Dolomites : les 5 spots à explorer absolument pour sa première visite

Incroyables Dolomites ! Qui s’attendrait à trouver semblables montagnes au cœur de l’arc alpin ? Au niveau des influences, il y a un peu de l’expression fantasque des falaises du Vercors. Il y a aussi un peu de la démesure à l’américaine, façon Grand Canyon, et cette sorte de folie artistique qui saisit la nature quand elle sculpte des montagnes hors-normes. Nichées entre deux blocs cristallins – l’extrémité des Alpes Suisses à l’ouest et les Hohe Tauern d’Autriche – les Dolomites ont créé leur propre planète. Nulle part en Europe roches ruiniformes n’atteignent pareilles proportions. Les réseaux sociaux ont aujourd’hui fait exploser leur notoriété. Jadis chasse gardée de grimpeurs triés sur le volet, elles sont devenues, dans notre monde 2.0, une destination touristique prisée. Histoire de ne pas rater votre première fois, voici ma sélection des cinq spots essentiels pour vous immerger dans cet univers dolo-mythique.

Note : cet article a été majoritairement écrit à partir de mon expérience vécue dans les Dolomites, en 2006, lors de ma traversée de l’arc alpin. J’y avais passé près d’un mois, en itinérance, entre l’Autriche et la Suisse. J’ai vérifié mes infos de l’époque avec celles trouvées sur le web aujourd’hui pour m’assurer qu’elles demeuraient concordantes en 2020. Quand c’est nécessaire – notamment pour les topos détaillés de certains itinéraires – j’ai renvoyé vers des sites généralistes, ne disposant plus de tous les éléments dans ma mémoire 14 ans plus tard.

Pourquoi les Dolomites sont les plus belles montagnes des Alpes ?

La première fois que j’ai entendu parler des Dolomites, c’était en 2004. Je lisais le bouquin de Patrick Bérhault, Encordé mais Libre – quel titre génial ! – dans lequel j’allais puiser ma future inspiration pour ma propre traversée de l’arc alpin en 2006. À l’époque, traverser les Alpes d’une traite, ce n’était pas courant. Les blogs n’existaient pas, les réseaux sociaux non plus. Les images de montagne, aux quatre coins du monde, étaient l’apanage des livres et des magazines. Leur rareté, à ce moment-là, les rendait d’autant plus précieuse.

Il y a tout à découvrir dans cet univers fantasmatique où chaque sommet semble être un massif à lui tout seul

Aujourd’hui les stars du voyage d’Instagram ont écumé les Dolomites et inondé les réseaux de photos de ces montagnes incroyables, faisant baver d’envie celles et ceux qui ne les découvrent que maintenant. Les Dolomites sont devenues une vraie destination touristique. Le portail web officiel en témoigne. Et, face à cette déferlante de communication moderne, on pourrait presque avoir l’impression de déjà les connaître avant même d’y avoir mis un seul pied. Ce serait faire peu de cas de tout ce qu’il y a à voir derrière la vitrine marketing forcément limitée qui, n’importe comment, ne sera jamais à la hauteur du choc de la découverte véritable.

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Dans le livre de Patrick Bérhault, il y a peu de photos. À l’époque, l’une d’elles enflamme pourtant mon imagination : derrière un premier plan où progresse un marcheur, on y voit les parties sommitales de ce qui ressemble à trois monstrueuses dents. Je suis fasciné par cette image et par l’échelle du personnage. Il est écrit dans le livre : « Nous [Bérhault & Edlinger] nous attendions à les voir, pourtant la découverte des « trois faces nord » di Lavaredo est un choc. Majestueuses, impressionnantes, elles sont un monument de la nature. »

Les Tre Cime, quand on les découvre par l’entremise de l’image, ont ce pouvoir étrange de hanter les rêves du voyageur et de le convaincre de marcher un jour vers elles

Ce passage du livre nourrira durablement mon impatience et mon imagination et inscrira cette partie de ma future traversée des Alpes comme un des temps fort les plus attendus au cours de ces longs mois de marche. Le résultat a-t-il été à la hauteur des attentes ? La réponse à cette question est déjà dans l’objet de l’article. Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est un grand oui, on va faire un brin de présentation avec les Dolomites.

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LES DOLOMITES C’EST OÙ ET C’EST QUOI ?

Les Dolomites, c’est cette enclave italienne de l’arc alpin qui s’échappe au sud des Hohe Tauern autrichiens, dans le prolongement occidental de ce qu’on appelle les Alpes Carniques. Elles viennent s’appuyer, plus à l’ouest, contre la Suisse et le massif de la Bernina même si, communément, on considère que le massif italien de l’Adamello ne fait déjà plus partie de la famille.

Si vous êtes habitué à l’homogénéité, les lignes cassantes et abruptes de ces monuments de roc, leur géométrie folle, vous déstabiliseront probablement

De part et d’autre de la large vallée de Trento, elles s’échappent au sud puis perdent de l’altitude en se rapprochant des grands lacs d’Italie, notamment le lac de Garde. C’est un massif complexe et étendu qui doit son nom à un géologue français du 18ème siècle : Déodat Gratet de Dolomieu. La dolomie est ainsi une roche sédimentaire particulière, car carbonatée, et à laquelle la cristallisation confère une forme de prismes losangés caractéristique.

Comme on associe la Tour Eiffel à la France, on symbolise notre conception des Dolomites par les fameuses Tre Cime di Lavaredo. C’est la carte postale par excellence. Ce n’est pourtant qu’un seul des 18 groupes qui constituent l’unité du massif. Peu de vallées sont ouvertement dessinées dans les Dolomites, à l’exception de celle de Trento qui sépare Brenta des autres groupes. Ici les îlots font l’objet d’un assemblage complexe, une sorte de puzzle géologique qui permet à chaque groupe de s’emboîter à l’autre.

Dans un défi permanent à l’équilibre, des écailles monstrueuses se chevauchent face au marcheur, pages grandes ouvertes sur le foisonnant chapitre de la géologie alpine

Le point culminant c’est la Punta Penia, dans le massif de la Marmolada, à 3343 mètres d’altitude. C’est d’ailleurs le seul glacier du secteur : le reste des groupes est marqué par le sceau d’une profonde austérité minérale. S’intéresser aux Dolomites, en chercher une vision exhaustive, nécessite d’y passer du temps et d’en visiter plus d’un groupe. Si, précisément, vous ne disposez pas de ce temps, voici une sélection des principaux groupes qu’il m’a été donné de parcourir lors de précédentes visites et qui pourra vous aider à faire votre choix.

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I – DOLOMITES DE SEXTEN – TRE CIME DI LAVAREDO

J’ai marché dans les pas de Patrick Bérhault en 2006. J’avais déjà plus d’un mois de marche dans les pattes quand j’ai quitté l’Autriche pour l’Italie. C’était une journée marathon, bouclée à plus de 2900m de dénivelé en venant du Grossvenediger. Avec Jean-Marie, mon binôme, on a jeté le bivouac sur la crête-frontière avec les premiers sommets des Dolomites qui se détachaient sur un ciel crépusculaire. Je me rappelle de l’émotion du moment comme si c’était hier. On y était. Il fallait encore deux jours de marche pour vivre le face à face tant attendu avec les Tre Cime et je me revois presser le pas, ce jour-là, en sachant qu’elles allaient bientôt apparaître. J’étais dans l’attente du choc. Et le choc est venu à ma rencontre, ancrant cet instant comme l’un de mes plus beaux souvenirs de montagne.

Au détour d’un agréable jardin d’altitude, les Tre Cime se dévoilent soudain dans une mise en scène monumentale qui fait ressembler l’Italie au Colorado

« Au-delà d’un vaste canyon qui s’arrondit vers l’ouest, trois formidables piliers de pierre émergent de terre dans un alignement parfait. Trois dents colossales, surgies au beau milieu d’un décor de farwest, qui oblitèrent tout le reste. Les Tre Cime di Lavaredo sont la synthèse de toute la force et la magnificence des Dolomites, l’expression du génie de la nature lorsqu’elle transfigure l’austérité la plus stricte en beauté absolue. La vision de ces Drei Zinnen me pétrifie. Elles appartiennent à ces lieux magiques et forts, berceaux d’aventures prometteuses où écrire les plus belles lignes de notre périple à travers les Alpes. » Voici ce que j’écrivais le soir sur mon carnet de bord après m’être arraché à la contemplation de cet endroit aujourd’hui inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

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Les Dolomites de Sexten c’est huit sous-groupes à découvrir mais quand vous y venez pour la première fois c’est évidemment pour voir celui des Drei Zinnen, version allemande des Tre Cime. Eh oui ici, l’Autriche n’est pas loin et on parle autant la langue de Goethe que l’italien. Donc, nos trois stars (ci-dessus) se nomment, de gauche à droite, Cima Piccola, Cima Grande et Cima Ovest et titillent l’altitude des 3000 mètres à… 2999 m pour la Cima Grande !

S’il n’y a qu’une photo à emporter d’un séjour dans les Dolomites c’est évidemment celle des trois faces nord de cet incroyable spot. Pour faire ce cliché, un itinéraire en boucle au départ du refuge Auronzo, accessible par la route et moyennant un péage, sera indispensable. Côté Auronzo, sachez que les Tre Cime vous tournent le dos et vous montrent leur derrière, au demeurant déjà fort joli.

La rando classique (12 km, 550m D+, 3h30 à 4h)

Depuis Auronzo, le début est pépère, balisé en rouge-blanc-rouge. Une piste à la platitude désarmante vous conduit d’abord vers la chapelle Santa Maria Ausiliatrice puis au refuge du Lavaredo. C’est là que ça monte (un peu) jusqu’au collet de Lavaredo. À partir de ce point, les Tre Cime commencent à se révéler en enfilade. La perspective prend de l’ampleur en poursuivant son chemin en direction du refuge Antonio Locatelli. Libre à vous de le rejoindre pour un café mais il faudra, à un moment, revenir à la bifurcation juste en-dessous pour suivre le sentier n°105, direction Auronzo et Lange Alm. Le tracé est commun quelques temps avec le n°102 qu’on laissera un peu plus tard partir à droite, à une prochaine bifurcation. On descend ainsi vers la zone dite du Piano di Rienza par un large et bon chemin avant de remonter vers le col Forcellina et Lange Alm. Il suffira de continuer vers la Forcella di Mezzo pour boucler la rando au refuge Auronzo. Easy.

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Ascension de la Cima Grande par la voie normale (AD- 3b obligatoire)

Contre toute attente, monter au sommet de la Cima Grande est plutôt facilement réalisable à condition d’être bien dégrossi à ce genre de terrain et aux passages d’escalade faciles et bien pourvus. À l’époque, avec Jean-Marie, on l’avait fait sans corde à la montée mais, à l’époque, on grimpait aussi beaucoup. On ne l’avait sorti que pour tirer un rappel à la descente. Aujourd’hui je pense que j’aurais assuré le passage du mur un peu plus exposé qui mène à la grande vire annulaire.

Je réalise que ce n’est pas au cœur d’une montagne que je me trouve mais d’un univers tout entier

Mais, dans l’ensemble, l’entreprise est à la portée de pas mal de monde ayant le goût de l’aventure. La grosse difficulté, c’est surtout la recherche d’itinéraire une fois franchie la rampe du premier goulet. Le versant sud de la Cima Grande est un vaste chantier minéral où se repérer n’est en effet pas chose aisée. Les guides italiens ont, de plus, la fâcheuse tendance d’effacer toute tentative de balisage, histoire de garder le secret de l’itinéraire pour eux et leurs clients. Ci-dessous, le pied du grand mur menant à la vire annulaire.

Extrait de la Grande Traversée : « Dans ce théâtre anarchique de roche, il s’avère difficile, sans connaissance préalable du terrain, de déterminer où reprend la voie d’ascension. […] L’itinéraire se borne à franchir des séries de cheminées et de murs qui n’excèdent jamais une dizaine de mètres, reliés entre eux par un système de vires complexe. […] Trois heures seront nécessaires pour toucher le sommet de la Cima Grande. Arriver là-haut, c’est arriver au paradis. […] Juste à côté de nous, de l’autre côté d’un abime béant, la vertigineuse muraille de la Cima Ovest jette son ombre sur le Lavaredo (ci-dessous). En se penchant un peu, les précipices de la face nord font attraper des sueurs froides à qui arrive de la voie normale. […] Nulle part ailleurs dans les Alpes, n’ai-je vu de lieu où la beauté farouche de la montagne se marie à semblable dénuement. J’ai l’impression d’évoluer dans un immense château perché en plein ciel. »

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ACCÈS & LIENS UTILES

Pour arriver à Auronzo, il faudra, depuis Cortina d’Ampezzo, emprunter la route 48 qui monte au Paso Tre Croci. Suivre ensuite la direction de Misurina. Peu après le lac de Misurina, quitter la route 48b à droite et suivre la route qui monte vers le refuge Auronzo. La mauvaise surprise c’est que la route est payante ! Et c’est pas donné : 24 euros, gasp ! Sauf si vous montez après 15h où ce tarif prohibitif passe à 16 euros. Et si vous voulez y échapper et grimper à pied, gardez à l’esprit qu’il faudra ajouter 500 mètres de D+ et environ 4h de marche supplémentaires aller-retour. Cadeau !

Pour le topo de la voie normale de la Cima Grande, je vous renvoie vers la page de description de Camp to Camp qui donne les axes essentiels pour tracer sa route dans la face sud. Je ne dirais pas mieux. Je répète juste que tout topo est une base utile, un poil subjective, mais que votre sagacité sera mise à l’épreuve sur le terrain pour tenir le fil du bon itinéraire. Mon conseil : si des cordées sont engagées, gardez-les à l’oeil ! Nous c’est ce qu’on avait fait et ça nous a permis de ne pas trop galérer à monter !

Pour le dodo, voici les liens vers les trois refuges disposés en triangle autour des Tre Cime : d’abord le refuge Auronzo (avec la photo de Bérhault à l’intérieur !) puis le refuge du Lavaredo (avec un gardien pas commode et qui n’aimait pas le bivouac en 2006) et enfin le refuge des Drei Zinnen (à l’époque une chouette ambiance montagne, on avait adoré).

Pour la carte, enfin, c’est la Kompass 047, Drei Zinnen, Tre Cime di Lavaredo qu’il faut avoir dans le sac.

II – DOLOMITES DE CORTINA – GROUPE DES TOFANE

Cortina d’Ampezzo… C’est le Chamonix local. On surnomme l’endroit la Perle des Dolomites. Pas tant que la ville soit un bijou, quoique le séjour y fort agréable. L’attribution de cet alias prestigieux tient davantage à sa position, en plein cœur de plusieurs groupes dolomitiques d’importance, accessibles très rapidement : Antelao, Sorapis, Cristallo, Nuvolau, entres autres, et Tofane. C’est l’une des grosses plaques tournantes des Dolomites.

Cortina c’est la Mecque des Dolomites, le Katmandou transalpin. Simple touriste ou grimpeur en quête de performance, tous passent inévitablement à Cortina

Pas le coin le plus sauvage, loin de là, mais sans conteste l’un de ceux qui proposent une offre de courses de qualité et une brochette de prestataires longue comme le bras. Pour celles et ceux à la recherche d’un camp de base confortable avec tous les services à portée de main, Cortina est un bon choix. En 2006, Jean-Marie et moi y avions fait étape pour explorer le groupe des Tofane, ou Tofana en version originale. Un bon spot de via-ferrata, vous allez voir.

Punta Anna et Tofana di Mezzo par la via ferrata Giuseppe Olivieri

C’est l’une des grandes classiques locales et ce serait dommage de passer à côté. À l’époque, c’était notre première expérience de via dolomitique. On avait posé le bivouac la veille, aux abords du refuge Pomedès et on était parti légers pour une grosse boucle à la journée empruntant cette via d’abord, puis enchaînant avec le sommet du Tofana di Dentro. Les premiers mètres sont faciles et se font sans longe. La suite, en revanche, réserve quelques passages bien aériens et, parfois, brièvement athlétiques. On suit le fil grossier d’une arête parfois protégée par des barreaux, des échelles ou des câbles. Le cadre est rien moins qu’extraordinaire et on est entièrement immergé dans l’incroyable ambiance des Dolomites.

Le passage clé de cet itinéraire visuellement spectaculaire c’est le pas Gianni qui franchit l’angle d’une falaise pas mal vertigineuse. Il faudra y progresser sur une lèvre calcaire à peine assez large pour y poser l’extrémité des pieds ! Et encore là c’est confort. Un peu plus loin, la lèvre en question se résorbe et ne demeurent que de simples et maigres encoches métalliques bien espacées les unes des autres ! Le genre d’endroit qui demande du sang-froid croyez-moi. Échelles, arches naturelles – Bus de Tofana – et câbles jalonnent la suite et la fin de la progression en direction du sommet de la Tofana di Mezzo, à 3244 mètres d’altitude. En redescendant de l’autre côté on rejoint la ferrata Lamon et la Forcella Tofana. Si vous avez votre dose, basculez versant ouest par un sentier rejoignant le refuge Dibona. Si vous en voulez encore, lisez la suite !

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Tofana di Dentro et Via Ferrata Formenton

Le Tofana di Dentro, à 3238 mètres, est le sommet suivant depuis la Forcella Tofana. Une autre montagne pyramidale qui porte sur elle les surprenants stigmates du passé métamorphique des Dolomites. Jusqu’à son cône sommital des strates boursouflées s’empilent les unes sur les autres, chacune représentant une période bien précise de sédimentation. L’itinéraire court sur ces vestiges lacustres qui remontent à la formation du monde avant d’atteindre le sommet. Repérer les marques rouges signalant le départ de la via Formenton, côté nord, n’est pas simple. Prenez le temps de bien les identifier avant de vous engager n’importe où.

Ce n’est pas un hasard si Renny Harlin a choisi de tourner ses extérieurs de Cliffhanger, avec Sylvester Stallone, ici dans les Tofana et le Cristallo voisin

La via ferrata Formenton est beaucoup plus courte que la Olivieri. Le départ, escarpé, amène assez vite au bivouac d’urgence Barraca degli Alpini, un étonnant assemblage de planches calé dans une anfractuosité du rocher. S’ensuit un couloir genre exposé et insalubre, une sympathique traversée sous la roche puis un chemin bien protégé qui ramène sous la Cima Formenton. C’est à cet endroit qu’on attrape le sentier n°407 qui bascule en versant est et ramène aux remontées mécaniques de Ra Vallès et de Bus Tofana. Continuer en face en s’élevant le long de la remontée Cacciatori et, en haut, suivre à gauche pour rejoindre, à terme, le refuge Pomédès. Une bonne journée, non ?

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Bonus – Tofana di Rozes et Via Ferrata Lipella

Lui, c’est le sommet voisin, aux allures de pyramide massive, qu’on garde pas mal en ligne de mire en enchaînant les précédents sommets décrits. Une forme bien particulière avec une face intérieure qui se répand en étagements rocheux et des versants externes qui basculent en immenses falaises aux reliefs écaillés. Le Rozes ressemble à l’un de ces polygones d’un cours de géométrie dont on aurait sectionné toute une partie pour le présenter en plan de coupe au randonneur. Une roche à la teinte sanguine affleure en de nombreux endroits de la face sud, comme si la montagne avait été écorchée vive. C’est un bloc massif qui abrite en son sein un itinéraire complètement dingue.

La via ferrata, pour qui ne développe pas de grand talent de grimpeur, est une excellente alternative pour faire l’expérience des vertigineux plaisirs du vide

Rendons à César ce qui appartient à César : pour découvrir cet itinéraire, il faudra vous rendre sur le blog d’un spécialiste des randonnées du vertige qu’on ne présente plus : Pascal Sombardier. C’est à lui que je dois d’avoir eu connaissance de cette belle boucle qui s’enroule autour du Tofana di Rozes en escaladant un passage mémorable de 270 barreaux plantés à même la falaise permettant de franchir une barre rocheuse verticale et de rejoindre le refuge Giussani. À enchaîner avec la via Lipella qui parcourt les à-pics du versant ouest de la Tofana di Rozes. Ambiance garantie et démesure dolomitique au programme avec échelles et galeries en bonus. Je ne vous en dis pas plus. Allez vite découvrir ça sur le blog de Pascal.

ACCÈS, RECOMMANDATIONS & LIENS UTILES

On peut arriver au refuge Pomédès et au départ de la via Olivieri à pied depuis Cortina mais c’est long. La meilleure combinaison est de monter d’abord en voiture jusqu’à Pié Tofana et d’utiliser les remontées mécaniques pour monter au refuge. Si le coeur vous en dit, depuis Pié Tofana, vous pouvez aussi marcher en suivant le Sentiero dei Camosci jusqu’au refuge Duca d’Aosta, puis le sentier 420 jusqu’à celui de Pomédès. On peut également partir du refuge Dibona, accessible par une route étroite, et suivre le sentier 421 jusqu’à Pomedès.

Pour le dodo, voici les liens de deux des refuges évoqués dans cette section : le refuge Pomedès. Pas de portail web pour le refuge Angelo Dibona. Je vous mets aussi le lien vers le site de l’office de tourisme de Cortina d’Ampezzo, ça peut toujours servir, notamment pour se faire une idée des services et des possibilités d’hébergement.

L’enchaînement Punta Anna – Tofana di Mezzo – Tofana di Dentro ne nécessite pas d’avoir le nez sur un topo. Une fois attaquée, la progression est plutôt évidente. Le terrain et l’équipement la dessine sans laisser le place au doute. Nous, on s’était planté après le sommet de la Tofana di Dentro : c’est pour ça que j’insiste en disant « cherchez bien les marques du départ de la via Formenton » quand vous êtes au sommet. Pour celles et ceux qui ont néanmoins besoin de s’appuyer sur une description de l’itinéraire, je renvoie comme précédemment vers la page de Camp to Camp, largement suffisante.

Ne vous aventurez pas sur les via sans équipement adapté, à savoir : baudrier, longe de via ferrata avec absorbeur de choc et casque. Prenez également suffisamment d’eau : il n’y en aura pas sur le parcours ! Et pensez à la carte : Kompass 617, Cortina d’Ampezzo

III – CIVETTA

Plus au sud de Cortina, dans une partie plus centrale des Dolomites, le groupe de la Civetta fait également forte impression. La face ouest de ce monstre minéral est appelée « Parette del Parette », autrement dit « la Paroi des Parois ». Là encore, en 2006, c’est une photo du livre de Patrick Bérhault qui m’avait convaincu d’y passer. On y voyait le grand alpiniste, assis sur un rocher, aux abords du refuge Tissi, contemplant cette immensité rocheuse infinie.

La Civetta, accrochez-vous, c’est 1200 mètres de falaise déployés en muraille face au visiteur (ci-dessous). Pour tout amoureux de rocher, l’envergure de la Chouette – en version française – donne le frisson. C’est l’une des merveilles des Dolomites qu’il ne faut surtout pas manquer. C’est le domaine du vertical et de l’escalade très engagée. Mais, par chance, il existe un itinéraire très abordable pour en gagner le sommet.

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La Via Ferrata degli Alleghesi

C’est un itinéraire historique, ouvert en 1913, qui emprunte tout le pilier est de la Civetta. C’est un hybride techniquement abordable qui se cherche entre la via ferrata et la rando alpine. C’est le seul et unique moyen pour nous autres, simples marcheurs, d’atteindre les 3220 mètres d’altitude de cette montagne légendaire. Le point de départ idéal sera le refuge Coldai et une bonne journée sera nécessaire pour faire l’aller-retour. Depuis le refuge on rejoint en une heure la Porta del Masare où des indications à la peinture rouge conduisent au départ de la via. C’est à partir de là qu’il faut s’équiper. Jean-Marie et moi, pour gagner du temps sur l’horaire et au regard de la faible difficulté technique, l’avions essentiellement faite sans protection en 2006.

La première partie de l’ascension se déroule sur l’épaule de la Civetta où des barreaux, accolés à la paroi, plonge très vite l’itinéraire dans le vertical (ci-dessus) : la promesse d’une escalade exaltante, cependant dissipée assez vite dès que sont rejointes des sections de vires où la progression est rapide et sans danger. À l’exception d’une courte grimpette dans une cheminée raide et légèrement déversante, rien de très excitant à se mettre sous la dent d’ici au sommet qui s’atteint dans un fauteuil !

L’itinéraire ne manque pas d’aides et le/la randonneur/se fébrile sera aux anges. Les autres en jugeront – ou non – le côté superflu et suréquipé. N’en demeure pas moins une jolie course rocheuse et un panorama large sur le Monte Pelmo, à l’est, et la Marmolada, à l’ouest. La descente peut se faire par le même chemin ou par la voie normale, tracée en versant est, qui rejoint le refuge Torrani. Le sentier Tivari ramènera ensuite à Coldai.

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Il faudra prévoir de dormir au refuge Coldai pour cette course. Le mieux c’est de démarrer depuis Alleghe, en versant ouest, car c’est de là qu’on peut le mieux admirer l’immense paroi de la Civetta. Utiliser la voiture ou les remontées pour monter à Piani di Pezzé. De là, suivre le sentier n°4 direction Lago de Coldai puis, une fois au lac, viser et rejoindre la Forcella Coldai par le sentier n°560. Basculer en versant est et gagner le refuge.

La carte du coin, c’est la Tabacco 015 Marmolada, Pelmo, Civetta, Moiazza

IV – MARMOLADA

Les sommets des Dolomites écopent souvent de surnoms. La Marmolada n’échappe pas à la règle puisqu’on l’appelle ici la Princesse des Dolomites. Un titre prestigieux dont elle puise la légitimité pour deux raisons : la première car c’est la plus haute avec ses 3343 mètres ; la seconde c’est que c’est la seule à encore abriter un glacier ici. La plupart du temps, les aspirant(e)s au sommet passent par la face nord, la face sud étant majoritairement une barrière rocheuse hostile et lisse que seuls des grimpeurs de la trempe de Bérhault et Edlinger osent escalader. En 2001, lors de leur traversée, ils y avaient d’ailleurs vécu un épisode rocambolesque dans la célèbre voie du Poisson. En 2006, c’est pourtant côté sud que Jean-Marie et moi avons également tenté le sommet par un itinéraire autrement plus abordable.

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Punta Penia, depuis le refuge Onorio Falier

Dormir à Falier – où le livre d’or, en 2006, était signé par Patrick Bérhault himself – c’est se perdre dans la contemplation des fortifications rocheuses de la Marmolada, dressées juste en arrière-plan du refuge. C’est de là qu’on accède, par un bon sentier, au Pas de l’Ombreta, quelques 600 mètres d’altitude plus haut. À ce stade, on se tient quasiment à l’aplomb du sommet de la Punta Penia. Mais il faut redescendre de l’autre côté, par le sentier n°610 du Val Rosalia, pour rejoindre une bifurcation.

C’est là, à droite, que s’échappe un autre sentier, le n°606, qui, avec un aplomb désarmant s’en va remonter jusqu’à la Forcella Marmolada, un lieu étroit et encaissé, qui fait la jonction avec le glacier de la face nord. En 2006, avec trois mois de marche derrière nous et les globules rouges multipliés par mille, on était monté sans sac en 30 minutes, à un peu plus de 1000 mètres/heure. Je m’en souviens. Je n’en revenais pas ! Pas sûr que je le referais aujourd’hui !

Changement d’ambiance à partir de la Forcella Marmolada. Le froid du glacier remonte les pentes et invite à se couvrir après l’effort. La partie rocher démarre de là puisqu’il s’agit maintenant de remonter l’arête ouest de la Punta Penia en s’aidant, assez régulièrement, des équipements mis à disposition. Rien de bien difficile, soyez tranquilles ! Il faut juste se méfier du rocher, humide et sensiblement patiné avec la foule qui passe ici.

Tout le reste est un jeu d’enfant, plus proche de la marche que de l’escalade. Le jour de notre passage, le panorama était obstrué par les nuages qui glissaient dans le réseau de cheminées de la face sud. Côté nord, au-delà d’un misérable baraquement plus proche de la gargotte que du refuge, l’épaule du glacier s’évanouissait vers la vallée. Des cordées s’y engagaient en continu : le succès de la Marmolada est réel ! Vous ne serez pas seul(e)s là-haut.

ACCÈS, RECOMMANDATIONS & LIENS UTILES

On accède au refuge Falier depuis la route SP641 reliant Caprile à Canazei via le col Fedaia. Après Sottoguda et juste avant d’arriver à Malga Ciapela, il faut prendre une petite route à gauche. La suivre jusqu’à son terminus et au parking. De là, le sentier n°610 permet de rejoindre le refuge Falier. Le petit refuge de la Punta Penia dispose également d’un site.

La carte du coin, c’est la Tabacco 015 Marmolada, Pelmo, Civetta, Moiazza

V – DOLOMITES DE BRENTA

Brenta, c’est le parent isolé de l’autre côté de la vallée de Trento. Bien qu’il porte le nom de Dolomites de Brenta, ce groupe complexe est rattaché aux Alpes Rhétiques plutôt qu’aux Dolomites, un comble. Sur la carte, c’est un pavé. Sur le terrain, un assemblage en sous-groupes pas toujours faciles à bien identifier. L’essentiel, pour une première visite, se trouve au coeur du massif avec des paysages de western surmontés de pinnacles et creusés de falaises. Le randonneur y fait office de fourmi trottinant fébrilement sur des vires vertigineuses. C’est d’ailleurs Brenta que j’avais choisi comme couverture pour mon livre la Grande Traversée. C’est ici, dans ce coin des Dolomites, que l’esprit de notre voyage s’était véritablement incarné.

Dans un éblouissant spectacle de formes et de couleurs, l’abrupte beauté des Dolomites explose à Brenta tel le bouquet final d’un interminable feu d’artifice

À l’époque, notre entrée dans Brenta avait été souffrance. On était en juillet, juste après la victoire de l’Italie à la Coupe du Monde de foot – autant vous dire qu’être français à ce moment-là était pénible – et les Dolomites dégoulinaient de chaleur. Nos sacs nous scotchaient au sentier et, en venant de Malga Spora, on s’était affranchi d’une éprouvante ascension vers la Bocca del Tuckett.  Dieu merci, cette laborieuse montée fut suivie de la découverte du sentier n°303, itinéraire à flanc, sur une vire vertigineuse, qui passe au pied de quelques géants locaux – Cima Brenta et Campanile Basso notamment – pour rejoindre, bien après, la Bocca di Brenta et le refuge Pedrotti, l’un des hébergements centraux du groupe. Ce tracé a été mon premier coup de coeur à Brenta.

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La Cima Tosa

C’est le point culminant du groupe avec 3173 mètres d’altitude. Vue de loin la Cima Tosa a l’air revêche. Il faut cependant la regarder côté sud-est pour en déceler le point faible : un passage, presque secret, dans une courte cheminée, qui permet d’atteindre les étages sommitaux, simples successions de strates éboulées sans difficulté. Depuis le refuge Pedrotti, il faut suivre le sentier n°358, direction refuge Agostini, en traversant un désert de rocailles où s’étendait jadis un glacier. On atteint ainsi la Sella della Tosa où se repère assez facilement une flèche rouge indiquant le départ vers la Cima Tosa.

Une série de gradins se remonte sans difficulté, qui précède une cheminée d’une dizaine de mètres proposant un rocher solide et agréable. Broches scellées et spits s’aperçoivent de temps à autre pour, au besoin, sécuriser la progression. Une ligne logique finit par nous conduire au pied d’une nouvelle cheminée, assez étroite, où s’élever en opposition apparaît comme la solution la plus rapide. C’est le pas le plus délicat de l’itinéraire. D’autant plus qu’à cet endroit, la roche sévèrement patinée impose un enchaînement sur cinq mètres qui rend l’escalade soudainement plus exposée. Une broche scellée et un piton avec des sangles étaient néanmoins présents pour rassurer les plus hésitant(e)s.

Dolomites

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Au-delà de ce pas, les difficultés s’évanouissent et ce n’est quasiment plus que de la marche. Un grand versant de gradins calcaires écroulés remonte tranquillement jusqu’à un large plateau sommital, parfois recouvert de neige, et sur lequel il est difficile de déterminer exactement où se trouve le sommet. Probablement là où se dresse une statue de la Vierge. La vision, bien large, s’ouvre plein cadre sur le Crozzon di Brenta, un mur saillant et plongeant tandis que le monolithe géant du Campanile de Basso se dresse au centre d’un cirque de falaises ocres. Le symbole d’un univers où une géologie empreinte de folie a donné naissance aux montagnes les plus esthétiques et incroyables que les Alpes aient porté.

Brenta, en boucle, depuis Molveno – 3 jours

J’étais revenu à Brenta en 2016, en mode vacances, avec ma compagne. On avait atterri à Molveno, au sud de Brenta, dans un camping accueillant, en bord de lac. On avait trois jours devant nous et c’était l’occasion de lui faire découvrir ce petit joyau de l’Italie que sont les Dolomites. Le chemin démarrait à la sortie du camping, dans la forêt juste à gauche. Ça a été la partie la plus raide : pas loin de 600 mètres de dénivelé en un peu plus de 2 kilomètres pour atteindre le joli petit refuge forestier de Malga Andalo et sa terrasse bondée. C’est ensuite encore une assez longue section boisée jusqu’au refuge suivant : le refuge Selvata, à 1630 mètres. C’est à partir de là que le paysage des Dolomites explose.

Brenta, c’est un continent à lui tout seul qui concentre en son sein tous les éléments constitutifs des Dolomites. Des pans rocheux effilés, hauts de plusieurs centaines de mètres, qui s’étirent selon un axe nord-sud, plaqués les uns contre les autres comme un vaste mille-feuilles minéral. Ici la montagne repousse les limites de la verticalité qu’elle entonne dans les Dolomites depuis les Tre Cime.

Incroyable d’imaginer que ces formidables parois sont les vestiges visibles des grands récifs coralliens qui peuplaient les fonds du grand océan Thétys au Trias !

Je lis l’émerveillement dans le regard de Raphaèle, mais aussi un début de fatigue. Il reste encore du dénivelé à s’acquitter pour atteindre le refuge Pedrotti, 850 mètres plus haut. L’ascension se fait à la patience et au courage. Rejoindre le coeur de Brenta est toujours synonyme d’effort. Le froid descend sur le chemin, poussé depuis les sommets par un plafond nuageux oppressant à la mi-journée.

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Les pointes de Brenta semblent encore bien hautes, inatteignables, masquées par de nouveaux ressauts. Derrière nous, la paroi massive du Croz del’Altissimo submerge la vallée. En continuant à prendre de l’altitude, le spectacle des Dolomites lève peu à peu son rideau. Encore quelques mètres sur ce sentier n°319 et nous atteignons le bâtiment désert du refuge Tosa. Émotion, dix ans plus tard, de poser le bivouac exactement là où je l’avais fait avec Jean-Marie en débouchant du sentier n°303 un soir de juillet, après des mois de marche depuis Wien, en Autriche. Une avalanche de souvenirs.

Le lendemain, la météo n’est guère avec nous. Les nuages de la veille ont pris de l’assurance et s’agrippent dans les replis acérés des sommets. De quoi remettre en question mes projets d’échelles et de vires. D’autant plus que la fatigue de l’ascension de la veille secoue encore les muscles et la volonté de Raphaèle. Je l’amène néanmoins faire un aller-retour au-delà de la Bocca di Brenta, dont le côté nord est envahi de neige, pour admirer quelques spécimens sommitaux locaux comme le Campanile de Basso. Et aussi apercevoir les via-ferratistes lancés dans la légendaire traversée de la Via Bocchete Centrale.

Puis demi-tour, pour amorcer la boucle retour vers Molveno qui passe par le sentier Elio Palmieri, un itinéraire décliné en deux versions. C’est la version ‘alta‘ et non ‘bassa‘ de ce sentier qu’on choisit. Un petit plaisir pour ne pas trop laisser la frustration de déjà quitter Brenta nous gagner. Tracé dans un bel amphithéatre de falaises orangées dominé par la Cima Tosa, le sentier Elio Palmieri se fraye un passage dans le chaos minéral du grand vallon de la Pozza Tramontana qui s’effondre jusqu’à Molveno.

Traversée de pierriers, recherches d’itinéraire et jolies vires, parfois câblées mais jamais difficiles, jalonnent le parcours dans le décor toujours grandiose de cette partie de Brenta. On croise plus bas l’intersection avec le sentier 320 qu’on décide de suivre à droite en direction du refuge Agostini. L’instabilité de la météo nous pousse à nous mettre à l’abri plus tôt qu’on ne l’aurait souhaité.

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Le troisième et dernier jour est l’occasion d’une descente fleurie. Après être retournés à l’intersection entre le 320 et le Palmieri, on bascule sur le sentier n°326 jusqu’au Paso di Ceda. En suivant le balisage à droite, on entame une longue cavalcade dans un défilé de végétation dense, rehaussé de belles parois, où l’observation des chamois n’est pas rare.

Le chemin disparaît dans des bouquets d’ombellifères tandis que la surface émeraude du lac de Molveno grossit à vue d’oeil. La forêt nous avale en même temps que l’imagerie de Brenta. Le camping n’est plus qu’à une grosse vingtaine de minutes de marche. Tout à la joie de notre petit périple, on ne sent pas encore grandir le chagrin de bientôt devoir laisser derrière nous ces citadelles du vertige qui avaient tant encore à nous offrir.

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ACCÈS, RECOMMANDATIONS & LIENS UTILES

Brenta est parfaitement doté en matière de refuges. Il y en a partout et suffisamment. Sur le chemin décrit, les deux principaux sont le refuge Pedrotti et le refuge Agostini. On s’était fait accueillir comme des chiens dans un jeu de quilles à Pedrotti, en 2006, avec Jean-Marie. Je mentionne donc le lieu plus par pragmatisme que par réelle envie. Même si j’espère que, depuis, les choses ont changé. À Molveno, le camping du lac est impeccable. Celui-là, je vous l’indique sans regret.

Je vous ai un peu parlé de la Via Bocchete Centrale. On aurait aimé la faire mais les conditions ne le permettaient pas. Ceci étant, ce ne serait pas sympa de ne pas en faire mention dans cet article car elle est considérée comme l’une des via les plus incroyables à collectionner dans les Dolomites. C’est vraiment l’aventure par endroits avec de longs passages gazeux et sans protection et des équipements parfois vétustes. Je vous joins donc le lien vers Camp to Camp si vous voulez en savoir plus.

La carte à avoir avec soi, c’est la Kompass 688, au 1/25000è, Dolomiti di Brenta

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