Hauts Plateaux du Vercors : 7 jours à raquettes dans l’un des plus grands déserts d’altitude d’Europe

Le Vercors, ce vaisseau aux allures de forteresse qui sépare le Grésivaudan de la vallée du Rhône, exerce une puissante fascination sur le randonneur. Été comme hiver, ce massif sédimentaire des Pré-Alpes, à cheval sur la Drôme et l’Isère, déploie une panoplie d’itinéraires de tous niveaux qui confine à l’infini. L’endroit est particulièrement connu et apprécié pour ses parcours engagés et aériens, ses pas vertigineux, son légendaire Mont Aiguille et aussi – et beaucoup – pour ses Hauts Plateaux. Un nom duquel se dégage la promesse d’aventures épiques, comme s’il avait été extrait de la carte d’un pays imaginaire. Immensité ondulante et inhabitée, les Hauts Plateaux séduisent les amateurs d’isolement et d’horizons sans frontière. Quand la neige vient recouvrir ces étendues aux allures de désert d’altitude, raquettes et pulka deviennent les compagnons indispensables aux prétendant(e)s à l’errance. C’est précisément à cette expérience que Brieg, du blog Besoin d’Aventure, nous convie aujourd’hui dans cet article invité du blog.

Difficulté physique : moyen | Difficulté technique : difficile | Durée : 7 jours | Distance : 45km | Dénivelé : 1260 mètres

Le Vercors : un décor idéal pour l’aventure à raquettes

À l’origine, mon projet hivernal consistait à réaliser la Traversée du Jura à raquettes avec trois amis qui souhaitaient découvrir la randonnée et le bivouac en hiver. Nous avions prévu de louer deux pulkas* pour quatre personnes mais les conditions d’enneigement étaient malheureusement insuffisantes dans le Jura. Nous aurions été obligés de porter nos pulkas sur plusieurs kilomètres, ce qui est impossible. Nous avons donc changé nos plans à la dernière minute pour trouver un itinéraire complètement enneigé. Les Hauts plateaux du Vercors – que je connaissais déjà – dont l’altitude est plus haute que le Jura me sont donc apparus comme la meilleure option !

* pulka : Sorte de grosse luge que l’on traîne derrière soi pour stocker une grosse partie de son matériel et de son ravitaillement. Cela évite de porter un sac à dos de 25 kilos 😉.

Progression en douceur vers le col de Pison

INTRODUCTION

Le plateau du Vercors, parsemé de routes et de villages, se situe au Sud-Ouest de Grenoble. La réserve naturelle des Hauts plateaux du Vercors – où se déroule cette randonnée – se situe, quant à elle, à l’extrémité Sud-Est du massif, appuyée contre le Diois et le Trièves. Comme son nom l’indique cette zone est plus élevée que le reste du Vercors.  Vous y trouverez uniquement quelques cabanes ouvertes, non gardées. La civilisation n’est pourtant jamais très loin !

Les Hauts plateaux du Vercors sont un des plus grands espaces sauvages Français. Ici pas de route, pas de village, pas d’hébergement, pas de possibilité de ravitaillement.

Le rythme de la randonnée présentée dans cet article est très cool. On a vraiment pris notre temps. Mais attention : la vitesse de progression à raquettes – qui plus est avec des pulkas à traîner – est beaucoup plus lente qu’en randonnée estivale. Cette vitesse varie également beaucoup en fonction des conditions de neige. S’il vient de tomber 50 cm de neige fraîche et qu’il n’y a pas encore de trace, votre progression sera bien plus lente que si la neige a gelé et/ou que l’itinéraire a été tracé par les empreintes d’autres randonneurs…

Gardez bien à l’esprit que le bivouac hivernal demande du temps (1h30 à 2h00 pour se préparer le matin / 1h30 à 2h00 pour poser le camp le soir). Il faut, chaque soir :

– brosser la tente s’il y a du givre le matin,
– faire fondre la neige pour se fabriquer son eau (cela prend beaucoup de temps)
– et les journées sont plus courtes en hiver qu’en été… !

NB : En mode plus sportif et dans des conditions de neige facile, cet itinéraire peut être réalisé en 4 à 5 jours mais attention : la pulka ralentit bien la progression !

Le guide montre le chemin !

L’ITINÉRAIRE AU JOUR LE JOUR

Jour 1 : Col du Rousset – Cabane de Pré Peyret | 6 km | + 350 m | – 150 m

Départ du Parking du plateau de Beure situé juste au-dessus du col de Rousset. Au bout du parking, laissez la remontée mécanique et la piste de ski sur votre droite. Enfoncez-vous dans la forêt et prenez le premier chemin à droite 50 m plus loin. Le départ avec les pulkas bien chargées pour une semaine d’autonomie (matériel + vivres) est assez raide et met vite dans le bain. Après un bon 200 mètres de dénivelé positif en direction du Sud-Est vous arrivez sur le haut des pistes de la station du col du Rousset.

Puis l’itinéraire redescend légèrement vers l’Est et le pas des Econdus, remonte à nouveau de 100 m de dénivelé, puis redescend vers la cabane de Pré Peyret. Nous irons bivouaquer dans un endroit bien tranquille avec une superbe vue, un peu au-dessus de la cabane 😉. Cet itinéraire est assez fréquenté par des randonneurs à la journée et des personnes souhaitant dormir juste une nuit en cabane. Donc la trace est souvent faite sauf s’il vient de neiger. Attention : la cabane de Pré Peyret, victime de son succès, est souvent pleine à craquer. Une source se trouve à 100 m en contre-bas au Sud de la cabane. Elle était accessible lors de notre passage mais elle peut être recouverte selon l’enneigement…

Hauts Plateaux
Un bivouac de rêve en fin de première journée

Jour 2 : Cabane de Pré Peyret – Ruines de Jasse de la Ville | 6.2 km | + 140 m | – 130 m

Le premier objectif de cette étape est de rejoindre le col de Pison en suivant les falaises qui plongent vers la vallée de Die. La première partie vous paraîtra peut-être un peu paumatoire* s’il n’y a pas de trace. Mais vous serez aiguillé par les falaises, côté ouest, et la montagne de Peyre Rouge et la tête de Pison, côté est. Un peu avant le col de Pison vous passez une bifurcation (panneaux). Le chemin de droite descend vers la cabane de Pison. Continuez tout droit vers le Sud pour arriver au col. De l’autre côté le paysage se dégage franchement sur toute la partie sud des Hauts plateaux du Vercors.

Du col de Pison l’itinéraire redescend légèrement tout droit vers le Sud avant de bifurquer au Sud-Est pour contourner une bosse et rejoindre les Quatre Chemins de Jas Neuf. De ce carrefour – sur lequel il n’y a pas forcément de trace en plein hiver – notre itinéraire part vers le Sud-Ouest en direction des Ruines de Jasse de la Ville. Nous trouverons un endroit sympa pour le bivouac dans les environs des ruines. À ce sujet, évitez de bivouaquer juste à côté des ruines situées au pied de pentes un peu raides…

Option : Il est possible de faire un aller-retour vers la cabane de Chatillon au Sud de Glandasse (à faire sur 2 jours). Mais attention la montée de 300 m de dénivelé pour accéder au Glandasse n’est pas pulkable** (la pente de 30 à 35% est trop raide pour tirer les pulkas). Il faut donc cacher ses pulkas et partir sac à dos.

* paumatoire : zone ou l’orientation est difficile par manque de repère. Il est donc facile de s’y paumer.
** pulkable = Itinéraire accessible avec une pulka.

La route vers le sud en direction du Glandasse

Jour 3 : Ruines de Jasse de la Ville – Cabane de Chaumailloux | 4.9 km | + 70 m | – 50 m

Le vent a soufflé fort en rafales cette nuit. Au réveil, le plafond nuageux est bas et noir et il se met à neiger. Avec les températures douces, cette neige se transforme rapidement en pluie. Vu les conditions météo, nous décidons de renoncer à cacher les pulkas et à partir sac à dos pour un aller-retour de 2 jours vers la Cabane de Chatillon. Cette étape sera donc courte et très humide.

Direction le Nord-Est vers les Quatre Chemins de Jas Neuf. De là, nous bifurquons par une combe assez visible pour rejoindre la Bergerie du Jas Neuf, où nous faisons une petite pause à l’abri. Puis nous rejoignons la cabane de Chaumailloux face au magnifique Mont Aiguille. Cet itinéraire est quasiment plat dans son ensemble. Nous nous installons dans la cabane pour nous protéger de la pluie continue. Avec l’arrivée de quelques rayons de soleil nous passerons l’après-midi à construire un igloo avant que la pluie ne revienne sur les Hauts Plateaux !

L’eau de la rivière en contre bas de la cabane était accessible à notre passage (enneigement faible)

En direction de la cabane de Chaumailloux, sous la pluie

Jour 4 : Cabane de Chaumailloux – Cabane des Aiguillettes | 7.5 km | + 340 m | – 100 m

Démarrez plein Ouest sur 150 m puis bifurquez au Nord en haut de la montée. L’itinéraire n’est pas forcément facile à suivre s’il n’y a pas de trace : il se fraye un chemin entre des creux et des bosses pour passer au pied du sommet de Tourte Barreaux et rejoindre la Bergerie de Jasse de Peyre Rouge.  De là, rejoindre une combe étroite qui s’élargit d’un coup.

Une quatrième étape avec pas mal de dénivelés positifs répétés où savoir suivre un itinéraire acquiert ses lettres de noblesse

Restez sur votre gauche pour passer à côté d’un arbre remarquable et montez dans la pente en direction du Pas des Chassons. La fontaine des Bachassons était inaccessible lors de notre passage car sous la neige. Du Pas des Chassons, point culminant de cette étape, redescendre légèrement toujours vers le Nord pour rejoindre la Cabane des Aiguillettes située quasiment au pied du Grand Veymont. Nous bivouaquerons près de la cabane. Vue grandiose et bouquetins au réveil le lendemain.

Attention : La cabane des Aiguillettes n’a pas de poêle et ne peut accueillir que 4 personnes bien serrées.

La montée en direction du Pas des Bachassons

Jour 5 : Cabane des Aiguillettes – NW de la Baraque de Gerland | 7.7 km | + 60 m | – 430 m

De la cabane des Aiguillettes, rejoindre vers le Nord, le Pas des Chattons. Attention : cette descente, qui passe une bonne partie de la journée à l’ombre, est souvent bien glacée avec un petit passage un peu raide. Ça passe avec les pulkas mais, selon les conditions de neige, il faudra faire un peu attention. Bifurquez ensuite au Nord-Ouest, dans la forêt, pour rejoindre en direct la Fontaine de Serrons : l’eau y était accessible lors de notre passage avec peu de neige autour de la fontaine. Puis rejoindre et emprunter le GR® 91 jusque Jasse de la Chau (cabane fermée). De là ,partir plein Ouest, puis Sud-Ouest, et descendre jusqu’à une grande clairière. Enfin remontez en face pour atteindre un col dans la forêt. Le bivouac est posé au milieu de nulle part !

Le Pas des Chattons, au pied du Grand Veymont, point culminant du massif du Vercors à 2341m

Jour 6 : NW de la Baraque de Gerland – Cabane de Pré Peyret | 6.8 km | + 150 m | – 50 m

Cet itinéraire rejoint Sud-Sud-Ouest la baraque de Gerland et sa fontaine (accessible lors de notre passage) puis continue dans la même direction, en rentrant dans la forêt pour rejoindre le GR® 91 au Sud de la Grande Cabane (très légère montée). Le cheminement dans la forêt peut-être un peu complexe surtout si les nuages dissimulent les deux sommets voisins… Le GR® 91 rejoint finalement la cabane de Pré Peyret situé au Sud. Nous bivouaquerons aux alentours de celle-ci.

Jour 7 : Cabane de Pré Peyret – Col du Rousset | 6.2 km | + 150 m | – 350 m

Retour vers le parking du plateau de Beure par le même itinéraire que le premier jour !

Le décor des Hauts-Plateaux à proximité de la cabane de Pré Peyret

CARTES ET GUIDES

2 Cartes IGN sont nécessaires – et même indispensables – pour s’aventurer sur les Hauts Plateaux :

La TOP25 1/25000è 3236OT Villard-de-Lans / Mont Aiguille
La TOP25 1/25000è 3237OT Glandasse / Col de la Croix-Haute

2 guides peuvent également vous être utiles :

Le Vercors à raquettes de François Ribard aux Éditions Glénat

Je n’ai pas testé ce guide et il ne présente pas spécialement l’itinéraire décrit dans cet article. Il pourra cependant être une bonne base pour découvrir les possibilités de rando à raquettes dans le Vercors.

Le topo-guide de la Fédération Française de Randonnée : Tour et traversée du Vercors

Ce guide ne traite que de la randonnée estivale mais il peut contenir quelques informations intéressantes pour le randonneur hivernal… (cartes, description d’itinéraire, point d’eau…)

La cabane de Chaumailloux, à l’extrême droite, et la vue sur le Mont Aiguille

QUAND PARTIR SUR LES HAUTS PLATEAUX ?

Le meilleur compromis entre enneigement suffisant et météo favorable se situe aux alentours de la deuxième quinzaine de février, voire tout début mars.

– Si vous partez plus tôt, les jours seront plus courts et la météo potentiellement plus froide et/ou moins ensoleillée.
– Si vous partez plus tard, la neige peut finir par manquer.

Bien entendu, cela varie d’une année sur l’autre et gardez en tête qu’il peut faire beau et chaud une semaine et très mauvais et froid la suivante. Par exemple, si nous étions partis 10 jours plutôt, nous aurions rencontré des températures de – 20° la nuit / – 10° le jour et un temps pas terrible sur toute la semaine. Alors que nous avons eu un grand soleil (sauf une journée de pluie) et des températures presque trop chaudes (il gelait à peine la nuit…).

Les Hauts Plateaux du Vercors ne sont pas beaucoup fréquentés en hiver mais si vous voulez vraiment jouer les naufragés du grand blanc, évitez les vacances de février, période où l’on croise quand même un peu plus de monde…

Heures de lever et de coucher du soleil

Le 15 janvier : lever du soleil 8h15 / coucher du soleil 17h20
Le 15 février : lever du soleil 7h40 / coucher du soleil 18h05
Le 15 mars : lever du soleil 6h50 / coucher du soleil 18h45

En sachant qu’il fait jour environ 30 min avant le lever du soleil et qu’il fait nuit environ 30 min après le coucher du soleil.

La trace du côté de Peyre Rouge

HÉBERGEMENT

Il n’y a aucun hébergement possible sur les Hauts plateaux du Vercors. Les seules possibilités d’abris sont des cabanes ouvertes, non gardées. Equipées souvent d’une table, d’une zone pour dormir (plancher en bois / généralement pas de matelas) et parfois d’un poêle. Attention, ce n’est pas parce que vous voyez une bergerie sur la carte que vous pouvez y dormir. Ces dernières sont généralement fermées. Je vous invite à vous renseigner sur le site : www.refuges.info

La solution la plus souple et la plus sécurisante est le bivouac car vous pouvez vous arrêter n’importe où en cas de besoin (fatigue, mauvais temps…). Cette solution vous permettra également de goûter à la belle tranquillité des Hauts plateaux du Vercors 😉. Attention : par définition le bivouac n’est autorisé que pour une nuit entre 17h et 9h du matin. Les gardes du parc veillent au respect de cette réglementation et c’est bien normal ! Il est également interdit de faire du feu.

RAVITAILLEMENT

Aucun ravitaillement n’est possible sur les Hauts plateaux du Vercors. Vous devrez donc prévoir toute votre nourriture pour l’ensemble de votre randonnée !

Deuxième bivouac sous un ciel clair avant l’arrivée du mauvais temps

EAU

Comme décrit dans l’itinéraire, quelques points d’eau peuvent être accessibles. Mais cela reste aléatoire en fonction de l’épaisseur du manteau neigeux. Vous devrez donc, dans la plupart des cas, faire fondre la neige pour produire votre eau. Prévoyez pour cela davantage de réserves de combustible que pour une rando estivale. Et aussi du temps. Cela représentera une activité importante de votre journée ! L’eau est à conserver dans des thermos pour qu’elle ne gèle pas, car les températures sont souvent négatives.

ACHATS TECHNIQUES / LOCATION DE MATÉRIEL

L’équipement ne doit pas être pris à la légère surtout si vous rencontrez des conditions météo difficiles et froides. Et ça on ne le sait pas forcément à l’avance…

Chaussures

Équipez-vous avec de vraies chaussures de marche hivernale car il y a un vrai danger de gelures si les températures sont froides : vos chaussures de rando d’été ne suffiront donc pas.

Gants

Ayez toujours une paire de gants de secours. C’est la règle en montagne !

Duvet

Équipez-vous également d’un bon duvet : -15° confort pour le bivouac / -5°confort pour les cabanes. (Évidemment le -15° pourra faire les deux !)

Vous pouvez louer vos raquettes chez Algoud Sports au col du Rousset. Ils ont également quelques pulkas. Pour louer de l’équipement spécifique (duvet, matelas, tente, réchaud…) vous pouvez passer par Bivouac Location. Après plusieurs locations chez eux, je trouve qu’ils donnent de très bons conseils. Je précise que je n’ai rien à gagner à les mentionner, je suis juste satisfait de leurs services, alors autant le dire.

La vue depuis l’igloo après un bel effort de 2h30 de réalisation

HAUTS PLATEAUX DU VERCORS : COMMENT S’Y RENDRE ?

En hiver le plus simple est de vous y rendre en voiture. Selon votre point de départ il y a 3 accès principaux pour monter sur le Vercors.

– Soit par Grenoble situé au Nord Est
– Soit par Valence située à L’Est
– Soit par Die situé au Sud (accès au col du Rousset le plus direct)

Si vous souhaitez arriver la veille de votre départ, je vous conseille de trouver un hébergement à la Chapelle-en-Vercors, situé à 20 mn au Nord du col du Rousset. C’est un petit village sympathique avec épicerie, boulangerie, pharmacie… Nous avons été satisfaits de l’Hôtel Bellier, mais il y a plusieurs autres hébergements…

BUDGET

Votre budget variera en fonction du matériel que vous devrez acheter et/ou louer. Votre nourriture ne vous coûtera pas beaucoup plus cher qu’à la maison : nous avions emporté des plats lyophilisés pour le soir et le matin dans notre cas. Et les nuits en cabane ou en bivouac sont gratuites ! Votre budget se limitera donc à votre transport et à votre équipement. Voici quelques exemples de tarifs :

– achat d’une paire de chaussures de randonnée hivernale : 150 à 200 €
– location d’une paire de raquettes pour 7 jours : environ 40€
– location d’une pulka pour 7 jours : environ 115 € (une pulka pour 2 personnes suffit)
– location d’un duvet -15° confort pour 7 jours : environ 90 €

Échancrure des plateaux à proximité de la Montagne de Die

RESPECT DES LIEUX

La réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors doit être préservée et respectée. Il convient donc de rappeler quelques règles importantes. Ces règles vous paraîtront peut-être évidentes, mais elles ne le sont malheureusement pas pour tout le monde…

Éloignez-vous au maximum des cabanes et creusez la neige pour faire vos besoins (on voit des trucs hallucinants à 3 mètres des cabanes (je vous passe les détails…) ☹.
Brûlez votre papier toilette ou mettez-le dans une poubelle personnelle. Ne l’enfouissez pas sous la neige. Au printemps la neige ça fond dixit « Les bronzés font du ski ».
Ne jetez rien, même vos croûtes de fromage. Même si ça part d’une bonne intention, ne vous dites pas que cela aidera les animaux à survivre durant l’hiver. Vos croûtes de fromage n’ont rien à faire là. Les animaux ne sont pas faits pour les manger. Laissez-les gérer leur régime alimentaire seuls. Ils ne nous attendent pas pour survivre…
– Certaines zones de tranquillité sont également signalées pour protéger le Tétras-Lyre. Cela évite à cet oiseau de devoir s’envoler à votre passage et de perdre ainsi une précieuse énergie dont il a tant besoin pour passer l’hiver.

Panneau signalant la zone de tranquillité du Tétras-Lyre

SÉCURITÉ ET ORIENTATION SUR LES HAUTS PLATEAUX

La randonnée hivernale réclame de solides compétences en orientation. Les chemins visibles en été sont invisibles une fois l’hiver venu. Les repères sont donc limités, surtout sur un terrain comme les Hauts plateaux du Vercors au relief souvent compliqué, tortueux et peu prononcé. Les itinéraires les plus empruntés sont assez rapidement marqués par des traces, mais la neige peut vite recouvrir tout ça ! A noter également que le réseau téléphonique passe mal, voire pas du tout dans certains endroits. 

Niveau sécurité vous n’êtes jamais très loin de la civilisation, mais en hiver les portes de sortie sont limitées à cause des nombreuses falaises qui entourent les Hauts plateaux.

Le risque d’avalanche s’avère très faible si vous restez sur les zones peu pentues. Cela ne nécessite donc pas forcément de porter un DVA (Détecteur de Victime d’Avalanche). Nous avons tout de même entendu la neige se tasser sous notre passage dans une petite pente (petit bruit d’orage). Mais cette pente était trop courte pour que quoi que ce soit se déclenche… Je vous laisse prendre vos responsabilités sur ce sujet ! Par contre attention aux scialets, qui sont des gouffres dégringolant profondément dans le massif calcaire et dont la plupart sont indiqués sur la carte IGN. Un creux dans la neige est généralement visible là où ils se situent !

La fosse à froid réalisé pour le bivouac

Avec une bonne météo – autrement dit soleil, pas de brouillard, pas de vent et des températures douces- cette rando peut se révéler très agréable et presque facile si l’orientation ne vous pose pas trop de problème. Par contre ATTENTION c’est une toute autre histoire dans le mauvais temps ! Le brouillard peut considérablement vous mettre en difficulté en matière d’orientation. Il est donc très important de partir avec un GPS – ou au minimum une appli GPS – pour vous aider en cas de besoin, en plus des cartes papier.

Le vent peut souffler très fort et faire chuter considérablement la température ressentie. Sans parler du risque de perte du matériel, gants, carte, veste… qui s’envolent.

Une importante couche de neige fraîche peut également sérieusement ralentir votre progression. Par mauvais temps, cette randonnée peut donc s’avérer extrêmement difficile et vous mettre dans des conditions proches d’une expé dans le Grand Nord. À noter que certains recherchent ce genre de conditions hostiles et bien spécifiques au Vercors pour s’entraîner en vue de futures expéditions. Donc ne prenez pas cette randonnée à la légère et, avant de vous engager SEUL là-haut, assurez vous de disposer d’un minimum de connaissances et de bien préparer votre itinéraire.

Détail de l’atelier de production d’eau

LE JURA POUR DÉCOUVRIR LA RANDO HIVERNALE

Pour une première expérience et une randonnée hivernale plus abordable, je vous conseille la traversée du Jura à raquettes. Cet itinéraire balisé spécifiquement en hiver avec une signalétique adaptée est beaucoup plus accessible. L’itinéraire passe par plusieurs villages et n’est jamais très loin d’une route. Vous pourrez donc vous ravitailler régulièrement et éventuellement stopper votre rando à peu près où vous voulez. De plus vous pourrez choisir entre le bivouac et des hébergements au chaud, puisque que de nombreux gîtes d’étapes jalonnent le parcours.

Il peut faire extrêmement froid dans le Jura. Du -20° la nuit n’est pas rare. Mais si besoin, vous pourrez vous mettre au chaud dans un gîte et ça c’est rassurant  !

Attention cependant, l’altitude (comprise entre 900 et 1400 m) est plus faible que sur les Hauts plateaux du Vercors, l’enneigement est donc plus aléatoire. Cela ne pose pas trop de problèmes à raquettes. S’il n’y a pas de neige, il suffit de les enlever ! Mais cela peut poser problème pour la pulka, que vous ne pourrez pas porter sur de longues distances. Si vous souhaitez bivouaquer je vous conseille donc de partir en mode sac à dos. Mais attention en hiver votre sac sera plus lourd qu’en été (duvet et vêtements plus chauds, plus de nourriture, etc.)

Plus d’infos : n’hésitez pas à contacter Brieg sur son blog Besoin d’Aventure pour davantage de renseignements sur cette expérience en pulka et à raquettes à travers les Hauts Plateaux du Vercors. Je vous invite également à visionner cet ancien épisode de Carnets de Rando qui se déroule dans le même décor et dans des conditions hivernales identiques.

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