cirque des pételins

Trésors des Calanques : le Cirque des Pételins & le Vallon de la Fenêtre

Quand on pense Calanques, on pense souvent mer, falaises et cheminement littoral. L’intérieur des terres et du parc n’est souvent qu’un espace transitoire et non une fin en soi. Grossière erreur. En retrait des sites les plus visités, des espaces de solitude attendent de révéler leurs trésors au randonneur curieux. C’est le cas du fabuleux Cirque des Pételins, discrètement abrité en-dessous de la Crête de l’Estret et que ne signale aucun balisage. C’est le cas également du dantesque Vallon de la Fenêtre, volontairement débalisé, qui dissimule un spectacle de roche digne des Dolomites. Ce sont ces lieux que j’ai souhaité mettre à l’honneur et vous amener à (re)découvrir pour faire la preuve que, les Calanques, ce n’est définitivement pas que En Vau, Sugiton et Sormiou.

Difficulté : moyen | Distance : 14,25 km | Durée : 5h15 | Dénivelé : 705m | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3245ET Aubagne, La Ciotat et IGN TOP25 1/25000è 3145ET Marseille, les Calanques

LE COL DE LA GARDIOLE

Le point de départ le plus adapté est le col de la Gardiole. Sauf que : depuis le mois d’avril 2019, celles et ceux d’entre vous qui avaient l’habitude d’y démarrer leurs randonnées – dernier accès goudronné recensé avançant vers la zone cœur des Calanques – ont eu la mauvaise surprise de trouver la porte close dès la route du col de la Gineste. La décision est tombée presque du jour au lendemain : les propriétaires privés établis sur cette voie ont annoncé, conformément à l’article 647 du code civil, leur décision de fermer définitivement et de manière permanente la route à la circulation automobile. Jusque là, la route bénéficiait d’un accès règlementé, hors période estivale, mais cette dérogation a sauté aussi. Les raisons avancées sont légitimes : surfréquentation, coût exorbitant de l’entretien de la route consécutif à sa dégradation, risques aux personnes et aux biens…

Avec la fermeture définitive du col de la Gardiole à la circulation automobile, l’accès au cœur des Calanques est devenu plus restrictif

Pour les visiteurs, cela signifie désormais de battre en retraite sur cette zone qui tient vaguement lieu de parking près de la départementale, face à l’entrée du camp de Carpiagne. Il faudra donc rajouter 2,5 km A/R à son itinéraire pour désormais atteindre ce col de la Gardiole, soit pas loin de 50mn en plus sur un parcours. Pas grand-chose diront les plus sportifs mais qui peut faire la différence quand vous jouez l’horaire. En tout cas, cette fermeture tombe à pic pour l’administration du Parc qui voit ainsi sa politique de sanctuarisation – incluant le retrait de la voiture individuelle de la zone cœur du Parc – appliquée sans avoir eu à mettre la main à la pâte. D’ici peu, vous verrez, il faudra payer pour entrer. Vous croyez que je me fais des idées ? Attendez, on en reparlera…

Calanques Gineste

L’ACCÈS LE PLUS RAPIDE AU COL DE LA GARDIOLE – 1,25 km, 80m D+

Vous ne serez pas obligés, à pied, de suivre les 3,5 km de la route, Dieu merci. Il y a un chemin beaucoup plus direct pour atteindre le col qui est balisé en rouge. On l’attrape en suivant d’abord la route depuis le parking et on quitte celle-ci dans l’angle droit qu’elle fait plus loin à droite : le sentier, lui, s’échappe dans les buissons. Rapidement, la vue ouvre à droite sur le grand vallon de Chalabran et les mamelons arrondis de la crête de l’Estret (ci-dessus). Puis le sentier dégringole et rejoint la route dans un creux boisé. Sitôt le coude à droite bien marqué passé, j’ai embrayé de suite à gauche par un chemin qui monte en direct et ce malgré la présence d’une croix rouge. On retrouve le chemin balisé un peu plus haut – balisage rouge et vert – qui trace ensuite jusqu’au col en coupant les lacets de la route. En vous débrouillant bien, vous mettrez 15 mn depuis le parking. Pas mal, non ?

DU COL DE LA GARDIOLE AU CIRQUE DES PÉTELINS – 3 km, 45m D+

Le grand espace du col de la Gardiole, jadis grouillant de voitures, est aujourd’hui désert. Il faut le traverser entièrement et attraper les balises jaunes qui s’engagent sur la crête de l’Estret, plein ouest, après avoir dépassé une barrière. Ce n’est sûrement pas la partie la plus intéressante de l’itinéraire. Il faut la vivre comme un petit échauffement. Après une citerne DFCI à droite, la montée commence et, assez vite, une intersection se présente. C’est là que s’abandonne le balisage jaune (à droite) ainsi que la piste DFCI (au milieu). À la place, on s’engage sur le chemin de gauche qui part à plat. Mais pas longtemps ! 200 mètres, plus loin, à la sortie de la courbe boisée d’un thalweg, on repère notre chemin qui s’éclipse à droite dans le maquis des Calanques. Une croix marron et un petit cairn sont là pour le signaler.

Le début de l’itinéraire, une fois le col de la Gardiole dépassé, propose un bel échauffement face à la baie de Cassis et sur un sentier non balisé particulièrement plaisant

C’est un beau sentier, très agréable à parcourir, qui ondule sur des versants lascifs et caillouteux tapissés de bosquets de pins maritimes, de chênes kermès et de romarin. Un long serpent qui emprunte chaque courbe du terrain et qui passe au-dessus de deux dépressions bien marquées en dégageant de belles perspectives sur la baie de Cassis et le Cap Canaille. Un parcours qu’on trouve réellement enchanteur et, en tout cas, une belle entrée en matière pour approcher le Cirque des Pételins dont on finit par apercevoir les premiers contreforts après avoir dépassé une ultime épaule. Le sentier vient littéralement buter sur le vide du cirque, dégageant une terrasse rocheuse avec une vue incroyablement belle. Ce cirque, peu connu, est une réjouissante surprise visuelle. Ce côté des Calanques reste peu exploré et on se demande sincèrement pourquoi tant le paysage est grandiose.

Calanques Canaille

Calanques

cirque des pételins

DU CIRQUE DES PÉTELINS AU COL DE LA FENÊTRE – 2 km, 75m D+

Quelques marches et gradins invitent à descendre dans le cirque des Pételins depuis notre position (photo ci-dessus). Un cheminement plutôt habile et quasi invisible de loin s’aventure dans une anse rocheuse et contourne la base d’un pilier bien marqué avant de s’engager réellement dans le cirque (cf. photo topo plus bas). Il rejoint ainsi, dans un lacet, le sentier poursuivant vers le fond du cirque. On prend donc à gauche pour descendre et atteindre le fond du vallon matérialisé par un cairn. L’endroit dégage une impression de solitude enivrante. Dans ce Cirque des Pételins, le marcheur se sent vraiment dans la peau d’un explorateur.

Belle claque visuelle en découvrant pour la première fois ce Cirque des Pételins depuis la terrasse rocheuse clôturant le sentier. L’endroit a sérieusement la classe !

On tourne provisoirement le dos au cirque des Pételins pour mettre le cap vers le sud et le vallon des Rampes. Le chemin y serpente entre deux rangées de rochers, étroit couloir sinueux qui invite à être parcouru (photo ci-dessous). Derrière nous, les hautes murailles du cirque prennent le soleil. Les Calanques, ici, ont des allures de reg provençal aux reflets argentés. Les pans de rocher finissent par étrécir le passage, apportant ombre, fraîcheur et humidité et ouvrant ainsi la porte à une soudaine colonisation végétale. Après l’économie jusque-là affichée de la flore, cette exubérance subite a de quoi surprendre. Plus quelconque cependant, le passage finit par déboucher plus loin sur un large chemin carrossable.

cirque des pételins

cirque des pételins

On s’engage sur celui-ci par la droite. L’atmosphère y est plus hivernale, due à l’absence de soleil, interdit de séjour par ici. Dans le premier lacet rencontré, à la faveur d’un cairn, on quitte la piste pour une petite sente tracée entre les buis. Il faut la suivre moins de 200 mètres jusqu’à repérer un sentier du genre discret qui la quitte par la gauche [GPS : 43.216424 , 5.482312] en grimpant tout de suite assez sèchement. C’est le passage vers le col de la Fenêtre, appelé aussi Sentier Bibi Nord/Sud. Un épisode assez court mais qui brutalise les mollets pour la première fois depuis le départ. Le décor des falaises du cirque, en arrière-plan, confère ici aux Calanques des allures de western (photo ci-dessus). Puis vient un coup de vent : le col de la Fenêtre est là, matérialisé par un cairn.

DU COL DE LA FENÊTRE À LA CRÊTE DE L’ESTRET – 1,75 km, 265m D+

On quitte ici le sentier Bibi, qui poursuit sa route vers le sud et le Vallon de l’Oule. Il faut bifurquer à droite, par le balisage bleu du Sentier Garrigue. En prenant de la hauteur, le paysage prend de l’ampleur. Derrière nous, le petit point haut coté 282 mètres par l’IGN et qui s’élève au-dessus du col de la Fenêtre (photo ci-dessous) aurait fait un bon spot de pique-nique, avec vue sur la mer et le Cap Canaille. Ha, ce Cap Canaille, rempli de la promesse d’itinéraires d’aventure inscrits sur notre bucket list depuis pas mal de temps… On a à faire ici à une belle section de sentier qui laisse l’ambiance maritime des Calanques remplir le paysage au fur et à mesure que l’horizon lisse et brillant de la Méditerranée se dévoile derrière les reliefs de l’Oule et du Devenson.

cirque des pételins

sentier garrigue

La trace se suit facilement, au fil d’un balisage propre et régulier. Elle se hisse à un rythme de métronome vers des hauteurs de crêtes déchiquetées, flirtant avec les ravins du Vallon de la Fenêtre, à droite, qu’on empruntera à la descente. Les remparts de celui-ci adoptent des formes très graphiques, idéales pour la photo (photo ci-dessus). Plus haut, une plaque commémorative se distingue, ancrée dans un rocher. Elle est dédiée à Edgard Garrigue – qui a donné son nom au sentier actuel – salué pour son service auprès des Excursionnistes Marseillais du début du siècle dernier. Sur l’horizon de la mer, le Cap Canaille se détache désormais intégralement, dissimulant encore plus loin derrière lui la silhouette des Îles des Embiez. Plus proches de nous, le Devenson et le Plateau de Castel-Vieil abritent, invisibles sous leurs remparts, les calanques d’En Vau, de l’Oule et de l’Eissadon.

Au rang des sentiers balisés pas très connus mais sérieusement sympa, ce sentier Garrigue pourrait occuper une place d’honneur. Propre, bien tracé et pas avare de belles vues, il mériterait de sortir de sa confidentialité.

Une forte rafale nous cueille au passage d’une épaule. En se perchant un peu à l’écart du chemin, on peut jeter un œil dans la partie supérieure du Vallon de la Fenêtre et même apercevoir le petit sentier qui s’y taille un passage et où nous serons dans une vingtaine de minutes (photos ci-dessous). Des falaises, immenses et peintes d’une couleur orange délavée, le prolongent jusqu’à l’entrée du cirque. La minéralité verticale des lieux est saisissante. La carte IGN ne révèle strictement rien du cachet prestigieux de cet endroit. Encore cinquante mètres d’altitude à passer et on atteint le cairn signalant la jonction avec la proximité de la crête de l’Estret. En partant à gauche, on pourrait rejoindre la piste la parcourant intégralement. Mais c’est précisément à droite que nous nous dirigeons, à la recherche du passage vers le Vallon de la Fenêtre.

vallon de la fenêtre

LE VALLON DE LA FENÊTRE – 1,5 km

Trouver le départ du sentier vers le Vallon de la Fenêtre n’est pas évident. De ce que j’ai pu voir sur le terrain, il semblerait que l’itinéraire ait été dé-balisé. Raison pour laquelle son entrée a été « masquée » et que les anciennes traces de peinture marron ont, elles aussi, été effacées sur les premiers mètres du chemin. Ouvrez l’œil et guettez le passage sous un bosquet d’arbres (le seul que traverse le sentier) : c’est immédiatement derrière, à droite [GPS : 43.21962 , 5.467957]. Il faut sortir du sentier, longer la haie d’arbres à travers les cailloux et, ainsi, rejoindre plus en-dessous une trace plus nette qui infléchit à droite et va, progressivement, s’engager dans le haut du Vallon de la Fenêtre (cf. photo topo plus bas). Rapidement des pans rocheux plus hauts viennent encadrer celle-ci en marquant plus fortement le thalweg dans lequel la sente avance. Plus possible de se tromper à partir de là. D’autant que des marques marron propres refont surface ici et là.

Le très gros morceau de cet itinéraire. Le Vallon de la Fenêtre est un must à découvrir absolument dans les Calanques. Entre Verdon et Dolomites, son décor vertigineux ne vous laissera pas de marbre !

Les murs rocheux, à hauteur d’épaule au début de l’itinéraire, font maintenant la taille de petits immeubles. Aux alentours de 400 mètres d’altitude, on a littéralement changé d’échelle et de décor. Le thalweg s’écroule dans un défilé de roche qui fait ressembler les Calanques au Verdon. Du promontoire d’où se découvre cet incroyable paysage s’aperçoit, bien plus bas, le minuscule sentier qui s’engage entre ces géants de calcaire. Le Vallon de la Fenêtre se taille ici un passage étroit et spectaculaire qui offre au randonneur amateur d’itinéraires oubliés et aventureux un cadre remarquable et inattendu. Un grand cône d’éboulis nous fait dégringoler jusqu’au défilé où s’ouvre la porte de sortie de ce vallon. Un trou dans la falaise, repéré sur la droite, me rappelle le Tafunatu de Corse. Et les falaises de continuer à démesurément s’allonger autour de nous. Vertigineux.

vallon de la fenêtre

vallon de la fenêtre

vallon de la fenêtre

J’évoquais le Verdon précédemment. Ce sont aussi les Dolomites qui me viennent à l’esprit. Ces Calanques sont dingues. Un véritable trésor national. De l’authentique montagne, escarpée, engagée par moments dont les pieds baignent dans le bleu azur de la Méditerranée. Un mariage fou qui fait de tout le Parc un sanctuaire de nature. En traversant ce vallon, rendu presque secret par son dé-balisage, on a le sentiment d’être privilégié. La vigilance reste cependant de mise avant l’exaltation : la sente sait se faire scabreuse par endroits. Plus loin c’est l’ouverture et le retour à la lumière. Le vallon prend de l’espace, prolongeant loin et haut un dernier rempart qu’il clôture par un ultime cône pointu. C’est un décor merveilleux et une progression géniale. Je suis juste enchanté d’avoir découvert cet endroit. Plus bas les choses se tassent, les falaises repassent loin au-dessus. Une bifurcation survient [GPS : 43.216547 , 5.479533]. C’est la fin du vallon.

LE CIRQUE DES PÉLETINS – 1,5 km, 165m D+

Les Pyrénées ont Gavarnie, l’Hérault a Navacelles. Les Calanques ont le cirque des Pételins. Austère mais somptueux, ce petit – restons modeste par rapport aux précédents sites – amphithéâtre déploie un bel assemblage de falaises calcaire au gris lumineux autour des silhouettes de randonneurs modèles réduits. Dans le patois local, le pételin était une plante de la famille des pistachiers térébinthes. On suppose que cette essence, familière du bassin méditerranéen et destinée à produire la térébenthine, y était présente et y a été exploitée. Aujourd’hui la seule exploitation possible du site se fait par la marche. Un sentier y est tracé tout du long qui permet d’en réaliser le tour complet. Nous verrons, au final, qu’une seule partie en est vraiment recommandable.

cirque des pételins

Depuis le col – sans nom – atteint après la montée, courte mais raide, depuis le Vallon de la Fenêtre, nous nous engageons sur le chemin dessiné en versant ouest du cirque des Pételins. La progression vers la base des falaises révèle un panorama minéral plein cadre extraordinaire. La trace, claire et nette, se suit facilement et sans hésitation. Du moins jusqu’à une sorte d’intersection dans un creux du vallon, au point coté 245 sur l’IGN. Ici un lacet bien marqué renvoie la trace à droite vers le point (7) et le Vallon des Rampes. À gauche, une sente moins claire poursuit vers le fond du vallon, via un thalweg embrouillé. Nous la suivons jusqu’à une coulée de pierres à main droite dans laquelle on devine sa suite probable [GPS : 43.221243 , 5.479699]. C’est en effet par là qu’il faut monter, la solution de poursuivre par le thalweg conformément à l’IGN se perdant dans une impasse fouillis quelques mètres plus loin.

Très bel endroit que ce Cirque des Pételins. Avec une préférence pour une progression sur le sentier est plutôt que ouest. Une belle ambiance, entre la Provence et le western.

La montée dans ce toboggan de caillasses n’a rien d’exceptionnelle. C’est raide, ça glisse, ça n’a rien d’amusant et il est même permis d’hésiter quant à l’itinéraire à suivre pour rejoindre un vrai chemin, bien plus haut. La trace a, en effet, une fâcheuse tendance à s’évanouir, laissant le marcheur désemparé et indécis sur la direction à prendre. Mon conseil : en cas de doute, visez le pied de cette grande avancée en pointe qui s’impose, à portée de main, dans le fond du cirque (cf. photo topo plus bas). C’est là qu’on retrouve une trace digne de ce nom qui impose un nouvel effort pour grimper de cinquante mètres supplémentaires et rejoindre, soulagé, le sentier bien mieux tracé qui parcourt le flanc oriental du cirque des Pételins et que je vous recommande de plutôt choisir pour arriver ici. Pour ce faire, depuis le point coté 245 évoqué plus haut, revenez au point (7) puis, dans le lacet atteint précédemment depuis le point (6), continuer à gauche par le cirque. Gardez l’option décrite dans cet article plutôt pour une descente par le cirque.

cirque des pételins

cirque des pételins

Le haut et le fond du cirque des Pételins sont désormais rejoints. Les deux sentiers bouclent ici au pied d’une petite barrière rocheuse qui s’escalade facilement et qui dessert la trace de sortie des Pételins (photo ci-dessus). Derniers lacets, derniers regards sur ce cirque à découvrir absolument. Une bourrasque agite nos vestes laissées ouvertes pendant l’effort d’ascension. La Crête de l’Estret est là, signant la fin des difficultés. En l’empruntant par la droite et en suivant le balisage jaune, on retourne ainsi au col de la Gardiole en profitant, une dernière fois, de belles vues dégagées sur le Cap Canaille et le littoral varois qui s’étend au-delà. Du col, il suffira de suivre, en sens inverse, l’itinéraire rouge de l’aller pour revenir au parking de la route de la Gineste (3,25 km au total et 40m de D+). Fin d’une belle aventure qu’on aurait aimé coupler avec les falaises du Devenson. Une autre histoire, un autre timing. À vous raconter une autre fois.

ACCÈS AU COL DE LA GINESTE

Depuis Marseille

Les Marseillais connaissent bien l’accès à la route du col de la Gineste. Depuis le rond-point de Mazargues et son obélisque, à l’extrémité du boulevard Michelet qui se déroule depuis le Vélodrome et le rond-point du Prado, il faut suivre la D559 et la direction Cassis, le Redon et Luminy. En continuant tout droit, on quitte Marseille en direction de Cassis via le Col de la Gineste. Dépasser le col, entamer la descente vers Cassis et, juste avant l’intersection avec l’entrée du camp de Carpiagne, se stationner à droite de la route, sur le semblant de parking qui y a été créé.

Depuis Cassis

Pour rejoindre Cassis, vous arriverez nécessairement de l’A50 depuis Toulon ou depuis Aubagne (pour celles et ceux qui arrivent d’encore plus haut : Nice, Aix et, au-delà l’A7 et/ou l’A9) et vous prendrez la sortie 8 « Cassis ». Une longue descente vous conduira aux portes de Cassis et à un rond-point. Suivre la direction Marseille, Aubagne par la D559 et rejoindre le prochain rond-point. À celui-ci, prendre à gauche, la 2ème sortie indiquant Marseille par la Gineste. Monter jusqu’à l’entrée du camp de Carpiagne et, avec prudence, couper la route pour atteindre le parking, de l’autre côté à gauche.

cirque des pételins

CIRQUE DES PÉTELINS & VALLON DE LA FENÊTRE : LE TOPO

Depuis le parking, suivre la route de la Gardiole jusqu’au virage à angle droit à droite (1). Passer les pierres à gauche et repérer les marques rouges qui s’échappent à travers les buissons et dégringolent, plus loin, dans le Vallon de Chalabran où on rejoint la route.

La suivre, passer une sorte de portail et, dans un virage à droite, la quitter pour un raccourci à gauche (2) où apparaît une croix rouge. On rejoint plus haut le chemin balisé (vert/rouge) qui lui-même rejoint et coupe plusieurs fois la route jusqu’au col de la Gardiole (3).

Laisser les pistes qui partent vers En Vau et la Fontasse et traverser le grand parking vers l’ouest. Une barrière DFCI et un balisage jaune desservent la piste de la Crête de l’Estret : la suivre. Dépasser plus loin, à droite, une citerne DFCI et remonter jusqu’à une intersection (4).

Abandonner le balisage jaune et la piste et suivre un chemin à gauche (balisage marron). Dans le thalweg suivant, au débouché d’un petit bouquet d’arbres, repérer un chemin qui part à droite (5) signalé par un petit cairn et barré d’une croix marron. Suivre ce sentier à flanc jusqu’à l’entrée du Cirque des Pételins (6).

Descendre dans le cirque par un petit sentier moyennement visible et rejoindre, dans un lacet, celui montant vers l’extrémité du cirque. Ne pas monter mais descendre à gauche pour rejoindre le fond du vallon (7). Cairn.

cirque des pètelins

Tourner à gauche pour tourner le dos au cirque des Pételins et s’engager dans le Vallon des Rampes. Le suivre jusqu’à croiser une piste bien marquée (8). La prendre à droite et rejoindre l’épingle suivante. Y quitter la piste pour un petit sentier s’engageant dans la végétation (9).

Bien surveiller la petite ouverture et le sentier qui apparaissent plus loin à gauche, dans la végétation, et qui desservent l’accès au col de la Fenêtre. Monter et rejoindre le col (10).

Du col, suivre à droite le sentier Garrigue, balisé en bleu et qui remonte en direction de la Crête de l’Estret. Il croise un sentier – cairn – peu avant de l’atteindre (11). Le suivre à droite, à flanc et repérer le passage sous une voûte d’arbres (12). Juste à la sortie de celle-ci, quitter le chemin par la droite, longer la rangée d’arbres et rejoindre, dans cet axe, un ancien sentier orienté sud, puis sud-est, qui s’engage dans le Vallon de la Fenêtre.

Parcourir entièrement le vallon. Beaucoup plus bas, à sa sortie, atteindre une intersection dans la végétation (13) : suivre la branche de gauche et remonter jusqu’à un petit col. Continuer par le même sentier qui entre dans le Cirque des Pételins, d’abord à flanc puis qui descend dans le creux d’un vallon au point coté 245 (14).

Choix A : s’engager à droite, par le lacet, et rejoindre ainsi le point (7) et son cairn. Monter à gauche, dépasser la jonction venant de (6) et poursuivre en s’élevant vers le fond du cirque pour atteindre (15).

Choix B : s’engager à gauche en poursuivant dans le thalweg. Repérer une grande coulée de pierres à main droite et s’y engager (sente à peu près tracée dedans par le passage). Trouver un replat et partir à flanc dans de grands versants de pierriers. On semble venir buter dans un cul-de-sac plus tard. Descendre légèrement en biais pour passer à travers d’une rangée d’arbres et retrouver une trace derrière, dans un autre pierrier. Arrondir pour atteindre le pied d’un grand pilier bien marqué et grimper une nouvelle pente pierreuse. On rejoint un second replat qui poursuit ensuite à flanc et atteint le fond du vallon. Escalader le petit mur qui le défend sur deux mètres et poursuivre au-dessus par un chemin retrouvé jusqu’à la Crête de l’Estret et atteindre (15).

cirque des pételins

Pour le retour, suivre la crête à droite – balisage jaune – jusqu’au col de la Gardiole et y retrouver le balisage rouge et vert, emprunté à l’aller, qui ramène au parking de la route de la Gineste.

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

L’hiver, le printemps et l’automne sont les meilleures saisons pour profiter de cet itinéraire. L’été, du fait des risques incendie, l’accès au massif est réglementé par arrêté préfectoral entre le 1er juin et le 30 septembre. L’état est actualisé chaque jour à 18h sur le site de la Préfecture des Bouches-du-Rhône. Une couleur allant de vert à rouge signale le degré de restriction.

Les Calanques ne sont pas spécialement connues pour leur richesse en eau de source. Comme il peut y faire vite chaud, il est prudent d’y venir avec suffisamment d’eau potable. Et, puisqu’on parle chaleur et soleil, n’oubliez ni la casquette (ou le chapeau), ni les lunettes, ni la crème solaire selon la température du moment. L’hiver, le mercure se fait plus doux mais le mistral peut souffler fort et, à l’inverse, vous faire regretter de ne pas avoir emporté de vêtements suffisamment chauds. Le Cirque des Pételins est plutôt bien abrité pour sa part.

cirque des pételins

Comme signalé dans l’article, il semble que des moyens aient été mis pour dé-baliser le Vallon de la Fenêtre et étouffer un excès de communication sur lui. C’est le cas d’autres itinéraires dans les Calanques, comme l’Oeil de Verre par exemple. L’idée générale, derrière ces manoeuvres, est d’éviter le passage de randonneur/ses insuffisamment préparés ou équipés dans ces secteurs non entretenus où l’accident reste possible. L’érosion reste forte dans ces lieux. Je pense, notamment, à un petit passage en corniche, bref et assez étroit, qui pourrait s’effondrer un jour ou l’autre. Ne vous engagez dans cet itinéraire que si vous avez le pied sûr et une expérience suffisante de ce genre de terrain un peu accidenté.

La boucle présentée ici est de difficulté moyenne. Elle est assez longue et peut être raccourcie entre (7) et (14) ou entre (10) et (13). Avec un dénivelé de 700 mètres qui peut s’avérer cassant car découpé en plusieurs segments, elle reste pas mal sportive. Les chemins sont propres et faciles à suivre, exceptés celui du Vallon de la Fenêtre, plus escarpé et technique entre (12) et (13), avec de petits passages rocheux très brefs et pas franchement compliqués. Le Cirque des Pételins est fastidieux à remonter entre (14) et (15) si vous optez pour le choix B du topo.

vallon de la fenêtre

AVIS PERSONNEL

J’ai complètement fondu d’enthousiasme pour cet itinéraire ! J’ai vraiment eu l’impression d’avoir déniché une petite pépite méconnue des Calanques. Le Vallon de la Fenêtre m’a bluffé par son ambiance et ses parois vertigineuses. On est en Provence et on se croit en montagne, en mode alpin. L’isolement du lieu sublime la sensation. Je suis réellement content de l’avoir parcouru. Je ne m’attendais pas à ce décor épique en examinant la carte IGN. Cet endroit rentre illico dans la liste de mes endroits favoris des Calanques.

Quant au Cirque des Pételins, même impression. On a eu la chance de l’admirer dans des conditions météo exceptionnelles et les photos, je pense, en témoignent. La vue depuis le point (6) est superbe en matinée, quand le soleil est encore un peu derrière et arrose de lumière les falaises du cirque. C’est le meilleur endroit pour prendre la mesure du lieu. Je pense que le sentier qui le dessert côté est reste la meilleure option pour le parcourir. On a été un peu déçu par la piètre qualité de son homologue côté ouest.

Le reste de l’itinéraire, en marge de ces deux temps forts, ne déçoit pas. Qu’il s’agisse du côté plaisant des sentiers ou des vues constamment dégagées sur le littoral – notamment le Cap Canaille – on se régale presque en permanence. Et les amateurs de solitude seront comblés : à part tomber sur un club de rando, il ne faut pas s’attendre à croiser grand-monde par ici. Dommage qu’on ne puisse pas gratter un peu de temps sur la boucle en stationnant au col de la Gardiole, comme avant. Cela permettrait d’en faire davantage. En dépit de ce – léger – inconvénient, c’est une randonnée grandiose que je recommande à 200% !

Calanques

HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Hôtel du Joli Bois (non testé)

J’aime bien les adresses situées à deux pas des itinéraires de randonnée présentés dans les articles. Le Joli Bois entre dans cette catégorie, joliment situé à 1 km du départ de notre circuit vers le cirque des Pételins ! On peut même y aller à pied après le petit-déjeuner, dites ! L’adresse présente bien avec des chambres double à familiale et une formule table d’hôtes histoire de reprendre des forces le soir après la rando. Comptez une petite centaine d’euros pour une nuit pour deux personnes. Contact : 04.30.30.32.41 ou 06.84.42.10.84 / Mail : hoteldujolibois@orange.fr

AUTRES ITINÉRAIRES AU DÉPART DE LA GINESTE

Boucle Port-Pin, Port-Miou, En Vau par le Pas des Marmots
Le Ravin de Gorgue Longue
Le Vallon de Chalabran

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