Véroncle : IMEA

La Véroncle : Randonnée à Gorges Déployées

La Véroncle. À mes yeux, une promesse. Le voeu secret d’une gorge parmi les plus belles du Vaucluse. S’il existait un podium des gorges, celles de la Véroncle seraient probablement sur la première place. Elles ne sont pas simplement belles : elles ont une histoire à nous raconter. Une histoire géologique d’abord, dans les premiers chapitres. Une histoire humaine, ensuite, dans une seconde partie. On voyage à Véroncle comme dans un livre à plusieurs étages. Et, de part et d’autre de ce condensé d’intérêts, on s’immerge dans la garrigue du Luberon et de ses petits villages provençaux. Point de départ et d’arrivée de cette randonnée, Joucas mérite, à lui seul, davantage qu’une traversée furtive. Je fais le point sur cette randonnée classique et prestigieuse du Vaucluse.

Difficulté : moyen | Distance : 15 km | Dénivelé : 515 m | Durée : 4h30 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3142OT Cavaillon/Fontaine-de-Vaucluse

Joucas n’a peut-être pas la dimension prestigieuse de Gordes, dont il n’est distant que de quelques kilomètres, mais il n’en demeure pas moins un très plaisant petit village du Luberon et une base de départ idéale pour une randonnée vers les Gorges de la Véroncle. En cette fin mai 2020, il est en revanche anormalement silencieux. Le parking de la commune est désert. La circulation réduite à néant. L’hôtel des Commandeurs, à l’entrée de Joucas, affiche porte close. Seule la Joucassienne, la petite épicerie du village, accueille une poignée de clients masqués et prudemment espacés dans une file d’attente extérieure. Nous sommes le 21 mai et la France de l’après-Covid semble encore avoir du mal à sortir de chez elle.

Les ruelles de Joucas baignent dans le soleil et un calme suspect. Pour un peu, en cette fin de première semaine de déconfinement, on s’y sentirait comme des intrus.

Le village se traverse par des venelles caladées aux petits oignons. Il y a de l’amour derrière ces façades restaurées aux couleurs chaudes de la Provence. Et une inondation florale qui donne l’impression d’avoir trébuché dans le cadre d’une carte postale. Joucas déborde de douceur de vivre et on y déambule avec oisiveté. Le soin minutieux porté à la pierre de ses habitations et la part belle faite à sa végétalisation évoquent un tableau paisible et des soirées agréables sous les tonnelles, face au Luberon. Derrière un muret de pierre sèche, le toit et le clocher-mur de la petit église Saint-Jean-Baptiste apparaissent, dominant un horizon de vignes. Il se raconte qu’à l’intérieur s’y dissimule un « véritable musée de l’art italien de la peinture en trompe-l’œil ». Avis aux amateur/rices !

À TRAVERS LA GARRIGUE

Le haut de Joucas abandonne le cliché provençal. Les propriétés, plus récentes, se claquemurent derrière des haies opaques ou se dispersent, sans charme, dans un bain de chênes verts. Le goudron se fond bientôt dans le chemin : la garrigue ouvre grandes ses portes aux randonneur/ses. Le musée des fleurs et des senteurs n’a, heureusement pour nous, pas fini d’exposer. Je craignais que le confinement nous prive du bonheur du printemps. La punition n’a été que partielle.

Y a-t-il meilleure période que le printemps pour un bain de garrigue ? C’est à cette époque de l’année, dans une explosions de couleurs et de parfums, que ce qui caractérise la Provence dévoile sa pleine identité

Partout sur les bords du sentier, chatouillant les haies de chênes, fleurissent encore des parterres d’Aphyllantes de Montpellier, montées sur leurs tiges grêles, et de Saponaires Faux-Basilic qui tendent de petits bras roses au bout de longues corolles. Des Hélianthèmes Hérissées ponctuent de jaune ce dialogue floral ininterrompu qui voit parfois un bourdon ou une abeille noire y mettre leur grain de sel – ou de pollen. Le petit chef-d’œuvre de la Nature renouvelé à chaque saison.

Nouveau poteau, nouvel aiguillage. La trace s’échappe en basculant à gauche en faisant face à la grande plaine viticole étirée jusqu’aux collines de Roussillon. Entre deux tranches de buis, la silhouette de Gordes se distingue à l’ouest, souverainement juchée sur sa butte. J’ai fait l’impasse sur cette halte de prestige du Luberon. J’y reviendrai lors d’une prochaine tournée pour coupler la découverte passionnante de ce haut lieu touristique à celle de l’Abbaye de Sénanque, l’un des trois joyaux cisterciens du secteur. Le tout en mode rando, évidemment ! Un étage en-dessous la végétation est déjà passée de mode. Ici tout est plus dense et fourni. Les chèvrefeuilles s’incrustent. Les fruitiers sont au garde-à-vous. On joue du coude dans des herbes devenues folles jusqu’à jaillir sur une rocade encadrée de pins d’Alep.

Un chemin, si large et princier, qu’on en manquerait la balise qui le quitte discrètement à droite pour rejoindre l’intersection de Bois d’Audibert. Un joli mas de pierre apparaît bientôt. Mosaïque de pierres ocres et volets bleus, dans le plus pur style du Luberon. Ici on ne rigole pas avec le PLU et c’est tant mieux pour les yeux. Quelques pas de plus et voici le croisement des Grailles, départ souvent considéré comme officiel pour les Gorges de la Véroncle.

À partir de là, ce sont six kilomètres sauvages à point qui attendent le randonneur jusqu’à Murs. Fini l’échauffement. Au-delà de ce poteau, c’est le plat de résistance, celui pour lequel on est venu manger à cette adresse : les Gorges de la Véroncle sont là. On y est en attente d’immersion, de passages insolites, de vues mémorables et de souvenirs de randonnée à partager. En vérité, on y trouvera même un petit peu plus que ça…

À LA RENCONTRE DES MOULINS

Surprise : le balisage ne nous envoie pas dans les gorges mais au-dessus ! C’est par une allée de cailloux pétrie au soleil du midi que démarre l’aventure de la Véroncle. Un faux-départ heureusement de courte durée. La balise du GR® de Pays Tour des Monts de Vaucluse, surmontée d’une croix de Lorraine – rappel historique au Maquis de Gordes –  corrige plus loin cette digression et ré-aiguille le/la marcheur/se là où il ne tient plus en place de se trouver, à savoir dans le fond ombragé des gorges.

Ils étaient dix moulins à tourner jadis dans les gorges. Avant d’être une randonnée, la Véroncle était surtout une industrie.

Trois petits lacets et une courte échelle plus tard et le décor a fait peau neuve. Sous le plafond de la canopée, on a perdu une poignée de degrés. La transition printemps-été est en cours d’exécution. Les Monts du Vaucluse, à l’instar du reste de la Provence et d’une partie de l’Occitanie, n’ont rien d’accueillant sous la canicule estivale. Les inter-saisons restent les époques les plus favorables pour les honorer d’une visite.

Véroncle

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À l’ombre des feuillus-parasols, la silhouette éventrée d’une ruine prend forme. Voici, surgi du passé, le moulin Cabrier, l’un des derniers témoins de la riche histoire préindustrielle et rurale de la Véroncle. Si, au 21ème siècle, ce qui est identifié sur l’IGN comme un cours d’eau affluent du Carlet n’exhibe souvent qu’un débit poussif entre deux vasques asséchées, il n’en a pas toujours été ainsi. Entre le 16ème et le 19ème siècles, le Luberon est façonné par des hommes besogneux qui brillent à en exploiter les ressources.

L’eau, ce trésor aussi rare que précieux, est aussi source d’énergie. EDF n’a rien inventé. La force motrice de l’élément liquide servait ici à animer les massives meules de molasses qui broyaient le grain de froment et le transformait en farine. Un dispositif ingénieux, particulièrement adapté aux cours d’eau non permanents, et qui misait sur la collecte de l’eau dans une écluse. Des panneaux clairs et pédagogiques détaillent ce brillant modus operandi.

Le moulin Cabrier est la tête d’un long corps d’ingéniérie composé de dix moulins disposés entre Murs et Les Grailles. Il porte le nom du dernier meunier en ayant porté la responsabilité : Bénito Cabrier. Dans ce petit carré de souvenirs, on aperçoit encore le bassègue, cet axe vertical qui entrainait la meule courante. L’une d’elle demeure également visible, rongée par le temps et l’oubli, à l’extérieur du moulin. En passant derrière les murs fatigués du bâtiment, on grimpe au-dessus du puits.

Le sentier se faufile ensuite à contre-courant du béal, cette canalisation futée qui acheminait l’eau jusqu’au réservoir du puits. C’est un voyage dans le temps surprenant qui est ici entrepris tandis que se remonte l’astucieuse mécanique du moulin. Une solide échelle de fer conduit à sa partie terminale : le barrage, ou resclause, édifé par Cabrier en 1874 et où démarrait le procédé de stockage des eaux. Rien à redire : ce prologue a de la gueule.

Véroncle

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LA TRAVERSÉE DES GORGES

La suite ferme le chapitre industriel et ouvre celui de la luxuriance. La Véroncle est à sec mais les hautes falaises ouvrent ici un passage étroit et baignée d’une ombre bienfaitrice. Dans cette jungle vauclusienne, des ormes jouent les planqués de service au rez-de-chaussée tandis que figuiers et arbousiers dressent des cous de girafe inattendus pour chercher de la lumière à l’étage. De temps à autre, une cavité sortie de la Guerre du Feu ouvre une gueule béante sur le canyon. L’ambiance est (d)étonnante.

Après la leçon d’Histoire, les gorges ouvrent leurs portes au randonneur. Il est temps de démarrer cette traversée tant attendue.

Puis vient la lumière. Les murs des ravins se tassent en laissant entrer un peu d’azur au tableau. La Véroncle sort de l’ombre et octroie à quelques spécimens végétaux saturant de chlorophylle de faire trempette dans une eau saumâtre qui peine à se donner du courant. Le sentier s’amuse à passer du lit à la berge, invitant parfois à quelques (dés)escalades ludiques. L’itinéraire, ici, n’a rien d’ennuyeux.

Véroncle

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« Ça me rappelle le Rieussec en Ardèche« , lance Raphaèle devant moi. Oui c’est vrai qu’il y a un air de famille quand on se retrouve à tailler sa voie entre vasques et parois étrangement sculptées par l’action érosive de l’eau. L’identité intrinsèque de tous ces canyons qui s’explorent désormais les pieds au sec. Pendant ce temps, à l’insu de notre attention, les falaises ont repris du poil de la bête.

C’est l’une des grandes forces de ces gorges de la Véroncle : la capacité à se réinventer tout au long du parcours

La lassitude n’a pas sa place dans le cortège d’émotions qu’on trimballe avec nous. À mi-chemin, l’envergure du décor saute aux yeux. Face à d’autres combes confinées du Vaucluse, Véroncle sort le grand jeu. Ce n’est certes pas le Grand Canyon mais ça reste un cadre majeur qui absorbe tout cru le visiteur dans le creux de ses méandres.

Véroncle

Véroncle

La trace prend de la hauteur, cherchant son passage sur les flancs des gorges plutôt que dans le fond. On se fait promener de bas en haut comme un skater dans son park. La perspective se renouvelle en même temps que le dessin des gorges. Le végétal semble lancé dans une guerre de position avec le minéral, tantôt battant en retraite, tantôt grignotant du terrain. À l’approche du Ravin de Vézaule, le vert semble vouloir le remporter sur le gris.

Le regard se perd dans cette lutte d’influence puis revient subitement au sentier : une échancrure plus profonde s’ouvre au-delà d’une balise. Un câble et des aides métalliques se portent au secours des moins agiles pour faciliter une descente raide et express vers le thalweg retrouvé. Ici s’ouvre un pas de deux plus confus. Roches et végétaux en lutte s’embouteillent et se contractent. Il faut forcer le passage et renoncer aux balises. La voie se libère un peu plus loin à l’approche du Grand Méandre.

Véroncle

Véroncle

Le Grand Méandre, c’est la pièce maîtresse du tableau de Véroncle. D’autant plus que le tracé offre la possibilité de la découvrir vue d’en bas, d’abord, puis d’en haut, plus tard. Pour l’heure nous errons au fond de ce grand amphithéâtre biscornu stratifié de toits et de surplombs boursouflés. Le passage est large et comme dallé. L’eau s’y infiltre en larges flaques animées par un courant apathique.

On sinue pour garder les pieds au sec en suivant la direction imposée par la géologie, jusqu’à venir cogner dans ce qui reste d’un autre moulin. Ils étaient jusqu’à dix encore en activité ici au siècle dernier. Celui-ci, avec ses quatre niveaux et sa dépendance agricole, comptait parmi les plus imposants. Aujourd’hui la nature a repris ses droits, érodant, écroulant et reconquérant la pierre abandonnée. Comme celui de Cabrier, le moulin Jean de Marre s’est désormais tu.

INVERSION DE PERSPECTIVE

Depuis cette ruine et le poteau signalétique qui lui succède plus haut, il est possible de poursuivre son chemin par les gorges pour rejoindre Murs. À cette trajectoire directe, nous préférons un crochet par le sentier-balcon dominant le Grand Méandre. Une pure question de point de vue que chacun(e) est libre d’esquiver – ou pas. Il ne faut guère de temps pour, en effet, rejoindre ce beau single, tracé au-dessus des lauriers-thyms et des chênes verts, qui ouvre sur le dégradé des falaises de la Véroncle. Mieux encore, il autorise quelques échappées vers des belvédères naturels sur le prestigieux Grand Méandre en personne. Un panorama en forme d’aboutissement pour qui s’est acquitté de la traversée des gorges. Un mobilier d’information aide le/la randonneur/se à une lecture de paysage qu’il est difficile d’entreprendre seul afin de décrypter la chronologie géologique qui a conduit à cette merveille.

Véroncle

Si la tectonique et les forces de la nature ont largement œuvré à ce résultat, il est bon de rappeler que le paysage actuel a également largement été façonné par l’homme. Fermez les yeux un instant et imaginez vous au même endroit deux cents ans plus tôt. Le chêne vert, cet envahisseur naturel, est quasiment radié du décor. Les coupes de bois sont d’usage. Pour le chauffage et le tannage. La moindre parcelle est optimisée et cultivée. Le surpâturage mâche le travail de l’érosion.

L’humain est à tous les étages et l’écho de son activité est plus fort que le son de la rivière. Ouvrez maintenant les yeux. Tout cela n’est plus qu’un souvenir consigné sur un panneau. La garrigue victorieuse a presque achevé d’effacer les traces des droits de lignerage et de glandage. Il n’y a plus que la randonnée pour rappeler aujourd’hui aux hommes que d’autres qu’eux ont, hier, vécu et travaillé dur en ces lieux que le loisir dispute désormais au souvenir.

LE CHEMIN DE MURS

La suite, agréable, s’enroule au-dessus de l’amont du Ravin de Vézaule jusqu’à la prochaine intersection. Gordes n’est qu’à 2,5 kilomètres par la gauche, dont une grosse partie sur route. Rien de bien palpitant de ce côté. C’est donc vers Murs qu’on bifurque, avec la candide intention de revenir à Joucas par les Gorges de Vaumale. Un objectif gourmand, à près de déjà 14h au compteur. La virée est plaisante et ombragée, longeant parfois de jolis murets de pierre. Le pas déroule avec fluidité après les contorsions des gorges. Le rythme s’en ressent, léger et rapide.

L’idée maîtresse est de rejoindre la partie amont de la Véroncle, un peu avant le Moulin des Étangs. C’est ici que, à la fin du 16ème siècle, le ruisseau fut clos par un barrage de 132 m² servant à alimenter la série de moulins de l’aval. De cette immersion subsiste aujourd’hui un sentier flottant dans le vert de grandes prairies lumineuses et fleuries. Un jardin coloré où bourdonne la circulation d’insectes pressés. Un ultime bain de nature avant le glas de la piste.

Véroncle

Je pensais l’émerveillement derrière nous : je me trompais. Une fois la route retrouvée, quelques belles surprises nous attendent encore au tournant. Certes plus de la même envergure que les gorges mais cependant bienvenues. On parle pourtant bien de d’abord frapper du goudron du plat de nos chaussures. Mais la petite voie discrète qu’on suit – celle qui entre à Joucas par la petite porte – invite à une parenthèse champêtre. Ici les Monts du Vaucluse se sont assagis, transformés en champs fourragers parsemés de coquelicots. Bucolique au possible je vous dis.

Habituellement je presse le pas sur la route. Ici je me surprends à le retenir. D’autant plus lorsque notre route croise celle de chênes plusieurs fois centenaires dont l’ombre gigantesque se propage de la route aux champs voisins. Branches solides comme un bœuf, écorce ridée et tannée de vieux sage végétal. Quand on lève les yeux vers ces ancêtres colossaux, c’est toute une histoire qu’on lit dans leurs feuillages frémissants.

LE CHOIX DU RETOUR

On entre à Murs par la rue de Font de Ribeau. 425 âmes composent en permanence ce petit bastion compact du Luberon dont les noms de rues évoquent un autre temps : rue du Brave Crillon, place des Sarrazins, rue des Remparts, rue du Château… À bientôt 15h, Murs est à peine plus animé que Joucas ce matin. On savoure une pause à l’ombre du Monument aux Morts. Un rapide calcul mental nous fait estimer à plus de 3h30 la boucle par Vaumale. Un timing serré pour honorer nos responsabilités parentales. Il nous manque une heure pour cette extension un peu dingue. Presqu’une deuxième rando dans la journée. L’hésitation joue avec nos envies mais c’est la raison qui l’emporte. On reviendra pour une boucle spéciale Vaumale-Lioux à couronner, pourquoi pas, par une petite virée sur la Falaise de la Madeleine. L’idée est suffisamment réjouissante pour faire abdiquer séance tenante toute déception. On met donc le cap sur Joucas, par le chemin le plus rapide mais sûrement pas le plus beau.

On quitte Murs dans l’odeur du fourrage coupé. Une fois la Vierge dépassée, c’est la route qui nous tient compagnie. Rien d’extraordinaire. Je suis déjà nostalgique de mes chênes sacrés et demeure impassible devant des légions de cerisiers. La magie du début de journée s’est évanouie. Ce retour est une formalité. On retrouve un chemin après l’intersection de Notre-Dame-du-Salut mais rien n’y fait. Le déséquilibre entre l’avant et le maintenant est trop marqué.

Après l’enchantement des gorges, le retour manque cruellement de panache. Dommage.

Un chemin caillouteux, mais au demeurant tranquille, longe le Grand Fossé de la Rourette et atterrit dans une ligne électrique du temps d’Edison. La section n’a rien d’esthétique mais offre un raccourci utile à la piste chaude qui a les honneurs du balisage. Un dernier bout de départementale inévitable précipite l’envie d’en finir. Fort heureusement, les derniers mètres, par les chemins secrets de Joucas, redonnent un peu de couleurs à ce retour décidément loin d’être essentiel. La Véroncle reste et restera la star absolue de ce tracé justifiant quelques négligeables sacrifices.

ACCÈS À JOUCAS ET AUX GORGES DE LA VÉRONCLE

En voiture, l’accès se fait par l’A8. En venant du nord, sortie 24 « Avignon-centre » puis D900 direction Apt jusqu’au Coustellet. En venant du sud, sortie 25 « Cavaillon »,puis direction Cavaillon et Apt, jusqu’au Coustellet. Au feu du centre du Coustellet, suivre la direction de Gordes par la D2. Après avoir dépassé Gordes continuer sur la D2 quelques kilomètres puis, à l’indication, suivre la D102 direction Joucas, à gauche. Deux aires de stationnement disponible à chaque entrée de Joucas.

GORGES DE LA VÉRONCLE : LE TOPO

Depuis le parking, rejoindre le centre de Joucas et la rue de l’église. Suivre la belle rue caladée qui s’élève en passant au-dessus de l’église. À sa sortie, poursuivre la montée par la voie la plus à gauche. À l’intersection, prendre à gauche. Après la dernière maison, la route devient chemin et conduit à la bifurcation de Basse Auvières (1).

Prendre à gauche et rejoindre le prochain poteau signalétique (2). Prendre encore à gauche, direction Gordes et Bois d’Audibert. Rejoindre et suivre une large piste plus bas. Dans la courbe à gauche suivante, bien repérer les balises rouge et jaune du GR® de Pays qui partent à travers le bois, à droite, par un petit sentier (3). On rejoint d’abord l’intersection de Bois d’Audibert et, en continuant par le GR® de Pays, on atteint les Grailles (4).

S’engager à droite en suivant la direction Murs et Moulin Jean de Mare. On commence par s’élever au-dessus des gorges, jusqu’à une balise du GR® de Pays surmontée d’une croix de Lorraine (5). La suivre à droite et descendre dans les gorges pour rejoindre le Moulin Cabrier.

Passer à gauche, puis derrière la ruine pour atteindre le réservoir. Le longer, passer sous une baume puis s’engager dans le béal. Au bout, gravir une échelle et, après avoir dépasser la retenue, s’engager dans le canyon.

Parcourir le fond des gorges. Le début, quand elles sont encore assez étroite, se fait dans le creux du thalweg. Par la suite, quand elles s’élargissent, bien prêter attention aux balises du GR® de Pays qui versent parfois d’un côté ou de l’autre pour cheminer. Entre le point coté 268 et celui coté 311 sur l’IGN, on évolue plutôt en hauteur à gauche. C’est dans cette section qu’on franchit le décrochage avec main courante évoqué dans l’article. Après le point coté 311, on est de nouveau à l’air libre dans une section élargie des gorges. Traverser ainsi le Grand Méandre, rejoindre le Moulin Jean de Mare puis, après une courte grimpette, atteindre l’intersection (6).

Monter à gauche, direction Gordes, toujours par le GR® de Pays. Profiter de belles vues sur le Grand Méandre puis monter au-dessus du Ravin de Vézaule jusqu’à l’intersection (7).

Prendre à droite la direction Murs. Le balisage jaune passe en sous-bois puis en émerge pour amorcer sa descente vers la Véroncle. Après une brève dégringolade, il part à flanc et en pente douce jusqu’à rejoindre le cours d’eau en amont des gorges (8).

Poursuivre tout droit en traversant d’abord des sous-bois, puis de belles prairies. Dépasser le Moulin de l’Étang et suivre le sentier qui remonte à droite pour atteindre finalement une large piste. Continuer par cette piste et rejoindre une route après le petit centre de traitement des eaux (9).

Continuer par cette route et atteindre ainsi Murs (10). Dépasser la mairie et continuer en longeant la D4 en suivant la direction Joucas et Prés Longs. Après la vierge, la route fait un coude marqué à droite et rejoint l’intersection de Prés Longs (11).

Continuer de suivre la D4 à gauche. Dans le virage serré à droite, la quitter pour descendre à gauche par une petite route et atteindre le croisement de Notre-Dame-du-Salut (12). Poursuivre en face.

On rejoint plus bas un nouveau croisement : traverser la route et continuer en face par un chemin taillé sous les arbres (balisage orange) (13). Au bout, dépasser une maison par la gauche et suivre le chemin qui arrondit en-dessous et qui longe ensuite le Grand Fossé de la Rourette. Atteindre la bifurcation de la Rourette (14).

Suivre la direction Joucas. Après une courte montée, le large chemin redescend et croise une piste (15). Continuer en face en suivant la ligne de poteaux électriques et rejoindre la suite de cette piste plus rapidement ainsi.

La piste devient voie et rejoint la départementale 102a. Suivre celle-ci prudemment à gauche et rejoindre plus bas l’intersection du Mourre Blanc (16).

La suivre à droite direction Joucas et Aires du Château. Après avoir dépassé le groupe de maisons, suivre à gauche (balisage orange) et, après une centaine de mètres, quitter la route pour un chemin s’ouvrant à gauche. Descendre et être attentif, environ 150 mètres plus bas, à la balise qui part à droite, via un sentier étroit qui s’engage entre les habitations. À son pied, on atteint le bas de Joucas.

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

On commence par une question de saisonnalité. Une habitude quand on lance une proposition de randonnée en Provence. Il peut faire très chaud dans ce secteur entre juin et août. Ça frôle l’invivable. Pour le confort de l’expérience, je vous recommande de réserver votre visite de la Véroncle à septembre ou octobre. Mieux encore et si vous êtes encore plus patient(e)s, je vous pousse même à la caler au printemps, de fin avril à fin mai, pour être les spectateur/trices privilégié(e)s du printemps. La garrigue n’est jamais aussi belle que dans ses poussées de genêts, de cistes, d’aphyllantes, de centranthes, j’en passe et des meilleures. Ce n’est, vous le voyez, pas simplement qu’un question de température.

On continue par la question de l’eau. La Véroncle, toute gorge qu’elle soit, coule peu – ou pas. Et son eau, à moins de la filtrer, n’est guère propre à la consommation. Il sera donc prudent de partir avec suffisamment d’eau (1,5 l par personne me paraît donner de la marge), sachant que vous trouverez de l’eau à Murs, au niveau des toilettes publiques situées en-dessous du Monument aux Morts. Bon à savoir.

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Pas de grosses difficultés à prévoir sur cet itinéraire. Le terrain, dans les gorges, reste en grande partie joueur et agréable, malgré sa nature « hors-piste ». Seul le passage équipé, évoqué plus haut dans l’article, demande un peu plus d’attention que le reste.

Le balisage reste globalement bon tout au long du tracé. Des flèches signalétiques sont installées aux endroits-clés. On peut parfois un peu hésiter dans de courtes sections du fond des gorges. En cas de doute, sachez que la trace suit toujours le tracé de l’eau. On finit ainsi toujours par récupérer une balise plus loin.

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LES GORGES DE LA VÉRONCLE : AVIS PERSO

Ça faisait une tirée que j’avais ces gorges dans le collimateur. Grand fanatique de la lecture des cartes IGN, j’avais vite remarqué cette strie flagrante dans le terrain des Monts du Vaucluse. De toutes les combes du secteur, c’est la plus marquée sur un strict plan topographique. Ensuite il y a eu des photos et des reportages qui ont continué de la faire remonter dans ma To Do List. Pourtant, c’est par celle de Maraval puis celle de Curnier, au Ventoux, que je démarre mes explorations des combes vauclusiennes. Il aura fallu l’après-confinement de 2020 et le coup du rayon des 100 kilomètres pour déclencher la réalisation de ce tracé. Autant dire que cela faisait partie de ces coins pour lesquels, en amont, j’avais d’assez hautes exigeances.

Alors déçu ou pas déçu ?

Pas du tout déçu. Mais alors pas du tout. Il y a de l’ampleur, il y a de l’envergure dans ces gorges. Et puis on en a pour son argent, même si c’est gratuit. Avec un peu plus de deux kilomètres inside, ce ne sont pas les plus longues du coin mais on y passe du temps. Peur de la redondance ? Certainement pas. La Véroncle offre des passages variés en terme de profondeur, de terrain et d’espace. Deux petits passages équipés feront plaisir à celles et ceux qui aiment mettre un peu les mains. Et puis le départ, au moulin Cabrier, est vraiment superbe. Si j’ajoute le bonus du point de vue sur le Grand Méandre, ça fait monter la note d’intérêt très fort.

Mais déçu un peu même…

Le passage des gorges est trop intense par rapport au reste de la boucle. Si le tronçon Vézaule – Murs conserve un certain cachet, le retour vers Joucas n’a rien d’exceptionnel. C’est juste un protocole de retour pour dire qu’on fait un circuit. Routes omniprésentes, décor quelconque… Peut-être y a-t-il mieux à imaginer pour rentrer ? Heureusement que le point de chute est Joucas, petit village du Luberon qui mérite qu’on s’y attarde. On aurait aimé que le bar à l’entrée soit ouvert pour savourer le terminus et débriefer cette randonnée. Le Covid en avait décidé autrement.

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HÉBERGEMENTS ASSOCIÉS

Logis Hôtel des Commandeurs (non testé)

On ne peut pas le rater quand on arrive à Joucas : il est à l’entrée est du village. Il était, bien sûr, fermé quand nous sommes passés, crise sanitaire oblige. Mais on a pris le temps de s’arrêter devant les menus, pour se donner envie, et de rigoler aux mots amusants laissés par la direction pour expliquer la situation. C’était vraiment bon esprit malgré la gravité et ça nous a fait dire que, si on revient à Joucas, on se posera sûrement aux Commandeurs. Ça me paraissait donc normal d’en parler ici, d’autant que l’établissement fait hôtel et restaurant et propose une formule étape à 95 euros comprenant une nuit, un repas et un petit-déjeuner pour une personne. Infos : hostellerie@lescommandeurs.com et/ou tel : 04.90.05.78.01

Les Jardins d’Éleusis (non testé)

On est passé devant en descendant depuis Murs et j’avais relevé l’adresse. Ici, on joue la carte du calme et du chic. Quatre chambres d’hôtes à l’atmosphère contemporaine et à la décoration provençale chic qui, chacune, abrite l’oeuvre d’un artiste provençal de renom. Le décor est planté ! Piscine, jardin et sauna complètent cette belle offre. L’adresse fait également table d’hôte au prix super compétitif de 25 euros par personne. Pour la partie chambre, c’est à partir de 80 euros, petit-déjeûner compris. Infos : contact@lesjardinsdeleusis-gordes.com et/ou tel : 06.78.58.02.26 ou 04.32.50.28.25

AUTRES ITINÉRAIRES À PROXIMITÉ

Les Gorges de Vaumale
La Combe de Lioux
La Falaise de la Madeleine
L’Abbaye de Sénanque

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2 Comments

  1. Michel GUYADER Répondre

    Descriptif très complet et magnifiques photos. Merci pour tous ces renseignements.
    Nous prévoyons d’emmener un groupe de 20 amis randonneurs faire cette rando, et pour cela nous allons la repérer en fin de semaine. Mais nous avons du mal à obtenir des renseignements.
    Pensez vous faisable de prévoir un retour par les gorges de Vaumales (en rando de la journée)?
    Savez-vous si les gorges de Vaumales et la combe de Lioux sont également impraticable après des pluies?
    S’il y a trop d’eau, peut-on quand même passer dans les gorges de la Véroncle en mettant les pieds dans l’eau (style rando aquatique)? Et y a-t-il une partie des gorges quand même praticable ?
    Merci d’avance pour ces précisions.
    Chantal et Michel GUYADER
    mcguy78@gmail.com

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