Lac de la Vogealle & Fer-à-Cheval : quel cirque !

De tous les cirques français, le Fer-à-Cheval compte parmi les plus imposants à mes yeux. Bien davantage que son rival pyrénéen de Gavarnie. Moins écrasant, moins sombre, plus étiré et, également, pas radin en matière de cascades. Un grand jardin où les visiteurs les moins montagnards peuvent s’esbaudir à moindre effort devant la beauté brute d’un lieu hors du commun. Celles et ceux qui lèveront les yeux en rêvant à davantage en auront aussi pour leur argent. Les possibilités de vivre le Fer-à-Cheval de l’intérieur sont nombreuses et quelques itinéraires ont même des relents de challenge. À la croisée des mondes, juste avant les choses (très) sérieuses, voici une boucle sportive vers le lac de la Vogealle pour profiter en une fois de l’essentiel du cirque.

Difficulté : difficile | Distance : 16,5 km | Dénivelé : 1050m | Durée : 7h | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3530ET – Samoëns/Haut-Giffre

ENTRÉE EN MATIÈRE

La première impression est déroutante. La vision d’une file de voitures, filtrées à l’entrée de la zone le temps de s’acquitter d’une redevance, a de quoi provoquer une envie de demi-tour et de laisser ce « cirque » à la grande kermesse du tourisme. C’est toutefois sans compter sur deux choses essentielles. La première, c’est l’espace immense où répartir cet afflux de visiteurs. La seconde, c’est le peu d’expérience de la montagne de la grande majorité d’entre eux.

Pour les amateurs de grands espaces un poil taciturnes ou un soupçon sauvages, arriver le matin sur le Grand Site du Fer à Cheval peut avoir quelque chose d’intimidant, voire de rebutant. Ne vous y fiez pas !

Un état qui les borne à demeurer, rassurés, sur le circuit principal tracé autour du Giffre. Ces deux points conjugués ont un effet immédiat dont un résumé pourrait être : plus où monte, moins y’a de monde. Bonne nouvelle pour les quêteurs de liberté. À cette constatation, j’en ajouterais une seconde, tout aussi pertinente et utile : les gens vont toujours dans le même sens. Au Fer-à-Cheval comme dans la vie, mon conseil : fuyez la norme !

la vogealle

C’est ainsi que, poussé par l’instinct du contre-courant, on bascule immédiatement en rive droite du Giffre, sur la partie du sentier de découverte plutôt généralement suivie au retour par les marcheur/ses. Résultat du pronostic : on y est quasiment seuls avec, en toile de fond, la perspective massive et écrasante de l’immense paroi de la Tour Saint-Hubert (ci-dessus). Première claque, bim ! Une passerelle, plus loin, permet à mi-chemin de changer de rive. Ce qu’on se garde bien de faire.

Marcher, dès le matin, face au mur où s’accole la paroi de la Tour Saint-Hubert donne le la d’une journée à passer dans un lieu où se cultivent les superlatifs

Mon idée – il faut toujours une idée quand on part en randonnée – c’est de mettre le cap vers le Chalet de Prazon – première guinguette des familles assoiffées – pour me carabiner fissa, et au-delà, par le sentier escarpé qui rejoint le chalet du Boret – seconde guinguette – via le raide Pas du Boret. Un plan concis et redoutable d’efficacité. Après avoir filé au pas de course sur les deux kilomètres séparant le Chalet de la Réserve de la buvette de Prazon, on se catapulte séance tenante dans les sous-bois, prêts à laisser définitivement derrière nous les wagons de tête de la locomotive de visiteurs qui se déversent peu à peu dans le Fer à Cheval.

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L’ASCENSEUR DU PAS DU BORET

À ma grande surprise, on ne sera pourtant pas les seuls sur ce sentier qui, je le pensais, aller un peu écrémer. De loin, pourtant, le Pas du Boret a de quoi impressionner. Une trace fragile et dérisoire qui sinue, presque hésitante, dans des pans végétalisés à la raideur surprenante. Le tout au-dessus de barres rocheuses inamicales, dans un décor vertical qui gonfle ses biceps pour tenter de dissuader le/la marcheur/se de s’y élancer. Un effet dissuasif visiblement peu efficace au regard du peuple qui se balade là-dedans, nonobstant des avertissements intimidants placardés au tout début de la voie. Ça monte même par le Pas du Boret en famille !

Précédé d’une réputation un peu redoutable, le Pas du Boret ne décourage visiblement pas les randonneurs/ses curieux/ses de savoir ce qui se trame aux étages supérieurs du Fer-à-Cheval !

Et ça monte même bien ! On y croise des pères, des mères et des enfants en cadence, pas affolés pour deux sous et qui s’avalent le dénivelé à un rythme d’ongulés. Après une première rampe taillée dans une coulée rocheuse figée, la trace s’envole, parfois complétée par un câble pour limiter les dérapages accidentels. Un enchaînement de lacets étroits monte à la verticale en libérant des perspectives plus étendues sur le Fer-à-Cheval. À la fin c’est presque un escalier, avec l’effort qui va avec. Le Pas du Boret est beau et sportif. On ne pouvait guère rêver mieux comme entrée en matière avant l’ascension vers la Vogealle.

La Vogealle

La sortie se fait sur des pelouses accueillantes. Toujours sous la vigie de la Tour Saint-Hubert, élément central du cirque depuis notre position. Des parasols coiffent la crête toute proche, enveloppée d’odeurs de frites et d’entrecôtes saignantes. L’oasis promise à celles et ceux qui ont trempé le maillot pour se hisser jusque là est proche. Un coup d’œil à la montre : midi. L’horloge logée dans mon estomac me fait lancer un signe à Raphaèle. À l’unanimité, on vote pour le pique-nique avant la suite des hostilités.

Le Chalet du Boret, c’est le petit camp de base sympa qui précède la deuxième ration de dénivelé pour celles et ceux qui décident de poursuivre leur effort jusqu’à la Vogealle.

Je boycotte le gras et le trop sucré pour un déjeuner plus frugal. Avec encore 600 mètres de dénivelé en attente, ce n’est pas le moment de rester scotché au sentier. La zone du chalet du Boret reste cependant un petit coin de verdure apaisant, trônant au-dessus de la fourmilière du cirque, face aux à-pics vertigineux du Pic de Tennerverge. On s’y sent en apesanteur, flottant à un étage intermédiaire de ce gratte-ciel rocheux dont le toit, invisible, est retenu captif par des garnements nuageux.

La Vogealle

CAP SUR LA VOGEALLE

La marche reprend une fois la dernière datte avalée. C’est maintenant que commence, non pas la raréfaction de l’oxygène mais bien celles des promeneurs/ses qui n’iront pas plus loin que la tarte aux myrtilles du chalet. L’effort reprend  sans trop de ménagement avec une trace peu encline à la courbe. Un souci d’efficacité qui permet d’inventer, plus haut, un passage en écharpe dans des thalwegs peu fréquentables.

Prochain arrêt : le refuge de Vogealle, quelque part dans les strates supérieures du massif.

La configuration parfaite pour exciter les afficionados du déclencheur. Ils pourront prendre de l’avance et guetter leur sujet afin de le cadrer, plein axe, avec le paysage dantesque du cirque en toile de fond, dans un effet de profondeur globalement pas vilain. Mince, je crois que ce Fer-à-Cheval commence à m’impressionner et à me faire douter de ses homologues. Tout est trop grand ici, j’en perds mon latin.

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Au passage de la Pierre du Dard de la douceur s’invite dans le paysage. Un vert plus lumineux colorie des pentes assagies, permettant aux sommets les plus occidentaux du cirque de se présenter : Tête de Pérua, col de Sageroux, Tête des Ottans… S’ensuit une longue chevauchée en crête pour atteindre les contreforts du ponte local, le seul à dépasser les 3000 mètres, le Grand Mont Ruan, frontalier avec la Suisse. Le sentier slalome maintenant vers l’imposante barre rocheuse du Dardet sur laquelle il entreprend de s’appuyer.

En prenant de l’altitude, le Fer-à-Cheval dessine un autre visage. La profondeur prend de l’ampleur. L’échelle de mesure se fait fébrile.

À sa sortie, un tertre évident semble avoir été laissé là pour la gloire des réseaux sociaux et des hashtags. C’est la pause photo qui fait du bien au cardio (ci-dessous). Au-dessus, c’est la suite patiente de l’ascension qui attend son heure. À l’ombre des falaises, blocs et rocailles s’agglomèrent dans les pentes en encombrant le passage. Le chemin vers la Vogealle se réinvente une trajectoire à travers ces géants fatigués et en direction de barres grisâtres qui dessinent des estampes sur les flancs de la montagne.

la vogealle

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LE PETIT PARADIS DE LA VOGEALLE

Un dernier ressaut, un défilé plus étroit, le son retrouvé d’un torrent : les alpages accueillants de Vogealle sont là. Posé à l’abri, derrière le bras protecteur d’une crête, le refuge de Vogealle est un havre de paix, loin, très loin de l’agitation du fond du cirque. Une étape incontournable sur le GR® de Pays qui opère le Tour des Dents Blanches et un point de passage obligé pour les candidats au Grand Mont Ruan. Le baume apaisant de la montagne est à l’œuvre en ces lieux.

Loin de l’agitation du fond du cirque, le refuge de la Vogealle accueille le visiteur dans un espace vert de tranquillité et face aux hallucinantes murailles du site.

À bientôt 2000 mètres d’altitude, on est à la frontière des mondes. L’âme solennelle des sommets se tapit encore au-delà, dans les recoins sauvages de ces grandes parois qui écrasent la perspective et où le randonneur n’a plus aucune accréditation. On dispose encore d’un peu de temps pour aller déposer notre révérence face à ces géantes. Depuis le refuge, une rapide grimpette dessert ainsi l’hypnotique vallon où repose le lac de la Vogealle, ultime but de notre escapade.

la vogealle

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En milieu d’après-midi, ce jour-là, son œil masqué par les nuages n’exhibe plus qu’un regard terne. Un maigre éclat de soleil dessine un triangle lumineux sur les pelouses du déversoir, au nord. L’endroit est froid mais pas inhospitalier. De nouveaux itinéraires s’y dévoilent, de nouvelles routes à suivre. Le Pas au Taureau ou le Pas à l’Ours apparaissent, à mes yeux, comme les plus prometteurs en aventure au départ de la Vogealle.

Fermant le vallon au nord, la face sud des Dents Blanches remplit le paysage. Il est possible d’en faire le tour en trois jours et 44 kilomètres. Une belle aventure alpine à laquelle on se verrait bien souscrire.

« Tu es sûr qu’on n’essaie pas de monter plus haut ?« , demande Raphaèle, insatiable et amnésique de notre petiote qui nous attend, en bas, gentiment gardée par les amis aujourd’hui. Oui moi aussi je me verrais bien monter, pourquoi pas, au sommet de la Tête de Barme ou boucler par la Combe aux Puaires. Oui le demi-tour traîne avec lui un parfum amer d’inachevé. Mais c’est ainsi.

La Vogealle

On tourne le dos au lac de la Vogealle et aux Dents Blanches pour maintenant faire face au corps massif du Tenneverge. J’éprouve comme un lien hypnotique avec ce sommet dont la présence colossale envahit tout le champ de vision.  Il me faudra quelques recherches pour connaître le fin mot de l’histoire et découvrir qu’il s’agit d’une ascension rarement réalisée.

Le Pic de Tenneverge… Peut-on seulement aller là-haut ? Oui l’apprendrai-je. Mais comment ? Par où ? Je ne distingue aucune zone de faiblesse dans cet empilement de strates qui me rappellent les Dolomites.

On tient là une sorte de Graal qui se mérite, offert en récompense aux plus impétueux amateurs de ces courses où l’on ne sait pas très bien où s’arrête l’aventure et où commence le danger. Mon sang ne fait qu’un tour. Le nom de Tenneverge s’inscrit au fer chaud dans mon calepin cérébral. Je me connais, ça pourrait vite devenir obsessionnel et je pressens qu’un jour viendra où on en reparlera ici, dans Carnets de Rando.

Pour l’heure, c’est le crush photo. Je remplis ma carte mémoire de ces tours, de ces minarets, de ces bastions en forme d’avant-postes. C’est haut, c’est beau, on dirait un château. Sur la carte, la toponymie met au défi mon imagination : Passage de la Rigole, Cornes du Chamois, Pas Noir, Grain de Sarrasin… Au-dessus de ce défilé d’inspiration médiévale, des glaciers usés font valoir leurs derniers droits à l’existence.

Les glaciers du Fer-à-Cheval luttent contre leur propre disparition. Celui du Ruan reste le plus combatif, mais les géants sont fatigués.

Il faudra néanmoins davantage qu’une reddition glaciaire pour faire tomber la place-forte. L’armature rocheuse, éminemment verticale, du socle supportant les éléments orientaux du cirque n’a pas dit son dernier mot face au défi du temps. Dans cette ode à la verticalité, il n’y a aucun accès facile, aucun passage détourné. Celui qui part conquérir le Tenneverge se heurte ainsi à un mur de deux mille mètres de haut, ni plus, ni moins.

LE BOUT DU MONDE

On repart par le même itinéraire en direction du Chalet du Boret. Quelques heures ont passé, le soleil a tourné. Couleurs et lumières se réinventent sur le mur du Fer-à-Cheval. Je fais poser Raphaèle une dernière fois face à cet ensemble épique. On n’en a cependant pas complètement fini avec lui. Pas question de quitter l’endroit sans être passé par son fameux Bout du Monde, lieu de pèlerinage dévotique pour l’essentiel des marcheurs/ses en provenance du parking.

Venir au Fer-à-Cheval sans aller au Bout du Monde, c’est comme visiter le Macchu Picchu sans monter au Wayna Picchu : c’est sombrer dans l’inachevé.

Une fois de retour au chalet, on s’éclipse cette fois à gauche par une assez longue traversée forestière qui s’emploie à rejoindre le bout du Bout. Une section roulante malgré la fatigue de la journée et on dégringole à terme assez vite à l’aplomb de ces grandes barres dans le pli desquels coulent les cascades. J’en compte jusqu’à sept qui prennent parfois leur élan depuis des sources invisibles. Du raide, du vert, de l’eau. Ou quand la Haute-Savoie se prend pour La Réunion. Côté pile.

Côté face le cirque devient paradis perdu. Un jardin d’Eden dissimulé dans l’ombre immense des montagnes et au milieu duquel le Giffre coule sans entrave. En fin d’après-midi, les lumières entre chien et loup libèrent l’énergie du lieu. Ce Fer-à-Cheval est une chance et je comprends sa labelisation en tant que Grand Site de France. C’est une offrande alpine, un cadeau de roche et d’eau fait aux visiteur/ses ne pouvant prétendre à des compétences alpines.

Le Fer-à-Cheval c’est l’opportunité de goûter à la quintessence de la montagne pour le prix d’une balade à la portée du plus grand monde.

Je n’ai aucun doute sur l’impact que cette rencontre peut avoir dans le regard d’un(e) néophyte à ce milieu. Le Fer-à-Cheval peut intercéder comme révélateur de passion. Des histoires d’amour avec la montagne pourraient jaillir de ces cascades d’émotion. Aussi l’accessibilité au lieu – n’en déplaise, j’en reviens à eux, aux plus asociaux d’entre nous – est-elle essentielle. Découvrir et commencer à aimer un milieu est un pas de fait vers le respect et la protection qui lui sont dûs.

Le temps passe. Je m’arrache à cette contemplation à contrecœur. Une part de moi est enracinée dans la montagne. Le temps que j’y passe n’est jamais assez long à mes yeux. Il reste pourtant encore quatre bons kilomètres à avaler pour retourner vers le parking. Une convergence globale à laquelle, contrairement à ce matin, il est difficile d’échapper. Une fois les amusantes passerelles de Fond de la Combe passées, je commence à presser le pas.

Des cascades dévalent de partout. Il y en a plus de trente dans l’ensemble du site. L’eau coule ici abondamment, richesse liquide qui fait le succès du site.

Il faut le reconnaître : même le sentier de découverte qui, sans excès, fait le tour du vallon par les deux rives du Giffre est agréable. En ouvrant l’œil, on peut aussi y apercevoir parfois des bouquetins jouant les funambules pour une poignée de graminées dans les barres rocheuses faisant suite au Chalet de Prazon. Le spectacle de la Nature met la barre haute dans ce Fer-à-Cheval. Qu’importe le niveau de la balade que vous y aurez réalisée, le souvenir de ce lieu unique devrait rester durablement imprégné dans votre esprit. Avec même, peut-être, comme une envie de déjà y retourner ? Non ?

La Vogealle

ACCÈS AU CIRQUE DU FER-À-CHEVAL

En voiture, la première étape, c’est de rejoindre Cluses. Cluses s’atteint par la sortie 19 de l’A40, dite Autouroute Blanche qui relie Mâcon (l’entrée idéale pour tout ce qui vient depuis Paris) à Chamonix. L’A40 dispose de deux autres entrées : l’A42 depuis Lyon, et l’A410 depuis Annecy. Une fois à Cluses, il faut suivre la direction Taninges par la D902. Une fois à Taninges, on prend à droite direction Samoëns par la D907. Il faut alors traverser Samoëns et continuer par cette D907 direction Sixt-Fer-à-Cheval. Traverser également le petit village de Sixt et continuer par cette même D907 jusqu’à son terminus, à l’entrée du Fer-à-Cheval. Après le péage (5 euros/véhicule), suivre le sens de circulation et, éventuellement, les indications des agent(e)s pour accéder aux aires de stationnement.

Info : le parking du Fer-à-Cheval est payant du 4 mai au 16 septembre. Il est ouvert de 10h30 à 15h30 du 4 au 29 mai et du 2 au 22 septembre. Entre le 30 mai et le 1er septembre, les horaires sont élargis de 8h30 à 17h. Un parking gratuit est présent 2km en aval du site.

En train, on peut rejoindre Cluses depuis Annemasse : une douzaine de départs quotidiens (environ 50mn de trajet, environ 10 euros). Et Annemasse par une ligne du Léman Express depuis Genève-Eaux Vives. Il suffit ensuite de rejoindre Genève en TGV. Depuis Cluses, la ligne 94 dessert Samoëns et Sixt-Fer-à-Cheval du lundi au vendredi (départ à 18h15) avec un départ supplémentaire le mercredi (12h40). Tarif indicatif : 6 euros.

LAC DE LA VOGEALLE : LE TOPO

Sortir du parking et converger vers la zone du Chalet de la Réserve. Suivre le chemin qui passe à gauche de la fontaine et rejoindre un parking. Monter à droite par celui-ci et repérer, dans sa zone d’élargissement quelques mètres plus haut, un chemin qui part, sur la gauche, dans les bois. Le suivre, descendre et franchir le Giffre par une passerelle. Remonter de l’autre côté et croiser un chemin au niveau des fermes de Giffrenant (1).

Prendre ce chemin à droite et remonter à contre-courant du Giffre. Laisser plus loin une passerelle à main droite et continuer tout droit jusqu’au Chalet de Prazon (2).

Rentrer dans le bois, derrière le chalet, par un sentier s’échappant à gauche du chemin principal et indiquant le Chalet du Boret par le Pas du Boret. Au terme d’une raide montée, parfois légèrement aérienne, atteindre le chalet (3).

Au chalet, monter à gauche en suivant la direction du Refuge de la Vogealle. Grimper puis traverser des thalwegs ravinés. Le chemin suit après une trace ascendante à travers des versants de pelouses. La pente s’infléchit en passant sous le Dardet. On franchit des zones plus rocheuses avant de sortir sur le replat du refuge (4).

Laisser le refuge à droite et continuer tout droit en direction du Lac de la Vogealle. Monter une courte pente et ignorer les appels à partir à gauche (vers le Pas de l’Ours) ou à droite (vers la Tête des Ottans ou de Pérua) et continuer tout droit jusqu’au lac de la Vogealle (5).

Revenir par le même chemin jusqu’à (4). Là, deux possibilités pour rejoindre (3) : la route de l’aller ou un sentier balisé qui part derrière le refuge pour rejoindre, 600 mètres plus bas, la trace partie du Boret et conduisant au Bout du Monde. Dans les deux cas, arrivé soit au Boret, soit à cette jonction, suivre à gauche le sentier à travers la forêt pour gagner le Bout du Monde (6).

Le chemin ne va pas plus loin. Arrondir à droite sous les falaises et les cascades pour attraper la suite du sentier qui se ré-axe sud-ouest pour descendre, par une pente caillouteuse, vers Fond de la Combe et sa passerelle (7).
Traverser la passerelle et suivre ensuite le sentier en rive gauche du Giffre qui ramène en 4 km au Chalet de la Réserve.

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

Cette randonnée a lieu au sein de la Réserve Naturelle de Sixt-Fer-à-Cheval/Passy. Une règlementation spécifique s’y applique donc : les chiens sont interdits, la cueillette des fleurs et l’abandon des déchets aussi. Le camping n’est pas non plus autorisé. La circulation ne peut s’y effectuer qu’à pied : vélos, motos et autres joyeusetés roulantes n’y sont pas les bienvenues.

Ce parcours emprunte le Pas du Boret. Même si c’est loin d’être le pas le plus redoutable de France – ceux du Vercors sont bien plus délicats – il demeure par endroit exposé et tracé dans une pente sévère où rattraper une chute semble impossible. Une main courante permet néanmoins de se rassurer. Et le sentier est bon. Pas très large mais sain. Un bon point donc, mais qui ne dispense pas d’une grande vigilance.

Cette randonnée doit, évidemment, n’être réalisée qu’aux beaux jours et par temps sec. On n’y meurt pas de soif avec deux chalets-buvettes sur la route et un refuge au sommet.

LE LAC DE VOGEALLE : AVIS PERSO

C’est franchement une randonnée exceptionnelle dans un décor démesuré. J’avais été impressionné par Navacelles ou par Gavarnie mais le Fer-à-Cheval, c’est encore un niveau supérieur. Deux mille mètres de hauteur, rien que ça, qui font de lui le plus grand cirque montagneux alpin. C’est un vrai fer à cheval, par sa forme, qui s’arrondit sur près de cinq kilomètres ! Des dimensions qui donnent le tournis mais aussi une géologie spécifique qui lui confère une allure de forteresse. Cette impression, on peut la ressentir dès qu’on arrive, en levant les yeux vers le Tenneverge depuis le Chalet de la Réserve. C’est l’un de ses atouts de taille : sa capacité à rendre immédiatement compte de sa majesté sans avoir besoin de monter très haut ou d’aller très loin.

N’ayons pas peur des mots : le Fer-à-Cheval est un must à visiter absolument quand on est en Haute-Savoie.

Toutefois s’échapper en altitude permet de s’offrir de très belles perspectives renouvelées. Les panoramas sur la muraille du Fer-à-Cheval demeure un spectacle exceptionnel. Le Lac de la Vogealle, au bout de ce parcours, est plus intimiste, installé dans un cadre alpin plus standard mais cependant apaisant et rempli de la promesse d’aventures pédestres plus longues et plus engagées. L’histoire pourrait s’arrêter là ; sauf que le Cirque du Fer-à-Cheval a encore davantage à offrir. Crocheter au retour par les cascades du Bout du Monde était vraiment la meilleure idée que je pouvais avoir pour clore cette rando en beauté. L’endroit est bluffant, réellement. Et ma crainte de me retrouver noyé dans une foule bruyante n’avait pas lieu d’être. Le Fer-à-Cheval est tellement grand qu’il absorbe le volume de ses visiteurs dans le creux de ses gigantesques falaises. C’est dantesque ! On en redemande !

HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Camping Municipal Lac et Montagne (testé et approuvé)

On se l’est joué campeurs pour cette semaine passée autour de Samoëns. Par envie d’abord. Et aussi pour caresser notre budget dans le sens du poil. On était à la recherche d’un petit camping tranquille, assez familial mais sans les animations et le folklore habituel. On voulait se caler le soir avec les copains qui étaient en vacances avec nous sans un concours de tee-shirt mouillé ou un karaoké spécial années 80. C’était donc parfait et, de mémoire, je crois que ça aura été les vacances les moins chères du monde. Les prestations sont au minimum mais très correctes, les emplacements bien verts et arborés. Bref, c’était bien ! Attention, juste, le responsable n’est pas facile à joindre car souvent en train de bosser/se balader dans le camping ! Et aussi : le camping est à Verchaix, à 20 mn du Fer-à-Cheval.

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3 Comments

  1. Avril Répondre

    Bonjour, merci pour cet article qui donne envie de découvrir cet endroit ! Est il possible avoir la trace GPX de la rando s’il vous plait ?
    Bonne journée,
    Avril

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Avril,

      Malheureusement non car je n’utilise pas de GPS. Je navigue à la carte et j’aime chercher mon chemin, décrypter le paysage, pister le balisage. Je ne suis pas un adepte de la trace GPX ! J’essaye d’être, en revanche, le plus détaillé possible dans le topo qui se trouve après l’article, dans le guide pratique, à usage des randonneur/ses.

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