Le Circuit des Fenestrettes

Centre névralgique du tourisme dans l’Hérault, Saint-Guilhem-le-Désert déploie ses charmes au-delà des murs de son charmant village. Des sentiers bien tracés s’élèvent au-dessus du Val de Gellone en partant à la conquête d’un paysage de falaises spectaculaires. Historique, insolite et fascinant, celui des Fenestrettes est sans aucun doute le petit bijou à s’offrir lors de sa visite. Du pied du Verdus jusqu’au sommet des murailles clôturant le Cirque de l’Infernet, c’est un festival de panoramas cinq étoiles qui attendent le randonneur. Un circuit en étages, à la beauté enthousiasmante, et dont le tracé s’adresse à – presque – tout public. Je vous y amène dans ce nouvel épisode de Carnets de Rando.

Difficulté : moyen | Longueur : 11km | Durée : 3h30 | Dénivelé : 500m

fenestrettes
Le Val de Gellone depuis le sentier des Fenestrettes. Un panorama qui donne juste envie de randonner !

[dropcap]P[/dropcap]etit matin de printemps à Saint-Guilhem-le-Désert. Le village commence doucement à s’animer sous un soleil retrouvé. Je m’en réserve la découverte pour plus tard et franchis les portes du Val de Gellonne, cette longue virgule verdoyante, tracée dans le fond du Cirque de l’Infernet et où le Verdus prend son élan depuis sa source du Bout du Monde. Encadré par le mur du Saut des Mazérages au nord et les falaises du Roc de la Bissonne au sud, l’endroit dénote une certaine envergure. Le sentier s’échappe par une trace étroite filant parmi les buis et prend rapidement de la hauteur pour aller flirter avec le pied des grandes murailles. L’ombre de ces hauts murs protège le marcheur du soleil qui, en plein été, foudroie littéralement les lieux. Je progresse ainsi en direction du fond du cirque où les zig-zag d’un cheminement improbable commencent à se dessiner dans la verticalité ambiante. A peine visible quelques dizaines de minutes auparavant, le sentier des Fenestrettes se révèle dans toute sa splendeur au moment où le sentier vient s’arrondir et cogner dans un repli minéral du cirque. Le randonneur se tient ici au pied d’un des plus grands temps forts de cet itinéraire.

Passerelle entre deux époques, les Fenestrettes s’abordent comme un héritage transmis par des générations de moines besogneux aux randonneurs modernes élevés jusqu’en ces lieux pour des motivations autrement plus contemporaines

[dropcap]S[/dropcap]outenu par des murs de pierre solides franchissant mètre après mètre l’obstacle rocheux, le chemin des Fenestrettes s’enroule en encorbellement autour du cirque de l’Infernet. Son revêtement caladé encore impeccable me propulse dans la mémoire de siècles passés, quand les moines de l’Abbaye de Gellonne en entreprenaient patiemment la construction afin de libérer le passage vers les étages supérieurs du lieu. Aujourd’hui ce sont les marcheurs ébahis qui récoltent toujours les fruits de ce patient et intense labeur. A la rigueur et aux contraintes exigées par une vie monastique d’isolement se sont substituées les besoins d’évasion et de nature d’une société de loisirs qui vient chercher en ces lieux le moyen de ralentir son rythme effréné. Deux époques, deux motivations opposées et, au milieu, un seul et même lieu, immuable. Je superpose ces tranches d’histoire dans mon esprit lorsque je prends pied sur la partie supérieure des Fenestrettes. Le Val de Gellonne s’ouvre, béant, face à moi et définitivement indifférent à ce que les hommes viennent y chercher pour affronter leurs existences.

Carré Fenestrettes 1

[dropcap]L[/dropcap]orsque le sentier bascule finalement, c’est pour tourner le dos au cirque et suivre le cours du Verdus, invisible parmi les chênes verts en contrebas. Point de repère massif, le Mont Saint-Baudille dresse sa masse imposante dans le prolongement du chemin. Les balises s’en détournent petit à petit, entreprenant patiemment d’escalader le versant forestier qui prolonge le val de Gellonne à l’ouest. Une ascension sans difficulté, qui débouche sur la piste DFCI reliant Saint-Jean-de-Fos à la Font du Griffe. Là-haut l’air circule à nouveau et l’espace se libère, délivré de la colonisation des chênes verts, cantonnés un peu plus bas. Le balisage jaune « PR » se récupère non loin pour permettre d’accéder à Max Nègre, un belvédère ouvrant le bal des panoramas. Cette seconde partie du circuit des Fenestrettes ouvre l’étage supérieur de l’Infernet au marcheur. De nouvelles perspectives s’y dévoilent qui dominent le chemin qu’on empruntait précédemment. La masse abrupte du Roc de la Bissonne fera probablement de l’oeil aux amateurs de points de vue vertigineux. Attention cependant, si l’accès est sans réelle difficulté – moyennant un minimum de sens de l’orientation – aucune sécurité n’y est présente pour parer à la glissade.

Après le Val de Gellone, Saint-Guilhem-le-Désert est la suite logique d’une journée de marche. La curiosité est de mise pour s’adonner à la déambulation dans les rues coquettes de ce bourg médiéval aux allures de perle languedocienne

[dropcap]R[/dropcap]etour à Saint-Guilhem par la Voie d’Arles – ou GR®653 – qui perd progressivement de l’altitude pour me ramener dans le fond du Val de Gellonne. L’animation dans le village bat son plein. Echoppes de souvenirs, terrasses ensoleillées, vieux murs fleuris et façades enchanteresses. Saint-Guilhem fait partie de ces endroits plébiscités par le tourisme pour son cachet et son patrimoine. On y flâne dans sa grande artère principale à l’ambiance médiévale, l’esprit languedocien en supplément. On y découvre et visite son abbaye, petite perle de l’art roman, son musée et son cloître. On y prend une pause méritée, après la randonnée, à l’ombre de son énorme platane, dressé au milieu de la place principale depuis 1855. Impossible de faire l’impasse sur la découverte de Saint-Guilhem, contemplé par les ruines du château du Géant, dont l’accès est malheureusement aujourd’hui interdit depuis 2001. En quittant les lieux, j’emporte avec moi les images d’un site incontournable et généreux en paysages grandioses, où bien des endroits m’ont semblé porter en eux la promesses de quelques nouvelles belles découvertes.

Carré Fenestrettes 2

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– INFOS PRATIQUES –

Carte : IGN TOP25 1/25000è 2642ET Saint-Guilhem-le-Désert
Accès : en voiture, Montpellier, par A9, sortie 31 « Montpellier-ouest ». Au rond-point, après le péage, suivre « Croix d’Argent, Hopitaux-Facultés ». Au suivant, prendre à gauche « Béziers, Sète, Millau ». Plus loin, tenir la droite, direction Millau. Au rond-point suivant, continuer tout droit. Plus loin, tenir la gauche, direction Millau. Rejoindre ainsi l’A750 et prendre la sortie 58 « Saint-Guilhem-le-Désert ». Suivre la D4 puis rejoindre Saint-Guilhem. Stationnement uniquement dans les parkings autorisés (payant). Alternative : il est également possible de se stationner au Pont du Diable et de profiter ainsi des navettes gratuites reliant la Maison du Grand Site au village de Saint-Guilhem. Plus d’infos ici
Topo : du parking, poursuivre vers le nord et l’entrée du Val de Gellone. Suivre le chemin « GR653-Circuit des Fenestrettes ». Au terminus de la partie goudronnée, s’engager sur le chemin de gauche, balisé jaune et interdit à la circulation (1). On rejoint une intersection au pied du grand pilier (2). Poursuivre à droite pour longer le pied des falaises et atteindre le passage des Fenestrettes (3). Après s’être enroulé autour des falaises et atteint le sommet du passage, le sentier oblique plein ouest, dans un vallon boisé où coule le Verdus en contrebas. Plus loin, à une nouvelle intersection, monter à gauche (4). Un chemin sinueux s’élève régulièrement jusqu’à la jonction avec une piste DFCI bien large (5). La suivre à gauche et continuer à monter. On atteint un replat sommital. Dans un coude de la piste bien marqué à droite (6), prendre un sentier à gauche qui rejoint le belvédère de Max Nègre. Le balisage jaune se poursuit ensuite à l’écart des falaises puis redescend dans les chênes jusqu’à son intersection avec le GR®653 (7). Tourner à gauche et entamer la descente par un chemin assez long tracé entre chênes et buis. On rejoint l’intersection au pied du pilier : prendre alors à droite pour revenir à Saint-Guilhem.

stguilhem_iti

Notes : le circuit des Fenestrettes brille par son accessibilité. Les marcheurs les moins endurcis peuvent déjà largement se contenter d’un aller-retour jusqu’au passage clé, toujours très large et rassurant. Les autres continueront pour la boucle complète, sportive mais pas trop. On trouve deux belvédères bien sécurisés. En revanche, l’aller-retour au Roc de la Bissonne n’est pas à recommander aux personnes peu habituées à quitter le sentier et, surtout, sujettes au vertige. Il n’apparaît dans le reportage que pour procurer des vues supplémentaires et différentes sur le cirque de l’Infernet. Le bord des falaises n’y est pas sécurisé et donc à éviter aux personnes peu à l’aise avec ce type d’environnement.

Les hébergements : je n’ai pas dormi sur Saint-Guilhem. Je n’ai donc pas d’adresse particulière à vous recommander. Ma dernière nuit en ces lieux remonte à… 1993 ! C’était dans le petit gîte du CAF. Autant dire que ça date et que les choses ont dû bien changer depuis ! En tout cas l’offre est large selon vos envies et vos budgets. Le mieux étant encore de prendre attache avec l’Office de Tourisme pour toutes vos questions.

Bibliographie : L’Hérault… à pied | C’est la 6ème édition du topo-guide officiel édité par la Fédération Française de Randonnée Pédestre. 69 itinéraires de Promenade & Randonnée y sont recensés pour approfondir votre découverte de l’Hérault, accompagnés de leurs cartes et de leurs explications.Prix indicatif : 15,20 € | Ref.D034

EN BREF

le circuit des Fenestrettes brille par son accessibilité. Les marcheurs les moins endurcis peuvent déjà largement se contenter d’un aller-retour jusqu’au passage clé, toujours très large et rassurant. Les autres continueront pour la boucle complète, sportive mais pas trop. On trouve deux belvédères bien sécurisés. En revanche, l’aller-retour au Roc de la Bissonne n’est pas à recommander aux personnes peu habituées à quitter le sentier et, surtout, sujettes au vertige. Il n’apparaît dans le reportage que pour procurer des vues supplémentaires et différentes sur le cirque de l’Infernet. Le bord des falaises n’y est pas sécurisé et donc à éviter aux personnes peu à l’aise avec ce type d’environnement.

by-nc-ndCe reportage Carnets de Rando, sous licence Creative Commons, est la propriété exclusive de Carnets de Rando. Son usage à des fins non commerciales est autorisé à condition de mentionner son appartenance au site www.carnetsderando.net. Pour toute autre utilisation, merci de me contacter.

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