Dévoluy : En Route Pour l’Avant Bure

Le sommet du Pic de Bure, cette icône du Dévoluy, reste pour beaucoup un objectif difficile. Il existe pourtant un moyen simple d’en profiter et ce à moindre effort. Creusés dans la partie nord-ouest de son socle, les vallons de Bure invitent le/la randonneur/se à pousser la porte d’un univers qu’on aurait juré réservé aux experts. Et pourtant… Accessibles, immenses et accueillants, les trois vallons font office de préambu(r)e et délivrent des vues sensationnelles sur le massif et, surtout, sur son fier symbole. Et si je vous disais que la plus belle vue sur Bure vous y attend ? N’attendez pas une seconde de plus et venez vous immiscer sans crainte dans ce que Bure a de plus beau à offrir en marge de son sommet !

Difficulté : moyen | Distance : 6 à 11 km| Dénivelé : 500 à 850m | Durée : 3h à 4h45 | Carte : IGN TOP 25 1/25000è 3337OT Dévoluy, Obiou, Pic de Bure

Les roues de l’Opel patinent sur les cailloux du chemin. Au-delà de la gare de téléphérique de Bure, la voiture sort de sa zone de confort. Il n’y a de toute façon pas long à faire en mode 4*4. Bien à l’abri dans la pessière du Bois Rond, le petit parking de la Cabane de l’Avalanche accueille tout autant celles et ceux qui se destinent à Rabou qu’aux abords du Pic de Bure.

Sur la carte, ceux que j’appelle « les vallons du Bure » me paraissent incarner l’esprit de ce sommet mythique tout en offrant la possibilité d’une confrontation avec le géant sans besoin de prétendre à son sommet.

Rabou sera pour un autre jour : c’est bien au pied du symbole du Dévoluy que je suis aujourd’hui entraîné par Luc Bernard, accompagnateur en montagne, enfant du pays et paysan herboriste comme il se qualifie. À sa suite vient Lætitia, actuellement en stage à l’office de tourisme du Dévoluy et en mode découverte de son massif d’adoption, elle qui a plutôt grandi plus à l’est, du côté de Chorges. Pour moi aussi ce sera de l’inédit.

Luc nous entraîne à sa suite sur un PR immédiatement tonique. « Regarde toutes ces fleurs, ici c’est le printemps« , me dit-il en désignant des dizaines de points colorés poussant à travers des myrtilliers encore jeunes. « Ça c’est une anthyllide des montagnes, ça sent bon le fruit rouge et on en fait du thé.« , ajoute-t-il en me tendant une grappe de ce que je reconnais comme une fabacée, pour moi un trèfle alpin.

Se promener en montagne avec Luc, c’est comme se balader avec un guide Delachaux & Niestlé doué de parole. À cela près que le livre est nettement moins sympa et ne sait pas préparer de thé !

Quelques pas plus haut et l’identification continue : des séries de folioles basales lancéolées, au liseré argenté, tirent des feux d’artifice de chlorophylle. Celles-ci je les connais. « De l’alchémille« , dis-je. « Les alchimistes recueillaient sa rosée pour fabriquer la pierre philosophale. » Je suis loin du niveau de Luc mais je suis content d’avoir quelques restes de ces connaissances emmagasinées il y a fort longtemps. Les plantes nous offrent des occasions de pauses fréquentes. Un luxe pour couper court à l’effort de cette envolée vers les alpages.

Imperceptiblement, l’épicéa se ratatine, s’espace, s’isole puis s’évanouit. Interdit de séjour à plus de 1700 mètres d’altitude, le résineux s’incline face à l’altitude, laissant apparaître un concentré de Dévoluy. Premier de la liste, sur l’autre coin du ring qui l’oppose à Bure : l’Obiou, sentinelle nord du massif. Plus proche, la silhouette de la Corne qui cloisonne deux des vallons de Bure.

Bure. Impossible de l’ignorer. Impossible de ne pas y succomber. Il est hypnotisant et impose sa colossale présence au visiteur

Au second plan, la coulée grisonnante du Pied Gros de Saint-Étienne, frontière imposante derrière laquelle démarre le domaine skiable de Superdévoluy. Mais derrière ce moutonnement de prairies d’altitude, c’est un tout autre client qui attire les regards comme les nuages. Muette et massive, la muraille de Bure se dresse de toute sa hauteur au-dessus des douces rondeurs du vallon.

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La barrière de Barges, formidable obstacle fermant le vallon d’Âne, rivalise de présence avec le baron du Dévoluy. Le mariage du vert et de la pierre crée une alchimie particulière. Je ne soupçonnais ni la part de verdure du lieu, ni son impressionnante envergure.

J’espérais trouver ici un peu de l’identité de Bure : c’est finalement son âme au complet qui fait vibrer chacun de ces vallons.

À moins de venir jusqu’à son pied, au Pas du Follet – comme le font ces intrépides qui défient son Pilier Est en s’attaquant aux 21 longueurs de sa voie Desmaison – j’ose la question : n’est-ce pas ici, dans le vallon d’Âne, qu’on peut admirer la plus belle vue du patron du massif ? En approchant de la petite cabane du Vallon d’Âne, j’arrive à en être convaincu. J’aurais signé sans réfléchir pour un confinement ici.

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Au-delà de la petite terrasse verte sur laquelle repose le chalet, le vallon d’Âne s’effondre, révélant une profondeur insoupçonnée. Je me laisse avaler par l’endroit, moi qui m’étais attendu à un désert de caillasse comme Bure sait en offrir à celles/ceux qui courtisent son sommet. La (bonne) surprise n’en est que plus grande. C’est de l’alpage en bonne et due forme, bien dissimulé à l’abri de remparts dignes d’un château-fort.

Le Vallon d’Âne offre le visage d’une montagne épanouie qui protège son petit secret sous le couvercle de ses grandes mains de pierre

Après une cascade de bachats, un sentier discret s’engage dans le vallon, droit sur la Montagne de Barges. L’équilibre des tons et des formes incite au lâcher-prise. C’est le coup de foudre immédiat pour cet endroit. Et Bure, encore Bure, toujours Bure qui remplit le paysage. Le K.O. visuel en un seul et unique round. Quelle beauté !

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C’est là que Luc en profite pour dégainer son thé. « Fabrication maison. Parfait pour la détoxification !« , ajoute-t-il en souriant et en nous servant sa potion magique. Dans le coin, Luc fait un peu office de chamane. Moi qui ne suis pas un grand amateur de thé, je ne peux décemment pas résister à la curiosité de goûter à celui d’un authentique herboriste. L’explosion des saveurs est instantanée. Au point d’avoir l’impression d’en boire pour la première fois. Dans le creux paisible et verdoyant de la montagne, l’effet détox est immédiat. Je me sens comme Astérix dopé par Abraracourcix. Le druide du Dévoluy, bandana colore et petit bouc blanc au menton, en profite pour me conter son histoire.

Héritier d’une lignée d’agriculteurs dévoluards, Luc est parvenu, par ses connaissances et sa résilience, à se faire un nom ici, dans le Dévoluy.

Cinq générations de vie ici, en plein Dévoluy, une transmission orale par une grand-mère savante de ce qui va vite devenir une passion, une formation d’herboriste – seulement cinq écoles en France – la reprise de la ferme familiale… Et une lutte pour continuer à faire exister une activité éliminée en 1941 par le gouvernement de Vichy. « C’est dur d’exister face aux grands laboratoires pharmaceutiques« , m’explique-t-il. « Mais les temps changent. Les gens ont à nouveau besoin de nature. Cette connaissance est précieuse et passionne le public. »  En complément de son diplôme d’Accompagnateur en Moyenne Montagne, il propose des stages aux personnes intéressées par les plantes et les fleurs. Et ça marche. Avant-hier soir, au gîte de l’Yvraie, l’une de ses clientes en parlait avec des étoiles dans les yeux.

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La marche reprend sur l’une des très belles sections du vallon : le long trait en balcon qui tire, à flanc, sous les pentes de Coste Belle. Derrière, Bure domine son monde en offrant son meilleur profil. Une lectrice pointait du doigt sa ressemblance, en cet instant, avec le Mont Aiguille. Une comparaison qui a du sens. « Quel tour tu voulais faire exactement ? » Luc coupe court à ma rêverie. « Tu veux passer par le vallon de Corne ou le vallon Froid. Parce que par le Froid, il y a de super plans à faire avec ta caméra.« 

Trois vallons dans la journée ? C’est le pari imprévu que notre trio va tenter de relever.

Me voilà bien embarrassé. Le vallon Froid n’était pas au programme et déjà je regrette de devoir lui tourner le dos. Sans trop réfléchir, je demande : « Tu crois qu’on peut faire les deux ?« . Luc arbore un sourire amusé. « À moins que tu aies des impératifs horaires spécifiques, les deux rentrent dans une grosse journée. » J’interroge Lætitia qui n’a pas de contre-indication. L’affaire est donc réglée : nous passerons par tous les vallons !

Notre trio se ré-aiguille. Luc nous oriente selon un nouvel axe ouest qui arrondit dans le fond du vallon, pile en-dessous de l’imposant sommet de La Plane. Les mollets vont maintenant chauffer. L’étage supérieur du vallon d’Âne ne s’atteint qu’au prix d’un effort consenti. Je saisis la progression de Luc et Lætitia, minuscules dans cet environnement qui annonce l’ampleur de Bure. Je suis presque à niveau avec le Pic. Ses détails se font plus riches, plus précis. Ses couleurs aussi : un jaune crémeux qui vire subtilement au gris passé.

Si on accole parfois au Dévoluy le surnom de « Petites Dolomites », ce n’est pas usurpé. La similarité avec les fameuses montagnes italiennes saute régulièrement aux yeux.

Le Pas du Follet semble à portée de main. Je pourrais presque toucher le géant. Je me recentre sur mes marcheurs, silhouettes en ombres chinoises découpées sur le blanc du ciel tandis qu’elles approchent des aiguilles de la Crête d’Âne. Le parallèle avec les Dolomites s’impose. Si le Lavaredo a ses Tre Cime, le Dévoluy a résolument ses Due Cime. Il n’y a pourtant pas de dolomie dans le massif mais la ressemblance avec l’Italie vient néanmoins facilement à l’esprit.

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Une ombre s’est déposée sur la montagne. La lumière s’est dérobée de mes plans. Un col sans nom est atteint, en équilibre entre Âne et Froid. L’axe de l’Aiguille de la crête d’Âne est central, échine frontière entre les deux vallons. Je cherche l’angle utilisé par le photographe Mickaël Arzur pour l’affiche du 1er Festival de l’Image du Dévoluy. En vain. Il a probablement dû aller le chercher en grimpant au-dessus de notre position actuelle.

Le Vallon Froid, c’est le frigidaire local. On y mesure quelques petits degrés de moins par rapport au reste du massif.

Plus étroit, plus confidentiel et privé de lumière, le Vallon Froid porte bien son nom. Un nom dont il a hérité du fait d’une caractéristique singulière : c’est le dernier endroit du massif où s’attarde la neige avant de s’évanouir au printemps. En cause un sous-sol formé d’un permafrost qui officie comme congélateur. Dans ce vallon, comme son nom l’indique, il fait plus froid – ou frais – qu’ailleurs. Un avantage en été comme en hiver.

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De ce côté les Aiguilles ressemble à une proue de navire échouée. Un monolithe érodé et ancré dans le caillou, modèle réduit des titans locaux au pied duquel les marcheurs restent néanmoins anecdotiques. Je lance la question du « est-ce que ça se grimpe ?« . « Tout se grimpe ici« , me répond Luc en me désignant une rampe d’herbe décollant sur le flanc de l’ensemble. Un appel à mes yeux. Mais je réfrène mes pulsions d’ongulé à deux pattes. L’objectif, bien que séduisant, est hors-sujet aujourd’hui.

Le Dévoluy, c’est un concentré de grands et petits objectifs avec un goût prononcé pour l’aventure. Les gros spots rassemblent mais les moins connus savent faire de l’œil à qui sait lire les montagnes.

Bien que moins spectaculaire que celle du vallon d’Âne voisin, la vue du vallon Froid ne manque certainement pas d’air. Sinuant au pied des éboulis, très largement au-dessus du fond du vallon, la trace plonge par paliers successifs sur Saint-Étienne-en-Dévoluy, face à Faraud et sa crête bosselée. Autant dire que la descente est expédiée manu militari.

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Pour revenir vers le vallon d’Âne et sa cabane, on peut compter sur Luc pour filouter. « Pas besoin de redescendre jusqu’à la piste« , prévient-il en quittant subitement le sentier. L’enfant du pays s’y connaît en raccourcis. Il nous entraîne à sa suite selon une trace invisible qui part se coller au rocher. Là, un passage étroit semble s’ouvrir entre minéral et végétal, autorisant le contournement accéléré de la Crête d’Âne.

Première boucle effectuée. Retour à la cabane. Le temps d’une pause et d’un pique-nique et l’exploration reprend, côté Corne cette fois.

Les muscles sont sollicités une dernière fois pour atteindre à nouveau le replat où est posé le petit chalet et boucler la boucle de la première partie de notre virée au pays de Bure. Reste le vallon de Corne au menu. Pour le rejoindre, Luc poursuit sur sa lancée de l’itinéraire à vue. Il faut dire que le lieu se prête bien à l’exercice. À condition de ne pas avoir peur de grimper, on peut se risquer à improviser sa ligne dans ces creux et versants bien ouverts.

L’idée de Luc est de couper un peu plus court sur les côtés et d’éviter de redescendre pour remonter en suivant le balisage traditionnel. Nous voici donc en ascension en terre de marmottes avec l’immense espace ceinturant Super Dévoluy à main droite. C’est l’un de ces traits de caractère qui font l’identité du Dévoluy : l’espace ouvert.

D’où qu’on soit, ce n’est pas rare d’être en mesure d’embrasser dans sa quasi-totalité le massif. Un atout séduisant pour celles/ceux qui reprochent parfois à la montagne son côté oppressant.

La déviation s’achève aux abords de 1850 mètres. Notre trajectoire vient se raccorder au sentier balisé au moment où il s’envole vers un large col. Une trace régulière et sensiblement courte, montée à la patience jusqu’à venir se cogner contre l’ouverture spectaculaire de la Combe Ratin. Nouveau choc.

Bure

Pour l’occasion, un éclat de soleil tente une timide percée. Le lieu reprend de l’éclat et les images aussi. Cette Combe Ratin, j’en ai souvent entendu parler par les amis riders qui se l’offraient en hiver. De ces histoires racontées le soir au bar après le boulot, je gardais en mémoire l’existence d’un court passage tendu. Le genre où il ne faut pas se rater.

Deuxième star de la journée : l’ouverture béante de la Combe Ratin. Hiver comme été, c’est l’un des points de passage les plus empruntés pour monter au sommet du Pic de Bure. Ou en revenir.

« C’est cet endroit là, dans les barres« , me dit Luc en désignant un point. « En général pas mal sautent la barre. Mais il y a tellement de neige qu’ils s’en aperçoivent à peine. Il faut quand même bien négocier ce passage, qui est un peu délicat. » L’été, sans neige, la Ratin est un immense couloir de cailloux qui s’achève à l’arrivée du téléphérique de Bure. Une bavante pour les candidat(e)s au sommet. En toute saison, l’emprunter a quelque chose d’héroïque.

Ça tombe plutôt bien car, dans le secteur, des choses qualifiées d’héroïques il y en d’autres. Ce qu’on nomme ici La Traversée Héroïque est bien connu des aficionados de montagne abonnés au Dévoluy. L’un de ses chourums les plus célèbres, traversable intégralement hiver comme été moyennant un goût prononcé pour l’escalade. Depuis le vallon de Corne, c’est un trou dans la montagne comme il y en a tant d’autres. Il passerait presque inaperçu.

Les chourums, c’est l’Upside Down du Dévoluy. La version souterraine d’un massif qu’on tenait déjà comme inépuisable en surface. Parmi ces spots undergroud, la Traversée Héroïque fait office de classique.

Quand on s’en approche, le trou devient cavité et boyau et révèle deux autres ouvertures en forme d’orbites béantes. Le genre de lieu qui fait battre le cœur un peu plus vite. On ne le montrera pas non plus dans ce reportage, délibérément destiné au grand public. Mais l’idée de monter un article synthèse collectionnant les spots marginaux du Dévoluy de ce type a déjà fait son chemin dans mon esprit.

Je fais passer et repasser encore mes deux figurants dans ce paysage de Bure renouvelé. La masse de Baume Noire, au premier plan, est un élément de choix pour jouer avec la profondeur et les dimensions. Ici l’humain est petit, qu’on se le dise. L’endroit me ravit plus que je n’aurais imaginé.  J’en suis d’autant plus gré à Luc de m’avoir donné les clés de toutes les pièces de ce lieu magique.

En m’offrant les trois vallons dans la même journée, j’ai trouvé davantage encore que ce que j’étais venu chercher à l’origine pour ce reportage

Puis vient la descente, inévitable. À l’instar des Aiguilles du Vallon Froid, ce qu’on appelle ici la Corne est un autre géant échoué qui déploie des falaises fatiguées. N’en demeurent pas moins des perspectives saisissantes sur la partie occidentale du socle d’Aurouze où le jeu de cache-cache du soleil et des nuages transcende l’atmosphère du lieu.

Dans le bas de la descente, la chaleur prisonnière transforme le vallon en four. Derrière nous, l’arrondi de Coste Belle et la muraille de Baume Noire se superposent à mon souvenir d’un Gavarnie matiné de Troumouse. La géologie de Bure ne lui a pas donné droit à son cirque, ni l’UNESCO à un titre de Patrimoine Mondial de l’Humanité. Il ne le volerait pourtant pas.

Je croyais connaître le Dévoluy : je me trompais. Les vallons ont ouvert de nouveaux chapitres d’une exploration commencée il y a près de sept ans.

En marchant à l’envers sur le chemin je cherche à être une dernière fois témoin de cette envergure inespérée. J’éprouve presque un peu de honte à être passé si longtemps à côté de ça. Lætitia, pour qui la découverte est également pleine et entière, est ravie. Non, décidément, pour toute personne désireuse d’être introduite à l’esprit de Bure, cette randonnée est un must.

Bure

ACCÈS À SAINT-ÉTIENNE-EN-DÉVOLUY ET AUX VALLONS DE BURE

Depuis Gap

Depuis Gap, au sud, il faut suivre la direction verte Orange/Valence par la DD94. Peu avant Veynes, la D937 tourne à droite vers le Dévoluy via le Col du Festre. Possibilité, depuis la vallée du Rhône, de rejoindre Nyons (Vaucluse) puis, via les Gorges de Saint-May et Serres, de rallier Veynes – qu’on traverse direction Gap – pour prendre à gauche la fameuse D937 direction col du Festre. Poursuivre par la D17 et suivre la direction Superdévoluy jusqu’à Saint-Étienne-en-Dévoluy.

Depuis Grenoble

Depuis Grenoble, au nord, l’entrée principale sont les Gorges de la Souloise : après avoir quitté la N85 à l’entrée de Corps, la route D537 contourne le lac du Sautet au nord puis bascule plein sud par une route magnifique jusqu’à Saint-Disdier. Poursuivre jusqu’aux Étroits par la D537. À l’intersection du pont de la Souloise, monter à gauche, par la D17, direction Superdévoluy jusqu’à Saint-Étienne-en-Dévoluy.

Par le col du Noyer

Un col franchit la barrière orientale du Dévoluy : le col du Noyer. Beaucoup de GPS envoient les gens par-là. Sachez, avant de vous engager, que le col du Noyer est une route de montagne assez étroite sur la fin et, surtout, qu’il est fermé en hiver. Autrement, il s’attrape depuis la N85 – la Route Napoléon entre Gap et Grenoble – après avoir dépassé Saint-Bonnet-en-Champsaur, en tournant à gauche par la D17 direction Poligny, Villeneuve puis Le Noyer. De l’autre côté, on descend vers Saint-Étienne-en-Dévoluy.

À partir de Saint-Étienne-en-Dévoluy

Si vous arrivez de Gap ou Grenoble, traverser Saint-Étienne. Après avoir dépassé l’Office de Tourisme, laissez à droite la route de Superdévoluy et continuer tout droit, par la D17, direction Col du Noyer. Rejoindre l’intersection mentionnant à gauche « le Champsaur, par le col du Noyer » et, en face, « L’Enclus » et « IRAM » par la D417 : continuer en face. Pour celles/ceux qui arrivent depuis le col du Noyer, c’est également à cette intersection qu’il faudra suivre « l’Enclus » et « IRAM ». Après un large lacet à droite et un pont, à une intersection, suivre à droite « Téléphérique de Bure » et « IRAM ». Monter 200m et prendre à gauche en suivant toujours la direction « Téléphérique de Bure ». Rejoindre les installations du téléphérique, les dépasser par la droite et continuer par la petite route qui grimpe fort au-delà. La suivre tout droit, passer sous la ligne de téléphérique et, après, continuer par la piste qui poursuit en forêt, à gauche. La suivre environ 300m et se stationner à gauche, sur le petit parking de la Cabane de l’Avalanche.

VALLONS DE BURE : LE TOPO

Boucle #1 : Tour de la Crête d’Âne (6,5 km, 500m D+, 3h)

Depuis le parking de la Cabane de l’Avalanche, suivre le sentier balisé jaune qui grimpe de suite plein sud à travers la forêt. Ne pas rejoindre la bergerie à 1698m (5) : la laisser à distance et continuer sud avant de s’élever ESE jusqu’à une série d’abreuvoirs, à 1767m. La cabane est sur le mamelon, juste au-dessus à gauche (1).

Dépasser les abreuvoirs en suivant le petit sentier qui s’engage dans le vallon. Il le contourne par la droite pour en atteindre l’extrémité. De là arrondir vers la gauche en suivant le chemin qui commence à s’élever vers un col bien visible entre la Crête d’Âne (à gauche) et le sommet de La Plane (à droite). Rejoindre le col (2).

Descendre en se tenant à gauche du vallon, en visant la base de l’Aiguille, au niveau des éboulis. On retrouve rapidement un sentier qui conduit vers le fond du vallon Froid. Le suivre jusqu’au bout, retrouver la forêt et, plus tard, une large piste (3). Remonter cette piste à gauche.

À son extrémité, vers 1730m, suivre le chemin de droite qui part à flanc (4) et rejoint la bergerie (5). Dépasser celle-ci et descendre ensuite à droite par le chemin de l’aller jusqu’au parking.

Boucle #2 : Tour de la Corne (6 km, 520m D+, 3h15)

Depuis le parking de la Cabane de l’Avalanche, suivre le sentier balisé jaune qui grimpe de suite plein sud à travers la forêt. Ne pas rejoindre la bergerie à 1698m : la laisser à distance et s’en éloigner en suivant un sentier orienté ONO qui rejoint rapidement un autre chemin (6).

Suivre celui-ci à gauche en montant vers Têtes Rondes. La trace s’infléchit plus tard sud et atteint l’entrée d’un large vallon entre la Corne et Coste Belle. Le chemin s’y élève pour atteindre un col bien marqué. Y monter (7).

Au col on rejoint le tracé rouge/jaune du GR® de Pays. Laisser la trace qui part à gauche vers la Combe Ratin et descendre, à droite, dans le vallon de Corne.

À la sortie du vallon on atteint une très large piste (8). Possibilité de la suivre jusqu’en bas et l’intersection avec celle rejoignant, à droite, le parking de la Cabane de l’Avalanche (9) ou bien de couper les lacets par un chemin peu marqué qui traverse les pelouses.

Boucle complète (11 km, 850m D+, 4h45)

Pour effectuer le tour complet, suivre d’abord l’itinéraire de la boucle #1 et, vers la fin, au niveau de la bergerie, au lieu de redescendre, poursuivre par le sentier orienté ONO et enchaîner avec l’itinéraire décrit dans la boucle #2.

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RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

Si le tour du vallon de Corne est intégralement balisé depuis le parking de la cabane de l’Avalanche, celui de la Crête d’Âne s’effectue majoritairement sur des sentiers non balisés. Il est donc conseillé d’avoir une petite expérience du cheminement sans balise. Je précise « petite » car le tour se fait néanmoins sur un sentier bien marqué et dans un milieu suffisamment ouvert pour dissiper tout doute éventuel quant à l’itinéraire. Les repères visuels sont évidents et la probabilité de se tromper de chemin très réduite.

Vous trouverez de l’eau au niveau de la cabane de l’Avalanche.

Le dénivelé global est réalisable pour la plupart. Les rampes desservant les cols sont courtes mais pourront sembler un poil raides aux moins sportifs d’entre vous. Que cela ne vous dissuade cependant pas de venir profiter des vues merveilleuses offertes par ces vallons ! C’est un très petit effort à fournir en comparaison des énormes récompenses visuelles à venir y chercher.

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VALLONS DE BURE : AVIS PERSONNEL

J’ai été totalement emballé par ces boucles dans les vallons de Bure. Je crois que ma surprise a été d’autant plus grande que je ne m’attendais pas à ce type de paysage. Je me faisais une idée très minérale de ces avant-monts du Pic. J’imaginais un coin sauvage, très à l’ombre, presque sinistre mais résolument excitant. J’avais tout faux. Les vallons, pour commencer, sont grands. On ne s’y sent absolument pas oppressé. Première surprise. Ensuite ils sont verts, très luxuriants, d’une grande richesse florale. Deuxième surprise. J’associais facilement le Dévoluy au caillou. Ce n’est pas exactement ça. Le mariage des tons et des univers est beaucoup plus subtil et apaisé que la représentation que j’en avais.

Et puis, troisième surprise, il y a ces vues assénées et extraordinaires. Celle du Pic de Bure pour commencer, flamboyant au lever du soleil. Je l’ai dit dans l’article et je le valide à nouveau ici : la vue depuis le vallon d’Âne est la plus belle vue que vous ne pourrez jamais avoir sur ce sommet iconique du Dévoluy. Si vous voulez ramener de belles photos de Bure, ne cherchez plus, c’est là qu’il faut venir. La parenté visuelle avec les Dolomites est remarquable. Certes plus modestement mais cependant nettement. Chaque vallon a sa propre identité et ses propres vues à partager avec le visiteur. L’apparition de la Combe Ratin rentre définitivement parmi les très forts souvenirs de cette semaine passé dans le massif. Les vallons sont un espace d’envergure idéal pour s’introduire à l’esprit de Bure et, plus généralement, du Dévoluy tout entier.

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HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Gîte du Lieraver (testé et approuvé)

C’est le dernier hébergement collectif de Saint-Étienne-en-Dévoluy. Contre vents et marées, Philippe et Joëlle accueillent les randonneurs et les skieurs dans ce grand bâtiment qui ressemble à un refuge. Simplicité et convivialité sont de mise. Ici on ne se prend pas la tête et on a le sourire aux lèvres et le rire facile. Une cuisine familiale est servie le soir venu. Un espace détente attend les hôtes à l’étage, tout en haut du gîte. Le Lieraver offre 39 couchages répartis essentiellement en petites chambres de 2 à 6 personnes. Le genre d’endroit où on se sent vite à l’aise. La demi-pension est proposée pour 40 euros. Infos et réservation : 04.92.58.91.87 / 06.32.30.12.63 ou par mail : lieraver@wanadoo.fr

EN MARGE DE LA RANDO

L’Herbier du Dévoluy

Après la randonnée, on file vite à L’Enclus, pour une visite de la ferme de Luc ! Il pourra vous montrer ses cultures d’altitude personnelles et son jardin des simples. Vous repartirez probablement le sac rempli de crèmes, tisanes ou huiles essentielles car on se sent vite en confiance avec ce phytologue-herboriste qui vit les plantes avec une passion communicative. Peut-être l’occasion d’ailleurs de s’inscrire à l’un de ses stages pour partir concrètement à la découverte des plantes alpines et de leur usage ? Des ateliers sur le terrain, abordés sous l’angle d’une marche contemplative, mais aussi des stages de fabrication de cosmétiques naturelles. Hiver comme été, Luc vous amènera à la découverte de ce Dévoluy où il a grandi et où sa famille vit depuis cinq générations.

AUTRES ITINÉRAIRES AU DÉPART DE LA CABANE DE L’AVALANCHE

Le Col de Rabou
Le Pic de Bure par la Combe Ratin

AUTRES ITINÉRAIRES À PROXIMITÉ

La Crête des Baumes
Le Puit des Bancs & La Souloise

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2 Comments

  1. THEVENIN Daniel Répondre

    Quelle somptueuse randonnée, je ne sais pas trouver d’autres superlatifs pour caractériser ce site; si l’on s’y frotte une fois , je crois que l’on a été piqué pour de bon , dans le meilleur sens de ce terme. En tout cas, merci beaucoup pour ce fantastique topo, les photos qui vont avec et enfin le texte onirique et très suggestif , une vraie pépite !!!

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Un grand merci Daniel pour ce retour qui me fait évidemment plaisir ! Le Dévoluy a été une vraie source d’inspiration. Il reste encore une vidéo à monter pour compléter cet article. Et, bien sûr, quatre autres articles à suivre d’ici le printemps pour l’accompagner ensuite ! J’espère qu’ils vous plairont tout autant !

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