Le bon, le drone et le truand : ou comment voler en toute (il)légalité avec son drone

Le drone. Une bestiole technologique 100% dans l’air du temps, calibrée pour la mise en scène de nos vies et de nos activités. D’apparence si facile à maîtriser, il donne des envies de faire du cinéma. Rien d’étonnant à ce qu’il se soit aussi vite immiscé dans le sac à dos des rand(r)onneurs et des blogueurs. Son usage est pourtant très strictement encadré par la loi et le règlement de la DGAC, auquel s’ajoutent un escadron complet d’autres avertissements à maîtriser. Le jouet n’en est finalement pas un. Et son pilotage, comme l’usage de ces images, requiert de l’expérience et une certaine forme de sagesse. Ne comptez pas sur moi pour vous faire ici un énième article expliquant comment voyager avec un drone. Beaucoup l’ont déjà fait. Je préfère aborder un sujet plus épineux. Moitié coup de gueule, moitié analyse, je vous livre dans cet article un témoignage et des perspectives, issus de ma propre expérience, sur les secrets de fabrication de ces images aériennes qui font l’admiration du public et sur une profession neuve qui souffre déjà d’irrégularité.

 

2015, la menace Phantom

On peut le dire, le drone, c’est sans aucun doute l’une des plus grosses innovations en terme de possibilités de créations d’images de ces dernières années. De tous les trucs de geeks apparus en une décennie, celui-là, venu en droite ligne de Corée, a mis tout le monde d’accord. Après les essais du Phantom 1 puis 2, la version 3 du modèle DJi débarque en 2015 et initie l’ère du drone en France. Tout le monde a voulu son drone, à commencer par nous autres, les blogueurs. Ce n’était pas difficile de comprendre, dans la seconde, le potentiel monstrueux de cet engin pour développer du contenu vidéo, prendre de l’avance sur les autres et ainsi rester compétitif dans l’éternelle course à la visibilité.

Qui aurait cru, un jour, qu’on sortirait des plans façon Seigneur des Anneaux sans passer par la case hélicoptère ? A moins de jouer dans la cour des grands (cinéma et/ou télé) ou d’être l’héritier d’une grande fortune ?

Et voilà que, pour moins de 1000 euros, un jouet en plastique et sa télécommande nous fait nous prendre pour Peter Jackson et repousse les limites de la création vidéo. Un truc de dingue, non ? Surtout que l’accent est mis sur le côté fun et lifestyle du machin. DJi a bien compris à quelle génération il s’adressait : celle des réseaux et de l’auto mise en scène. Bref, c’est le carton plein. Les ventes explosent. Le marché est lancé. Les drones se mettent à voler de partout et, très vite, les images aériennes ont inondé la toile, les blogs et les réseaux sociaux. L’excitation était à son comble. Jusqu’à ce que le concept de règlementation, un peu oublié dans la folie des débuts, commence à rappeler tout le monde à l’ordre.

Le DJI Phantom 3 Standard : le début de l’explosion du marché du drone en France

 

Ha bon ? Y’a des règles ? Relou…

Il a quand même bien fallu remettre en mémoire que l’espace aérien est, en effet, régi par un certain nombre de règles – inconnues de la plupart d’entre nous, cela va sans dire – et que, à l’instar de celles de la route, les connaître, les respecter et bénéficier d’un statut légitime allait être, non pas nécessaire, mais essentiel et obligatoire. En particulier si on souhaitait exploiter les images filmées. En France, la Direction Générale de l’Aviation Civile, réagit très très vite pour règlementer la pratique du drone et, ainsi, éviter les incidents, tant aériens que juridiques. Est-il utile de rappeler qu’il y a du monde au-dessus de nos têtes ? Ou que ce qui est filmé relève parfois, voire souvent, du droit à l’image ? Vendu comme un jouet rigolo pour adulte, le drone est pourtant un engin aérien à part entière et, en tant que tel, son utilisateur doit se plier aux règles que lui imposent ce statut. Pour faire simple, il y a tout un tas d’éléments du genre plutôt rébarbatifs à assimiler et qu’on a juste envie, au début, de faire semblant de ne pas connaître en se disant « allez, ça va, je fais juste mes trois images ; je dérange personne : c’est que du drone de loisir« . Et là, stop ! Coupez les moteurs. On doit discuter.

La parabole du Mogwaï : ou comment le non-respect des règles peut vite entraîner le chaos

 

Avant d’aller plus loin, il faut rappeler rapidement ce qu’on définit par « drone de loisir » : vous avez acheté un drone ? trop bien ! Moyennant quelques règles aussi faciles à assimiler que celles permettant d’éviter qu’un Mogwaï se transforme en Gremlin (respecter une altitude maximale, reconnaître les zones de restriction sur une carte, garder son drone à vue, respecter la vie privée, piloter de jour, ne pas survoler les personnes, entre autres) vous pouvez aller filmer les copains ou la famille en rando sur les chemins. Trop bien. Mais – et cette nuance est essentielle – les images que vous allez filmer doivent rester dans la sphère privée. Pas question de les diffuser publiquement, genre sur un blog ou une page Facebook publique ou encore sur YouTube. A ce stade, ce n’est plus du loisir et c’est assimilé à une exploitation des images à usage professionnel. C’est la frontière à ne pas franchir. Et c’est précisément celle qu’on est trop tenté de franchir. A quoi bon filmer si on ne peut pas épater la galerie, montrer ce qu’on sait faire et partager à plus large spectre, non ? C’est un peu les boules de s’en tenir juste à montrer ça à la maison… J’en sais quelque chose. Je l’ai fait ! Pas bien.

La ligne rouge

Eh oui, vous croyez quoi ? C’était trop tentant ! Je fais de la vidéo depuis tout ce temps et là, voilà qu’on me sert sur un plateau la possibilité d’intégrer des images aériennes dans mes épisodes de Carnets de Rando ? Moi je dis banco ! C’était en 2017, lors d’un Black Friday et, sur un coup de tête, je passais commande. Quelques jours plus tard, un beau DJi Phantom 3 arrive à la maison. C’est Noël ! Les semaines qui suivent, je prends le truc en main. Et c’est pas si facile que ça. Je le crashe quelques fois, surpris par la solidité de l’ensemble. Bon an, mal an, en bricolant entre pilotage manuel, pour les manoeuvres simples, et modes automatiques, pour les plus complexes (l’un des points forts de ces engins étant l’automatisation de certains mouvements aériens. Un plus qui peut devenir un moins. On en reparle plus bas, vous verrez pourquoi) je sors mes premières images dignes de ce nom. C’est à cette époque que j’entends parler pour la première fois des zones de vol restreintes.

Faire voler un drone, c’est pas Flight Simulator. Maîtriser l’engin et les données qui entourent le vol, y compris les cartes de l’espace aérien ne doivent pas être des options.

J’avais été volé au-dessus de l’Aqueduc de Roquefavour, près d’Aix-en-Provence. J’avais fait un petit montage à l’issue, tout fier, et je l’avais partagé sur Facebook. Dans les commentaires, un mec me tombe dessus : « cette zone est interdite de vol, fais gaffe la prochaine fois, renseigne toi » me dit-il. Interdite ? Qu’est-ce qu’il dit lui ? Dans la foulée je découvre alors la carte des fameuses zones sur Geoportail. Puis la définition de « drone de loisir » et les limites qu’elle va vite me poser. En tant que blogueur, diffuser mes images aériennes à ma communauté sans être homologué serait hors-la-loi. Pour être dans la légalité, je dois être – avec mon drone – enregistré et homologué par la DGAC et ainsi passer au stade de télépilote, le statut officiel pour bosser avec son drone. Pas franchement motivé à bûcher le théorique ULM pour passer l’examen (le pré-requis pour démarrer comme télépilote pro), je préfère jouer avec les mots en interprétant la législation comme ça m’arrange. Je me borne donc à respecter le scénario S1 (vol hors zone peuplée, à vue, à moins de 150m d’altitude, NdR) puisqu’il est indiqué « ne nécessitant pas d’autorisation« , tout en m’assurant que mes vols ne s’effectuent pas dans une zone rouge (survol interdit) sur Geoportail. Et là, j’arrive presque à me convaincre que je suis dans les clous. Sauf que pas du tout.

Quand tu crashes ton drone et que tu dois aller missionner dans des endroits absurdes pour le récupérer

Le crash de la mauvaise conscience

J’ai le souvenir, en entrant dans le monde du drone, que la législation était compliquée. En France, dès qu’on fait des lois, on se met à parler et écrire bizarrement, comme si on voulait que les gens ne comprennent rien. Les lois doivent sûrement être écrites par des notaires ou des huissiers. C’est rébarbatif et il faut beaucoup de volonté pour les décrypter. La facilité consiste à les interpréter. C’est ce que je fais pendant environ un an. Et comme je me revendique alors humblement comme « petit pilote qui vole dans des endroits perdus » je décide de vendre mes images, mais à petit prix. En gros, je rajoute une prestation « drone » optionnelle à mes devis avec des prix cassés. Dans ma tête, je ne fais rien de mal : je suis loin d’être un pro du drone, donc je me dis que je ne peux pas prétendre tarifer comme eux. Je me trouve même presque juste à ce moment-là. Je ne me rends pas compte à quel point j’ai tout faux et à quel point je fais du tort à l’activité.

Un événement me fait prendre conscience de mon illégitimité à piloter. Et, de surcroît, je ne m’estime pas un pilote exceptionnel. Je trouve mes images moyennes. Il va falloir trouver une autre solution

Il va falloir que je crashe – et perde – mon drone sur un tournage pour amorcer une vraie prise de conscience et une réflexion profonde sur l’usage du drone dans l’activité de créateur de contenus. C’était dans les Pyrénées, sur la saison 2 de Mon GR® Préféré. Premier jour de tournage de l’avant-dernier épisode, consacré au GR®10. On était sur le sentier des Cascades, juste au-dessus de Cauterets. Une mauvaise manip et zou, le drone file dans les arbres, les rotors s’arrêtent et il tombe, comme une pierre, dans le torrent. Le courant l’emporte dans la seconde, il bascule dans une cascade et disparaît. A l’heure actuelle, il a peut-être atteint les Açores après avoir d’abord rejoint la Garonne, puis l’Océan Atlantique. On finira le tournage sans lui. Pour le dernier épisode, celui sur le Tour du Mont-Blanc, je jette l’éponge. J’arrive à convaincre la FFRandonnée d’engager un pilote, un vrai, homologué, pour les tournages. C’est comme ça que Gérard (Ganglion, alias GerGan) nous a rejoints. Et ça a été le jour et la nuit. D’une part, je réalisais à quel point j’étais loin du compte, techniquement parlant, et à quel point un vrai pilote était un plus pour les tournages. D’autre part, Gérard m’a aidé à comprendre toute la législation qui entourait la pratique du drone, la complexité des démarches précédant la phase de vol et pourquoi la publication constante d’images illégales et l’emploi de pilotes non-homologués étaient problématiques. Aujourd’hui, alors que les images de drone manquent encore cruellement de contrôle, j’ai envie d’expliquer à mon tour pourquoi ces images illégales, à mes yeux, doivent cesser. Le mea culpa d’un repenti, préoccupé par des irrégularités permanentes  qui nuisent à l’ensemble des acteurs du voyage et du tourisme, qu’ils soient institutionnels ou créateurs de contenu eux-mêmes.

Gérard, télépilote pro, en tournage avec moi dans la Meuse sur le GR714

Image illégale : comment les reconnaître et comment les éviter ?

Avant toute chose, peut-être vous interrogez-vous en vous demandant qu’est-ce qu’une image illégale ? En quoi une image aérienne, diffusée publiquement, est-elle illégale ? Il existe plusieurs raisons à cela : une seule suffit à lui conférer ce statut mais, la plupart du temps, elles cumulent ces irrégularités. Cela peut tenir à un tas de facteurs mais les trois règles les plus éminemment bafouées sont : le survol de zones interdites ou soumises à des autorisations (genre des photos de monuments en plein Paris ou des séquences de drone dans les Calanques), le drone qui vole tout seul pendant que son propriétaire se filme en mode auto et le survol de personnes. Et, en général, si elles sont bafouées c’est que l’auteur ne les connaît pas – ou ne s’en soucie pas – parce qu’il enfreint une troisième règle : il n’est pas homologué. Une question en entraîne une autre : comment je sais que les-dites images sont illégales ? Pour être parfaitement honnête, je ne peux pas le savoir avec une certitude absolue. C’est un faisceau de présomptions, généré par l’expérience et la connaissance des lieux et de leurs règles. Je cite Paris dans un exemple. Le survol de Paris est interdit. C’est plus du rouge sur la carte, c’est du cramoisi. Les autorisations sont aussi dures à avoir qu’un ticket gagnant à l’Euromillion, sans parler de l’attente. Seuls de très rares candidats peuvent espérer réaliser des images aériennes de la capitale. Alors un instragramer, vous imaginez ? Si vous voyez une image prise en drone de Paris, elle a de bonnes chances d’être illégale. Ça n’empêche pas la multiplication des vols illégaux, ainsi que l’évoque cet article du journal Le Monde.

Le genre d’image sur Instagram que vous pouvez tout de suite définir comme parfaitement illégale

 

Deuxième exemple : le Parc National des Calanques. Le drone dans des Parcs Nationaux c’est compliqué et soumis à une autorisation officielle. Mais l’obtenir est de plus en plus compliquée. Dans les Calanques il faut maintenant, en plus, mettre la main au porte-monnaie ! Je le sais, j’ai dû annuler un tournage à cause des tarifs pratiqués par le Parc, qui frisaient l’indécence, voire le racket pour des petits entrepreneurs comme moi. Alors quand des créateurs de contenu pondent des vidéos enchaînant les plans de drone dans les Calanques (ou le Verdon aussi, très prisé), sans que personne ne dise rien – à commencer par le Parc – il y a de quoi voir rouge et se poser des questions. Dernier point : pourquoi je dis que le pilote qui se filme tout seul c’est mal ? Parce que l’une des règles fondamentales quand on est télépilote c’est de toujours – je dis bien toujours – garder le contrôle de son appareil. Si celui-ci est en autopilote, il n’y a plus de contrôle. Si une défaillance se produit pendant ce vol automatique et qu’un accident en survient consécutivement, le pilote a intérêt à disposer d’une bonne assurance ! Vous allez me dire : « bah pourquoi on met des modes automatiques alors ? » Facile : c’est pour les pilotes du dimanche qui n’utilisent pas leurs drones à des fins professionnelles. Un télépilote homologué ne se sert jamais de ces programmes. Il opère en pilotage manuel, en permanence. D’abord parce qu’il est formé et qu’il sait manœuvrer ainsi, ensuite parce que la règlementation l’exige. Alors, bien sûr, du point de vue du public – et des territoires – on a envie de répondre : « et alors t’es jaloux ? c’est pour ça que tu râles ? Et qu’est-ce que ça peut faire d’abord ? Tant que les images sont jolies, on s’en fout !« . Et que répondre à ça finalement ? Récolter des likes sur des vidéos ou une photo Insta semble justifier l’appétit à commettre des infractions qui n’en sont, a fortiori, pas des grosses. Relativisons, bien sûr. Y’a pas mort d’homme non plus, me direz-vous. Le résultat plaît au public et ça fait de mal à personne. Vraiment à personne ? Peut-être pas tant que ça et, en tout cas, pas de la manière qu’on croit. Je vous montre.

Le côté obscur et sournois de l’illégalité

Quand la DGAC a mis en place son règlement à usage des utilisateurs de drones, elle a tenté d’entourer d’un cadre légal une pratique qui pouvait très vite dégénérer et causer des débordements liés tout autant à la sécurité des biens et des personnes qu’au droit à l’image et à la propriété privée. On est en France, faut-il le rappeler ? On aime les lois dans ce pays. Et si on les aime autant c’est parce que nous, les français et notre foutu héritage métissé de gaulois et de latin, on adore les ignorer ! Les esprits honnêtes qui ont joué le jeu de bosser en règle, conformément à celles-ci, pour exercer officiellement comme télépilotes, ont donc passé l’examen et les formations requises avant de se voir attribuer un numéro d’homologation. Ils sont donc aujourd’hui, en principe, les candidats légitimes pour réaliser, diffuser et commercialiser des images de drone sur des supports multiples, web y compris. Sauf que, dans la réalité, que ce soit sur le web ou à la télé, bien des pratiques échappent à ce cadre et génèrent injustice, incompréhension, colère, irresponsabilité et interrogations. Pour preuve, cet article récent, parmi d’autres. Sans parler des débats sans fin entre les deux camps. En ce qui me concerne, deux scénario retiennent mon attention dans l’univers de la randonnée et, si je souhaite en parler dans cet article, c’est pour clarifier des zones d’ombre et porter à la connaissance du public et des professionnels une partie de la réalité derrière ces plans de drone devenus -presque – indispensables dans un montage vidéo.

Scénario #1 : pilote pro vs pilote de loisir

Avant un vol, le pilote professionnel doit faire parvenir à la préfecture du territoire concerné par le tournage une demande d’autorisation. C’est la base. C’est le premier feu vert qui ouvre l’espace aérien aux images. D’autres autorisations peuvent s’y ajouter : base militaire ou aéroport-drome si la zone de vol se trouve dans celle de ces lieux par exemple. Et d’autres encore qui touchent, cette fois, au droit à l’image (mairies, propriétaires de lieux survolés, institutions…) ou à des critères de protection (zones Natura 2000, réserves naturelles, parcs, Conservatoire du Littoral…). Pour quelques secondes à l’écran, il faut savoir qu’il y a un ordre de bataille administratif qui, parfois, se solde par un refus d’autorisation. Je vous donne un exemple récent : pour un tournage sur le GR®21 en Normandie, il a fallu demandé une autorisation sectorielle au Conservatoire du Littoral, propriétaire de plusieurs sections de la Côte d’Albatre. On a reçu majoritairement des « oui », sauf à Etretat car notre venue coïncidait avec la nidification de certains oiseaux. Pour éviter le dérangement, il nous a été demandé de ne pas faire voler le drone dans ce secteur. Logique. Sauf que, le jour du tournage, quand notre drone était tranquille dans sa sacoche, trois ou quatre autres volaient dans le ciel au-dessus des falaises… Cherchez l’erreur. Ce qui se passe c’est que là où les pros savent à quelles portes frapper pour demander des autorisations (qu’on leur refuse parfois), le pilote de loisir, lui, n’en sait rien ou, au pire, s’en fout. Au mieux a-t-il regardé sur Geoportail pour voir si la zone était soumise à des restrictions ou non. Le reste, il ne peut, ou ne veut, pas le savoir. Donc il vole. Et les oiseaux sont finalement dérangés. Et nous, qui sommes là pour bosser, on reste au sol. Et, le soir venu, on trouve ces images illégales sur les réseaux, en train de générer des centaines de likes. Frustrant, non ? Vous voyez un peu les limites du cadre règlementaire dans cet exemple ?

« Allez zou toi, au panier ! Je vois bien que tu voles sans papier et en plus tu déranges les mouettes »

 

La solution c’est quoi ? Pour l’instant, j’en vois deux. La première serait de développer davantage d’outils en ligne à destination du pilote de drone de loisir afin que, lui aussi, dispose des informations nécessaires à l’encadrement de son vol. C’est de la prévention. A l’heure actuelle, franchement, quel particulier est capable de dire s’il se trouve sur une propriété du Conservatoire du Littoral ou sur celle du Pape ? Le vacancier, avec son Mavic Air, peut-être ? Le groupe de copains, en week-end ? Forcément, non. Étrangement, les institutionnels – ici le Conservatoire – sont, eux, très à cheval sur ces questions d’autorisation et, une fois que vous vous êtes signalé auprès d’eux, vous êtes scruté. Normal, donc, que les pros soient sur la sellette puisque eux les informent de leur présence sur les lieux. Pour les autres, c’est pas vu, pas pris. Car les contrôles et les amendes sur le terrain sont rares, voire inexistants. Tout comme les poursuites ou les plaintes suite à des images illégales. Un truc qui rend d’ailleurs assez dingue et qui amplifie la sensation d’inégalité.

Le drone uniquement réservé aux professionnels ? Radical, mais efficace.

Alors l’autre solution, utopique, serait de déclarer l’usage du drone réservé uniquement aux professionnels homologués. Et voilà je l’ai dit ! Et j’entends déjà la foule hurlante et conspuante, à qui j’essaie d’enlever le droit de voler, me ruer dans les brancards. Pourtant, sur le terrain, plus d’ambigüité possible ainsi. Et puis ça ferait beaucoup moins de boucan dans les airs ! A ce sujet, je ne sais pas si vous avez remarqué cette petite tension qu’on ressent quand un drone décolle avec des gens autour ? J’ai déjà été témoin de réactions très hostiles à ce moment-là (cris, poings en l’air, insultes, agacement manifeste). Les gens râlent mais, paradoxalement, ils adorent les images de drone sur leurs écrans ! Amusant, non ? Fin de la parenthèse. Mon souhait pourrait-il donc un jour advenir ? Peut-être. Un signe de l’épuisement du marché du drone de loisir pourrait bien aller dans mon sens d’ici quelques années. Je croise les doigts.

 

Scénario #2 : le pilote de loisir qui veut faire comme les pros

Ou comment bénéficier de tous les avantages d’un pro sans les inconvénients. Ce que j’ai moi-même fait pendant un an et dont je mesure aujourd’hui, non sans honte, la totale irresponsabilité. Autrement dit, cela consiste à se revendiquer « pilote » du seul fait de posséder un drone et de savoir, moyennant des compétences de pilotes très inégales d’une personne à l’autre, faire des images avec. En général, les faux télépilotes excellent pour aller faire des images de drone dans des endroits règlementés – et bien sûr sans autorisation – et à les diffuser publiquement en récoltant des avalanches de commentaires enthousiastes. La grande classe. Mieux encore – et comble de la malhonnêteté – certains vont même jusqu’à obtenir des contrats et à percevoir des rémunérations de la part de clients (territoires, offices de tourisme, gérants de sites, parcs ou monuments) qui ne vérifient pas – ou s’en foutent – le statut dudit pilote. La belle histoire ! Tout le monde est content : le « pilote », le territoire, le public. Alors pourquoi en faire tout un plat, me demanderez-vous ? Pourquoi tu râles encore David en faisant ton gendarme ? Pour deux bonnes raisons en fait.

A armes (in)égales

La première, et non la moindre, c’est l’aspect déloyal de l’affaire. Pourquoi certains jouent le jeu d’être en règle, avec toutes les contraintes que cela suppose, quand d’autres font l’anguille sans que quiconque ne dise rien ? C’est de l’injustice. Comment vendre son travail dans ces conditions ? Les clients devraient se montrer plus vigilants. En cautionnant de manière tacite ces pratiques irrégulières et en persistant à collaborer avec des pilotes non-homologués, ils se font complice de l’illégalité de ces prises de vue. C’est incompréhensible et rageant pour des télépilotes qui se sont mis en règle auprès de la DGAC pour avoir la légitimité de piloter un drone et de vendre des images. Alors, peut-être, parmi les usurpateurs, y en a-t-il (et c’est sûrement le cas) qui maîtrisent mieux le pilotage que certains professionnels et qui, du coup, vont avancer qu’ils font de plus belles images. Je l’entends, très bien, c’est un bon argument : dans ce cas, va concrétiser ton talent en régularisant ta situation puis, ensuite, va bouffer le marché mec. Et là, alors, la lutte se fera à armes égales.

L’argent et le budget : le nerf de la guerre. Employer des pilotes non homologués, ça coûte forcément moins cher. Une logique libéraliste et irresponsable qui décrédibilise la profession de créateur de contenu.

J’entends aussi les territoires-clients agiter le porte-monnaie et arguer qu’un pilote officiel, ça coûte cher. Ce qui est vrai. Combien d’économies les territoires ont-ils fait avec ces « faux » pilotes qui cassent les prix ? Pas mal c’est sûr. Car, c’est un fait, un vol de drone, c’est pas donné. Mais le matos a un prix, les accessoires et consommables aussi. Sans parler de l’aspect administratif et règlementaire qui entoure la pratique. Du temps. Beaucoup de temps. Et le temps, vous le savez, c’est de l’argent. On parle des charges sociales maintenant, en sus ? Alors, oui, les choses ont un prix. Mais, ces règles, ce ne sont pas les pilotes qui les ont inventées. Ils s’y sont pliés, pour pouvoir travailler. En toute légalité et soumis à la rigueur de l’entreprenariat. Alors il n’est pas difficile de comprendre que, quand ils se font piquer le boulot par des mecs non homologués, qui cassent les prix en ne respectant rien, ils ont un peu les nerfs. Ainsi vont les choses diront certains. C’est le monde qui bouge après tout, non ? Un peu comme pour l’hostellerie traditionnelle avec AirBnB ou pour les taxis avec Uber ? Non, pas vraiment. Faux débat. Car les pilotes non homologués n’ont aucun statut. Ni professionnel, ni juridique. Et là, on touche à la deuxième des raisons pour lesquelles ces vols illégaux doivent cesser.

Irresponsable

Ça tient en un mot : responsabilité. Filmer – ou photographier – un lieu ou des personnes sans autorisation ou sans homologation (ou les deux) puis le diffuser sur ses réseaux sociaux, engage la responsabilité du « pilote ». Lesquelles ? Tout simplement celles qui sont dues à la sécurité des biens et des personnes. Mais l’intrusion d’un tiers, identifié comme client, et d’une rémunération, entérinant la nature commerciale de la transaction, en fait naître d’encore plus grandes. Car, en passant commande, le client engage lui aussi sa responsabilité. Autrement dit, si vous faites partie de ceux qui filment en drone illégitimement et que, en plus de ça, vous vous faites rémunérer pour cela dans le cadre d’un partenariat avec un territoire, vous avez intérêt à serrer les fesses pour que vos vols se déroulent sans incident. Et vice-versa pour le territoire qui valide votre prestation. Et quand on bosse pour un client de la taille d’un territoire, le respect des règles de sécurité se doit d’être absolu. Ça semble évident dit comme ça et pourtant ça ne l’est pas toujours. C’est un peu comme si vous payiez un chauffeur sans permis pour conduire votre voiture parce qu’il fait des super scores sur Gran Tourismo. En acceptant – parce qu’il n’est pas au courant ou parce qu’il feint de ne pas l’être – de travailler avec des pilotes non homologués, le territoire engage sa responsabilité en cas d’accident. Tout comme il l’engage en rémunérant des vols sans autorisation ou sur des zones restreintes ou interdites. Par omission ou pure ignorance, la complicité des territoires qui valident des images illégales contribue par ailleurs à mettre à mal l’exercice du pilotage de drone par les professionnels.

La carte de France, sur Geoportail, des restrictions de vol pour les drones de loisir

 

Là encore, quelles solutions ? Une meilleure information des attaché(e)s de presse et des responsables de projets serait un bon début afin d’exiger, dans un premier temps, la présentation d’une homologation officielle par les créateurs de contenus avec qui ils travaillent. Une vérification de l’inscription du pilote à la liste officielle publiée par la DGAC me paraît une première étape incontournable dans le cadre d’un contrat. Car oui, cette liste existe. Elle est consultable et téléchargeable très facilement. Tout créateur de contenu bossant en prestation drone devrait s’y retrouver. Être mieux formé permettrait aux institutionnels de mieux contrôler la légalité des prises de vue sur leur territoire. Il faut dire que l’absence de sanctions par la DGAC, en dépit des menaces (1 à 6 mois d’emprisonnement et de 15 000 € à 75 000 € d’amende + confiscation du drone en cas d’infraction) ne cesse d’encourager la pratique des vols illégaux. Des entités administratives, tels les parcs, qui disposent pourtant d’une règlementation interne pour les drones et qui exigent une déclaration de vol en préalable à la délivrance d’une autorisation, ne réagissent même pas à la diffusion de séquences de drone sur les réseaux sociaux tournées sans aucune autorisation dans leurs propres frontières. Et, pour avoir discuté avec plusieurs territoires sur ce thème, ils ne vérifient clairement pas toujours la légitimité des pilotes, en particulier chez les blogueurs. Enfin j’ajoute, histoire de montrer que l’esprit de corruption est des deux côtés, que les pros ne sont pas tout blanc ? Des anecdotes, en coulisses, d’équipes de télé qui débarquent et qui font voler leurs drone sans autorisation au-dessus des villes, j’en ai entendu souvent chez les attachés de presse. « Une autorisation ? Pfff, pour quoi faire ? Pourquoi on on ferait ça, on est la télé ! »

Pourquoi faire ça oui ? Par éthique aurais-je envie, naïvement, d’avancer. Par respect aussi : des règles, des clients, de soi et aussi d’homologues qui font ce qu’il faut pour être en règle et trouver des solutions. Du bon sens et un code de conduite. Ça doit être mon côté scandinave refoulé qui s’exprime là.

Conclusion

On arrive en 2020 dans un peu plus d’un mois. La DGAC continue de durcir chaque année un peu plus la règlementation pour les professionnels mais ne semble pas vouloir s’attaquer au problème des drones de loisir et des séquences de vols illégales. Alors, dans le milieu des créateurs de contenus auquel j’appartiens, j’ai envie d’en appeler au bon sens de chacun et non à l’appât du gain. Il y aura toujours des tricheurs, des menteurs, des usurpateurs. Surtout dans cet univers factice qu’on a bâti sur le sol virtuel du web où le follower vaut de l’or et où le like est une garantie pour dénicher des contrats. La concurrence n’a de sens que si elle s’entoure d’honnêteté. On pourrait en appeler à la bonne conscience de tous ces aspirants-pilotes pour, qu’à leur tour, ils confessent leurs fautes et, malgré l’âpreté du chemin, se remettent sur la bonne voie. On pourrait croire en une éthique de notre profession, au respect d’une charte de bonne conduite. Pas à une méchante partie de Wipe Out où tous les coups, même les plus bas, sont permis. On pourrait aussi demander plus de visibilité de cette certification sur le web afin de balayer tout doute possible lors du contact avec un prétendu télépilote. On pourrait aussi demander aux territoires, avec qui on travaille régulièrement sur le terrain, de ne plus fermer les yeux sur cette question, d’être lucides et responsables en prenant une part active dans l’application du cadre légal de la réalisation d’images de drone. Déjà en s’assurant que le créateur de contenu avec qui il s’apprête à travailler est présent sur la liste officielle des télépilotes de la DGAC. C’est un bon début, quelques pistes et souhaits venu d’un éternel idéaliste. Peut-être en avez-vous d’autres ? Peut-être la situation peut-elle s’améliorer par le fruit patient d’un effort collectif ? Alors, ensemble, sera-t-il peut-être possible d’assainir une situation qui est actuellement, et malheureusement, sérieusement corrompue. Un vœu pour 2020 ? J’ai envie d’y croire.

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29 Comments

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Thierry,

      Je suis content que mon article trouve un écho favorable auprès de l’UNEPAT. Je vous contacte par mail dès la semaine prochaine si cela vous convient. Bon week-end !

  1. Michel P Répondre

    Excellent article. Même problème en Belgique mais un grand nombre de zones de police commence à traquer les films de drones sur le net ainsi que les agences immobilières qui publient.
    Les amendes et confiscations commencent, car il y a souvent une trace quelconque sur les films

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      On aimerait voir ce type de sanction plus souvent en France. Les poursuites ne sont pas monnaie courante. Personnellement, je n’en ai jamais entendu parler.

  2. Jérôme peth Répondre

    Très bel article de ce monde aérien en plein bouleversement…. Et bientôt les voitures volantes ! L’idée d’outils en ligne me paraît la plus adaptée. Cette solution existe déjà pour les activités souterraines (DICT). Toutes les personnes impactées sont instanement informés, et se doivent de répondre dans des délais impartis…
    Merci à tous les PRO de nous faire rêver avec vos belles images légales.

  3. ID2Rando Répondre

    Merci David pour cet éclairage !
    La face inconnue de ces images qui nous font tous envie dès lors que l’on souhaite comme on le fait « partager » nos randonnées.
    Un article très intéressant et instructif.

  4. Jean-Philippe Dollet Répondre

    Bravo ! L’article que j’aurais aimer écrire si j’avais eu votre talent. Felicitations! Tout est juste et assorti d’une parfaite analyse de la situation. Un vrai exploitant et télépilote de drone civil qui vous remercie. DCOMDRONE.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Jean-Philippe,

      Content que l’article trouve un écho favorable auprès des télépilotes. En espérant qu’il puisse aider à une meilleure information.

  5. FM Répondre

    Bien résumé, bel article.
    Lutter contre ces images illégales n’est apparement pas la priorité sinon les sites de stock d’image qui vendent officiellement ne seraient pas aussi libres, juste un exemple pour parler toujours de Paris mais c’est la même chose dans toutes les villes de France: https://www.shutterstock.com/fr/video/search/paris-nuit-drone . Pratiquement aucune de ces images ne sont tournées légalement sans parler des viols de lois ( survol de tiers, de bâtiment protéger , de copropriété, de cartiers entier où bien sûr le télépilote ne vol pas à vue…) et pourtant on a des chances de retrouver ces images à la télé, dans un film et dans tant d’autres d’applications …

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      On se heurte à un mur. La situation est éminemment plombée et on se sent impuissant. Cette justice à deux vitesses est usante et les contrôles sur le terrain sont peu fréquents et difficiles à mettre en oeuvre. Quant à d’éventuelles poursuites à diffusion des images, je ne crois pas en avoir jamais entendu parler. Bref, y’a du boulot ! Merci en tout cas pour votre commentaire.

  6. JF Répondre

    Un grand bravo pour votre article très bien écrit, vous avez soulevé de nombreux problèmes et avez résumé en un article le métier de pilote de drone.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Merci pour votre retour Jean-François. En espérant que ce sujet contribue à une prise de conscience pour le public, ceux qui enfreignent les lois et ceux qui emploient ceux-ci tout autant illégalement.

  7. Lukasz Répondre

    Tres bien ecrit. Bravo. On voit clairement que vous y etes bien pour defendre les lois, le public, la moralite et tout. J’ai juste quelques mots pour vous : en Belgique, ou j’habite, le seul moyen de voler legalement est de se faire breveter. En tout, cela coute une somme de EUR 6500-7000. Que vous voulez rentabiliser votre drone ou pas. Trouvez-vous cela normal ?

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Lukasz,

      Pour ce que je lis de cette règlementation que vous décrivez en Belgique, cela semble tout autant sensé qu’absurde. Ce tarif rhédibitoire devrait limiter le nombre de candidats et donc de drones dans le ciel et donc, par extension, les irrégularités. J’imagine que c’est sa fonction première. Mais ça n’a de sens que si, sur le terrain, des contrôles sont effectués ou que les images diffusées sont également tracées. Est-ce le cas ? Autrement les télépilotes belges ont tout autant de quoi ruer les brancards que les télépilotes français.

  8. Stéph59 Répondre

    Bonjour David,
    Belle présentation du sujet et j’ai retrouvé des situations vécues sur le terrain car depuis un an (Black Friday également) je me suis équipé d’un Mavic Air qui m’accompagne en rando dans le sac à dos.
    A la différence que, même amateur et avec un appareil sous le poids fatidique des 850 g, j’ai effectué dès le départ la formation en ligne de la DGAC pour connaître les règles du jeu.
    Je fais parfois des plans en tenant le drone à la main lorsque j’entre dans un espace protégé, et j’ai doté mon smartphone de toutes les applis possibles pour avoir les zones d’interdictions en demandant également aux autres randonneurs présents si je peux voler en me limitant à quelques plans sur 5 mn max.
    On parle de baisser la limite du poids pour les amateurs par une nouvelle réglementation mais c’est comme la vitesse sur la route; 60 puis 50 et maintenant 30 ne sert à rien s’il n’y a pas de contrôle car il y en aura toujours au dessus des textes.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Stéphane,

      Merci pour ce témoignage et bravo pour cette volonté de rigueur même si vous ne souhaitez rester que dans le domaine du loisir. Le respect des personnes sur les lieux de prises de vue notamment et cela doit être apprécié par les gens concernés. En effet on avance encore et encore de la restriction mais, sans contrôle derrière, ainsi que vous le dites, c’est absurde. Autant interdire tout de suite le vol des drones, comme ça on n’en parle plus.

  9. Geraud Lavergne Répondre

    Entièrement d’accord ! Très compliqué en tant qu’exploitant pro d’avoir une crédibilité ET d’être concurrentiel dans ce marché inégal…
    Sans compter qu’il faut à présent garder tous les logs de vols remplir des tableaux Excel de tous les vols, s’assurer des checks de bon fonctionnement…

    Pour ma part, je prône un souhait de réglementation qui ferait toute la différence : chaque photo ou vidéo monétisée devrait avoir une référence de tracabilite. De ce fait s’il n’y a pas de numéro, la vidéo ne peut être monétisable (le client saura plus facilement détecté une fraude). Avec la présence d’un numéro, on pourra associer l’image ou la vidéo à une notification de vol précise et son exploitant professionnel. Et ça serait un procédé de controle économique.
    Bref à faire passer auprès des autres télépilotes. Pour l’instant la DGAC fait la sourde oreille.

    Geraud LAVERGNE de Casteldrone

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Geraud,

      Merci pour ce retour d’expérience qui confirme l’état désastreux de la situation. Qu’une loi soit mise en place, oui bien sûr. Mais que ce soit les pilotes pros qui en fassent les frais et que ce soit eux qui soient freinés dans leur activité quand les vols illégaux peuvent toujours s’effectuer et se diffuser sans crainte de représailles, c’est du délire. Je ne suis pas rentré dans les détails de toutes les procédures bien lourdes qu’il faut effectuer avant et après chaque vol. Vous avez raison d’en énumérer certaines ici, dont la tenue à jour du livre de vol. Cette idée de la traçabilité de chaque image paraît pertinente. Je l’ajouterais même à toute image diffusée publiquement, monétisée ou pas. Je fais là référence à des images illégales tournées dans des Parcs Nationaux ou des réserves naturelles qui n’ont probablement pas fait l’objet de rémunération mais qui sont gracieusement diffusées pour donner de la visibilité à leur(s) auteur(s) sur les réseaux sociaux. Tout aussi illégal et pénible. Mais j’imagine que la DGAC ayant déjà du mal à gérer l’application de sa propre règlementation ne trouverait pas les moyens de contrôler les centaines de séquences de vol qui leur seraient envoyées pour homologation. C’est comme pour le téléchargement illégal : on met en place des lois mais on n’a pas les moyens humains de les appliquer.

  10. Francis Duruflé Répondre

    Bonjour David,
    Merci pour ce beau travail sur un sujet nous tient à coeur.
    Cet article mérite d’être diffusé largement.

    Ce que je rajouterai c’est :
    1-Le décret sur le signalement électronique de la loi drone (2016) qui impose une identification électronique (via du WiFi) obligatoire pour tous les drones de plus de 800g. Ce décret est paru le 1er novembre 2019 et rentre en application 6 mois plus tard. Et 12 mois plus tard pour les drones déjà enregistré avant le 1er mai 2020.
    2-La règlementation européenne qui arrive (catégorie Open est rentrée en application au 1er juin 2019) et qui va nous obliger à revoir nos habitudes. Même si pour les vols en zones peuplées (typiquement en ville) on gardera le même circuit d’approbation (mairie, préfecture, …).

    Comme pour Thierry je serai très heureux de pourvoir échanger de manière plus régulière avec vous.
    Très cordialement
    Francis Duruflé
    Délégué constructeurs à la Fédération Professionnelle du Drone Civil (FPDC)

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Francis,

      Merci pour votre réponse et pour cet intéressant complément d’information. Un lecteur demandait des infos quant à une règlementation européenne. Votre commentaire y a répondu, merci ! Pas de souci pour rester en contact. Vous pouvez me joindre par mail à l’adresse suivante : david.genestal@gmail.com

      Cordialement,

      David

  11. OLIVIER BRISVILLE Répondre

    Bonjour David,
    Merci pour cet article. Je suis moi-même télépilote depuis peu et je vous rejoins à 100%.
    Lorsque je visite des sites de professionnels et que je vois des extraits avec des survols de personnes, de cortège de mariage en vol « hors vue » et sur des routes non fermées, des survols d’agglomération encore en vol « hors vue », lorsque je vois des prestations pour la promotion immobilière à 49€, je me demande si je vais vraiment pouvoir me faire une place dans ce secteur d’activités car il m’est impossible de m’aligner sur de tels tarifs en étant déclaré et en respectant à la lettre la réglementation.
    Je voudrais savoir s’il est possible de partager cet article sur ma page facebook.

    Olivier BRISVILLE – HOME DRONE

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Olivier,

      Ne vous découragez pas et rappelez à vos futurs clients que c’est leur responsabilité de respecter cette règlementation. Il n’y a pas de petites économies à faire sur la sécurité et le professionalisme. Pas de souci pour partager l’article sur votre page. Il est là pour ça ! Cordialement, David.

  12. Géraud Répondre

    Pour la tracabilite de chaque image, je vois plutôt un moyen que le contrôle soit fait plus facilement par chacun : on sait qu’il faut une référence officielle pour une vidéo YouTube ou une photo Instagram…si on ne l’a pas c’est illégal… bref on ne pourra plus se cacher

  13. Mimouni Répondre

    INTÉRÊTS ET LIMITES DU BREVET DE TÉLÉPILOTE ?!
    Bonjour
    Je reviens sur ce thème de la différence entre loisir et professionnel telepilote notamment sur l’exploitation commerciales des images aériennes que je trouve très peu respectée.
    J’ai passé ce brevet pour pouvoir exploiter commercialement mes images mais je trouve que la concurrence est féroce non par rapport à mes confrères professionnel mais beaucoup de telepilotes loisir loue leur service ou les offres dans la plus grande illégalité.
    Je ne suis pas flic, ni dénonciateur mais je me pose la question de où en est-on sur le plan de l’application de la législation et des mesures en place.
    La DGAC cadre complètement notre travail en tant que professionnel et c’est bien, mais pensez-vous que le telepilote loisir et sa déclaration en ligne et petit test est suffisant pour le respect de l’exploitation de l’image ?
    Personnellement j’ai le sentiment que ce point échappe facilement au respect des règles.
    c’est pourtant le plus important pour nous différencier des loisirs et gagner notre vie.
    Encore récemment une conférence à la DGAC invitait les telepilote professionnel a s’informer des règles de l’espace aérien, là encore super, mais j’aimerais bien qu’il y ait plus de publicité sur la législation concernant l’exploitation de l’image aérienne…

    merci pour vos retours 🙂
    Par ailleurs une législation européenne a-t-elle vu le jour ?

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour,

      Beaucoup de questions que se posent les télépilotes en effet. Où on en est de l’application des mesures demandez-vous. On aimerait voir une réaction de la DGAC mais – et merci de me reprendre si je me trompe – on n’en voit pas, pour l’instant. Ou peu. Si la réaction ne vient pas d’en haut, c’est aux commanditaires, pour moi, de savoir aussi avec qui ils choisissent de travailler. Et, surtout, de bien comprendre les risques et les conséquences qu’il peut y avoir à faire appel à des non-professionnels pour leurs images. Je ne sais pas ce qu’il en est au niveau européen quoiqu’il en soit. Je ne suis qu’un « petit » qui fait appel à des télépilotes pour les images aériennes de ses reportages. Je suis témoin de ce qui se passe et j’avais envie de le faire savoir auprès des gens qui me suivent. C’est toujours une petite pierre à l’édifice.

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