Pays de Bray : Voyage à Pied dans la Seine-Maritime Confidentielle

Le Pays de Bray c’est la Normandie intime. Celle qui ouvre grand ses portes au visiteur curieux et désireux de cueillir les moindres trésors du département. Dans cette grande virgule, à l’origine géologique exceptionnelle, se dévoile un paysage caractéristique qu’on nomme ici très poétiquement « la Boutonnière ». Un terroir qui respire le secret bien gardé. Une dynamique touristique y a toutefois démarré depuis plusieurs années pour faire découvrir l’histoire et le patrimoine paysager de ce qui est considéré, ici, comme le château d’eau du département. Et en parlant de château, c’est précisément devant celui de Mesnières-en-Bray, dans la vallée de la Béthune, que j’ai rendez-vous pour explorer cette Boutonnière. Au programme, un belvédère remarquable et une forêt à feuilleter, au fil d’une boucle facile et immersive entre pentes cultivées et sous-bois. Vous cherchiez une autre vision de la Seine-Maritime ? N’allez pas plus loin, c’est ici, en Pays de Bray !

Difficulté : moyen| Distance : 10 km| Dénivelé : 235 m| Durée : 2h30 | Carte : IGN TOP 25 1/25000è 2009OT – Forêt d’Eawy / Neufchâtel-En-Bray


Petit matin d’été en Seine-Maritime. Quelques lambeaux de brume s’attardent encore sur un horizon de cultures. Le soleil, qui a pris son élan derrière la colline Saint-Amador, a déjà déployé un large rideau lumineux sur le Pays de Bray. Un concert enjoué de gazouillis, porté par un orchestre de passereaux virevoltant, se mêle à la rumeur du courant de la Béthune. Le cadre est bucolique et donne envie de sourire béatement. Après la Forêt de Brotonne, nous voici à Mesnières-en-Bray, au départ d’un circuit d’une dizaine de kilomètres : la Forêt du Hellet.

C’est une Normandie apaisante et apaisée qui nous accueille ce matin-là, Clément, Olivier et moi, pour ce deuxième jour de reportage

À la sortie du village, à l’intersection de l’Avenue Verte – de son vrai nom Avenue Verte London-Paris – et de la route départementale reliant Bully à Lucy, a été érigé un large totem marquant le point de départ de notre itinéraire. Au-dessus d’un parterre de fleurs rose bonbon, Mesnières-en-Bray affiche la couleur : ici, c’est un village de randonnée ! Les marcheurs/ses sont donc les bienvenu(e)s, comme me le confirme l’accueil qui nous est réservé ce jour-là par Bernard Bruchet, le vice-président de la Communauté de Communes de Bray-Eawy, qui a fait le déplacement rien que pour nous.

Pays de Bray

Je donne le coup d’envoi de la journée. Silence, moteur, action. Clément s’élance devant la caméra d’un pas tranquille, sur le billard de l’Avenue Verte. Comme souvent, c’est une ancienne ligne de chemin de fer – en l’occurrence celle qui reliait Dieppe à Serqueux, à une vingtaine de kilomètres d’ici – qui a été reconvertie en piste cyclable, entre Dieppe et Forges-les-Eaux. Un échauffement parfait pour affiner le rythme tranquille qu’il convient d’adopter sur cette boucle. Un petit rond vert, surmontant une flèche sur un poteau en bois, nous invite à quitter l’Avenue Verte par la gauche pour prendre rapidement la clef des champs.

Le Pays de Bray, cette exception géologique – comme on nous l’expliquera plus tard – s’apprécie définitivement mieux d’un pas lent.

L’agriculture, c’est la deuxième facette identitaire du Pays de Bray. C’est aussi un héritage, qui continue de façonner le paysage. À l’origine, le bocage, dont le randonneur profite parfois à la faveur d’une trouée derrière une haie, était plus marqué. Tout comme l’imbrication entre les parcelles dites en herbe et les monocultures. Les années 50, la mécanisation et les quotas laitiers, ont fini par rompre cet équilibre, laissant les espaces céréaliers gagner petit à petit en surface. Et c’est dans ces pentes cultivées, où frissonnent des hectares de seigle et de blé, que s’engage, dans un second temps, notre itinéraire.

Pays de Bray

Notre objectif, c’est la colline Saint-Amador, dont la couronne boisée émerge comme une île au-dessus d’une mer de céréales. C’est l’effort du jour. Et le mot est déjà fort. Avec à peine 100 mètres d’élévation entre les berges de la Béthune et la table d’orientation installée à flanc de colline, il n’y a guère le temps de mouiller le maillot ! Les cultures s’arrêtent net aux abords des 150 mètres d’altitude. Un agréable couloir en herbe, ouvert dans la végétation dense de la colline, se fraye alors un passage sur le fil de cette démarcation. Plus loin, un panneau nous invite à gravir quelques marches pour accéder au belvédère.

Le belvédère de Saint-Amador, c’est un beau petit espace qui a été dégagé pour faire les présentations avec le Pays de Bray. Un immanquable ici.

Là-haut, on retrouve Serge, agent et technicien de l’Office National des Forêts, aujourd’hui à la retraite, dont c’est ici le terrain de jeu et à qui on a donné rendez-vous. Grâce à lui, on va pouvoir lire le paysage avec davantage de précision. « Ce que vous avez sous les yeux« , commence-t-il, « s’appelle la Boutonnière du Pays de Bray. C’est une formation géologique assez unique qu’on doit au plissement des Alpes, il y a des millions d’années. C’est une sorte d’échancrure qui s’étire entre Beauvais et Dieppe sur une soixantaine de kilomètres. Ici c’est la partie haute, qu’on nomme habituellement les Cotes de Bray. »

Pays de Bray

Je suis le doigt de Serge qui pointe vers des éléments à l’horizon repris sur la table d’orientation. Comme, par exemple, ces lignes boisées continues qui coiffent les pentes environnantes. On y reconnaît d’ailleurs Eawy, l’une des grandes forêts du département avec près de 6500 hectares, au-dessus du village de Pommeréval. Je passe en revue les caractéristiques de ce Pays de Bray qui ouvre grand ses bras face à nous : des prairies, des fermes entourées de ce qu’on appelle ici des prés-vergers, un habitat assez dispersé… Et de l’eau. En abondance. « La Boutonnière, c’est un peu le château d’eau de la Seine-Maritime. », continue Serge.

En montant vers la colline Saint-Amador, un sentier pédagogique instruit le visiteur sur la nature des plantes et des arbustes vivant sur le coteau

« De nombreuses sources trouvent leur origine ici, qui formeront les vallées de l’Epte et de l’Andelle, affluents de la Seine, celle du Thérain, plus au sud, qui se jette dans l’Oise et, ici, celle de la Béthune qui, en coulant vers le nord, finit sa course dans la Manche.«  Le spot vaut donc largement le – petit – détour pour embrasser d’un regard le territoire. Et les naturalistes n’ont pas été oubliés car la colline calcicole de Saint-Amador, qui porte la double casquette de ZNIEFF et d’ENS, abrite quelques spécimens végétaux qui méritaient bien que le lieu soit classé et protégé. Avis aux amateurs : selon la saison, vous croiserez donc ici orchidées, Parnassie des Marais, Gentiane d’Allemagne ou encore  Phalangère Rameuse.

Pays de Bray

Armés de ces connaissances, on bascule ensuite en contrebas de la colline pour retrouver notre chemin. En embarquant bien sûr Serge avec nous pour quelques heures. Les vaches font leur apparition dans le paysage, sur un reliquat de ces fameuses parcelles en herbe peu à peu grignotées par la monoculture, parfaitement indifférentes à notre passage. Puis une trouée se fait dans le mur opaque du bois qui se dessine au-delà des champs. On y plonge sans hésitation à la suite du balisage : la Forêt du Hellet n’a fait qu’une bouchée de nous.

La Forêt du Hellet se caractérise ici par sa gestion dite en taillis sous futaie, un hybride des deux principaux régimes forestiers couramment en usage dans nos forêts françaises

Un coup d’œil autour de moi me fait vite reconnaître des chênes sessiles de grande taille, mais aussi parfois du hêtre ou encore des frênes. Les érables s’immiscent également dans le sous-bois. C’est le principe du taillis sous futaie : laisser pousser diverses essences, ainsi que le taillis à leur pied, afin de récolter, lors des coupes, un bois varié, tant en nature qu’en diamètre. C’est quelque chose de difficile à voir pour le néophyte. L’organisation de la forêt est pourtant induite par ce plan et un œil averti pourra identifier les zones dites de réserve où l’âge des arbres est invariablement lié à celui du taillis. Un bruit furtif nous fait tourner la tête vers la futaie. Je cherche à accrocher un mouvement, mais rien. Saisir la vie dans la forêt est un exercice de patience.

Pays de Bray

Le sentier ondule dans le sous-bois en alternant entre trace étroites, belles allées sous futaie et combes creusées. On y goûte au plaisir de la promenade en forêt tout en restant attentif aux explications de Serge. « La forêt a une longue histoire. Elle a autrefois été la propriété de l’archevêque de Rouen, d’une part, et du roi de France, de l’autre. Elle se retrouve cependant vendue comme bien national à la Révolution. Plusieurs particuliers en achètent des parcelles, à l’exception de 306 hectares grevés de droits d’usage qui finiront par être acquis par l’État au titre de forêt domaniale. C’est cette partie qui est aujourd’hui la Forêt de Croix Dalle. »

Les grands ongulés français se baladent dans Hellet. Sangliers, chevreuils et même cerfs peuvent être aperçus par les plus opiniâtres. Tout comme les martres, fouines et autres belettes.

Le rythme de la randonnée ralentit dans Hellet. L’itinéraire laisse le temps au marcheur de s’imprégner de son atmosphère forestière réjouissante. On y traverse des clairières, des pessières clairsemées, de petits tunnels arborés. On se laisse glisser jusqu’à la Queue du Hellet avant de reprendre de l’altitude, à travers un bout de la Forêt de Croix Dalle, jusqu’au rebord du plateau dominant le Pays de Bray. Un puits de lumière se dévoile bientôt dans l’épais mur de végétation. Par ici la sortie.

Pays de Bray

On quitte la forêt du Hellet comme on y est entré : en un instant ! Sans transition, c’est alors le retour à l’univers des champs de lin et de blé. Le tracé, provisoirement commun avec celui du GR® de Pays des Forêts de Haute-Normandie, dessine une chicane à travers les immenses parcelles agricoles pour s’en aller rejoindre Mesnerettes, au nord-ouest de Mesnières. Un coup d’œil à la montre : on est sacrément à la bourre sur l’horaire et à notre rendez-vous avec Marie-Amélie, au château de Mesnières. Mais l’appel de l’image est le plus fort !

Le choix de la saison aura son importance pour révéler toute les saveurs de cet itinéraire. La fin du printemps, de Pâques à début juin, apparaît comme le meilleur choix pour profiter des couleurs des champs, des prairies et de la forêt.

Avec Olivier, on ouvre encore les vannes à nos envies créatives de jouer avec les formes et les couleurs de ces immenses vagues de céréales au milieu desquelles Clément paraît minuscule. On regrette presque d’avoir manqué le spectacle du printemps. Covid et confinement oblige, il a fallu reporter notre reportage en Seine-Maritime à juillet. Déjà séduit, en cœur d’été, par le charme de ces espaces façonnés par l’activité humaine, on n’ose imaginer le degré de magie supplémentaire que doivent dégager leurs couleurs en début de saison. Les portes de ce monde agricole se referment finalement au bas de la cote de la Garenne aux Lièvres. Les premières maisons de Mesnières sont là et l’arrivée toute proche.

Pays de Bray

Avec à peine un peu plus de 900 habitants, Mesnières-en-Bray aurait pu se contenter d’être une petite bourgade discrète, anodine et traversante, essentiellement tournée vers l’agriculture. Elle affiche, bien au contraire, une volonté flagrante de rayonner et d’inviter le visiteur à l’étape. Il y a du cachet et de la joie de vivre à Mesnières et un goût certain pour les couleurs, les fleurs et les parfums. La commune fait d’ailleurs partie des 4471 ayant obtenu le label « Village Fleuri » et arbore, non sans fierté, son rang de « 4 fleurs » associé. Une récompense qui n’est pas le fruit du hasard mais, au contraire, le résultat mérité d’une dynamique municipale exemplaire.

Petit par la taille mais pas par les idées, Mesnières sort le grand jeu autant pour le touriste de passage que pour l’habitant

Au détour d’une rue apparaissent potagers et vergers publics, cabane à livre, exposition photographique en plein air sur la nature, toilettes publiques… Un effort collectif pour se démarquer et faire vivre la commune porté par Dany Minel, le maire de Mesnières, avec qui on a eu la chance de passer un moment. Un maire qui est aussi un randonneur et qui est à l’origine du développement des sentiers et des aménagements autour de son lieu de vie. Débarrassé du carcan du protocole, il nous entraîne avec lui à la découverte de tous ces détails qui font aujourd’hui de Mesnières une grande ville parmi les petites. Un résultat bluffant qui a nécessité – et nécessite encore – de la persévérance.

Pays de Bray

« Pour le randonneur, on a fait des aménagements, mis en place des signalétiques, ouvert des hébergements, des points de restauration.« , nous explique Dany Minel avec une passion palpable. « On a ouvert des circuits, et pas uniquement celui que vous avez parcouru aujourd’hui. On a, par exemple, le grand communal, un circuit en balcon sur le Pays de Bray, qui peut vous occuper la journée. Et puis ici, en juillet, se tient la Semaine de la Randonnée dont ce sera la 11ème édition cette année. Chaque jour, on y propose une randonnée différente pour découvrir le territoire. »

« La randonnée c’est vraiment un pivot autour duquel articuler la valorisation du Pays de Bray. C’est aussi la raison pour laquelle l’accueil et les services doivent être de qualité. » (Dany Minel, maire de Mesnières-en-Bray)

En flânant, on tombe plus tard sur le sentier de la zone humide des Sainfoins ou encore, plus loin, sur le circuit « Cérès et le Petit Photographe« , un parcours balisé à l’intérieur du village qui permet de découvrir, à travers trois œuvres en céramique, le petit patrimoine local : le lavoir, l’église et, forcément, le château. Car si cet élan de créativité et cette belle énergie ne vous convainquent toujours pas de poser votre sac, le temps d’une nuit, à Mesnières, peut-être le fleuron architectural de la commune, y parviendra. C’est le point final – et quel point ! – de l’itinéraire : c’est le château de Mesnières et on y a rendez-vous !

Pays de Bray

Franchir les portes du château de Mesnières et remonter sa grande allée centrale jusqu’au grand escalier de sa façade principale me transporte instantanément dans un album de Tintin regagnant Moulinsart. On s’y voit ! Flanqué de ses deux tourelles à la blancheur immaculée, que termine la pointe effilée d’un cône bleu platine rutilant, Mesnières projette son visiteur instantanément de la Normandie à la Loire. Quand on sait que Charles de Boissay, architecte de sa reconstruction au 16ème siècle, fréquentait la famille Amboise, on saisit mieux la source de l’inspiration !

Les châteaux Renaissance ne manquent pas en Seine-Maritime mais aucun ne semble pouvoir soutenir la comparaison avec celui de Mesnières

Le lieu a une histoire mouvementée et passera de mains en mains au fil du temps, abîmé, puis rénové, puis agrandi, brûlé encore et restauré mais à jamais central dans la vie de la commune. Tour à tour demeure princière, prison et même orphelinat, ce décor fantasque, théâtre de mille et un événements, témoin du passage de nombreuses personnalités, classé aux Monuments Historiques en 1862, a vu également grandir Marie-Amélie, la fille de Dany Minel, précédemment rencontré. C’est elle qui nous accueille en haut des marches car le château offre également des chambre pour les randonneurs/ses de passage.

« Il faut imaginer que Mesnières a vu sept familles princières se succéder avant d’être racheté aux enchères par des prêtres qui l’ont adapté pour accueillir des enfants. », nous explique Marie-Amélie.  « C’est pour ça qu’ici nous avons aussi une école maternelle, primaire, un collège, un lycée et une section BTS. Et tout ce petit monde évolue dans le château ou ses annexes aujourd’hui. » On voit, en effet, déambuler dans les allées des petits groupes d’étudiants suivis, peu de temps après, par des bouts de choux, alignés deux par deux, qui se tiennent par la main pour regagner leur salle de classe accompagnés de leur maîtresse.

Au sein de la propriété, l’Institut Saint-Joseph propose des formations de la 4ème à la licence professionnelle dans les domaines de la forêt, de l’horticulture, de l’Hôtellerie-Restauration et des Services aux Personnes.

Reliée par le cœur et les souvenirs à ce domaine incroyable, Marie-Amélie évoque avec nous quelques instantanés de son enfance ici. Son endroit favori ? Probablement la salle des cartes, qu’elle nous ouvre pendant notre visite du château. « Entre 1884 et 1885, les prêtres ont peint dans cette salle des cartes de géographie du monde et de la France et elles sont absolument splendides. » Elles sont aussi révélatrices d’une vision du monde encore restreinte et on ne peut qu’être à la fois ému et amusé devant ces balbutiements de la cartographie moderne. Dormir en ces lieux, après une journée de randonnée, c’est un peu la cerise sur le gâteau. Dans notre cas, on aurait presque plutôt envie de dire… sur le château !

Pays de Bray

VENIR EN SEINE-MARITIME

La Seine-Maritime, vous le savez peut-être, c’est 2h depuis Paris en voiture mais de 6 à 9h depuis Strasbourg, Toulouse ou Marseille ! Mais cela ne doit pas être un frein pour venir séjourner dans ce joli petit bout de France. Autrement, il faut venir à Rouen en train (5h30 à 8h30 pour 7/8 départs quotidiens depuis les trois métropoles précédemment citées à titre indicatif) et y louer une voiture. C’est la solution à laquelle j’avais souscrite lors de cette tournée de reportages d’une semaine.

ACCÈS À MESNIÈRES-EN-BRAY

Il faut compter dans les 45mn de route pour relier Rouen à Mesnières-en-Bray. On ira chercher l’A28, direction Abbeville et Amiens et on sortira à l’échangeur 9, « Le Four Rouge, Neufchâtel-en-Bray« . Emprunter la D928 pour aller ensuite en direction de Neufchâtel puis, au rond-point du centre, prendre à gauche par la D1 et rejoindre Mesnières-en-Bray. Pour les marcheurs/ses venant des Hauts-de-France, il faudra rejoindre l’A28 via Abbeville ou l’A29 depuis Amiens direction Rouen et sortir à l’échangeur 9 également, mais dans l’autre sens. Petit parking devant l’entrée principale du château.

SPÉCIAL MOBILITÉ DOUCE

Pas de gare à Mesnières-en-Bray, ni à Neufchâtel. Pour les adeptes de la mobilité douce, il ne reste que l’option du bus. Un car TER assure quotidiennement la liaison entre Dieppe et Neufchâtel. Depuis Rouen, c’est la ligne 71 qu’il faudra emprunter pour rejoindre Neufchâtel. Puis, depuis Neufchâtel, c’est un autre bus, celui de la ligne 7100 qui réalise 6 trajets quotidiens pour rallier Mesnières-en-Bray.

PAYS DE BRAY / FORÊT DU HELLET : LE TOPO

Je vous décris mon pas-à-pas ici, sur le blog, mais vous pouvez aussi vous procurer le dépliant papier de la randonnée, réalisé et édité par le département et la communauté de communes en cliquant simplement ici.

Depuis le parking (1), tourner le dos au château et se diriger vers la voie verte et le totem qui marque le départ de la randonnée n°13, balisée par des ronds verts. Emprunter l’Avenue Verte à gauche jusqu’à croiser la route d’Autrecourt (2). Tourner alors à gauche jusqu’à rejoindre la route départementale D1 (3).

La traverser prudemment et poursuivre en face par un chemin qui monte à travers champs. S’élever jusqu’à rejoindre l’orée d’un bois (4). Obliquer alors par la gauche par un chemin qui longe la partie supérieure des champs. Plus loin, à droite, le quitter pour suivre, à droite, un fléchage qui conduit à la table d’orientation de la colline Saint-Amador (5).

Revenir sur ses pas pour retrouver le chemin ou emprunter le passage laissé libre dans la petite clôture du site pour descendre tout droit la colline et le retrouver. Le suivre par la droite. Il longe une route, à main gauche, dépasse une aire aménagée de pique-nique puis s’infléchit à gauche et rejoindre la route. La suivre qui s’enroule, en montant, autour d’une petite butte.

Ignorer un chemin partant à travers champ à gauche de la route mais, plus loin, repérer, à gauche, le balisage qui invite à entrer dans le bois (6). Il reste d’abord très proche de l’orée puis s’enfonce plus en profondeur dans la forêt. Après une courte montée, à la sortie d’une pessière, il croise la petite route D56 (7).

La traverser et plonger en face pour amorcer une descente dans le creux évasé d’un thalweg. Plus bas la forêt s’éclaircit et on atteint une nouvelle route (8). La suivre par la gauche jusqu’aux premières maisons précédant La Queue du Hellet. Repérer, après l’une d’elles, les balises qui tournent à gauche par un petit chemin (9).

Le chemin s’élargit plus loin, repasse en forêt et entame une lente remontée par le Val Pâteux. On recroise finalement la D56 (10). La traverser et poursuivre en face. Le chemin progresse en sous-bois sur le rebord du plateau forestier jusqu’à un croisement (11). Suivre le chemin de gauche qui amorce la descente. Au bout de celle-ci, retrouver la petite route dite de La Gate, qui descend depuis la Verrerie du Hellet. La suivre à gauche.

Peu de temps après, suivre les balises qui partent à gauche, en lisière de bois (12). Descendre et passer un coude marqué à droite. Ignorer plus loin un chemin partant à gauche (13) et poursuivre, tout droit, pour rejoindre plus tard les habitations de Mesnerettes et la route D1 (14).

La suivre à gauche puis, assez vite, basculer à droite par la rue de Mesnerettes et rejoindre l’Avenue Verte (15). En la suivant par la gauche, rejoindre le point de départ.

Variante : au passage de la Zone Humide des Sainfoins (16), possibilité de rentrer sur Mesnières en suivant le circuit Cérès et le Petit Photographe qui permet de visiter le village (tracé jaune sur la carte et dépliant papier disponible en téléchargement)

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES & DIFFICULTÉ

Cette randonnée ne présente que peu de difficulté. J’aimerais dire aucune mais ce serait inexact car dix kilomètres restent dix kilomètres – tout comme 200m de D+ sont ce qu’ils sont – et ne se vivent pas de la même manière selon que l’on soit un(e) randonneur/se régulier(e) ou pas. Mais, globalement, cet itinéraire en Forêt de Hellet est tout public. Et les plus frileux/ses (ou les plus pressé(e)s), pourront aussi se contenter d’un aller-retour à la table d’orientation de la Colline Saint-Amador.

Rien de particulier, donc, à signaler si ce ne sont les recommandations habituelles : prenez de l’eau car vous n’en trouverez pas sur le parcours. Ne sous-estimez pas le soleil normand : la crème solaire sera dans le fond du sac. Et attention aux tiques en forêt : pince + répulsif à prévoir en plus de la vigilance.

PAYS DE BRAY / LA FORÊT DU HELLET : AVIS PERSO

Le Pays de Bray c’est, à mes yeux, la petite carte postale de l’intérieur de la Seine-Maritime. C’est vraiment le style de paysage que je voulais découvrir et mettre en balance avec ceux, plus connus, du littoral et des falaises. Une toute autre image du territoire, nettement moins impressionnante et iodée, mais carrément plus intimiste. Ça donne un peu la sensation de creuser plus en profondeur l’identité d’un pays. Un peu comme lorsque vous décidez, en voyage, de sortir des autoroutes à touristes pour céder à la tentation d’aller voir où et comment les gens vivent en-dehors de ces endroits sur-fréquentés et sur-médiatisés. Il y a complètement de ça quand on crochète par le Pays de Bray et il faut être animé par cette curiosité. Les courbes douces du paysage, le rythme des hommes qui vivent de la terre, le bruissement de la Béthune au bord du chemin, une bourrasque qui fait danser les têtes de seigle… Le plaisir et la beauté, ici, sont dans le détail.

Si je dois maintenant parler de temps forts, de choses très visuelles, à l’impact immédiat, davantage que de plaisirs subtils que seuls l’immersion consciente et volontaire est apte à dévoiler, alors il y a deux éléments marquants que je retiens de cette boucle. Le premier c’est le belvédère de la colline Saint-Amador. Un spot agréable d’herbe rase qui ouvre une large fenêtre sur Mesnières et ses environs. Si vous devez n’emporter qu’une seule image du Pays de Bray, ne cherchez pas, elle est ici. Le second, c’est évidemment le château de Mesnières, cette importation inattendue d’un château de la Loire ici, en Seine-Maritime. Extérieurement, c’est une authentique belle pièce qui devrait réveiller en vous une fièvre photographique. Le clou d’une déambulation dans le village et les jardins de Mesnières dont l’usage public et collectif des vergers et potagers ne laissera pas indifférent. Un goût de solidaire qui rompt avec l’idée que le monde de demain sera un monde d’égoïsme et d’inégalités. Bravo Mesnières-en-Bray, vous m’avez vendu du rêve !

HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Château de Mesnières (testé & approuvé)

Vous l’avez vu et lu, l’historique du château a fait que de nombreuses pièces ont servi, par le passé, de dortoirs et de chambres. C’est toujours dans cet esprit qu’elles sont utilisées de nos jours avec, pour vocation, l’accueil des randonneurs, des groupes, associations ou encore des familles pour des mariages. Rénovées avec soin et simplicité, elles permettent de faire étape dans ce lieu chargé d’histoire(s). Du dortoir à la chambre double avec salle de bain privative, les formats d’hébergement sont variés et nombreux, tout autant que les formules de restauration. Se réveiller au château avant de partir faire sa randonnée, c’est quand même le luxe et tout ça pour une somme parfaitement normale : à partir de 12 euros la nuit en dortoir et 28 euros pour une chambre double standard. Je vous dis : ça défie toute concurrence ! Infos et réservations : Marie-Amélie au 02.35.93.10.04.

AUTRES ITINÉRAIRES À PROXIMITÉ

Le circuit de la Forêt du Hellet est une boucle parmi 15 autres à découvrir en Pays Neufchâtelois. Un dépliant, que vous pouvez consulter en ligne, les recense toutes les quinze. Quinze, c’est également le nombre d’itinéraires dans et autour de la Forêt d’Eawy, toujours en Pays de Bray, visibles dans le même type de dépliant, à consulter et imprimer ici. À noter, enfin, pour les amateurs d’itinérance, un récent parcours de 4 jours, intitulé Au Cœur du Talou, qui permet de découvrir exhaustivement le Pays de Bray. La fiche-topo est consultable en cliquant ici. Et bien sûr, toutes les possibilités de randonnées en Seine-Maritime sur le site de Seine-Maritime Attractivité.

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