Aqueduc de Roquefavour : le Pont du Gard aixois

La Provence dispose d’un réseau de canaux, actifs ou inactifs, assez dense. Ces vestiges du passé, révélateurs de la nécessité d’acheminer l’eau dans des villes souvent alors frappées par la sécheresse et la pénurie d’eau, peuvent encore aujourd’hui être contemplés par le randonneur amateur de patrimoine et d’histoire locale. L’aqueduc de Roquefavour est l’un de ces chefs-d’œuvre, bâtis au 19ème siècle et aujourd’hui encore fièrement dressé en travers de la vallée de l’Arc. Une randonnée courte et facile permet de l’admirer. En voici un descriptif, assorti d’un petit historique.

Difficulté : facile| Longueur : 4km | Durée : 1h | Dénivelé : 130m

Après avoir laissé la voiture sur l’aire de stationnement réservée – et improvisée – on s’engage sur la piste forestière qui démarre au-delà d’une barrière. Celle-ci arrondit rapidement en s’élevant à travers une lumineuse pinède. Un endroit fort agréable, précisons au passage. Un carrefour de chemins se matérialise assez vite par la suite. Il faut poursuivre par le chemin, large et évident, qui part à droite, rectiligne et en ascendance légère, sous le couvert des pins. On suit en fait le sud, pour traverser le faîte de la colline et rejoindre un nouveau carrefour – et aussi une nouvelle barrière – qui dessert le Camp Marius. Les plus pressés continueront par le chemin qui s’ouvre après la barrière. Pour ma part, j’ai opté pour la piste de gauche, qui permet de rendre visite au Canal de Marseille.

Camp Marius, Canal de Marseille, aqueduc de Roquefavour : un concentré d’Histoire et de patrimoine réunis en une seule petite promenade. Qui dit mieux pour une après-midi détente autour d’Aix-en-Provence ?

Dans le prochain lacet, quelques mètres en-dessous, on la quitte par la droite par un petit chemin qui va d’abord longer le canal avant de s’élever à travers une végétation arbustive vers le Camp Marius. L’occasion d’approcher ce fameux canal, long de 80 kilomètres en tout, qui prend sa source au niveau de la Durance, dans le Vaucluse, juste en-dessous de Pertuis, et traverse 36 communes avant de rejoindre la grande ville phocéenne. Un sacré ouvrage, dont la construction fut entreprise au 19ème siècle pour lutter contre les problèmes de sécheresse et de pénurie d’eau de la Provence. Il fut mis en service en novembre 1849. Le Camp Marius, en revanche, ne paye pas de mine et se résume à quelques murs en ruines qui ne dépassent pas de la végétation, témoins muets de l’occupation de cet ancien oppidum de 6 ha vers 102 ans avant J-C. Un réseau de chemins non balisés mais logiques mènent droite à l’immense belvédère ouvrant sur la vallée de l’Arc et, évidemment, sur l’aqueduc de Roquevafour.

Après la vue aérienne, une autre perspective sur cet ouvrage majeur de la Provence (crédit photo : Wikipédia)

C’est un peu le Pont du Gard local Roquefavour. Côté proportions, il n’a rien à envier à son homologue gardois : 82 mètres de haut, presque 400 de long. La vérité est qu’il est plus grand et plus haut que celui-ci. Alors pourquoi ne lui vole-t-il pas la vedette ? Tout simplement car il n’est pas l’oeuvre des romains et n’est donc pas aussi vieux. Il est même assez jeune puisqu’il est contemporain à la création du canal de Marseille. Les travaux débutent en 1841 mais c’est seulement à partir du 16 avril 1842 que l’ingénieur des Ponts et Chaussées, Frantz de Montricher, qui était l’auteur du projet, prend la direction des travaux. L’aqueduc sera terminé en juin 1847 et l’eau de la Durance coulera pour la première fois le 30 juin de la même année sur l’aqueduc. A ce jour, l’ouvrage est toujours en service. Il se compose de trois rangs d’arcades : un premier composé de 12 arches de 15 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 34,10 mètres, un second rang composé de 15 arches de 16 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 37,60 mètres et, enfin, un dernier composé de 53 arches de 5 mètres d’ouverture pour une hauteur totale de 10,95 mètres.

Vue d’ensemble de l’édifice, tel que le randonneur le découvre au niveau du belvédère attenant. (crédit photo : Wikipédia)

Il est possible de continuer à suivre le bord de la belle falaise qui domine la vallée. En suivant son contour, on débusque un chemin qui, après une rapide descente, arrondit à l’entrée d’un espace de plantation. On suit celui-ci en se tenant bien à droite, par un bon chemin bien marqué. On rejoint ainsi une piste DFCI qu’on descend à gauche. Assez rapidement, on repère un chemin qui part à droite, à travers les arbres, et qui remonte la colline. Il suit une courbe à droite et rejoint la zone sommitale, à 206 mètres d’altitude, où on retrouve l’itinéraire de l’aller qu’on suit en sens inverse jusqu’à l’aire de stationnement. Une petite baladounette bien tranquille, avec un beau patrimoine à découvrir, le tout agrémenté d’une très belle vue sur cette partie de la Provence Aixoise.

INFOS PRATIQUES

Carte : IGN TOP25 1/25000è 3143ET Aix-en-Provence, Vitrolles, Lambesc
Accès : depuis Aix-en-Provence, prendre la direction de l’A8 après Jas-du-Bouffan. Au lieu de prendre l’autoroute, continuer tout droit par la D64, direction Ventabren. La route en soi est déjà très belle lorsqu’elle approche de l’aqueduc. Après le passage sous la voie ferrée, tourner à droite pour passer sous l’aqueduc. Juste après, tourner à droite par la D64, en direction de Ventabren. A la sortie de la partie boisée, surveiller à droite une petite route qui dessert quelques habitations. La prendre, dépasser les accès aux habitations, s’engager dans la pinède et trouver un parking sommaire, à gauche, juste avant une barrière. Ne pas franchir la barrière, même si elle est ouverte (arrêté d’interdiction de circuler).

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