Plateau de Siou-Blanc : Aiguilles de Valbelle et Barre des Bidoufles

C’est un immense plateau étirant sa forêt entre le circuit du Castellet, la vallée du Gapeau, le village de Signes et le sommet du Mont Caume. Un monstre de près de 9000 hectares, troué de cavités comme un gruyère suisse. Derrière son balisage officiel se découvre un réseau plus secret de sentiers menant vers des trésors insoupçonnés. Le plateau de Siou Blanc est taillé pour les explorateurs en herbe et y décider d’un itinéraire plutôt que d’un autre fait toujours naître l’angoisse de passer à côté de quelque chose de génial. Pour notre première venue, on a misé sur du classique – les Aiguilles de Valbelle – mais aussi sur du beaucoup plus confidentiel – les Bidoufles. Un équilibre savant entre aventure et valeur sûre.

DÉCOUVERTE DE BELGENTIER

Avant d’y arriver, Belgentier n’était pour moi qu’une simple commune sur une carte. Aujourd’hui, c’est une frustration : celle de ne pas avoir eu assez de temps pour en approfondir la visite. Ce village est un petit bijou insoupçonné de la vallée du Gapeau et du PNR de la Sainte-Baume. Regroupé derrière l’église paroissiale de Notre-Dame-de-l’Assomption et sa fresque en trompe-l’oeil, le vieux bourg se replie sur lui-même autour d’une poignée de rues étroites et pavées dissimulant arches et passages voutés. Belgentier a du cachet et transpire de l’amour que lui portent ses habitants. La meilleure façon de le découvrir, c’est de se laisser aller à déambuler au gré de ses ruelles.

belgentier

C’est ce qu’on a fait, en suivant le soleil qui éclairait l’ocre pâle des hautes façades. C’est ainsi qu’on s’est retrouvé nez-à-nez avec un spécimen géant de séquoia : 40 mètres de haut, près de dix de circonférence ! Il annonce le parc Peireisc et ses plantes exotiques, jadis intégré à la maison du même nom qu’on aperçoit derrière le mur. Contemporain de Saint-Louis et de Galilée, Nicolas de Peireisc est une des illustres figures de Belgentier. Ce savant humaniste marqua brillamment son époque et c’est sa maison natale que le marcheur peut voir dans ce beau domaine aujourd’hui restitué aux familles.

 Plus d’infos sur Belgentier

SUR LES TRACES DU GR®9 – GR®51

C’est un double GR® qui quitte le village par l’ouest et le vallon de la Renarde. Le 51 – qui décidément dans le sud porte bien son numéro – emprunte le sentier dit des Balcons de la Méditerranée. C’est une itinérance de près de 500 kilomètres qui relie Menton, dans les Alpes-Maritimes, au Port de la Madrague, à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. Quant au GR®9, c’est un autre sacré client qui arrive de très loin et qui parcourt ici ses derniers – ou premiers selon le sens choisi – kilomètres. Il s’étend en effet sur près de 1000 kilomètres, soit le double du GR®51 , entre Saint-Amour, dans le Jura et Port-Grimaud, ici, dans le Var.

Les deux GR® se sont croisés au col de la Bigue, moins de dix kilomètres avant de faire étape à Belgentier. Ils cheminent donc maintenant ensemble par une trace agréable de ce vallon de la Renarde, fermé plus loin par le mur de la Baume Obscure. C’est un échauffement plaisant parmi les chênes et les oliviers, dans un vallon ensoleillé et aménagé en multiples terrasses. Le balisage évite plutôt adroitement la route et la piste qui lui succède. On note même le franchissement, inattendu à cette altitude, d’un – court – passage en roche équipé ! Le Var n’en finit pas de me surprendre !

Aiguilles de Valbelle

LE PAS DE BELGENTIER

L’ascension vers le Pas de Belgentier offre ensuite un moment de randonnée vraiment intéressant. La trace part se tailler un passage assez franc vers le haut des falaises en frayant à travers la végétation qui les encombre. Ça grimpe bien mais régulier, à renfort de petits lacets serrés qui, de temps en temps, ouvrent de larges fenêtres sur la Baume Obscure. La roche s’immisce dans le décor, taillant des marches grossières sous la semelle ou dégageant des balcons exigus sur le vallon en contrebas. C’est un parcours plein d’astuce qui prend rapidement de l’altitude jusqu’à finalement déboucher, à plat, dans un joli espace de petits chênes blancs très aéré.

aiguilles de valbelle

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Un poteau de signalétique marque le Pas et procède au divorce des GR®9 et 51. Le balisage officiel envoie le promeneur par le GR®9 et la piste, à droite, en direction des Aiguilles de Valbelle. C’est loin d’être le chemin le plus passionnant. La lecture de la carte nous renseigne sur l’existence d’une autre trace qu’il faut attraper un peu plus haut, dans un lacet de la piste, en suivant plutôt le GR®51 – voir le topo, plus bas. C’est un agréable petit single forestier où on marche à couvert et dans la confidentialité des bois. Une trace somme toute parallèle à la piste et qui amène au même endroit. Un choix plus judicieux que le parcours balisé classique.

Valbelle

La DFCI ne devrait être empruntée qu’en dernier recours. La forêt de Mourières-Montrieux regorge de sentiers marginaux plus intéressants à pratiquer que ces pistes sur lesquelles se croisent parfois des véhicules. C’est encore le cas plus bas, après l’intersection du Grand Jas , comme la carte nous l’indique. Une échappée latérale, à gauche, quitte les cailloux et les ornières de la piste, en semblant inviter le randonneur à s’y engager. Les sous-bois se referment sur à nouveau sur nous, laissant dans notre dos le décor morne de la DFCI. Elle est rejointe plus bas, quelques mètres avant les Aiguilles de Valbelle.

LES AIGUILLES DE VALBELLE

Ce sont les premières que j’ai aperçues sur la carte, en préparant cette randonnée. Le site y est indiqué en gras et surligné en rose, histoire qu’on saisisse bien qu’il a de l’intérêt. C’est lui qui a motivé tout l’itinéraire, lui autour duquel s’est articulé l’ensemble de la sortie. La question était : par où l’atteindre ? Pour ce que j’en ai vu, il y a trois accès principaux au site des Aiguilles de Valbelle. Le premier, par le nord, se fait par une piste, au départ de la Chartreuse de Montrieux-le-Jeune. Le deuxième, par l’ouest, se prend en partant du parking du Siou Blanc. Le dernier, notre choix, s’effectue par l’est et par le Pas de Belgentier. Je trouvais que c’était celui qui présentait le plus d’intérêt.

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Je plaide coupable, j’ai survolé ces Aiguilles de Valbelle, bien contre mon gré. Des contraintes de parents exigeaient un timing serré. On a néanmoins pu capter l’esprit des lieux et se décrocher le cou pour lever nos yeux vers ces géants rocheux, improbable jeu de quilles dressé au-dessus de la forêt. C’est le genre d’endroit où on cavale dans tous les sens, tournant autour de chaque rocher pour débusquer un passage secret. Le lieu n’a pas été sans me rappeler le Bois de Païolive, en Ardèche, ou la Presqu’Île de Casteljau. Les deux partagent d’ailleurs la présence d’un étonnant éléphant de pierre dans le secret de leurs sous-bois (l’Éléphant de Pierre est davantage vers l’extrémité sud-ouest du Siou Blanc, NdLR).

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Les Aiguilles de Valbelle, c’est une place de jeu où les enfants – petits et grands – adoreront fouiner. La capacité d’exploration de chacun pourra, à juste titre, être ici récompensée. Les Aiguilles qui encadrent le chemin sont un peu la surface de l’iceberg. D’autres formations – plus mineures – sont à débusquer sur une zone plus large comme dans une partie de chasse au trésor. D’aucun aimeront aussi, sûrement, partir en quête d’une vue plus générale du site. On n’a pas trouvé le bon spot pour ça. Il doit falloir chercher une trace du côté des Friginiaires. Le temps nous a manqué, dommage.

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LA BARRE DES BIDOUFLES

Les Bidoufles, c’est cette grosse colline boisée qui domine, au sud, les Aiguilles de Valbelle. La promesse d’un cheminement en vire, au-dessus du site et comme semble l’indiquer l’IGN, a justifié que je m’y intéresse. Pour l’atteindre, on commence par quitter le site des Aiguilles en poursuivant sur le GR®. L’idée était de dénicher le petit chemin, signalé non balisé mais qui l’est finalement, qui grimpe sans fioriture vers le Pas de la Mort pour rejoindre l’étage supérieur et le réseau DFCI local. C’est le second épisode à dénivelé de l’itinéraire. Un effort franc et direct, qu’on se le dise.

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C’est après que ça s’est corsé. Impossible de lever le chemin repéré. J’ai eu beau jouer le sioux blanc – quel meilleur endroit pour le faire, non ? – le départ de ma trace est resté invisible. Je sors donc mon joker et pars à la recherche d’un plan B, un peu plus loin selon la carte. Celui-là, assez discret, est néanmoins découvert mais ne me charme pas, du moins au début, pour ses qualités paysagères : c’est juste une trace ouverte à l’arrache sur la ligne de séparation imaginaire de deux parcelles forestières, dont l’une n’est plus que ruines, troncs coupés et souches arrachées. Vision d’apocalypse.

Les choses s’améliorent une fois la crête et les rochers atteints. L’empreinte humaine s’évanouit et la trace se fait dès lors plus joueuse, nécessitant ici et là quelques petits pas d’escalade très faciles. Il faut ouvrir l’œil et le bon et ne pas se laisser déconcentrer. Un petit instant d’inattention et on sort de cette trace naturelle qui alterne entre rochers et chênes kermès buissonnants. L’axe à suivre demeure toujours évident mais pas forcément rectiligne : la vigilance reste la meilleure arme pour garder le cap et ne pas perdre de vue les indices essentiels à la progression (voir topo plus bas). En chemin, on profite de belles ouvertures sur le vallon – les Aiguilles de Valbelle sont invisibles – et on peut apercevoir, à l’horizon, les sommets du Dévoluy et du Mercantour.

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CRÊTES DE l’UBAC DE VALBELLE

Contrairement à ce que dit la carte, il y a bien un sentier qui relie le sommet des Bidoufles (point coté 783 sur l’IGN) au GR®51, tout à l’est (point coté 581 sur l’IGN). Et qu’elle est pratique cette liaison, vous vous en doutez bien ! La progression se fait toujours selon le même axe ouest/est mais l’amorce de la descente rend le suivi de cet azimut peu marqué de la crête moins évident. Et ce d’autant plus que la trace se fait très vite beaucoup plus grossière. Le passage de sangliers peut même provisoirement la faire disparaître. Une observation attentive permet toutefois de ne pas diverger dans la mauvaise direction.

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Sur le chemin, il y a moyen d’être distrait par des cairns ouvrant sur d’autres chemins n’existant pas sur la carte. Ou bien par des traces de peinture surgies de nulle part. Il ne faut pas s’en préoccuper. Il ne faut pas dévier de son axe. Des épisodes rocheux en sous-bois surviennent et permettent de descendre d’un étage à chaque fois pour perdre de l’altitude. Dans une zone plus confuse, proche de l’intersection avec le GR®51, on tombe même sur ce qui ressemble à un mini-canyon qui nous a rappelé, en version micro, celui des Crevasses de Chantemerle. Je suis passé par là et je suis ressorti plus loin sur le chemin. En moins de cinq minutes, le GR®51 était ensuite rejoint.

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LE CHEMIN DU RETOUR

Initialement, j’avais dessiné une boucle pour rejoindre Belgentier. Je voulais passer par un chemin en arête rejoignant le vallon de Vigne Fère (tracé en jaune sur la carte plus bas, mais non testé). Mais l’horaire ne jouait pas en notre faveur. On risquait de manquer la sortie de notre petite de la garderie. Un risque impossible à courir. La mort dans l’âme, j’accepte – non sans bougonner un moment sur le côté tragique d’être parents – de revenir par le Pas de Belgentier. Je déteste passer par le même chemin qu’à l’aller quand c’est évitable. J’ai dû ainsi trainer ma mauvaise humeur dans le sillage de mes chaussures une bonne partie de la descente. Qui a dit que j’avais bon caractère ?

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AIGUILLES DE VALBELLE & BIDOUFLES : INFOS PRATIQUES

Difficulté : moyen
Distance : 15,5 km
Durée : 5h45
Dénivelé : 750m
Carte : IGN TOP25 1/25000è 3345OT Signes, Tourves

ACCÈS À BELGENTIER

Par le nord

L’accès nord concerne toutes celles et ceux qui devront passer par Aix-en-Provence pour descendre. Autrement dit une bonne partie de la France vu la position de Belgentier sur la carte. À partir d’Aix il faudra donc suivre la direction Nice et l’A8 et prendre la sortie 34, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. Après le péage, au rond-point, il faut suivre la direction Fréjus/Saint-Raphael (en vert) ou Brignoles, Toulon (en blanc) par la D560a d’abord, puis en la quittant plus loin à droite, par la D7n. Rouler jusqu’à Tourves et quitter alors la D7n à droite direction Tourves, La Roquebrussanne, Toulon. Au rond-point qui suit, suivre la 1ère sortie, direction La Celle, La Roquebrussanne par la D205. Dépasser La Roquebrussanne et continuer par la D5 puis D554 jusqu’à Belgentier. En arrivant au village, repérer le parking à droite et y tourner par la rue du Rayol, face au restaurant Les Arcades et à la boucherie.

Par le sud

L’accès sud concerne celles et ceux venant de Toulon, autant dire la porte à côté. Depuis Toulon, c’est l’A57 qu’il faudra suivre direction Draguignan, Fréjus, Saint-Raphaël et Nice. Il faudra prendre la sortie 7, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Solliès-Toucas. Quand la voie se divise, rester à gauche sur la D554 direction Solliès-Toucas, Saint-Maximin. Dépasser Solliès-Toucas et rester sur la D554 jusqu’à Belgentier. Se stationner à la sortie à gauche, sur le parking mentionné ci-dessus.

AIGUILLES DE VALBELLE & BIDOUFLES : LE TOPO

Depuis le parking, continuer à monter par la rue du Rayol puis prendre plus haut, à droite, celle de Châteauroux. Monter jusqu’à la petite Place de la Cour (parking au-dessus) et se diriger à droite, par le Chemin de Valbelle. Un sentier étroit s’en échappe, à droite au pied d’une maison. On y trouve les balises rouge et blanc des GR®9 et GR®51. On s’élève au-dessus des maisons. Les dernières sont dépassées au-delà de l’impasse formée par la route, rejointe plus haut. Le chemin se poursuit au-delà des maisons, s’engageant en descente légère vers le fond du vallon de la Renarde. On atteint une zone caladée, sous les arbres, au niveau du thalweg. Le GR® le quitte plus loin en remontant à gauche. Après avoir remonté le long d’un mur en pierres, il débouche au terminus d’un chemin plus large, au niveau du portail d’une maison.

Suivre ce chemin en légère descente. Peu après un lacet à gauche, repérer le GR® qui escalade sur deux mètres le ressaut rocheux qui borde la piste (présence d’une corde épaisse) (1). Le sentier rejoint une propriété qu’il contourne par la droite. Il passe plus tard sous la ligne haute tension et rejoint un petit espace plus dégagé. Repérer à gauche les balises qui s’élèvent dans une forêt de résineux. De ce point, le GR® monte en douceur vers le fond du vallon de Baume Obscure. À proximité de celui-ci, la pente se raidit et le chemin grimpe, en petits lacets, jusqu’au Pas de Belgentier (2).

Suivre le GR®51 à gauche. Monter jusqu’à un lacet à gauche (3). Dans ce lacet, repérer un chemin qui part à droite dans la forêt (petit cairn et trace de peinture rouge sur un arbre). Le suivre intégralement jusqu’à croiser une grande piste après un portillon (4). La suivre à droite et rejoindre une intersection de pistes au niveau d’une réserve d’eau (5). Prendre la piste de gauche, en direction des Aiguilles. 50 mètres plus loin, la quitter et suivre le petit sentier qui s’en échappe par la gauche (6). Il permet d’éviter une partie de la piste qu’il rejoint plus bas. La descendre par la gauche et rejoindre les Aiguilles de Valbelle (7). Continuer par le GR® et la piste jusqu’à un lacet bien marqué vers la droite (8).

Ignorer le GR® qui poursuit en forêt dans le prolongement de la piste et repérer à gauche, quelques mètres avant le lacet, un petit chemin qui monte plein nord entre les arbres (quelques signes sur des arbres). C’est un chemin bien marqué ensuite, où se découvrent régulièrement des marques jaunes, qui grimpe assez fort en direction des Bidoufles. Vers 620m, on rejoint la piste dans un lacet. La suivre en montant à droite et rejoindre le carrefour de pistes des Bidoufles plus haut (9).

Suivre la piste de gauche. Après 300m, au niveau d’une ligne droite, une bande d’herbe plus large s’ouvre à gauche de la piste. C’est là qu’il faut repérer, dans les premiers mètres de cette section et au niveau de l’orée des arbres à gauche, un petit cairn signalant la voie à suivre (10). Un second s’aperçoit très rapidement et rejoint puis dépasse une ruine. Présence de balises ONF verte foncée sur un tronc. La trace remonte en direction des rochers, plus haut, de manière rectiligne et au fil de la frontière entre les bois, à gauche, et une parcelle entièrement rasée et ouverte, à droite. Quand elle atteint les rochers, elle poursuit dans le même axe en grimpant entre ceux-ci, toujours marquée par les balises vertes foncées de l’ONF indiquant la parcelle 16, à main gauche, et la parcelle 19, à main droite.

Ces balises ONF sont essentielles. Elles accompagnent la trace jusqu’à la jonction avec le GR®51 beaucoup plus tard. Des cairns se retrouvent également assez régulièrement. La trace est globalement toujours visible et, autre élément important, elle suit toujours le même axe. Cela signifie que, en présence de traces non indiquées sur l’IGN signalant des intersections improbables avec des chemins arrivant de gauche ou de droite, il faudra TOUJOURS suivre le chemin suivant l’axe général ouest/est de la crête des Bidoufles ET contrôler la présence des marques vertes ONF. De cette façon, par un système de sentiers, de petites corniches avec vue ou de petits chaos rocheux à escalader il sera possible d’atteindre le sommet des Bidoufles, à 783m d’altitude, signalé en sous-bois par une belle et haute balise en pierre.

Au-delà du sommet, poursuivre toujours vers l’Est, en suivant les marques ONF jusqu’à une petite intersection en T en sous-bois (11). Suivre alors le chemin de gauche qui reprend son cheminement dans l’axe de la crête. Cette section n’apparaît PAS sur l’IGN. Le chemin, bien que toujours présent, s’y fait un tout petit peu moins marqué que précédemment. Il faudra donc rester vigilant pour le garder à l’œil, ainsi que les balises ONF – les seules 100% fiables – toujours présentes elles aussi, parmi d’autres balisages colorés, temporaires et farfelus. Quelques petits ressauts rocheux à franchir en désescalade à prévoir. Vers 640m, une sorte de petit canyon très joli se découvre, en contrebas, dans un chaos de roches (12). S’y engager et le traverser pour rejoindre la suite de la trace ONF. Un peu plus loin, à un petit croisement de chemins, prendre à gauche et poursuivre sur la trace.

On quitte enfin celle-ci lorsque le chemin décroche en descente à gauche avant de repartir à flanc et de retrouver la grande piste du GR®51, juste au-dessus de l’endroit où on avait quitté celui-ci au début de cette randonnée. Retourner alors par la gauche jusqu’au Pas de Belgentier et récupérer l’itinéraire de la montée pour revenir au point de départ. Ou suivre le tracé jaune indiqué sur la carte pour faire une boucle.

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES

Cette randonnée a pour décor l’immense plateau du Siou Blanc et, plus spécifiquement, la Forêt Domaniale de Morières-Montrieux. La forêt, c’est 2273 hectares. Le plateau, 8638. Autant dire un sacré terrain de jeu que cet itinéraire ne fait que survoler. Les itinéraires balisés, étrangement, ne leur font pas honneur, se contentant d’en faire le tour par des pistes grossières. C’est faire peu de cas de tous les petits trésors cachés à l’intérieur de la forêt que les balises semblent vouloir éviter.

Une randonnée au Siou Blanc doit être guidée par une insatiable curiosité. Celle de sortir du balisage pour fouiner sur les sentiers non balisés – officiellement du moins – en quête de découvertes. Et ce réseau non balisé est tout aussi important, comme la lecture de la carte IGN le démontre. Mais il existe encore un autre réseau : celui des sentiers non balisés officiellement et non visibles sur la carte IGN. Vous serez surpris de voir à quel point ils sont nombreux également.

Vous l’aurez compris, pour vous aventurer dans le cœur du Siou Blanc et en récolter les pépites qui y sont disséminées, il va falloir faire preuve d’une excellente maîtrise de la lecture de carte mais aussi d’un très bon sens de l’orientation sur le terrain. Rien n’est plus paumatoire que ces petites sentes qui s’échappent on-ne-sait-où dans la forêt. Vous le savez, je navigue sans GPS. Je n’ai donc pas les traces de mes itinéraires. Mais je vous ai rédigé un topo aussi précis que possible, avec tous les indices nécessaires à une bonne progression. Suivez-le donc le plus attentivement que vous le pouvez.

AVIS PERSONNEL

C’est à l’occasion d’une publication assez anodine sur la page Facebook de Carnets de Rando qu’un lecteur m’a soufflé l’existence du Siou Blanc. Le nom m’avait fait sourire. Je m’étais vite aperçu que l’endroit n’était pas loin de chez moi : une grosse heure de route, pas davantage. Mais la zone était si grande que je n’arrivais pas à décider par quel côté en attaquer l’exploration. J’ai finalement choisi les Aiguilles de Valbelle et les Bidoufles au départ de Belgentier et je ne le regrette pas.

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Le milieu reste en grande majorité forestier et les vues ouvertes sont rares mais belles, sans être spectaculaires. C’est l’aspect virginal de la forêt, son immensité qui rend l’endroit fascinant. Sur le Siou Blanc, on se sent comme un chasseur de trésor. On se voit même cartographier soi-même l’endroit en collectant les nombreuses traces inconnues de l’IGN et en répertoriant toutes les formations rocheuses mémorables. Tracer sa route en marge des chemins balisés est un jeu excitant.

Mention spéciale aux Aiguilles de Valbelle. Un endroit forcément marquant par sa singularité et sa taille. Le Plateau de Siou Blanc, une fois découvert, invite à une deuxième lecture et à poursuivre l’exploration. C’est le genre de lieu où il est possible de revenir cent fois et de continuer à y dénicher quelque chose de nouveau. La prochaine fois, c’est sûr, je mets le cap sur l’Éléphant de Pierre et les chapelets d’avens creusés sous le plateau.

HÉBERGEMENT ASSOCIÉ

Auberge de Pachoquin (non testée)

En remontant par la D554 vers Méounes-les-Montrieux, vous ne pourrez pas manquer cette adresse qui a du vécu – George Sand y passa en personne quand même – avec son parc d’arbres centenaires. L’Auberge de Pachoquin, un ancien relais de poste du 17ème siècle, ressemble à s’y méprendre à une institution dans le coin. Un endroit où baigner dans l’histoire de la vallée du Gapeau. On y fait restaurant et chambre d’hôte avec des tarifs allant de 85 à 105 euros la nuit pour 2 personnes, petit-déjeuner inclus. Contact : 04.94.48.98.13 ou mail : auberge.de.pachoquin@gmail.com

AUTRES ITINÉRAIRES AU DÉPART DE BELGENTIER

La Barre de Cuers par le Pas de Trubis

AUTRES ITINÉRAIRES À PROXIMITÉ

Tour des Avens & Éléphant de Pierre
Forêt de Morières-Montieux : Grand Cap & Ragages

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Ce reportage est la propriété exclusive de Carnets de Rando. Son usage à des fins non commerciales est autorisé à condition de mentionner son appartenance. Pour toute autre utilisation, merci de me contacter.

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