Le Garlaban, en boucle par le Pas des Quatre Fers

Le nom du Garlaban évoque la Provence d’antan, celle de Pagnol et des senteurs de romarin. Encadrée par Allauch, à l’ouest, Aubagne, au sud, et Peypin, au nord, elle dresse sa belle silhouette entre la chaîne de l’Etoile et celle de la Sainte-Baume. Impossible de la rater en circulant entre Aix et Aubagne par l’autoroute. Elle envahit littéralement le champ de vision une fois dépassés les reliefs abritant Roquevaire. C’est ainsi que je l’ai découverte en arrivant dans la région, passant à plusieurs reprises devant elle sans m’arrêter, mais toujours avec la même convoitise. Il aura fallu attendre ces ultimes jours de 2018, profitant d’un début d’hiver aux températures généreuses, pour enfin m’élancer à sa découverte. Pour ce galop d’essai, je vous propose de surcroît une boucle qui ne cède pas à la facilité des premières fois.

Difficulté : assez facile | Longueur : 6,9km | Durée : 3h25 | Dénivelé : 605m | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3245ET Aubagne, La Ciotat

Pour atteindre le sommet du Garlaban, l’évidence est d’opter pour le ravin éponyme, parcouru par un sentier confortable et balisé, appelé Sentier des Dansaires. Le point de départ généralement convenu par tous se trouve au niveau de la commune de Lascours. A ce tracé conventionnel, je préfère l’élaboration d’une variante. Direction, donc, le parking sommaire marquant le départ de la DFCI juste après le lieu-dit Favary, sur la petite D44e montant depuis le Parc d’Activités de Napollon. On le rejoint par un chemin quittant brusquement la route départementale par la gauche, quand celle-ci arrête de monter, c’est-à-dire peu après un coude assez serré à droite, au niveau du lieu-dit Favary.

Voie d’accès en voiture depuis le péage d’Aubagne, en venant d’Aix-en-Provence

Avertissement : l’endroit n’est pas un parking public. C’est une tolérance de stationnement. Attention, donc, à ne pas pénétrer au-delà de la partie en terre, propriété privée. Le chemin carrossable ne va de toute façon guère plus loin qu’une chaîne interdisant le passage une vingtaine de mètres plus loin. C’est le moment de démarrer la partie pédestre de l’entreprise.

Note saisonnière : l’hiver est une période idéale pour découvrir les montagnes de Provence. A partir du mois de juin, la canicule et le risque incendie limitent, voire interdisent, la pratique de la randonnée dans les massifs. De janvier à mai, c’est donc le bon moment pour entreprendre vos escapades au Garlaban, mais aussi dans la Sainte-Victoire et à la Sainte-Baume.

garlaban
La silhouette massive du Garlaban, telle que le visiteur la découvre en l’observant depuis l’Est.

Du parking à un col sur la DFCI : 1,2 km – 100m – 25mn – facile

Après avoir dépassé la propriété, à droite, le chemin tire en ligne droite, face au sommet du Garlaban, projeté plein cadre. Il vient buter sur le pied de petites collines qu’il gravit par un large virage à droite. Quand la pente fléchit, il se sépare en deux, une partie poursuivant tout droit, l’autre obliquant à gauche (1) : c’est celle-ci qu’il faut suivre, qui enroule encore  à gauche une cinquantaine de mètres plus loin : nous voici sur la longue DFCI qui s’enroule au pied de la face orientale du Garlaban. Ce n’est pas la partie la plus palpitante, mais elle a le mérite de servir d’échauffement avant de s’attaquer à l’ascension proprement dite. Il faudra la suivre pendant un peu plus d’un demi kilomètre, jusqu’à rejoindre un petit col bien marqué. Un sentier y quitte la DFCI par la droite, partant à travers le maquis provençal en direction du sommet (2). Vous y remarquerez, normalement, un gros rocher avec deux ronds rouge et jaune peints à la bombe. La grimpette démarre maintenant.

D’un col sur la DFCI au col de Garlaban : 1,8 km – 335m – 1h20 – assez facile

Soyons honnête : l’exercice n’a rien de vraiment difficile. Le sentier, bien tracé, a le mérite d’offrir une ascension régulière. On s’élève ainsi assez rapidement sur les contreforts du Garlaban. Aux abords d’une ligne de barres rocheuses, le chemin oblique à droite, laissant dans l’épingle un sentier qui, plus petit, descend à gauche. Deux épingles plus loin, nous voici dans une large combe avec, à nouveau, la masse du sommet du Garlaban dans l’axe.

garlaban
Entrée dans la grande combe s’ouvrant sous le sommet du Garlaban. L’objectif est en vue : ne reste plus qu’à l’atteindre !

Pour l’atteindre, il va falloir la contourner par le nord. Le chemin commence par opérer un crochet par la droite de la combe, franchissant ainsi l’arête Est du sommet au niveau d’une zone de murs rocheux errodés. On bascule ainsi du côté du ravin du Garlaban par lequel, rappelez-vous, grimpe la « voie normale ». La vue se transforme à partir de ce point, ouvrant sur la partie nord-est du massif.

Mon conseil : un peu plus loin, repérez le sentier balisé qui décroche à droite, en direction d’une avancée rocheuse en forme de terrasse (3). En avançant jusqu’à celle-ci, vous bénéficierez d’une vue totalement ouverte sur le massif, Lascours, Roquevaire et, évidemment, la Sainte-Baume de l’autre côté de la plaine. Emplacement idéal pour photo.

La vue depuis le spot photo indiqué ci-dessus. Et en ajoutant quelqu’un un peu plus bas, comme ici Raphaèle, c’est encore mieux pour donner l’échelle.

Le chemin continue de s’arrondir vers le nord, s’enroulant autour de la base du sommet qu’on garde à main gauche. De petites traces non balisées s’en échappent, à gauche, qui convergent toutes vers l’accès au sommet (4).

Du col de Garlaban au sommet : 0,3 km – 85m – 10mn – moyen

Qu’on arrive par le col de Garlaban ou par l’une de ces traces, on finit forcément par venir cogner contre un petit mur rocheux au pied duquel court une bande de chemin étroite, balisée en orange. Une trace rouge, quant à elle, trace directement par la zone de faiblesse de ce mur. Les deux se recroisent un peu au-dessus, faisant cause commune avant de se séparer à nouveau un peu plus loin pour rejoindre le sommet par deux voies distinctes. Optez indifféremment pour l’une ou l’autre, de niveau égal. Pour ma part, j’ai choisi la rouge.

Dans les derniers mètres de l’ascension. En contrebas, le col de Garlaban et le Pic de Taoumé en arrière-plan.

Dans les deux cas, on rejoint rapidement la croix sommitale et on peut profiter d’une vue splendide sur les environs. Par beau temps – et sans vent – le pique-nique sur les petites terrasses rocheuses, juste en-dessous de la croix, est parfait. Vous aurez, peut-être comme nous, la compagnie des accenteurs alpins, une espèce venue des Alpes, en hivernage dans le secteur et en quête de quelques miettes !

L’accenteur alpin fait partie de ces espèces alpines qui descendent parfois au soleil le temps de l’hiver. Une micro-migration à destination du Garlaban et de l’Etoile.

A savoir : le Garlaban, s’il est le plus symbolique, n’est pas le point culminant du massif pour autant. Il faut se tourner vers le nord, en direction du Plan de l’Aigle, là où vous apercevez toutes les antennes. C’est là qu’on atteint l’altitude de 731m, soit 17 mètres de plus que le Garlaban !

Panorama : le Garlaban est un belvédère de choix pour appréhender les environs de Marseille. Vers l’ouest, au premier plan, de l’autre côté d’une profonde échancrure, c’est le Pic de Taoumé, l’autre sommet phare du massif. Plus au nord-ouest, au dernier plan, on peut repérer la silhouette caractéristique du Pilon du Roi, qui indique la chaîne de l’Etoile, le col Sainte-Anne et la Montagne du Bau Trauqua. Tout au sud, au-delà d’Aubagne, là où la lumière est la plus forte, ce sont les Calanques, un peu floues et la Méditerranée. Plein Est, saisissante de contrastes, on admire le massif de la Sainte-Baume qui naît dans le prolongement du spectaculaire Pic de Bertagne. On peut également distinguer les Dents de Roque Forcade, un peu à gauche de ce dernier. Les plus observateurs reconnaitront la barrière du VerdonMourre de Chanier et Chiran – au-delà de laquelle peuvent s’observer les sommets du Mercantour.

Garlaban
Depuis la croix, la large vue sur la plaine avec le massif de la Sainte-Baume en toile de fond.
En se tournant de l’autre côté, la suite du panorama en direction d’Aubagne et, encore plus loin, des Calanques

Du sommet à une intersection : 1,3 km – D- 350m – 50mn – assez facile

Le retour se fait dans un premier temps indifféremment par l’une de nos deux traces, précédemment évoquées, rouge et orange, en direction du col de Garlaban. On s’arrête juste avant, au niveau de l’oratoire Saint Jean-Marie Vianney (5), pour repérer un chemin s’échappant à gauche et signalé par un poteau directionnel jaune indiquant « Aubagne le Pin Vert« . Le sentier descend sous la face ouest du Garlaban avant d’en révéler, plus loin, la face sud.

garlaban
Cette boucle vous permet de tourner entièrement autour du Garlaban qui vous révèlera chacune de ses faces. Ici la très belle face sud, invitation à l’escalade.

A droite, en même temps, s’ouvre le défilé des Quatre Fers, magnifique endroit surmonté de falaises massives dans lequel l’itinéraire va se frayer un chemin. On a particulièrement apprécié cette partie de l’itinéraire, tant pour son côté confidentiel – vous n’y croiserez guère de monde – que pour son côté esthétique. Le cheminement y est vraiment plaisant, finissant par rejoindre le thalweg qu’il suit ensuite sagement. On passe plus bas au pied d’un tout petit secteur d’escalade, avec des voies courtes et sportives, jusqu’à atteindre un cairn marquant une division du chemin (6) (point coté 361 sur l’IGN).

Garlaban
Dans le passage du Pas des Quatre Fers, superbe fer à cheval ancré au sud du Garlaban. On a adoré cet endroit !

D’une intersection à un col sur la DFCI : 1,3 km – D+ 85m – D- 130m – 25mn – assez facile

C’est à gauche qu’il faut s’engager. On atteint une nouvelle très belle section du sentier, qui domine, en contrebas à droite, un beau cirque de falaises équipées pour l’escalade. Le chemin poursuit ensuite à flanc, perdant progressivement de l’altitude. La végétation se densifie à nouveau tandis qu’on découvre des habitations en ruine sur la gauche. La trace finit par rejoindre un chemin plus large, au niveau d’un grand pré, à main droite (7). Empruntez ce chemin à gauche. Il va vous faire remonter jusqu’à un replat au milieu des buis (8). A gauche, une trace ascendante permet de rejoindre l’itinéraire vers le sommet du Garlaban. A moins de vouloir remonter au sommet, il faudra donc prendre la trace qui s’échappe en face, dans les buis. Elle descend rapidement pour rejoindre la piste DFCI qu’on empruntera par la gauche une fois rejointe. En moins de 200 mètres, elle nous ramène au niveau du col et du rocher balisé à la peinture rouge et jaune du début (2). Pour le retour, plutôt que de repasser par la piste, je vous propose une petite variante.

Garlaban
Seconde magnifique section à la sortie du défilé des Quatre Fers : on passe au-dessus des falaises d’escalade avec le sommet du Bau des Gouttes derrière nous

D’un col sur la DFCI au parking : 1km – D- 100m – 15mn – facile

Au niveau du col, basculer à droite par un sentier tracé dans la végétation. Il va vous conduire vers une ruine (9) dont on peut se servir comme repère visuel une fois la DFCI quittée. Parvenu à celle-ci, contournez-la par la gauche. Un chemin, bien tracé, vous amènera assez vite à une intersection avec notre chemin du départ. Il suffit maintenant de suivre celui-ci à droite pour revenir au parking et à la voiture.

La variante du retour avec la ruine évoquée dans le topo.

Le mot de la fin

On a été agréablement surpris par l’accessiblité du Garlaban. On s’en était fait un peu toute une montagne – c’est le cas de le dire – et, au final, il s’est grimpé les doigts dans le nez. Pour vous dire la vérité, Raphaèle voulait en découdre en randonnée ce jour-là, prête pour une sortie à 1000 mètres de dénivelé au minimum. Quand elle est arrivée au sommet, comme une fleur, elle m’a regardé en disant « Déjà ? Mais c’est une baladounette ton truc ! J’en veux encore plus ! ». Bon, il a fallu après que je la convainque qu’enchaîner avec la boucle par Taoumé ça ferait un peu beaucoup pour une courte journée d’hiver. Tout ça pour dire que c’est un beau sommet bien accessible. Il y avait d’ailleurs pas mal de familles là-haut. Mention spéciale au passage du Pas des Quatre Fers, vraiment, vraiment attachant. On espère sincèrement revenir dans le coin pour poursuivre l’exploration.

L’itinéraire suivi avec les renvois correspondants dans le texte

by-nc-ndCe reportage Carnets de Rando, sous licence Creative Commons, est la propriété exclusive de Carnets de Rando. Son usage à des fins non commerciales est autorisé à condition de mentionner son appartenance au site www.carnetsderando.net. Pour toute autre utilisation, merci de me contacter.

Laisser un commentaire

This Blog will give regular Commentators DoFollow Status. Implemented from IT Blögg