https://www.publicsenat.fr/article/debat/coronavirus-c-est-en-temps-de-crise-que-le-respect-des-droits-fondamentaux-est-encore

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