Crêt des Roches : le Site qui frappe Naturellement Crêt Crêt Fort

Le Crêt des Roches c’est la promesse d’un rendez-vous avec des panoramas exaltants dans le cadre surprenant d’une ancienne batterie militaire réhabilitée. Un argument qui, à lui seul, justifie le déplacement jusqu’à Pont-de-Roide afin de s’attaquer à ce circuit de randonnée à la difficulté modérée qui conduit dans les anciennes galeries et casemates de la Batterie des Roches. Depuis 2009, ce site historique qui sert d’escabeau aux visiteurs pour promener leurs regards sur l’éclatante vallée du Doubs se double d’un site classé en Réserve Naturelle Régionale. Les curieux/ses de Nature auront à cœur d’y côtoyer une biodiversité très spécifique aux pelouses galopant sur ce milieu de corniches esthétiques qui s’étend sur 43 hectares et plusieurs kilomètres de linéaire. Cette découverte peut se faire sous forme de balade ou de randonnée à la journée. C’est la version que j’ai choisi et que je vous présente dans ce nouvel article.

Difficulté : moyen | Distance : 10 km | Dénivelé : 420 m | Durée : 3h30 | Chiens admis : oui (tenus en laisse dans la Réserve) | Carte : IGN TOP 25 1/25000è 3622OT Montbéliard, Vallée du Doubs

BIENVENUE À PONT-DE-ROIDE !

À moins de 20 kilomètres au sud de Montbéliard, la ville de Pont-de-Roide se dévoile, étreignant le Doubs avec vigueur lorsque celui-ci est rejoint par la Ranceuse, d’un côté, et le Roide, de l’autre. Le pont en question c’est le cœur de cette ville de 4000 habitants, celui qui relie les Rudipontains à leur histoire et à leur passé. Car si Pont-de-Roide ne renvoie pas forcément de signes extérieurs de richesse patrimoniale, il peut cependant revendiquer avec fierté une présence humaine remontant au Néolithique. C’était du côté de l’abri sous roche de Rochedane, là où aujourd’hui se tient la plage de Pont-de-Roide.

Le point de départ de cette randonnée c’est Pont-de-Roide, petite satellite de l’agglomération de Montbéliard dont la discrétion au cours de l’Histoire ne l’empêche nullement de jouir d’un passé singulier

Depuis, Pont-de-Roide mène discrètement sa barque dans les remous de l’Histoire, traversant l’époque gallo-romaine d’abord, puis féodale sous l’égide des seigneurs de Neuchâtel. La vocation commerciale de la ville s’affirme dès lors, notamment à travers celui du sel, source d’importants revenus jusqu’en 1630. À la fin du 18ème siècle, Pont-de-Roide prend de l’ampleur : on y vient pour travailler et pour vivre. Mais c’est en 1842 que le tournant de l’Histoire se négocie pour la commune, devenue chef de lieu de canton depuis 1790.

Pont-de-Roide aujourd’hui, traversé par le Doubs et joliment intégré au paysage

Nous sommes en 1843 et la famille Peugeot est autorisée à recycler deux anciens moulins en fabrique de « grosse quincaillerie ». C’est le coup d’envoi de 170 ans d’aventure industrielle, en association avec un clan de sidérurgistes stéphanois, les Jackson, qui vont littéralement transformer le visage et le tissu social et économique de Pont-de-Roide. Ici pas de chaînes de production de voitures, mais de la fabrication d’outillage et de pièces pour l’automobile, ainsi que des articles inattendus : moulins à café, baleines de parapluie, outils agricoles…

La conquête Peugeot s’est étendue jusqu’à Pont-de-Roide où jusqu’à 900 références de pièces en marge de l’automobile sont sorties des usines en 1855.

Une aventure qui perdure encore aujourd’hui où le visage du Pont-du-Roide moderne côtoie encore l’ancien. Et, planté solidement sur le Doubs, le pont continue d’officier comme jalon historique et comme passerelle entre les époques. La rivière continuant de battre le pied des maisons bâties à quelques centimètres de son cours. C’est ainsi que nous découvrons Pont-de-Roide après avoir garé notre voiture sur la petite esplanade en contrebas de la Maison pour Tous et de l’Office de Tourisme.

Sur la droite du Doubs, on aperçoit nettement la large esplanade qui jouxte le parking du départ de la randonnée

On tourne rapidement le dos au Doubs pour traverser tout aussi rapidement la départementale entrant dans Pont-de-Roide. Nos balises nous attendent de l’autre côté, partant à l’assaut de la rue du Temple, en référence à l’Église Protestante située dans la même rue depuis 1854. Une trouée verte invite à s’échapper momentanément de l’urbain pour rejoindre l’étage supérieur au niveau de la rue de la Chapelle.

Ici les habitations sont restées en contrebas et la ligne grise de la route s’appuie sur l’orée d’une forêt dans laquelle les balises ne tardent pas à s’engager.

Des balises rouge et blanc qui rappellent qu’on est ici dans le premier élan de la Grande Traversée du Jura – démarrée un peu plus tôt à Mandeure – et du GR®509. Encore des souvenirs pour Olivier et moi qui avions tourné, sur cet itinéraire, un épisode de la 4ème saison de Mon GR® Préféré entre Chapelle-des-Bois et Lélex.

Premiers pas en sous-bois, peu de temps après avoir quitté Pont-de-Roide

Le sous-bois nous engloutit dans le vert intensément lumineux d’un printemps encore timide. La marche s’y révèle agréable et déjà immersive. Après les averses de la veille, la végétation déperle d’humidité et le soleil pourtant franc du jour peine à sécher la boue du sillon étroit qui nous sert de sentier. Ici et là, les hampes fragiles d’Ancolies ploient sous le poids de leurs délicates têtes mauves caractéristiques. Une petite brise s’insinue entre les feuillages de jeunes hêtres en rafraîchissant l’ambiance printanière farouche.

On a encore un peu de mal à se débarrasser de nos polaires aujourd’hui mais l’effort de la montée incite à tomber les couches de vêtements superflues.

Le sentier s’est maintenant engagé dans un boyau végétal étroit barré de part et d’autres par des rangées serrées de hêtres encore jeunes. C’est déjà la dernière portion de chemin avant de récupérer la route montant au Fort des Roches depuis Pont-de-Roide. On s’est déjà presque élevé de 200 mètres d’altitude lorsqu’on amorce l’arrondi s’enroulant autour de la longue épaule descendant plein nord depuis le site militaire.

Le premier petit belvédère sur Pont-de-Roide, depuis la route s’élevant vers la Batterie des Roches

Un petit belvédère aménagé, signalé à gauche de la route, nous permet un peu plus haut d’embrasser la vision de Pont-de-Roide vu « du ciel » sans qu’il ait été nécessaire de faire appel au drone d’Olivier pour ça ! On y remarque très nettement comment le quartier des Fourneaux est venu grignoter sur l’ancienne commune de Vermondans jusqu’à ne plus en former qu’une seule et unique, par arrêté préfectoral, en 1973.

Comme ailleurs dans le Pays de Montbéliard, on apprécie ici la façon dont les reliefs boisés viennent épouser en douceur les frontières de la ville, créant ainsi un horizon de nature au sein duquel s’adapte avec une réelle cohérence l’agglomération, en dépit d’infrastructures industrielles bien visibles.

Plus haut, un panneau signale notre entrée dans la Réserve Naturelle du Crêt des Roches, espace préservé dont j’aurai l’occasion de reparler un peu plus tard. Puis, précédant les futurs panoramas depuis le Fort, de petits décrochés invitent à quitter la route pour profiter de points de vue plus larges que précédemment depuis le haut de rochers encore modestes.

Les tout premiers points de vue naturels tandis que l’altitude grimpe. Le Crêt des Roches n’est plus très loin.

C’est la première vraie rencontre avec les Montages du Lomont – dont on aperçoit le parc éolien – de l’autre côté de la vallée du Doubs. De petits raccourcis taillés entre les arbres permettent d’esquiver d’inutiles lacets de la route et de couper court pour atteindre finalement l’entrée du Fort des Roches, premier gros temps fort de cette journée de randonnée autour de Pont-de-Roide.

Emprunté par le GR® de Pays qui fait le Tour de Montbéliard, la ligne du Lomont fait partie de ces coins fameux du Pays de Montbéliard sur lesquels se percher pour profiter d’horizons – presque – sans limite sur le territoire.

La GTJ, le GR®509 et notre balisage jaune et bleu local s’écartent du site pour poursuivre leur chemin en direction de l’extrémité orientale de la Réserve. Il serait cependant absurde de passer simplement devant cet étonnant fort ouvert au public en boudant sa visite. D’autant plus qu’elle est gratuite. Avec, à la clé, des panoramas parmi les meilleurs sur Pont-de-Roide et le Doubs : ce serait assurément un véritable gâchis que de s’en priver !

Vue aérienne du site de la Batterie des Roches avec la vue, au-delà, sur Pont-de-Roide

Ouvrage militaire essentiel intégré à un dispositif plus large dédié à la défense du Lomont, la Batterie des Roches est perchée sur un escarpement rocheux à 615 mètres d’altitude. À partir de 1878 – année de fin de sa construction – seize pièces d’artillerie étaient tournées vers la vallée du Doubs. Canons et mortiers pointaient alors pour surveiller la route de Saint-Hippolyte à Vesoul ainsi que les plateaux d’Écob, d’Écurey et de Blamont. Elle empêchait également le contournement du Mont Bart par le sud.

Les amateurs/trices d’explorations urbaines vont êtres aux anges en s’aventurant dans les tunnels et les tranchées de la Batterie des Roches, croyez-moi sur parole !

Au plus fort de son occupation, la batterie des Roches abritait jusqu’à 246 hommes. Elle est désormais déserte, ouvrant en libre accès ses tunnels, tranchées et casernements aujourd’hui réhabilités par la municipalité de Pont-de-Roide. Un beau cadeau fait aux visiteurs et aux randonneurs de passage qui peuvent y profiter de panoramas spectaculaires ouvrant, certains jours, jusqu’au sommet du Ballon d’Alsace, distant d’environ 50 kilomètres.

Joli coup d’œil depuis la Batterie des Roches jusqu’à la ligne des Vosges tout au fond.

L’aspect paysager du fort contribue grandement à l’intérêt du lieu. Ici point d’insalubrité, de caveaux obscurs ou de chemins traversant encombrés de mauvaises herbes et de cailloux prompts à tordre nos chevilles. Le Fort des Roches est un exemple vibrant d’aménagement et de rénovation réussis. Parfaitement intégré à la Nature qui l’environne, l’ensemble militaire, avec ses toits propres de pelouse rase, semble avoir été végétalisé à escient.

L’entretien minutieux dont le site bénéficie lui confère une allure charmante et aérée qui garantit une découverte agréable. À l’excitation de la découverte se joint donc aussi le plaisir des yeux.

Des escaliers, répartis sur tout le site, donnent accès à ces drôles de toits arrondis et recouverts d’herbe depuis lesquels on profite d’une perspective différente sur ce lieu définitivement pacifié. Dans le prolongement le plus à l’ouest du site ont été aménagé un belvédère d’un côté et une table d’orientation de l’autre. Ne me demandez pas lequel vaut le plus le coup : pas de préférence et faites plutôt les deux !

L’ambiance dans les passages souterrains du circuit pédestre aménagé à l’intérieur de la Batterie des Roches.

C’est d’ici que les plus beaux points de vue sur Pont-de-Roide et le Doubs s’affichent. La présence de l’eau, comme chaque fois, apporte une douceur graphique supplémentaire à un paysage urbain sans agressivité et duquel émerge un certain naturel au travers d’un ensemble boisé agréable à l’œil. D’un seul regard il devient possible d’embrasser l’entière identité du site et de la Réserve Naturelle Régionale du Crêt des Roches à laquelle il est totalement intégré. Car le Crêt des Roches est aussi un sanctuaire.

Conjuguer l’attrait d’un site touristique à la protection d’un environnement fragile, c’est le défi relevé par la Réserve Naturelle Régionale du Crêt des Roches à laquelle est intégré le fort.

Au sommet de falaises de plus en plus massives au fur et à mesure que la ligne rocheuse s’élève vers l’Est, une végétation de pelouses se dévoile qui abrite des espèces florales fragiles et des insectes. Une action de protection contre le piétinement et la progression de la forêt est ici requise. Rien d’étonnant donc à ce que le tracé des sentiers balisés, une fois la Batterie des Roches visitée, s’éloigne ostensiblement du bord des falaises pour tirer en biais jusqu’à la Tour Carrée en évitant soigneusement la frontière de la Réserve.

Vue aérienne complète du site de la Réserve du Crêt des Roches et de son long linéraire s’achevant près de la Tour Carrée.

« La particularité de la Réserve c’est d’avoir un long linéaire de corniches qui surplombe la vallée du Doubs.« , nous explique Caroline Maffli, la Conservatrice de la Réserve. « On y retrouve des espèces végétales inféodées aux pelouses de corniche et de de milieux secs. Le respect de la réglementation de la Réserve, affiché sur les panneaux d’entrée, est donc capital. Parmi les règles essentiels celle de rester sur les sentiers tracés au sol et de ne strictement rien cueillir. » La tentation sera donc grande d’aller fureter du côté des falaises, au-delà du fort, et de pousser jusqu’à la limite autorisée pour la pratique de l’escalade.

Côtoyer le bord des falaises du Crêt des Roches, c’est la promesse de superbes points de vue pour quelques dizaines de mètres de plus. À n’entreprendre que dans le respect le plus extrême du milieu traversé.

S’engager sur le chemin des falaises exigera une vigilance de chaque instant pour soigneusement éviter les spécimens floraux appartenant aux 330 espèces inventoriées sur les 43 hectares de la Réserve. Sous vos pieds s’ouvrira alors la grande combe du retour qui entaille le paysage entre les falaises du Crêt des Roches et la crête du Mont Écheroux, juste en face. Un lieu à la beauté fragile dont l’usage réclame une précaution extrême de la part de ses visiteurs/ses.

La forêt montant à l’assaut des falaises du Crêt des Roches et, au-dessus des falaises, les pelouses de corniches abritant les espèces protégées par la Réserve

La marche reprend loin des falaises, sur le sentier retrouvé de la GTJ et du GR®509. Nous y replongeons dans les sous-bois, éléments d’une mosaïque plus large d’habitats forestiers disséminés à travers le territoire de la Réserve Naturelle. Des hêtres d’âge moyen y crée des ambiances chatoyantes au milieu d’épicéas à l’allure plus rugueuse. Étiré en ligne droite, le chemin étroit s’élève consciencieusement en altitude jusqu’à franchir les 750 mètres en recoupant finalement la piste forestière reliant la Batterie des Roches à celui du Lomont, un peu plus loin.

C’est sur le chemin de la Tour Carrée qu’on fait une étonnante rencontre en la personne d’un randonneur itinérant qui nous désigne sans hésiter comme deux personnages ne lui étant pas inconnus !

« C’est vous !« , nous lance alors un trekkeur en nous identifiant nettement. Contre toute attente, ce joyeux marcheur barbu c’est l’animateur de la chaîne YouTube Absent du Bureau qui, présentement, vient juste de démarrer sa Grande Traversée du Jura après avoir été largement inspiré par notre épisode de Mon GR® Préféré de l’an passé. Une rencontre improbable et amicale, ici, au milieu des bois, qui fait plaisir à tout le monde. Un peu moins d’un an après, il est possible de découvrir la traversée du Jura d’Absent du Bureau en trois épisodes diffusés sur YouTube.

Rencontre sympathique et inattendue avec Absent du Bureau sur la route de la GTJ

Puis chacun reprend sa route avec enthousiasme. Notre boucle n’ira pas plus loin que la Tour Carrée, moins d’un demi kilomètre plus loin, là où la route forestière, franchissant une trouée, bascule sur l’autre versant de la longue crête boisée s’étirant entre La Roche Jella, à l’Est, et la Batterie des Roches, à l’ouest. La Tour Carrée, aujourd’hui dissimulée en retrait d’une pente broussailleuse, reste le symbole fort de la farouche résistance du Maquis du Lomont, âprement disputé lors d’une rude journée de bataille.

Le 22 août 1944. Une journée pour les héros et l’espoir ici, dans le Lomont, à laquelle un texte informatif rend hommage au passage du randonneur.

C’était le 22 août 1944 et les allemands, qui pensaient anéantir l’idée même de maquis dans le Lomont avant qu’elle puisse concrètement voir le jour, ne sont pas parvenus à tenir la position de la Tour Carrée malgré d’impressionnants moyens mis à disposition. Les arbres et le silence ont repris aujourd’hui possession de ces quatre murs de pierre de taille épaisse qu’aucune réhabilitation n’est venue dégager. La Tour Carrée, dans son isolement, semble vouloir oublier la violence des combats qui l’ont assiégée ce jour-là.

Le décor aéré de la hêtraie peu après la Tour Carrée

Le moment est venu de basculer en versant sud pour rejoindre le haut de ce long thalweg qui creuse sous le Crêt des Roches en direction du pied du Mont Julien, 300 mètres plus bas, et des maisons constituant le hameau du Chatey, à 2,5 km de là. Un passage que j’espérais très « Nature » mais qui va générer pas mal de déception. L’IGN me laissait espérer une intéressante descente forestière pour rester dans l’ambiance boisée qui imprègne cette randonnée depuis le départ de Pont-de-Roide. La réalité prend la forme d’une brutale saillie ouverte en force par un engin forestier. Après avoir éventré la forêt pour le passage d’une ligne électrique, il a laissé derrière lui deux larges et vilaines tranchées gadouilleuses.

La descente sous le Crêt des Roches s’avère être, dans la pratique, le dernier endroit où on a envie de voir passer un chemin de randonnée.

Un triste champ de batailles où le chaos des branches fracassées a remplacé les cadavres des soldats morts au combat et où les portiques sont des barbelés hostiles. L’itinéraire, pour couronner le tout, est jalonné par les silhouettes métalliques des pylônes électriques, improbables cairns qui assurent au marcheur des repères visuels fiables mais peu reluisants. C’est le moment décevant de la boucle, un ventre mou contestable et évitable : je vous dis comment dans le guide pratique plus bas.

La saignée peu reluisante tracée en mode sauvage sous la ligne électrique. Le moment un peu bof.

Fort heureusement, les choses s’améliorent en-dessous dès qu’une prairie printanière abondamment fleurie de myriades de renonculacées jaunes remplace le saccage des véhicules. Le randonneur se retrouve instantanément à sa place, en oubliant même la présence de la ligne électrique au-dessus de sa tête. Des cadres verdoyants et champêtres refont leur apparition, au-dessus desquels se dressent les falaises du Crêt des Roches où nous nous tenions une grosse heure plus tôt, renvoyant l’épisode précédent de désolation au rang de monnaie négligeable.

Le champ de ruines s’est transformé en agréable et apaisante allée verte qui adoucit rapidement les mœurs et fait baisser ma tension à un niveau plus acceptable.

J’en suis presque à vouloir oublier et pardonner ce choix improbable de trajectoire lorsque la trace vient brutalement s’interrompre devant un immense champ de boue ruiné par le piétinement des vaches. Un obstacle incontournable et pénible à franchir. Plus bas encore, une barrière inamovible nous contraint à une escalade imprévue. Rien qui ne facilite le passage du randonneur. La mention « passage privé » me faisant m’interroger sur la nature de la convention de passage qui a été signée avec le(s) propriétaire(s) de la parcelle traversée…

Et la partie déjà plus sympa en se laissant glisser à travers champs en direction du pied du Mont Julien

On n’est pas fâché de retrouver les Montbéliardes et une petite route bien dessinée en arrivant finalement au Chatey, du nom de l’empereur romain qui vint combattre les Barbares de 361 à 363. On y découvre une plaisante petite chapelle à l’intérieur de laquelle est abritée une pieta en bois polychrome du 14ème siècle. Je reste surpris – et disons-le un peu déçu – par le choix de ce retour clairement impropre au cheminement et qui ne trouve de légitimité que lors d’une courte – mais agréable au regard de l’ensemble – section de marche.

Je jette déjà un regard empreint de nostalgie vers les escarpements rocheux du Crêt des Roches qui émergent toujours au-dessus de la couverture verte des arbres. L’essentiel de l’itinéraire se passe effectivement là-haut et se devrait d’y rester.

C’est sur cette réflexion que je m’engage à la suite du groupe sur un petit chemin rattrapant le haut de la rue de Chatey qui rejoint à son tour rapidement le centre de Pont-de-Roide. Plutôt que les bords de la départementale, on opte pour pour le joli passage aménagé en rive gauche du Doubs qui permet de passer derrière l’école et de profiter une dernière fois du spectacle de la rivière. Un point final nécessaire pour effacer la petite déception du chemin du retour qui, dans tous les cas, ne remet pas en cause la valeur historique, paysagère et naturaliste de la balade au Crêt des Roches.

L’agréable promenade aménagée des bords de Doubs près de la Maison pour Tous de Pont-de-Roide

VENIR DANS LE PAYS DE MONTBÉLIARD

Montbéliard est bien desservie en voiture, notamment par l’A36, cette autoroute qui relie l’A6 – à Beaune – à l’A35 – à Mulhouse. Qu’on vienne du sud, comme moi, de l’ouest, de Strasbourg ou de Paris, il y a de grandes chances de converger vers celle-ci pour rejoindre Montbéliard. Le réseau routier, suffisamment dense dans l’agglomération, est ensuite largement recommandé pour rejoindre le départ des différentes randonnées.

Des TER et des TGV Inoui assurent également des liaisons quotidiennes entre Montbéliard, Strasbourg et Dijon pour celles et ceux qui préfèrent le train. C’est cette solution qu’on avait choisie pour venir depuis la Côte-d’Or où on faisait étape après un tournage dans la Nièvre. Une fois à Montbéliard, on avait loué une voiture chez France Cars pour toute la semaine, agence la plus économique par rapport à la concurrence.

Accès à Pont-de-Roide

Pour rejoindre Pont-de-Roide il faut quitter Montbéliard par le sud direction Courcelles, Voujeaucourt et Audincourt. Après avoir franchi le Doubs, au rond-point, en suivant A35. Avant le giratoire, se placer sur la voie de gauche pour suivre la D438 direction Courcelles, Voujeaucourt, Mandeure et Pont-de-Roide. Beaucoup plus tard, après avoir traversé Mathay et rejoint la D437, tourner à droite direction Pont-de-Roide. Une fois à Pont-de-Roide, franchir le pont et prendre à gauche par la D73. Peu après Lidl, repérer à droite une route à gauche qui descend en indiquant Maison du Tourisme et Gîte d’Accueil. Stationnement plus bas à droite, en face du Doubs.

En bus

Avec trois départs quotidiens du lundi au vendredi il est également possible de rejoindre Pont-de-Roide depuis Montbéliard (Acropole Quai n°8) en empruntant la ligne Mobigo LR206. Comptez 5 euros maximum. Horaires au 1er janvier 2022 disponibles ici.

La randonnée offre quasiment en permanence de très belles ouvertures sur le Lomont tout proche

LE CRÊT DES ROCHES : LE TOPO PAS À PAS

Si nécessaire, je possède la trace GPX de cette randonnée. Vous pouvez me la demander par mail en m’écrivant à l’adresse contact_at_carnetsderando.net

Depuis le parking, remonter en direction de la départementale, la traverser et emprunter en face la rue du Temple. Ne pas la suivre quand elle tourne à gauche et continuer dans l’impasse pour emprunter, au bout, un petit chemin qui monte et coupe la Rue de la Chapelle. La remonter à gauche et atteindre la Rue du Maquis.

La remonter à droite et repérer assez vite un chemin balisé rouge et blanc qui s’échappe à gauche dans la forêt (1) : le suivre. Il recoupe plus haut la route du Crêt des Roches. L’emprunter à gauche, dépasser le point de vue (2) et arrondir sur la route à droite pour monter en direction du fort. Panoramas naturels sur la droite. (3)

Dans un lacet à droite quitter la route pour couper droit à travers les bois. Recouper trois fois la route et poursuivre par celle-ci jusqu’au site de la Batterie des Roches (4). Après la visite du site qui mène jusqu’à la table d’orientation (5), revenir à ce point.

Au niveau du panneau de présentation du site, suivre le chemin de gauche qui part à travers bois et atteindre à nouveau le tracé du GR®/GTJ qu’on suit à droite. Avant le second virage en lacet, couper à gauche par les sous-bois. On coupe le chemin forestier une première fois, puis une seconde. Le traverser une fois de plus et poursuivre en face par un chemin rectiligne et en pente douce qui rejoint finalement la piste forestière. La suivre à gauche et atteindre les abords de la Tour Carré (panneau) (6).

Passer la brèche dans la crête puis quitter la large piste par la droite et un chemin qui arrondit autour d’une pessière jusqu’à panneau (7). Se mettre ensuite dans l’axe d’une ligne électrique en direction de Chatey. Suivre grossièrement le fond du thalweg, d’abord par une trouée évidente entre les résineux puis à travers une prairie plus ouverte. Atteindre finalement une barrière peu avant Chatey et rejoindre le petit hameau (8).

Tourner à gauche au niveau de la chapelle et, avant l’impasse, emprunter un chemin à droite qui descend pour finalement atteindre les hauteurs de la rue de Chatey. Descendre celle-ci jusqu’à Pont-de-Roide.

Une fois la route principale rejointe, continuer à droite vers le centre. Ne pas franchir le pont et continuer en face. Après avoir passé le magasin Lidl, suivre une petite route qui descend à gauche devant l’école du Château Herr. Rejoindre les quais du Doubs et, en les suivant à droite, gagner le parking du départ.

VARIANTE DE RETOUR

Si le site du Crêt des Roches et l’itinéraire entre Pont-de-Roide et la Tour Carrée présentent un réel intérêt pour la randonnée, il en est tout autrement – vous avez pu le lire – pour le retour. Du moins en l’état actuel des choses ; et j’aime à penser que mon commentaire à ce sujet – déjà évoqué avec le territoire lors de mon passage – permettra d’améliorer ce point. D’ici là – et mention en sera faite le cas échéant à l’occasion d’une mise à jour de l’article – voici l’alternative que je vous propose si vous souhaitez vous engager sur une boucle autour du Crêt des Roches. J’ai tracé ces alternatives en pointillés sur la cartographie ci-dessus.

Version Courte

Depuis le panneau d’entrée du site de la batterie, au lieu de partir à gauche comme précisé dans le topo, suivez le petit sentier qui part dans le bois à droite. Il vous conduira au niveau des falaises : le suivre en veillant à ne pas le quitter – vous êtes en effet dans la zone protégée de la Réserve – jusqu’à l’altitude 670 environ. De là, par les bois, rejoindre par un petit sentier le lacet du chemin forestier qui vous conduira à la Tour Carrée. Depuis la tour, revenir sur ses pas et suivre le GR® à droite pour rejoindre en sens inverse du topo l’entrée du site de la batterie.

Note : je ne propose pas dans cette variante de poursuivre intégralement jusqu’à la Tour Carrée. Ce sentier existe pourtant mais son usage ne respecte pas la réglementation de la Réserve aussi ai-je fait le choix de ne pas en faire mention ici.

Version Longue

Depuis la Tour Carrée, franchir la large brèche qui entaille la crête puis quitter le GR® pour continuer vers la source Éléonore en passant par un chemin arrondissant derrière une pessière. Au panneau suivre la direction Montècheroux. À la jonction du sentier avec un chemin plus large, suivre ce dernier à gauche pour rejoindre la route départementale -D121. L’emprunter à gauche pour gagner le Passage de la Douleur (possibilité de pousser à droite jusqu’au Fort du Lomont). Continuer un peu par la route et, juste après un virage à droite – et avant le monument signalé sur l’IGN, tourner à gauche par un sentier en forêt. Le suivre toujours tout droit jusqu’à rejoindre le GR®/GTJ au niveau de la Tour Carrée. Revenir vers la Batterie par ce tracé.

Le cheminement sur le bord des falaises : une très belle ligne à parcourir en veillant à ne pas quitter le sentier

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

Pas de réelle difficulté, physique ou technique, à prévoir sur cet itinéraire. La version la plus facile – pour celles et ceux qui veulent aller à l’essentiel – consiste à monter directement en voiture au parking de l’entrée de la Batterie des Roches et à faire le tour indiqué dans la version courte de la variante ci-dessus. Les autres ne devraient pas être inquiétés par la pente douce des moins de 500 mètres de dénivelé du tour complet.

Ma recommandation essentielle a forme de rappel de ce qui a déjà été dit dans l’article et tient en un seul mot : respect. Il y a, à mes yeux, une forme de contradiction entre la valorisation du site pour séduire le public et les impératifs de protection associés. Le respect de celui-ci et de la réglementation mise en place est donc capital pour garantir la pérennité de son libre accès. J’avais évoqué avec Caroline l’utilité et la pertinence que pourrait avoir un sentier aménagé avec un ou deux belvédères pour répondre à l’envie – légitime – des promeneurs de profiter du point de vue depuis les corniches. Celui-ci n’existant pour le moment pas, la seule conduite possible est de se tenir sur le chemin existant et d’éviter toute forme de piétinement sur les pelouses. Oui la tentation est grande de réaliser une photo de dingue pour Instagram ou Facebook sur ce site extraordinaire mais cela ne peut décemment être encouragé. Le comportement sur place du randonneur doit avoir valeur d’exemple.

Cette randonnée a été réalisée au printemps. Le printemps est une saison merveilleuse et je n’ai de cesse de le répéter sur Carnets de Rando. Il n’y a cependant aucune contre-indication particulière – au contraire – à la réaliser en été ou à l’automne.

Ambiances forestières printanières sur le chemin du Crêt des Roches qui suit le tracé de la Grande Traversée du Jura

LIENS UTILES

Mieux connaître la Réserve, sa réglementation et ses frontières me semble un pré-requis obligatoire avant de s’engager sur cet itinéraire. Voici donc le lien vers la page de la Réserve ainsi qu’un autre pour télécharger la plaquette de présentation.

Pour une présentation plus exhaustive de la Batterie des Roches, vous pourrez consulter le site web de la Fortification Séré de Rivières qui fait ça parfaitement.

Pour une approche globale de la destination, je vous mets également en lien le site de Pays de Montbéliard Tourisme qui vous permettra, en marge des reportages du blog, de découvrir l’identité et les possibilités offertes par le territoire.

HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Gîte d’Étape de la Maison pour Tous (non testé)

Juste au départ de la randonnée, associé à la Maison du Tourisme auprès de laquelle il est possible d’obtenir toutes les informations utiles, un gîte d’étape a été ouvert pour permettre l’accueil des randonneurs/ses sur la GTJ. 20 places en dortoirs sont ainsi disponibles avec mise à disposition d’un coin cuisine. Le tarif de la nuitée est de 10,50 euros. Qui dit mieux ? Infos et réservations auprès de Catherine Juillerart au 03.81.99.33.99 ou par mail : gite.pontderoide@wanadoo.fr

Remarque : les informations données dans ce reportage engagent uniquement la responsabilité de l’utilisateur/rice sur le terrain qui saura les adapter à son niveau et à son expérience. Carnets de Rando ne saurait être tenu responsable de tout accident survenant suite à un mauvais usage de ce topo ou à une mauvaise appréciation du niveau du/de la pratiquant(e) par rapport à celui requis.
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