GR20 : Le Grand Méchant GR ? Du mythe à la réalité

Le GR20 est-il réellement le GR le plus dur d’Europe ? Vous avez deux heures pour répondre. Ramassage des copies à l’issue. Deux heures ? Mais c’est n’importe quoi, il y a trop de choses à dire sur un sujet pareil ! Je vais donc devoir synthétiser pour vous donner mon point de vue sur cet itinéraire qui déchaîne les passions, fait couler beaucoup d’encre et promet encore de beaux jours aux couvertures des magazines et aux reportages télévisés. Pour l’avoir à mon tour parcouru l’été dernier, je peux aujourd’hui en parler en connaissance de cause et, très objectivement, faire la part des choses entre le mythe et la réalité. Un premier article introductif avant d’autres sujets un peu plus spécialisés. C’est parti ?

Ne nous mentons pas. Le GR20 c’est une star. C’est probablement le seul GR dont le nom est connu de personnes étrangères à la rando et à son jargon. Sans savoir ce qu’est un GR, elles savent déjà qu’on parle d’un chemin engagé en Corse. « Mais oui, vous savez, ce truc super dur que font plein de gens en été. Oh la la ils sont fous ! Mais pourquoi ils vont pas à la mer ?« . Personne ne parlerait comme ça du GR5, encore moins du GR4, 6, 22 ou 76 ! Non c’est le 20. Il n’y – presque – que lui qui sort du lot et a droit aux excès de la notoriété. Une notoriété d’un genre très particulier, un peu fantasmée, souvent exagérée et poussée à l’extrême par le public et surtout les médias, dont c’est un peu la poule aux oeufs d’or.

Dans l’univers de la randonnée, le GR20 fait davantage office de Croquemitaine que de Père Noël. Il fait peur quoi ! Et c’est toujours bon pour l’audience de jouer avec ce trait de caractère qui fait vendre, ne nous en cachons pas !

Auréolé de titres tels que « GR le plus dur d’Europe », c’est devenu plus un défi qu’on se lance pour se prouver des choses, une sorte d’expérience initiatique dont la réussite sera mentionnée dans un CV, qu’une itinérance classique qu’on parcourt la fleur aux dents. Plus qu’un GR, c’est un adversaire avec lequel on engage une lutte éreintante. Et, sur la ligne de départ, on peut à ce titre avoir la surprise de trouver un public particulièrement hétéroclite. Ce qui fait tout le charme et, parfois, l’absurdité, de ce GR pas comme les autres !

GR, MON BEAU GR, DIS-MOI QUI EST LE PLUS DUR ?

Le GR20 mêlant des profils et des expériences aussi différents, il est logique que la nature des comptes-rendus qui lui sont consacrés le soit également. Une personne peu habituée à la montagne aura forcément des mots plus « What the Fuck » qu’un randonneur familier de l’effort, endurci et à l’aise sur terrain accidenté. Mais c’est finalement souvent les rapports les plus « WTF » qui monopolisent le devant de la scène et captent l’attention. Et le GR20 de s’entourer d’une dimension épique et redoutable, facétieusement reprise et même, parfois, poussée à l’extrême par les réseaux et les médias. En résulte, à mes yeux, une distorsion complète de la réalité, quand bien même le GR20 réunit assez de critères pour intégrer le rang des treks pas évidents.

Le mythe du GR20 a un peu tendance à occulter d’autres itinéraires tout aussi respectables, en France, et davantage encore en Europe. J’ai tendance à contester et combattre ce kidnapping médiatique qui fait se braquer le feu des projecteurs sur la Corse en permanence

De là à en faire le monstre si souvent évoqué, il y a une distance que je ne franchirai pas. Le GR20 n’est pas une randonnée facile, cela est certain. Mais si elle est effectuée dans certaines conditions, elle ne sera guère plus difficile qu’un GR54 (Tour de l’Oisans), qu’un TMB (Tour du Mont-Blanc) ou que n’importe quelle grande randonnée alpine. A ce titre, je pense que la HRP (Haute Route Pyrénéenne) distance de loin la fameuse route corse en matière d’itinéraire technique et exigeant. D’autant plus aujourd’hui depuis la fermeture du Cirque de la Solitude, considéré auparavant comme LE morceau de bravoure du parcours. Etudions donc ce GR dans un cadre normal de pratique.

Les paysages de la Corse du Sud, sur la variante du Monte Renose, pendant l'étape 11

Les paysages de la Corse du Sud, sur la variante du Monte Renose, pendant l’étape 11

LE GR20, VERSION CLASSIQUE

Le GR20 – de son véritable nom Fra Li Monti – est une diagonale tracée à travers la montagne Corse, qui permet de rejoindre Calenzana, en Balagne, à Conca, petit village postée au-dessus de Porto-Vecchio, au sud-est de l’île. On peut considérer qu’il se divise en deux parties distinctes : Corse du Nord et Corse du Sud, séparées au niveau du col de Vizzavone, à peu près à mi-course de l’itinéraire. La Corse du Nord est la plus redoutée. On y trouve les sections alpines les plus engagées. La Corse du Sud déroule beaucoup mieux. Si j’osais, je dirais même que l’identité guerrière du GR20 ne s’est bâtie qu’avec deux ou trois étapes de sa première partie. Le reste n’est que légende. Le parcours est donné en 16 étapes. Etrangement, on entend beaucoup revenir en racontant qu’ils l’ont fait en moins que ça. Nous verrons plus loin que cela joue forcément à le rendre plus difficile qu’il n’est.

Le GR20, sans variante, sans doubler les étapes, sans courir, sans sommet, c’est 16 étapes et 11500 mètres de dénivelé. Des chiffres dans la moyenne des GR montagne équivalent

Sur les 16 étapes, seules deux dépassent les 1000 mètres de dénivelé. Le dénivelé quotidien moyen est en réalité de 721 mètres. Déjà moins impressionnant non pour un GR à la réputation d’ogre ? Le GR54, en moyenne, tourne autour de 853 mètres par jour à titre de comparaison. Le GR20 peut évidemment se parcourir en autonomie mais on peut également profiter de refuge à chaque étape. Bref, pour résumer, si vous dormez chaque soir en refuge, vous allégez votre portage journalier en portant un sac à 10/12 kilos et vous aurez en moyenne 850m de dénivelé à parcourir chaque jour, soit des étapes oscillant entre 4h30 et 8h maximum (et exceptionnellement, en moyenne c’est 6h). Sur le papier, donc, rien d’aussi exceptionnel que prétendu. Mais ça, bien sûr, c’est la version « randonneur sage ». Si vous êtes un « randonneur pas sage », vous vous exposez potentiellement à des complications. C’est précisément là que ça se corse, c’est le cas de le dire…

GR20

de haut en bas : sommet du Monte d’Oro, Lac de Nino, Brèche de Goria, Lac de Bellebone

LE GR20, VERSION FOU FOU

La vraie difficulté du GR20, 100% spécifique à la Corse, c’est la chaleur. Une ennemie qui, certains jours, peut devenir implacable. Et, le seul moyen de l’affronter – outre beaucoup d’eau et un bon chapeau – c’est carrément de l’éviter. Pour ce faire, le « GR20tiste » (oui c’est comme ça que ça s’appelle un randonneur sur le GR20) sacrifie la grasse mat’ à un réveil aux aurores, suivi d’un petit-déjeuner frugal – voire de pas de petit-dej du tout – et d’un départ à la frontale. Et de petits points lumineux de s’éloigner dans l’obscurité de la montagne corse comme un jour de départ vers le sommet du Mont-Blanc… Conséquence directe de l’opération : on arrive au refuge suivant entre 10h et 11h du matin. De là vous avez deux profils : celui qui se dit « ça suffit pour aujourd’hui, je sors mon livre et mon UNO et à demain » ; et puis il y a l’autre – une grande majorité – qui se dit « merde mais qu’est-ce qu’on va faire jusqu’à demain ? ça va être long… Et si on faisait l’étape suivante vu qu’on a six heures devant nous ? ».

Il y a mille et une façon de pimenter le découpage classique du GR20. Une valise d’options à ajouter pour se compliquer la tâche. En fait, ce n’est pas le GR20 qui est si dur par nature. Ce sont les choix du marcheur qui en élèvent la difficulté plus haute qu’elle ne l’est déjà initialement

En se disant ça on a déjà oublié les raisons qui nous ont fait partir en pleine nuit six heures plus tôt. Une amnésie assez amusante, souvent contractée dans l’enthousiasme général de la grande aventure qu’on s’apprête à vivre. Vous imaginez ? Vous allez doubler l’étape ! La grande classe ! On sent qu’on fait partie d’une autre caste quand on fait ça quand même. Celle des braves. Ou des grands malades. Ou des inconscients aussi. Bref, c’est précisément à ce moment que le gentil GR20, avec ses 16 étapes bien dessinées, commence doucement à se transformer en engin de souffrance. Pour peu que vous le fassiez en autonomie avec votre maison de 20 kilos sur le dos, y’a des chances que vous finissiez par choper le ticket gagnant pour arriver à Conca sur les rotules en bredouillant des mots confus parmi lesquels se distingueront probablement les termes « enfer » ou « horrible ». Et je ne vous parle même pas des impondérables météo – orages et compagnie – ou de l’éventualité d’oser les variantes ou, mieux encore, de réaliser des ascensions en chemin !

GR20

Sur la 7ème étape, en-dessous du col de Muzzella, avec en face le lac de Capitello.

LES FACTEURS AGGRAVANTS

Si vous êtes un randonneur habitué à l’itinérance et que vous choisissez de faire votre GR20 sagement, en 16 jours, en refuges et sans variante d’aucune sorte, vous ne devriez pas comprendre pourquoi tout le monde parle de cet itinéraire comme d’un dragon céleste. Peut-être même vous demanderez-vous si vous avez fait le même GR que ces gens ? En revanche, voici, résumés, les cas de figure qui sont susceptibles de faire de votre expérience sur le GR20 la plus inoubliable des aventures. Celle-là même qui vous fera rejoindre le rang des grands excités qui, à la simple prononciation du mot « GR20 », se mettent debout en hurlant et en criant « il est trooooop dur ce GR, c’est le plus duuuuur du monde et de l’univers » ! Ceci dit, ça fera toujours de sacrés foutus souvenirs, il faut l’avouer !

LA PREPARATION

D’aucun trouveront peut-être ça incroyable, mais il y a des gens qui prennent le départ du GR20 sans avoir jamais vraiment fait de randonnée. Et encore moins de la montagne ou de l’itinérance ! Comme moi, vous vous dites sans doute « mais non, arrête David, c’est pas possible, tu nous racontes des fèves » mais pas du tout ! Il faut le voir pour le croire. Je vous l’ai dit plus haut : le GR20 c’est un peu comme la Vierge à Lourdes, c’est pour certains un pèlerinage pour se libérer et se purifier. Il y a un certain côté mystique derrière tout ça, comme si on allait être une autre personne en arrivant à Conca. A condition déjà d’y arriver. Le manque de préparation et d’expérience conduit à ce qu’entre 5 et 7 personnes sur 10 abandonnent au bout de seulement quatre jours… Moralité : le GR20 ne s’improvise pas. Si vous voulez en garder un bon souvenir, préparez-vous correctement. Et choisissez un autre itinéraire pour vos premiers pas en trek montagne. Les Vosges ou le Jura, déjà, c’est pas mal !

LA NOURRITURE

C’est un des gros débats sur le web. Comment gérer la nourriture sur le GR20 ? Il n’y a aucune solution qui se démarque plus qu’une autre. C’est un peu comme ce problème de mathématiques au collège que vous vous cassiez la tête à résoudre. Vous vous souvenez ? Là ça serait quelque chose comme : « Jean part faire le GR20 pendant 16 jours. Il doit manger trois fois par jour mais ne dispose que d’un budget de 150 euros. Sachant qu’il ne veut pas que son sac excède 18 kilos, comment fait Jean pour faire son GR sans tomber d’inanition au bout de huit jours ? ». Les choix que vous ferez sur la question de la nourriture décideront pour beaucoup de l’amélioration ou de la dégradation de votre zone de confort. D’un côté on a l’autonomie (presque) totale et quelques kilos supplémentaires dans le sac : car si les refuges font épicerie, ne vous attendez pas non plus à trouver l’équivalent d’un Carrefour Market ! De l’autre, on a le choix de ne manger qu’en refuge. Choix qui allègera autant votre sac à dos que votre compte en banque. Entre les deux, des compromis à faire. J’y reviendrai dans un article parallèle, notamment sur comment faire son sac à dos et qu’y mettre.

Sur le GR20, préparez-vous à nouer une relation très intime avec votre réchaud. Notamment à des horaires très matinaux !

Sur le GR20, préparez-vous à nouer une relation très intime avec votre réchaud. Notamment à des horaires très matinaux !

LE CHOIX DE L’HEBERGEMENT

Les vrais, les purs, les durs ne se poseront pas longtemps la question. Ce sera la tente. Tonnerre de Brest, c’est l’aventure que diable ! Reste que l’aventure a un poids qui se fait bien ressentir dans le sac. Et qui dit sac chargé, dit effort plus compliqué. Ceux qui, précisément, veulent voyager léger, opteront pour les nuits en refuge. Mais, dans ce cas, il faut le budget. Et aussi savoir faire fi de la promiscuité, de la chaleur dans les dortoirs, des ronflements, des lumières qu’on allume et des odeurs de camphre (dans le meilleur des cas). En coupant la poire en deux, il y a aussi la possibilité de réserver une tente. En l’occurrence des tentes Quechua 2 secondes, 2 ou 3 personnes. Un budget également. J’y reviendrai également dans un autre article. Et on y parlera aussi de l’accueil corse, très inégal et parfois juste totalement irrespectueux, voire imbécile, vulgaire ou irresponsable.

LE RESPECT DES ETAPES

J’en parlais plus haut. Le tracé d’origine du GR20, en 16 étapes, est à la portée de tout randonneur habitué à la montagne. Le respect des étapes est donc la base pour éviter de se retrouver « dans le rouge ». Mais peut-être que vous n’aurez pas envie ou que vous n’aurez pas le temps, ou que vous ne concevez pas le GR20 comme une balade de santé et qu’il devra donc nécessairement être engagé et sportif. Bref vous allez vous retrouver dans ce cas de figure où vous allez doubler, voire tripler pour les plus intrépides, les étapes. L’acte en lui-même, ajouté à sa fréquence (certain(e)s, compulsivement, ne peuvent plus s’empêcher de le faire une fois qu’ils ont commencé) constitue l’une des circonstances aggravantes majeures pour faire monter de plusieurs crans la difficulté du GR20.

Marche matinale vers le col de Rapari, peu après le départ de la 12ème étape. Et si on doublait l'étape aujourd'hui ? Non, faut pas, c'est pas bien ?

Marche matinale vers le col de Rapari, peu après le départ de la 12ème étape. Et si on doublait l’étape aujourd’hui ? Non, faut pas, c’est pas bien ?

LES VARIANTES DU GR20

Les initiateurs du tracé ont eu la brillante idée de proposer assez régulièrement des variantes à l’itinéraire standard. Ces variantes, loin d’être là pour raccourcir le parcours, invitent davantage à explorer les déclinaisons alpines de la montagne corse. Outre donc allonger, pour la plupart, la durée de l’étape, elles offrent également des traces aventureuses où disposer d’un pied sûr est requis à certains endroits. Elles ajoutent également du dénivelé en plus. Elles sont donc un facteur de difficulté supplémentaire pour qui choisi de les intégrer à son parcours. Je les évoquerai dans un futur post : je les ai toutes parcourues lors de mon passage.

LES SOMMETS

Il pourrait vous venir à l’esprit de profiter du GR20 pour réaliser l’ascension d’un ou plusieurs sommets placés sur votre route, ou pas très loin. Ces ascensions sont considérées hors GR. C’est du temps, du dénivelé et de la fatigue en plus à ajouter au compteur final. Parmi les sommets possibles : le Monte Cinto, la Paglia d’Orba, le Monte Rotondo, le Monte d’Oro, le Monte Renoso et le Monte Incudine. En soi aucun de ces sommets n’est techniquement très compliqué. En revanche les atteindre peut être long, nécessiter un bon sens de l’itinéraire et, parfois, de savoir franchir quelques petits pas d’escalade faciles. De quoi compliquer le cahier des charges du GR donc… Encore un autre sujet d’article puisque je les ai également tous faits !

La Paglia d'Orba, probablement le plus majestueux des sommets corses. Un must à faire absolument pour les collectionneurs de belles cimes.

La Paglia d’Orba, probablement le plus majestueux des sommets corses. Un must à faire absolument pour les collectionneurs de belles cimes.

LA SAISON

Certain(e)s font le choix de partir assez tôt en saison. Pour éviter l’affluence et la chaleur surtout. Mais attention à ne pas partir trop tôt en oubliant que la Corse est, malgré sa position isolée en pleine Méditerrannée, un vrai territoire montagneux. Et qui dit montagne dit neige et aussi froid. Et de la neige, figurez-vous que vous pouvez en trouver bien tard encore sur la partie nord du GR20. Ce qui peut bien compliquer la progression, voire la rendre dangereuse. L’été, c’est le cagnard assuré. Si vous n’aimez pas la chaleur, passez votre chemin : elle peut littéralement transformer votre randonnée en cauchemar si vous l’attaquez frontalement. Et rappelez-vous que la gestion de la chaleur s’accomode mal d’un sac lourd. Et puis il y a les orages. Violents. Ils peuvent se déclencher assez tôt, dès 13h parfois. Autant dire qu’à ce moment-là, il faudra éviter de vous retrouver en altitude, sur des passages techniques. Savoir éviter l’orage impose de savoir s’arrêter au bon moment. Au final, l’automne semble être la période idéale pour faire le GR20 : moins de monde, moins de chaleur… Mais aussi des ravitaillements plus compliqués car il faut vérifier la période d’ouverture des refuges.

LE SENS CHOISI

Partir de Calenzana ou de Conca ? C’est l’une des premières questions que vous vous poserez en préparant votre périple. Les deux choix imposent deux démarrages sévères. C’est ensuite que les différences apparaissent. Le Nord est beaucoup plus rude et chargé en étapes lourdes. Les quatre premières étapes font même figure de sanction pour beaucoup. On attaque dans le dur direct et les défaillances sur les premiers jours sont une réalité. Le Sud est beaucoup plus « roulant ». On y fait plus de distance que de dénivelé, même si celui-ci demeure présent. On est quand même en montagne, quoi ! Démarrer par le sud, c’est le choix des marcheurs qui veulent avoir le temps de s’échauffer. Démarrer par le nord, c’est le choix de ceux qui préfèrent en finir tout de suite avec les difficultés pour terminer plus tranquillement. A vous de voir le profil qui vous ressemble le plus.

GR20

de haut en bas : face au Monte Renoso et au lac de Bastani / environs du refuge de Prati / Arête A Monde / Dans la descente de Foce Finosa, le dernier jour

LA METEO

C’est, de cette liste, la seule variable que vous ne maîtriserez pas. Comme sur n’importe quel autre GR – et tout spécialement en montagne – une mauvaise météo rendra évidemment votre expérience plus difficile. A mes yeux il n’y a que deux paramètres à savoir contrôler pour limiter la casse : le choix de votre équipement, qui vous permettra d’affronter la pluie et/ou le froid avec plus ou moins de confort, et votre capacité à anticiper une mauvaise météo. Parfois savoir s’arrêter plus tôt ou repartir plus tard vous évitera bien des déconvenues. Le GR20 est un tracé qui ne s’accomode pas d’une stratégie rigide. Il faut être en mesure de s’adapter et d’improviser. Cette capacité à savoir déjouer la rigueur d’une organisation qu’on croyait pourtant parfaite pourra vous éviter bien des déboires sur le terrain.

CONCLUSION

La morale de cette histoire ? Personnellement, je ne pense pas que le GR20 soit le « trek terrifiant » évoqué par la presse et la rumeur publique. C’est juste un GR de montagne qui nécessite de la préparation, de l’organisation et de l’humilité. Vous n’êtes pas obligé de l’aborder sous l’angle de la souffrance volontaire juste parce que c’est le GR20. Il présente toutefois quelques spécificités qui imposent des contraintes plus que n’importe quel autre GR. Mais gardez à l’esprit que ceux qui entretiennent la légende sur l’aspect terrrrriiiiible du GR20 ont probablement dû additionner plusieurs des facteurs aggravants énumérés dans la liste ci-dessus. Le GR20 au final ? Ni plus ni moins qu’un GR de montagne unique, atypique et exigeant qu’on a voulu faire passer pour un monstre qu’il n’est pas.
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62 Comments

  1. Besoin d'Aventure Répondre

    Merci pour l’article !
    C’est une vision que je partage complètement. Le GR 20 n’est pas si terrible. J’ai vécu 2 ans en Corse et je l’ai parcouru une fois dans sa totalité. Le mythe du GR 20 repose à mon avis sur 2 choses :
    1) Le faite que le terrain soit en général très rocailleux et donc beaucoup moins « roulant » que pas mal de sentiers comme dans les alpes par exemple.
    2) Le faite qu’il y ai quelques petits passages technique, mais il y a toujours une chaine ou un câble pour se rassurer et même s’assurer 🙂 J’apprend dans cet article que le cirque de la solitude est fermé. C’était le passage qui faisait peur aux randonneurs peu expérimentés… Donc, avec un minimum de préparation ce n’est pas si dur ! Mais qu’est-ce que c’est beau !

    1. Thema Répondre

      Bonjour . Je suis absolument d’accord avec cet article. J’ai parcouru 2 fois le GR 20; la 1ere fois en solo avec 23 kilos sur le dos( eau comprise ) en 9 jours et la 2eme fois en binôme en 12 jours avec 17 kg ( une ballade ). Si on est bien organisé et un peu physique il n’y a rien d’exceptionnel. Halte à la surenchère ; c’est juste un filon pour faire venir les touristes en Corse. Cela n’a rien de plus difficile que certains autres GR, dont le 54 ( tour de l’Oisans et des Écrins ) qui n’a pas à être jaloux du GR20. Ça reste de la montagne; tout dépend comment on l’ abordé moralement……

  2. Vadrouille et Tambouille Répondre

    Excellent article ! Ce GR me fait de l’oeil depuis très longtemps et effectivement il est qualifié de « plus dur d’Europe » voire « du Monde » pour certains.
    J’ai déjà fait quelques étapes et cela ne me paraissait pas insurmontable comme tu le dis bien.
    En revanche, selon toi, combien de jours sont nécessaires pour en apprécier toutes les facettes (avec quelques variantes par exemple) ?

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Salut ! Tout est une question de point de vue et d’expérience, je pense. Et aussi un peu de marketing héhé… C’est comme les films d’horreur le GR20 : si tu n’en as pas vu beaucoup avant, tu as l’impression que le premier que tu vois c’est le plus flippant de toute l’histoire du cinéma. Mais en fait non. Sans toutefois remettre en cause les difficultés intrinsèques de celui-ci, il n’en demeure pas moins que, à mes yeux, on en fait des tonnes sur ce GR. Mais ça reste un grand classique qui ne déçoit pas, quoiqu’il en soit ! Alors, euh,… combien de jours pour une expérience globale réussie et mémorable ? Tout dépend si tu veux le faire entièrement ou si tu vises un tronçon particulier. Perso, je trouve que les variantes avec les sommets sont des must pour les amoureux de montagne. C’est trop con de passer à côté sans les faire. Mais les intégrer à la journée de marche c’est sport… On l’a fait avec tous, sauf la Paglia d’Orba où il faut prendre un jour supplémentaires. Il faut éviter de doubler les étapes de la partie nord. Elles sont déjà longues. C’est plus sur le sud qu’il y a moyen de moyenner. Quant aux variantes, il y en a des incontournables, comme celle de Bavella par exemple. Je ne comprends même pas que ce ne soit pas le tracé normal du GR20 qui passe par-là. C’est juste magnifique. Bref, je dirais qu’en lieu et place des 16 jours, il y a moyen de boucler le GR entre 12 et 14 jours en en profitant un max. J’ai oublié, dans mon article, de parler aussi de l’importance de savoir faire des pauses. Il y a des endroits somptueux pour se baigner. Certains passent à côté par peur de ne pas arriver assez tôt au refuge. Mais on s’en fout ! La Corse, il faut aussi prendre le temps de la savourer. Ca reste un voyage et un plaisir. Si c’est pour courir et souffrir tout le long, en passant à côté de plein de choses, je comprends pas. Mais bon, c’est ma sensibilité et ça reste un point de vue purement personnel !

  3. Janvier Catherine Répondre

    Une excellente description de la réalité !! Un petit bemol sur le bivouac qui en haute saison est interdit en plus avec un réchaud!

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Merci Catherine ! Je me suis peut-être mal exprimé dans l’article si vous avez compris que je parlais de bivouac en pleine nature. Quand j’évoquais l’autonomie, je parlais de porter sa tente, sa popote et son réchaud sur les emplacements prévus autour des refuges, en s’étant acquitté du prix par personne pour cela. En aucun cas je parlais ou encourageais à bivouaquer dans le Parc Naturel Régional au p’tit bonheur !

  4. dédé Répondre

    Bonjour
    Excellent article et je partage entièrement ton point de vue, étant corse vivant sur le continent, j’y viens tous les ans aux vacances et j’y fait pas mal de randos, je fais le GR en plusieurs fois ( en 3 fois 5 étapes par an, je ferais la dernière partie cet été mais j’en connais déjà les 3/4) car il faut se partager entre la famille et les amis mais je le referais bien en une fois plus tard quand j’aurai plus de temps.
    voir ici si tu en as la curiosité.
    https://dedbond.wordpress.com/

  5. Cdric Répondre

    Très bel article
    Nous l’avons réalisé l’été dernier avec ma compagne en onze jours faute de temps et avec notre maison sur le dos ( 21kg pour moi 17 pour madame)
    Le plus dur fut le retour à la vraie vie que de bons souvenirs

  6. Randopolodoc Répondre

    Il y a 2 éléments déterminants :
    1/ le poids du sac : il est tout a fait possible de partir avec 12 kg eau et tente comprise en mangeant le midi sandwich, fromages et saucissons achetés au fur à mesure sur les refuges et autres bergeries rencontrées et le soir plats déshydratés à base de pâtes achetées avant le départ .
    2/ se coucher tôt pour se lever tôt et partir au lever du jour à la fraiche ce qui permet d’adapter ensuite la distance du jour .
    Encore une fois un GR20 réussi nécéssite d’avoir déjà une exprérience de randonnée longue sur GR …
    PS : GR 20 effectué en 06/2013 sens nord-sud en 9 jours

  7. Voyageur du 41 Répondre

    Bonjour,
    j’ai effectué le parcours du GR20 4 fois dont deux fois en 8 jours, et les deux autres fois en prenant tout mon temps. 16 jours et 12 jours. Je pense que chacun vit son GR20 différemment, notamment par rapport à sa capacité physique. Mais le GR20 reste mythique. Par contre sans préparation sérieuse, l’expédition est dangereuse. Les paysages sont somptueux et les rencontres extraordinaires.
    Je préfère le nouveau parcours par le Monté Cinto plutôt que le cirque de la solitude, qui restait plus technique que magnifique. Par contre le danger reste le même entre ASCO et la montée au plus haut sommet de Corse. Les éboulis sont tout autant à craindre que sur l’ancien tracé.
    Sinon

  8. dubart jean-pierre Répondre

    Bjr, je suis entièrement d’accord avec toi à propos de ce GR. Je l’ai fait 2 fois dans son intégralité…la première en 9 jours avec 22kg sur le dos et début Juin dans la neige, les orages et la grêle….et j’en ai un » peu » bavé. la seconde en accompagnant un ami en 16 jours et 14kg sur le dos….c’était une balade!!!!. Pour quelqu’un qui est un peu en condition physique, qui a l’habitude de la marche en montagne, ça se fait facilement. Je mettrai un petit bémol sur la partie Nord du GR qui est quand même bien plus technique que la suite. merci pour l’article

  9. Patoche Répondre

    Je suis entièrement d’accord avec l’auteur de cet article. Je ne suis pas un expert de la randonnée et ai parcouru ce beau GR20 ( deux fois) sans trop de difficultés, avec un minimum de préparation. En 2002, les refuges ne proposaient pas de repas mais quelques produits régionaux (chers), il fallait porter sa nourriture d’où sac à dos plus lourd.
    Je garde un excellent souvenir de cette aventure, avec des paysages extraordinaires, différents chaque jour. Ne vous sous-estimez pas : si vous aimez la randonnée, avec une bonne préparation, vous pouvez affronter le GR Corse.

  10. Cora Répondre

    Superbe article David !! Joliment écrit, très agréable à lire et bourré de vérités !!!!
    J’approuve et partage….;-)
    Trekkings à suivre….!!

  11. Coralie Répondre

    Superbe article David !! Joliment écrit, très agréable à lire et bourré de vérités !!!!
    J’approuve et partage….;-)
    Trekkings à suivre….!!

  12. Michel Répondre

    Merci pour ce topo qui me redonne l’envie d’attraper quelques ampoules au pieds…
    A mon sens, il n’y a pas de GR (ou tout autre chemin) qui soit plus dur qu’un autre. Tout dépend de ce que l’on attend, de ses propres expériences, de la météo, de la flexibilité de la queue de la vache etc..
    Ma dulcinée a coulé une bielle cet été dans les aiguilles de Bavella et nous sommes redescendu à PoVo. Je sais maintenant que ma prochaine virée se fera en solo. Je relirai ces jours prochains ton article avec toute l’attention qu’il mérite. Le mois de mai est proche et j’ai les orteilles qui frétillent…

  13. Jacques Vigier Répondre

    Excellent billet de blog. Certes le GR 20 n’est pas une promenade pour baladeur en claquettes, notamment le passage du cirque de la solitude. Toutefois un randonneur / montagnard expérimenté ne devrait pas se trouver en difficultés hors météo incertaine donc prise de risque inconsidérée.
    Je me permettrais d’etablir un parallèle ( donc subjectif et discutable ) avec l’ascension du Mont Blanc : fondamentalement pas technique, ce n’est qu’un gros t’as de neige, mais demandant une préparation physique et mentale adaptées, ainsi que le recours à un GHM si on n’est pas un montagnard chevronné.
    Cependant, la démocratisation de la montagne et le côté « challenge, allez on s’le fait » y drainent des cohortes de gens impréparés qui alimentent la réputation de difficulté et de dangerosité. Ainsi en est il pour le GR 20 à mon sens.
    Cela dit, je partage votre opinion sur le niveau intrinsèquement plus relevé de la HRP qui en plus de.être particulièrement escarpée (!) est en plus sacrément longue.
    Bonne randonnées à tous, bien cordialement

  14. Wiesner Norbert Répondre

    Fait en 2016 du 28/08 au 9/09 Sud Nord pour les photos de Bavella à Vizzavona…par nous mêmes…Trés gros orage de grêle..Nous déplorons le non respect du randonneur par des locations de couvertures à 5€ la nuit ainsi qu’un plat de pâtes à 10€…une douche et un toilette pour 80 gîte du parc…..mis en quarantaine de Notre sac en arrivant à Ajaccio pour la puce de lit…
    Sinon un grand bravo pour tout au Capanelle les meilleurs ainsi qu’à Matalza et la Bergerie pour sa gentillesse malgré le vrai rustique..Norbert 67 ans..

  15. cath Répondre

    Merci merci merci merci. Je viens de decouvrir votre site via un de vos messages sur fb. Quelle ressource! Apres avoir marche en ams je projette de realiser ce gr avec ma fille en juin ou septembre. Je ne comprends toujours pas cobien ca coute de camper avec sa propre tente? En tous cas votre article repond a pleins de questions que j avais.

  16. Coquenlorge Répondre

    Valérie 51 je suis d’accord qu’avec une bonne préparation ce GR est accessible – A chacun de le réaliser à son rythme. Beaucoup d’abandons malgré tout et certaines arêtes et passages vertigineux dans le Nord. Rien à voir avec la rando dans les Alpes.De très jolies images gravées – La Corse vue d’en haut : magistrale !

  17. Jean-Marc Peretti Répondre

    Très bel article et bien informé. Ce GR20 me fait aussi de l’oeil depuis un certain temps, je trouve que justement on peut varier la difficulté en fonction de sa forme et de ses envies. Je pense bientôt y faire un tour quand j’ai un peu de temps.
    Jean-Marc Peretti

  18. Xavier Répondre

    Merci pour cet article qui repositionne le GR20.
    J’ai fait le GR20 mais aussi un « mix » GR10 et HRP…je peux vous assurer qu’un GR10 de 45 jours et 52000 m de dénivelé c’est un effort physique bien pire que le 20. Toute personne en bonne santé peut faire le GR20.
    Le danger est celui d’un GR de montagne, la météo, trop chaud ou trop froid, les orages…
    Mais le plus du GR20 c’est une incroyable beauté, la méditerranée et la montagne à la fois!
    Le moins, la foule…oui, j’ai regretté l’authenticité de l’ Ariège sur un GR10 et l’esprit refuge d’une HRP à 2 ou 3 quand dehors c’est la tempête. Vraiment, faire le GR20 en automne c’est mieux. Lancez vous, mon sac fait toujours entre 8 et 10 kg avec tente et 24 à 48 h de ravitaillement.

  19. lolo Répondre

    Un grand merci à David pour ce magnifique récit sur ce mythique GR20 et toutes ces explications qui m’aideront, j’espère un jour à tenter de faire en toute modestie ce GR. Il faut savoir rester humble et ne pas sous-estimer ce parcours.

    Pour ma part j’ai une petite question.
    1/ quelles sont les « grosses difficultés » ou « les difficultés » que l’on peut rencontrer au Nord comme au Sud (montées très raides, éboulis, échelles, passages avec cordes)…? c’est vrai je l’avoue j’angoisse à l’idée de devoir passer par des endroits où, échelles et cordes n’en finissent pas…!!!
    j’ai 52 ans, pas vraiment d’expérience dans le domaine de la randonnée en montagne, mais je pense avoir assez de mental pour ne pas stopper en plein parcours (je compte le faire du Sud vers le Nord).
    Alors Est-ce que je pourrai vaincre mes peurs.?
    Merci

  20. Routard Répondre

    Quand on nous vend que le GR 20 c’est le trek le plus dur d’Europe cela me fait doucement rire. Je me suis amusé à regarder les cotations de randonnées du club alpin suisse qui varie de T1 (Sentier bien tracé. Terrain plat ou en faible pente, pas de risques de chute. Exigences : Aucune, convient aussi pour baskets. L’orientation ne pose pas de problèmes, en général possible même sans carte) à T6 (La plupart du temps sans traces, passages d’escalade jusqu’au 2. En général non balisé. Souvent très exposé. Pentes mêlées de rochers délicates. Glaciers avec risque accru de glissade. Exigences : Excellente capacité d’orientation. Expérience alpine confirmée et habitude de l’utilisation du matériel technique d’alpinisme).

    J’ai donc cherché un itinéraire T6 pour voir à quoi cela pouvait ressembler et je suis tombé sur la Via alta verzasca qui s’effectue en quatre jours. Je vous laisse un petit lien Youtube vous vous ferez votre propre idée vous-même.
    https://www.youtube.com/watch?v=cR_5BsMDK3Y

    A +

    Routard

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Salut,

      Eh oui c’est ce que j’essaie d’expliquer dans cet article. Il y a aussi un gros aspect « communication » derrière ce qualificatif un peu fort. N’enlevons néanmoins pas au GR20 certaines difficultés inhérentes à son terrain et à sa température. Mais je suis d’accord qu’il existe bien des tracés qui égalent, voire surpassent, cette fameuse difficulté. La réputation du GR20 tient aussi beaucoup au fait qu’il est fréquenté par des personnes qui ne sont pas forcément des randonneurs confirmés à la base. Forcément leur retour d’expérience est plus épique et contribue au mythe. Sur les itinéraires comme celui sur ton lien YouTube, il n’y a que des connaisseurs en général. Ils sont nettement moins médiatisés, donc toute cette foule qui vit l’aventure de sa vie sur le GR20 en est absente. Moins de retours et moins de sensationnel du coup. Ce qui ne les dispense pas d’envoyer du lourd. Elle a l’air bien sympa d’ailleurs cette Via Alta Verzasca.

  21. Jos Répondre

    Bravo, superbe résumé, comme le GR la Corse ne vient pas à toi, elle se mérite si tu vas à sa rencontre.
    De mon expérience faire le GR20 nord-sud est une évidence pour au moins trois raisons :
    – La brise vient du sud ce qui rafraichi le visage.
    – Avoir le soleil dans le dos avec la réverbération du sol est terriblement désagréable, on sèche sur place.
    – Le sud est « monotone », les gîtes sont plus rapprochés dans le nord.
    Bref savoir avant d’y aller ce que l’on attend d’un GR, est la certitude de le terminer.

  22. Chloé&Anaël Répondre

    Bonjour, je souhaite effectuer le GR 20 mi septembre avec mon conjoint. Nous avons déjà réalisé mare a mare sud en autonomie totale au printemps en 5 jours et pas épargnés par le temps (3 jours de pluie non stop). Nous avions fait le choix de bivouaker hors des gîtes et refuges, donc à la mode « sauvage » au plus proche de la nature. Ce n’est donc pas possible pour le GR ?
    En outre, nous aurions aimé avoir des colis de ravitaillement dans certains refuges que nos proches nous auraient envoyés en gros 2-3 fois dans le parcours (car si pour Mare a mare nous portions nos lyophilisés pour 5 jours cela nous semble impossible pour 15 jours) pensez vous que cela soit possible ?

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Chloé,

      Pas de bol pour la météo lors de votre dernier périple en Corse. En septembre, en général, vous devriez bénéficier d’une meilleure pioche. Mais bon, désormais, avec la météo, tout semble possible. Alors je me contenterai de vous souhaiter le meilleur ! Je confirme que le bivouac en mode « sauvage » est strictement interdit sur le GR20 – et globalement sur l’ensemble du territoire du PNR – à cause des risques incendie. Et les Corses ne plaisantent pas trop avec ça, je vous le garantis ! Donc, sur le GR20, le bivouac sur les zones prévues, à proximité des refuges, est obligatoire. Et payant : c’était 7 euros par personne lors de mon passage. Deux choses maintenant, par rapport à la période : bien vérifier que tous les refuges seront encore ouverts car, vers fin septembre, certains peuvent fermer selon le bon vouloir du gardien et de son équipe. Donc les colis, pourquoi pas, mais autant s’assurer avant que le refuge sera ouvert pour le récupérer. Ceci étant, je me permets de nuancer l’idée et de vous inviter à vous rapprocher téléphoniquement des refuges où vous souhaiteriez procéder à ces envois pour être sûrs que le gardien sera ok. On est quand même en Corse et, selon le refuge, le sens du service est variable, allant du très bon au très mauvais selon l’humeur du jour ! En sachant que c’est aussi un business et que la plupart sont plus intéressés par le fait de vous voir prendre des consommations au refuge plutôt que de jouer les postes restantes sans que ça ne leur rapporte quoi que ce soit !

  23. Becour Répondre

    Bonjour
    Globalement d accord avec l article…Nous l avons effectue a 4 du 3 au 18 juin 2018 dans le sens Nord Sud. jusqu a Conca .Je suis un habitue des GR depuis 45 ans.
    Rando quelque peu humide et temperature tres fraiche…15 jours de pluies,d orage de grele,brouillard sur les cretes ( nous n avons jamais vu la mer…) et névés très nombreux a traverser des le depart. En fait c est une randonnee alpine et c est sur ce point que je desirerai insister. Nous etions bien équipés en autonomie complète ( tente, nourriture ,eau , materiel de sécurité soit 15 kgs chacun, 12 pour les femmes) mais nous avons rencontré beaucoup d’inconscient(e), pas prepare physiquement, mal équipé. Nous avons croise des accidents dont un a failli etre mortel (dégringolade d un névé sur 2/300m et arret inextremis avant un a pic … vertigineux). Je dirai que ce n est pas une randonnee difficile SI la preparation a été correcte auparavant mais dans tous les cas ,c est un sentier dangereux qui demande de la vigilance et une attention de tous les instants.
    Franck

  24. Becour Répondre

    Bonjour
    Globalement d accord avec l article…
    Nous l avons effectue integralement a 4 ( 50 ans :infirmiere,la logisticienne, 55 ans militaire ,marathonien, 61 ans marathonienne: cancer du sein en 2009: chirurgie puis 9 mois de chimio plus radiotherapie) ,65 ans nouveau zelandais : mental d acier , style All black 4X4 indestrutible ouvrait la piste sauf dans la neige ou c etait ma specialite) moi 60 ans medecin , moniteur de plongée ,chasseur invetere de bete noire) du 3 au 18 juin 2018 dans le sens Nord Sud. jusqu a Conca .
    Je suis un habitue des GR depuis 45 ans ou j ai commence par l integrale du GR 5
    Rando quelque peu humide et temperature plutot fraiche…15 jours de pluies, d orages de grele,brouillard sur les cretes ( nous n avons jamais vu la mer…) et névés très nombreux a traverser des le depart.
    En fait c est une randonnee alpine et c est sur ce point que je desirerai insister. Nous etions bien équipés en autonomie complète ( tente, nourriture ,eau , materiel de sécurité ,medicament soit 15 kgs chacun, 12 pour les femmes) mais nous avons rencontré beaucoup d’inconscient(e), pas prepare physiquement, mal équipé. Nous avons croises des accidents dont un a failli etre mortel (dégringolade d un névé sur 2/300m et arret inextremis avant un a pic … vertigineux). Je dirai que ce n est pas une randonnee difficile SI la preparation a été correcte auparavant mais dans tous les cas ,c est un sentier dangereux qui demande de la vigilance et une attention de tous les instants.
    Franck

  25. BECOUR Franck Répondre

    Totalement d accord avec cet article: le GR 20 n est pas un gr difficile pour un randonneur habitue a … marcher! Par contre , c est un gr alpin et je dirai dangereux mais avec un entrainement regulier, une bonne preparation logistique , une condition physique correcte , il ne pose aucun problème technique particulier a condition de tenir compte de la meteo.
    En montagne, ( car c est la montagne ) il faut etre humble et savoir prendre son temps

  26. Redfish Répondre

    Merci de remettre les pendules à l’heure avec cet article !
    Venez faire la grande traversée des calanques à Marseille (30km et 2000mD+/-) sur un terrain très accidenté (en prenant les variantes), c’est bien pire que 2 étapes du GR20 sur la partie nord..
    🙂

    Pour ma part, je compte le faire première semaine d’octobre, si la météo le permet.
    Avantage: Quasi plus personne sur le parcours, gites non gardés.
    Inconvénient: La météo peut être humide à cette époque (je repousserai d’un an ou plus si c’est le cas).
    A noter que je doublerai les étapes (habitué de la haute montagne et sac MUL, donc pas de soucis) et ne ferait pas de variantes ou de sommets (étant d’origine Corse et y passant mes vacances d’été, je peux les faire quand je veux).

    Niveau poids, je voyage MUL donc:
    -Sac sec: 4.2kg (poids du sac inclus, abri et système de couchage 0° confort).
    -Eau: 1kg (l’accès à l’eau n’est pas un soucis à cette saison).
    -Nourriture: 2.5kg sur la première moitié (ravitaillement à Vizavonne, épicerie de la gare) et 2kg pour la deuxième moitié.
    -Total: 7.7kg
    Aller, je m’alourdirai de 200gr pour prendre un maillot de bain !
    😉

  27. jean Répondre

    Bonjour,
    Je reviens de faire le GR20, du nord au sud, en 11 jours: c’est une expérience formidable, difficile, qui nécessite une expérience de la marche en montagne, très engagé physiquement . Les étapes du nord nécessitent de ne pas avoir d’appréhension du vide, quelques notions d’escalade sont utiles. Ce n’est pas un sentier à faire sans expérience ni préparation physique sérieuse. Le danger existe tout le long du trajet.
    Points négatif; l’accueil déplorable, pour ne pas dire odieux, dans bien des refuges, des prix excessifs, un véritable racket, des conditions d’hygiène catastrophiques dans la plupart des refuges( 1 WC difficile d’accès pour 70 personnes, 1 à 2 douches dans une cabane en bois sans fermeture……)
    c’est vraiment déplorable;
    Dernier point; dans bien des refuges les repas sont servis dans des assiettes et des couverts en plastique .
    Que fait le Parc Régional de Corse qui gère ces refuges……………
    En conclusions: Paysages extraordinaires , randonnée formidable mais infrastructures et accueil déplorable.

    1. regis Répondre

      Bonjour,

      Je souhaite effectuer le GR20 l’année prochaine.
      Seriez vous prêt par mail par exemple à me donner vos conseils, lieux à éviter, etc…?
      Je pars de 0 et je ne veux vraiment pas faire n’importe quoi, raison pour laquelle je vais me préparer durant cette année.
      merci pour votre réponse

  28. cepe30 Répondre

    En 20 ans j’ai fait 4 fois le GR20 (3 Nord/Sud en mai et 2x juin, 1 Sud/Nord en septembre), donc neige, orage pluie et soleil. En étant préparé, il n’est pas difficile mais cela reste un GR de montagne. Les via Alpina, par exemple, sont plus dures.
    L’accueil est de moins en moins bon et de plus en plus cher. A chaque refuge c’est une loterie. Privilégier les bergeries et une bonne solution à mon avis.

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Merci pour ce retour d’expérience Pascal ! On est d’accord que l’accueil sur le GR20 ne va pas trop en s’arrangeant, malheureusement. Les Via Alpina sont aussi des itinéraires sérieux, en effet, dont la durée justifie à elle seule la difficulté.

  29. al py Répondre

    Bonjour, depuis toujours, passionné par la Corse et y ayant habité plusieurs années pour mon travail, je me suis souvent servi du GR20 pour pénétrer à l’intérieur des massifs afin de randonner ou grimper dans des coins difficiles d’accès à cause du maquis.
    J’ai donc eu la chance de pouvoir faire plusieurs fois le GR20 par petits bouts en différentes saisons, ce qui j’en conviens est différent que de le faire d’une seule traite (mon sac étant évidemment bien moins lourd et évitant l’accumulation de journées successives).
    Mais donc par expérience, voici quelques rappels en vrac qui pourront, je l’espère, aider dans leur projet les futurs candidats au GR20:
    Attention aux différences de température, il fait souvent chaud en basse et moyenne altitude (très chaud en été) mais il peut faire très froid en haute altitude ou par mauvais temps. Les orages peuvent être très soudains et violents car on est en montagne! On peut passer dans une même journée de 35°C à 10 °C (ou même moins) en plein été.
    Donc bien consulter la météo et partez de bonne heure le matin.
    Si vous avez le choix, les périodes qui me semblent les plus favorables sont:
    – soit de mi-juin à mi-juillet (car attention jusqu’en juin, il peut y avoir des névés délicats mais bon avec le réchauffement climatique malheureusement, il y en aura certainement de moins en moins, et après juillet en été il peut faire très chaud),
    – soit septembre, (moins chaud mais les jours sont évidemment plus courts).
    Essayer d’alléger au mieux vos sacs car certaines étapes peuvent être fatigantes à la longue: ne vous encombrez pas de choses inutiles ne servant qu’à un confort illusoire et déplacé en montagne. Un sac moins lourd est bien plus confortable! Par contre, pensez toujours à votre sécurité en ayant un vêtement chaud et étanche dans le sac. Evidemment être à plusieurs est un gage de sécurité et permet de réduire le poids pour certains équipements de sécurité et de secours.
    Il faut boire beaucoup d’eau donc bien prévoir la quantité nécessaire pour chaque étape en se renseignant bien sur les points de ravitaillement car il y a des sources. Mais attention en été certains points d’eau peuvent être à sec (ou pollués en amont).
    Attention il peut y avoir du brouillard comme dans toute montagne et sur certains plateaux donc boussole et cartes ne sont pas superflues et ca permet d’apprécier ce qu’on fait et ce que l’on voit à l’horizon.
    Pour les randonneurs-alpinistes: il y a des sommets superbes à faire près du GR20.
    Si le beau temps est stable et si vous vous sentez en forme, faire la variante alpine vers Bavella vaut vraiment la peine.
    Digression pour info, pour les alpinistes, on pouvait (et j’espère que c’est encore possible certains hivers avec le réchauffement climatique) faire de la cascade de glace dans les versants Nord du Cinto en hiver et le printemps est superbe pour le ski de randonnée (attention les conditions de neige sont particulières et peuvent être difficiles selon l’exposition avec l’alternance de chaleur et de gel).
    A propos de la météo, je me souviens (il y a bien longtemps, sniff !, faisant la voie Finch dans la Paglia Orba) avoir eu quelques flocons de neige, c’était vers la fin Août !
    Allez bon GR20 et tous mes vœux de réussite pour les randonneurs méritants: Pace è salute …

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Hello !

      Plusieurs conseils valent assurément plus qu’un et toutes ces intéressantes précisions viennent ainsi parfaitement compléter le sujet de cet article. Merci pour toutes ces infos tirées d’une expérience personnelle qu’on devine riche ! Le GR20 n’est jamais aussi beau que lorsqu’il est bien préparé.

  30. Morin Luc Répondre

    Bonjour, merci pour cet article complet, nous allons passé le cap et réaliser la moitié nord en début septembre 2020. Dans votre article, vous parlez plusieurs fois d’articles annexes que je ne trouves malheureusement pas..
    Dans la constitution du sac et quoi emmener impérativement par exemple. Merci de votre lecture

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonsoir Luc,

      Oui c’est normal que vous ne les trouviez pas car… je ne les ai toujours pas écrits… je me fais toujours rattraper par d’autres choses et la liste des articles à écrire s’allonge et s’allonge indéfiniment. Si vous avez besoin d’infos, n’hésitez pas à m’écrire, je vous répondrai avec plaisir. Mon mail c’est contact_at_carnetsderando.net !

  31. bretigniere Répondre

    Bonjour,
    Je vais faire le GR20 en septembre,option « allégée »..portage de sac,reservation gîte..Il n’en reste pas moins que la difficulté dûe au terrain et à la longueur est bien réelle (en plus de mon âge,65!)..bref…en étudiant le topo guide,j’ai vu qu’il y avait des liaisons entre les refuges.J’ai cru comprendre qu’il s’agit de « raccourcis » pour ne pas faire tout le GR,au cas où !!!
    Avez vous des infos dessus?
    Je vous remercie et vous souhaite un bel été
    Danielle Brétignière

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Danielle,

      Je pense que vous faites référence aux variantes alpines du GR20. Il ne s’agit pas de raccourcis, même si, parfois, la distance est plus courte que le tracé normal. Il s’agit de chemins alternatifs, plus alpins, parfois un peu plus engagés, qui permettent de franchir des passages plus techniques et plus montagneux. On n’y gagne pas forcément du temps mais c’est joli pour peu qu’on apprécie ce genre de terrain ! Bel été à vous aussi, merci 🙂

  32. Jc Répondre

    Comme le dit un collègue de marche ariégeois tant qu’ils sont sur le GR20 , ils ne sont pas sur la HRP, et égoïstement nous pouvons en profiter pleinement sans en avoir la foule et cerise sur le gâteau c’est libre, gratuit , même dans le parc national on peut bivouaquer En dehors des gites
    Jc

  33. stephane Répondre

    Très bel article.
    Cela donne envie de fouler à nouveau ce GR20.
    Concernant la météo, outre la chaleur, les coups de vent d’ouest sont aussi à prendre en compte même en été.
    Ma saison préférée pour le faire n’est pas l’automne mais plutôt mai ou juin.
    Bonne continuation
    stephane@meteo-formation.fr

  34. stephane Répondre

    Très bel article.
    Cela donne envie de fouler à nouveau ce GR20.
    Concernant la météo, outre la chaleur, les coups de vent d’ouest sont aussi à prendre en compte même en été.
    Ma saison préférée pour le faire n’est pas l’automne mais plutôt mai ou juin.
    Bonne continuation

  35. AB. Répondre

    Bonjour,

    Je me suis fixée de m’attaquer au GR20 en Juin 2021.
    Je voudrais me préparer physiquement en attendant ce grand moment. J’habite Paris.
    Aurais-tu des randonnées à conseiller dans la région Ile de France pour se mettre gentiment en jambe ?
    Merci

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Audrey,

      C’est bien d’envisager une préparation pour le GR®20. Elle ne sera pas inutile ! Du côté de l’Île-de-France, les marcheur/ses qui veulent s’entraîner à faire du dénivelé vont généralement le faire sur Fontainebleau. Il y a des enchaînements et des boucles qui permettent de cumuler du dénivelé. Étant plutôt inféodé au sud-est, je ne suis pas le meilleur conseiller pour t’orienter ensuite précisément vers telle ou telle randonnée à Fontainebleau. Je t’envoie donc chez les copains de Helloways qui, eux, sont d’Île-de-France et maîtrisent bien le territoire. Il y a sur leur site, je pense, des suggestions d’itinéraires sur Fontainebleau qui pourront te convenir. Au départ de Paris, le temps d’un week-end, tu peux aussi aller faire du dénivelé dans le Morvan. C’est à 2h en train de la capitale. Et puis il faudra, je pense, te prévoir une ou deux semaines quelque part en montagne pour un entraînement qui corresponde davantage au terrain. Il n’y aura que le facteur chaleur qui sera difficile à recréer. Bon entraînement !

  36. Alain Répondre

    Bonjour,

    Merci pour cet article et le partage d’information.
    Je songe depuis quelques années à me lancer dans ce GR et je pense concrétiser cela en 2021.
    Je ne suis pas randonneurs, juste de nombreuses baladas dans la chaine de l’étoile vers Marseille et quelque petits trail.
    D’après votre experience, est ce que le massif de la Sainte Victoire peut constituer un terrain d’entrainement relativement proche des conditions du GR20 (dénivelé, sol, ..) afin de tester mes capacités ?

    Par avance merci.

    Alain

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Alain,

      Hey… y’a un peu de ça oui. En terme de continuité ça ne matchera pas trop mais en terme de terrain et de chaleur (selon la aison), la Sainte peut bien constituer une première base d’entraînement dans sa face sud. C’est toujours mieux que rien et ça ne me paraît pas absurde en tout cas !

  37. Laila Répondre

    Bonjour
    Merci pour cet article au fil duquel nous retrouvons bien notre vécu du GR20.
    Mon mari l’a parcouru plusieurs fois dans les deux sens étant jeune. Perso, je ne suis pas très sportive, mais j’adore la rando et je n’ai pas le vertige.
    Nous avons emmené nos 3 gars 6 jours sur la partie nord du GR20 l’été 2019 (entre asco et Vizzavone), alors qu’ils avaient 7, 11 et 13 ans. Ce n’était pas notre 1ere rando itinérante de moyenne montagne et ils sont donc habitués à marcher (le petit a fait sa 1ere rando sur 3 jours à 3 ans…), mais globalement nous n’avons rencontré aucune grosse difficulté. La chaleur en aout est évidemment un point à anticiper, et nous avons voyagé léger…
    Cet été, nous souhaitons réitérer l’expérience sur la partie Sud, dans le sens Sud-Nord sur 5 j (entre le col de Bavella et Capanelle), en faisant au moins 2 sommets (MOnte Incudine et MOnte Renoso), ce qui nous obligera à ne pas suivre à la lettre les étapes « classiques ». Je peine à trouver des repères de temps de trajet pour évaluer la faisabilité de nos étapes (la dernière fois, les temps de trajet du topo guide nous ont paru complètement fantaisistes, parfois sous ou d’autres fois sur estimées…) et à savoir s’il y a d’autres hébergements que les refuges du PNRC pour « personnaliser » notre trajet.
    Auriez vous des sites, forums, ou autres sources à nous conseiller? Peut être auriez vous des conseils de faisabilité des étapes à me donner si je vous détaille notre projet?
    Merci d’avance!

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Bonjour Laila,

      Merci pour votre message et bravo à vos loulous pour cette expérience sur le GR20 ! Concernant les temps de trajet, c’est clair que le topo ne peut pas toujours être raccord avec l’expérience personnelle. Surtout sur la partie nord du GR20 qui déroule très mal. Cela reste un temps moyen calculé sur la base du 300m/h de D+ pour un adulte et 3 km/h sur le plat. Cela varie ensuite forcément d’une personne à l’autre en montagne fonction de son expérience, de sa forme du moment, de son chargement… Rien d’étonnant donc à ces écarts constatés entre les données du topo et ce que vous faisiez réellement. Cet écart devrait néanmoins se réduire sur la partie sud qui bénéficie d’un terrain un peu plus « raccord » avec le calcul moyen sur lequel s’appuient les durées estimées. Difficile, par ailleurs, d’échapper aux nuits dans les refuges du Parc Naturel. À moins de transgresser le règlement et de tenter le bivouac. Ça reste un peu une « mafia » l’hébergement sur le GR20. On ne s’y installe pas comme ça quand on est hébergeur. Il y a des règles, fixées par le PNR, à respecter. Donc, pour le/la marcheur/se, ça manque un peu de flexibilité, malheureusement. Je veux bien regarder votre parcours pour voir si je peux vous aider en quoi que ce soit. Pas de souci pour ça : contactez-moi par mail en m’écrivant à l’adresse contact@carnetsderando.net . Autrement il reste aussi le forum du site Le GR20 sur lequel vous pourriez trouver d’autres sources d’information pour la préparation de ce nouveau projet.

      Amicalement,

      David

  38. Beone68 Répondre

    Bonjour,
    Je rejoins l’analyse de David et on le voit également dans les commentaires. Le GR20 « profite » de sa réputation pour attirer des personnes qui n’ont jamais fait de randonnées itinérantes. Partant en mode « cette année on fait le GR20 », même avec de la préparation physique, l’expérience peut être difficile lorsqu’on n’a pas l’habitude de cette pratique (faire un sac, gérer l’effort/l’alimentation, dormir correctement en refuge/bivouac…).
    Habitués des randonnées itinérantes (autonomie totale sur plusieurs jours), nous avons parcouru le GR20 en 2008. En suivant les étapes recommandées, c’est une randonnée comme une autres. Par contre, l’équipe d’étudiants kinés qui a pris le départ en même temps que nous, bien que plus sportifs et entrainés, a abandonné au bout de 3 jours (sacs trop lourds + équipement pas adapté au temps froid/pluvieux que nous avons rencontré en début de saison cette année).
    Même si les paysages sont magnifiques, le racket organisé (refuge, alimentation, bivouac officiels), les gérants désagréables (refuges) et la cohorte de touristes sur les chemins et à l’étape font que nous n’y retournerons pas et ni n’encourageons les randonneurs à y aller, sauf à vouloir les dégoutter de l’activité.

  39. Fred Répondre

    Bonjour, merci pour l’article, très très intéressant en soi ! Et comme le dit l’auteur, nous faisons parti de ces gens un peu fou pour qui ce GR (la moitié en fait, dans le sens Vizzavona -> Calinzana) sera le tout premier, pendant la première quinzaine de juillet 2021 (et on n’est pas spécialement habitué à la randonnée sur plusieurs jours !)
    Mais on a prévu le coup et on a toutes nos nuits ou presque en refuge, maintenant si l’auteur (ou d’autres personnes expérimentées) pouvaient répondre à mes questions, ce serait fort sympathique : y a t-il de gros risques de punaises de lit dans certains refuges et si oui, lesquels sont concernés ? Et surtout : que nous conseillerez vous pour dormir la nuit (on est pas frileux mais bon autant être prévoyant) en refuge ? Faut il véritablement un sac de couchage qui peut être lourd, ou alors un sac à viande plus léger peut-il suffire ?
    Merci d’avance pour vos réponses et peut être à bientôt sur la route !

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Salut Fred,

      Alors le souci des punaises de lit a souvent été d’actualité sur le GR20. C’est difficile d’être sûr à 100% pour te dire s’il faut toujours les redouter et, si oui, où exactement plus qu’ailleurs. Pour ça il faudrait être sur place car les données changent chaque année. Mais sache que le GR20 et ses refuges restent des spots à punaises quoiqu’il en soit. Il vaut mieux le prévoir ainsi que d’avoir de mauvaises surprises. Lors de mon dernier passage sur ce GR – qui remonte déjà à 2017 – le refuge de Carozzu était alors particulièrement concerné. J’espère pour eux que ça a changé !

      Les nuits ne sont pas spécialement froides en Corse. Mais tu es quand même en terrain montagne et il suffit d’un orage ou d’un changement de temps pour qu’au milieu des nuits douces s’incruste une nuit plus froide. C’est un risque possible même si la tendance nocturne est aux températures acceptables. Si vous dormez en refuge, un sac à viande devrait faire l’affaire, quitte à vous couvrir un peu plus selon (polaire ou tee-shirt mailles chaudes). Il fait chaud dans les dortoirs des refuges avec tout ce monde entassé. En tente c’est un peu plus aéré mais le sac à viande sera quand même un peu léger. Un sac de couchage light avec une température de confort comprise entre 6 et 10° serait préférable et constituerait un bon compromis.

      Bon GR et faites pas trop les fous-fous 😉

  40. Guillaume Répondre

    Bonjour,

    Article très agréable a lire et qui aborde de nombreuses composantes relatives au GR, il en manque toutefois une selon moi, et qui fait dire à de nombreuses personnes, dont des randonneurs aguerries, que ce GR est particulièrement dur, c’est la difficulté technique.

    N’étant pas le plus expérimenté, j’ai néanmoins une certaine expérience qui me permet de comparer, et à ce jour, ce GR est pour moi le plus dur, et loin devant le TMB ou le tour des Ecrins (je n’ai pas fait la HRP).

    Même si le tracé est rarement vertigineux, ou très engagé, je n’ai jamais vu autant de passage de dalles, et sur des longueurs/hauteurs importantes, de passages ou il faut mettre les mains à la monté et à la descente et ce avec très peu d’équipement type chaines ou câbles et ce sur plusieurs étapes.

    Pour moi, même s’il faut effectivement dissocier l’aspect physique et technique et le fait de le faire en 7 ou 16 jours, ce GR est techniquement difficile, voir très difficile.

  41. Routard Répondre

    Bonjour,

    Il est en effet risible de penser que le GR 20 est le sentier de randonnée le plus difficile d’Europe. Il n’existe d’ailleurs aucun classement à ce sujet. Il n’y a ni deuxième ni troisième, le GR 20 semble occuper la seule place disponible. Cependant, une fois qu’on a dit cela on n’a pas dit grand chose. Ce qui semble intéressant c’est de comprendre pourquoi on en est arrivé à cet argument marketing imparable pour achalander les randonneurs en herbe.
    Pour ce faire, il est intéressant d’analyser la philosophie générale des GR de la fédération française de randonnée. Les GR sont des grandes traversées de plusieurs centaines de kilomètres qui traversent plusieurs régions françaises. La plupart du temps, ils empruntent des itinéraires bien tracées avec de larges pistes et chemins. Les singles, les sentes ou l’ensemble des itinéraires ludiques ou techniques quels qu’ils soient sont rares. Lorsque ceci sont empruntés, l’impression est tenace, carte à l’appui, que le GR n’avait en réalité pas le choix et que c’était le seul itinéraire possible. Cela va sans dire que la rareté de sentiers techniques n’enlève rien à la beauté des paysages traversés mais le côté aventure, immersion dans la nature lui en pâtit un peu.
    A ce titre le GR 20 présente trois particularités pour un GR. La première c’est sa faible longueur par rapport aux autres GR (179 km) qui permet au randonneur de l’effectuer d’une seule traite. Ceci permet au marcheur d’avoir un sentiment d’accomplissement car il peut parcourir aisément le sentier en entier.
    La deuxième c’est l’absence de temps mort sur le parcours. En effet, le parcours est magnifique durant tout l’itinéraire. Ce point est corrélé au premier car il est en effet plus difficile de mettre au point un tracé magnifique de bout en bout sur plusieurs centaines de kilomètres.
    La troisième particularité, et c’est ce point qui fait couler beaucoup d’encre, c’est la présence de passages techniques/ludiques avec la nécessité de poser les mains et d’utiliser des chaines. Il existe évidemment des passages techniques sur d’autres GR mais la densité de ces passages est bien plus forte sur le GR 20 que sur n’importe quel autre GR.
    Ce cocktail détonnant explique le succès du GR 20 et sa désignation marketing de sentier le plus dur d’Europe.

    Cet état de fait amène à se poser la question suivante. Pourquoi il n’existe pas, ou peu c’est selon (GR 54, GR 738), d’autres itinéraires du même type ? Pourquoi éviter les singles, les passages techniques ? Il existe même des exemples de GR qui passaient par des passages ludiques et qui n’y passent plus, et ce, pas seulement en haute montagne (il semble en effet réducteur de penser que l’aspect ludique ou sinueux d’un itinéraire ne serait que l’apanage de la haute ou moyenne montagne). Plusieurs exemples :
    – Les GR 1/11 dans la forêt de Fontainebleau passaient auparavant dans les rochers ce qui n’est plus le cas. Source : https://randosacaudos.blogspot.com/2012/12/randonnee-le-plus-loin-possible-gr-11.html
    – le tracé du GR 98-51 a été modifié dans les calanques. Source : http://www.calanques13.com/chemin-port-pin-en-vau.html
    – le tragique accident de 2015 a eu raison de l’itinéraire du GR 20 à travers le cirque de la solitude.
    Dans le futur, le GR 4 passera t’il encore par le sentier Martel dans les Gorges du Verdon ?

    Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer cela :
    – la charte des GR implique que l’itinéraire doit être sécurisée. Ce qui amène la question de la responsabilité pénale vis-à-vis des parties prenantes (commune traversée, fédération,…).
    Il faut cependant noter que dans d’autre pays des cotations de randonnées permettent le balisage de chemins vertigineux et difficiles (club alpin suisse par exemple), sans parler des balisages des voies d’escalade ou d’alpinisme
    – la négociation avec l’ONF ou les parcs naturels. Le passage d’un GR dans un petit sentier peut amener beaucoup de passages et peut faire craindre aux différents acteurs qui opèrent sur le secteur une dégradation de la zone traversée. Dans ce cadre, la fédération n’a peut être pas le choix et doit faire passer le GR sur de grandes pistes bien tracées. Dans ce cas, il convient de constater l’échec de cette politique à Fontainebleau par exemple où le succès du circuit des 25 bosses (non balisé GR) ne se dément pas
    – la difficulté à baliser et entretenir un itinéraire technique ou sinueux. Ce type d’itinéraire peut nécessiter un balisage important et éventuellement plus d’équipement (chaînes, échelles..)
    – certains avancent comme argument la moyenne d’âge avancé des adhérents à la FFrandonnée. Personnellement je n’aime pas ce type d’argument ad hominem qui sous-estimerait la capacité de randonneurs expérimentés à créer de superbes itinéraires.

    Il y a des itinéraires plus difficiles que le GR 20 mais ce ne sont tout simplement pas des GR. Afin de pallier à ce manque, certains ne se sont pas fait prier pour mettre au point des itinéraires techniques non balisés de toute beauté. La haute route pyrénéenne par exemple où la Trans’Alpes dont la profession de foi semble à la fois expliquer le succès de l’atypique GR 20 et illustrer le manque actuel dans le maillage du territoire Français par les sentiers de grande randonnée :

    « Le guide de rando Trans’Alpes vous propose une traversée des Alpes entre le Lac Léman et la Mer Méditerranée. Cette traversée, qui se veut aussi montagnarde que possible tout en restant de la randonnée, occupe en gros l’espace libre entre le GR 5 et la “Haute Randonnée Alpine”, du point de vue des altitudes (en moyenne entre 2000 m et 3000 m) et des difficultés. Sorte de “chaînon manquant” entre ces deux traversées. Au-dessus des GR, en dessous des glaciers », telle serait la devise de cet itinéraire proposé par Jérôme Bonneaux dans ce topo-guide paru en 2010. Un itinéraire en filiation directe avec la Haute Route Pyrénéenne (HRP), parcours célèbre depuis les années 1970, ce qui n’est pas un hasard: J. Bonneaux a collaboré avec le pionnier Georges Veron sur les dernières éditions du topo de la HRP, et certains désignent d’ailleurs la Trans’Alpes comme la HRP des Alpes »
    https://editions-montrouch.fr/guide-transalpes/
    https://www.youtube.com/watch?v=vOWD6iDDxaQ&list=PLk7KBUeq5BG5BA6ICn0irVGOMbKQ8UELh

    Amicalement
    Routard

  42. guene Répondre

    Bonjour,

    j’envisage de faire le GR 20 l’été prochain en 8 jours avec mon fils de 16 ans. Je me pose la question sur le rythme à tenir chaque jour. Est il suffisant d’avoir une marche soutenue ou faut il courir un peu, souvent.

    Merci

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Hello !

      8 jours ça promet d’être assurément très sport ! Courir sur la première partie, de toute façon, c’est pas envisageable (j’entends dans le sens nord-sud). Le terrain est trop accidenté la plupart du temps. C’est difficile de progresser vite, même en marchant parfois. Et puis tout dépend de ton chargement sur le dos aussi. Sur la seconde, déjà, ça déroule beaucoup plus et ça peut à nouveau s’envisager. Mais la marche soutenue me paraît celle qu’il faudra user le plus souvent. Partez vraiment supra tôt le matin pour pouvoir couvrir vos distances (on parle de doubler les étapes tout le temps dans ton cas de figure) et arriver avant qu’il fasse trop chaud, avant les risques d’orage et, surtout, pour avoir suffisamment de temps pour la récupération avant de remettre le couvert le lendemain. Vous êtes de sacrés sportifs avec ton fils !

  43. Julien B Répondre

    Entierement d’accord avec ton analyse, ma recommandation à toute personne qui le fait c’est d’avoir 15 jours devant soi (les 16 étapes sont récentes) et de doubler si on le sent mais de ne pas y être obligé. Le poids du sac change tout, je recommande mille fois un sac de 8kg vs 20kg. Je l’ai fait avec un sac de 8kg, doublé quelques étapes (10jours) et j’étais très bien, je l’aurais fait en 15 jours il aurait été très accessible en effet pour un bon marcheur. Les étapes durent snot celles du nord, avec des pierriers assez usantes pour les articulation (le cirque de la solitude n’est absolument pas compliqué sauf si on a le vertige

  44. Stéphane D Répondre

    Le GR20 aura son lot de différentes difficultés en fonction de la manière dont vous désirez le parcourir , soit étape à étape , soit en/les doubler, les tripler ou autre . Et là ce n’est plus la même !!! Et certaines étapes st bcp plus dures que d’autres et en doubler voir plus n’est pas donné à tout le monde et loin d’être facile , surtout si vous doublez genre deux étapes dures !! Le GR20 est très très rocailleux mais avec des parties sablonneuses.
    Mais il est d’une beauté à couper le souffle . Comme l’île ds son ensemble qui ne porte pas son nom d’île de beauté pour rien .
    Comme cela a été dit il n’est pas roulant comme peut l’être le tour du Mont Blanc par ex dont lors de ma traversée du GR20 en juin 2016 , j’avais fait quelques passages avec deux traileurs qui ont couru l’UTMB et que l’on a croisé un couple de savoyards qui comme eux m’ont dit que l’UTMB qui n’est autre que le tour du Mont Blanc est bcp plus facile que le GR20 . La il est vrai que je parle en terme de course et l’UTMB se parcourt en 19h49 pour les meilleurs et 30h25 pour le GR20 . Cela indique bien le degré de difficulté des deux et que le GR20 est moins roulant et plus technique. Et il y a 20 kms en plus sur le GR20.
    L’article est très complet et les explications précises . Et c’est bien expliqué ce qui fera votre traversée du GR20 « plus facile « ou plus difficile « .
    Il faut bien comprendre qu’on ne se présente pas au départ du GR20 ou autre GR non préparé et que l’on est en montagne, voir en haute montagne et que la météo est changeante et qu’avant tout il faut la « respecter « en tous points .

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