Chemin Urbain V [Part.3] Premiers pas dans le Gard

Nouveau département, nouvelle aventure. Le Chemin Urbain V fait maintenant son entrée dans le département du Gard, arrivé en ligne droite de la Lozère et des Cévennes. Aux ambiances de moyenne montagne des Causses a succédé une fragrance méditerranéenne tandis que les reliefs s’affaissent progressivement, traversés par des cours d’eau répondant tous aux noms de Gardon et invitant chacun à la baignade. Les Cévennes n’ont toutefois pas rendu les armes et offrent un dernier visage à découvrir entre Saint-Jean-du-Gard et Anduze. Ultime ligne droite avant la vallée du Gard avec, au passage, la visite de deux sites incontournables du département.

Difficulté : moyen | Longueur : 28,5 km | Durée : 1 à 2 jours | Dénivelé : 700m


Au sommet du Signal Saint-Pierre, les pins ont remplacé les feuillus de la vallée du Lot et le chant des cigales résonne sur les chemins. Une vieille stèle toujours robuste marque la frontière administrative officielle entre le Gard et la Lozère. Immersion dans ce décor renouvelé qui file le long d’une crête marquée dominant le vallon de la Tousque. Les rives du Gardon de Saint-Jean sont rejointes, belle rivière aux eaux opaques s’écoulant lascivement jusqu’à Saint-Jean-du-Gard où les GR® 61 et 70 se rencontrent avant de continuer leur route. Saint-Jean-du-Gard est un rendez-vous pour les randonneurs. Sur la place de l’Office de Tourisme, les GR® 61 et 70 se rencontrent avant de continuer leur route. Les marcheurs se mêlent alors à l’activité touristique locale et profitent, l’espace de quelques instants, des charmes d’une petite ville gardoise colorée et attractive au pied des montagnes cévenoles. Ville étape sur les derniers kilomètres du Chemin de Stevenson, Saint-Jean-du-Gard va pouvoir aujourd’hui compter également sur les marcheurs du Chemin Urbain V. Le rafraîchissement y est de rigueur avant de s’attaquer au dénivelé de la journée, certes court mais néanmoins réel, qui s’en va escalader les contreforts orientaux de la ville où ont poussé des propriétés plutôt cossues. L’agitation de la ville s’y estompe jusqu’à ce que les balises abandonnent la route goudronnée pour plonger à nouveau sous les arbres.

Ici les pins ont remplacé les feuillus de la vallée du Lot et le chant des cigales résonne sur les chemins. La montagne recule face à la garrigue. Un pas a suffi pour refermer le chapitre de mes précédentes aventures sur le Chemin Urbain V et en démarrer un nouveau. Le Gard se pare désormais de la promesse de nouvelles découvertes.

L’agitation de la petite ville est vite oubliée lorsque s’atteint le Gardon de Mialet, rapidement enjambé par le Pont des Camisards, ces protestants persécutés au 17ème siècle après la révocation de l’Edit de Nantes, une thématique forte qui imprègne complètement le territoire et à laquelle se consacre entièrement le Musée du Désert. Ce n’est pourtant pas vers lui que mon regard se tourne après avoir quitté les rives du Gardon, au-delà du hameau de Trabuc, mais vers ces grottes éponymes indiquées à l’opposé du Mas Soubeyran. Alternative au mercure devenu fou, leur visite séduira ceux que le détour n’effraiera pas. Dans ces arcanes souterraines brillamment illuminées, c’est toute une collection de concrétions esthétiques et de lacs souterrains à l’eau incroyablement translucide qui attendent le visiteur en surchauffe avant ses retrouvailles avec la température extérieure. Le monde souterrain de Trabuc est une constante source d’émerveillement. La promenade y est libre ou accompagnée par la conduite d’un audio-guide détaillé narrant l’histoire d’une exploration démarrée en 1899. Au rang des immanquables, la découverte de la caverne des 100 000 soldats achève de convaincre que le détour par ces grottes n’était pas une erreur !

Carré Urbain V 3

Retour à la température extérieure. Cigales, chaleur, résineux et rivières séduisantes : l’inventaire de la randonnée méridionale s’affiche décidément au programme de ces nouvelles étapes gardoises. Les rives du Gardon sont justement prises d’assaut par des estivants en maillots qui viennent bronzer et plonger dans les nombreuses vasques qui jalonnent le cours de la rivière. Une baignade dans le Gardon doit s’ajouter à la collection de choses à faire absolument. Je détourne le regard de ce spectacle d’oisiveté insolente, non sans une pointe de jalousie : si je n’étais soumis à un horaire, j’aurais sans doute moi aussi cédé à la tentation d’y piquer une tête. Le Chemin Urbain V fait maintenant cause commune avec le GR®67 et le GR®61 en se dirigeant vers Anduze et sa célèbre Bambouseraie. Depuis le début de cette étape, le Gard n’en finit pas de proposer des distractions insolites qui rompent avec le fil de l’itinéraire. Un excellent moyen de voyager dans son propre voyage. Sans hésitation, je franchis les portes de ce site parmi les plus visités dans le Gard après, bien sûr, le fameux pont.

J’emporte avec moi ces images de cascades souterraines et de bambous frémissants au vent, instants hors du temps vécus en marge de ce Chemin Urbain V. J’ignore si le célèbre pape était amateur de spéléologie ou d’Asie, mais je suis bien décidé à profiter de chacun des sites placés sur ma route pour faire de cette aventure un périple inoubliable

La frénésie de la marche vient soudain se heurter à l’urgence de ralentir. Au sein de ces 34 hectares de sérénité, la vitesse est l’ennemie. Des couleurs, des senteurs, des sons… La Bambouseraie est une sorte de peinture vivante, une oeuvre d’art harmonieuse tissée de chemins que l’on parcourt sur un nuage. L’exotisme du lieu pousse à l’amnésie. Un petit coin d’Asie au coeur des Cévennes dont la fameuse Porte s’ouvre, plus loin, au seuil d’Anduze. La franchir par la route n’est pas lui faire honneur. C’est par voie maritime que le passage aurait révélé sa nature épique, dans un canot lancé sur le Gardon. Je poursuis en direction du sud pour prendre de la hauteur sur la butte du château de Tornac, dressé au-dessus du Gardon, quelques kilomètres après la sortie d’Anduze. Les lueurs tamisées de la fin de journée viennent y jouer avec l’ombre dans un étroit dédale de murs ruinés. Je jette un dernier coup d’oeil sur le chemin parcouru avant de me tourner vers la plaine gardoise où le Gardon disparaît sur la route de mes prochaines aventures.

Bambouseraie Urbain V

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– INFOS PRATIQUES –

Carte : carto-guides Autour d’Alès en Cévennes et Autour d’Anduze dans la collection Espaces Naturels Gardois (voir Bibliographie, plus bas)
Accès : pour aller à Saint-Jean-du-Gard – rejoindre l’A9 et prendre la sortie 25 « Nîmes Ouest ». Après le péage suivre la direction Alès par la N106. Au rond-point final du MacDonalds, suivre à gauche et franchir le Gardon. Poursuivre tout droit en direction de Saint-Christol-les-Alès. A Saint-Christol, tourner à droite par la D910a direction Anduze. Arrivé à Anduze, ne pas franchir le Gardon et poursuivre, à droite, en direction de Générargues par la D129. A Générargues, tourner à gauche, par la D50 et rejoindre Saint-Jean-du-Gard via Mialet.
Topo : le topo complet de l’itinéraire est à retrouver dans le topo-guide le Chemin Urbain V, édité par la FFRandonnée sous la référence 670 (cf. Bibliographie plus bas) A noter qu’une application mobile en version bêta est disponible depuis très récemment sur Android et IOs, à retrouver sur vos AppStore respectifs

Urbain V épisode 3 carte

Les hébergements : à Saint-Jean-du-Gard, j’ai dormi au Pré de Modestine, un agréable gîte d’étape accueillant surtout les randonneurs du Stevenson mais qui, aujourd’hui, ouvre également ses portes aux marcheurs du Chemin Urbain V. Ambiance de gîte sympa, table commune le soir et douillettes petites chambres. Demi-pension à 41,50 euros. Tous les hébergements répertoriés sur l’itinéraire sont cités sur le site du Chemin Urbain V, à la rubrique Hébergements.
Liens utiles : difficile de commencer par autre chose que le site officiel du Chemin Urbain V où se concentrent l’essentiel des informations nécessaires à sa préparation. Pour des informations plus générales sur le territoire, une visite à suivre sur le site de l’Agence de Développement et de Réservation Touristique du Gard sera forcément utile. Pour en apprendre davantage sur le pape Urbain V, voici l’adresse du site de l’association qui lui est consacré : www.pape-urbain-v.org. Enfin je termine avec les sites de la Grotte de Trabuc et de la Bambouseraie, que vous avez pu découvrir dans cet épisode.
Bibliographie : Le Chemin Urbain V | C’est le topo-guide officiel édité par la Fédération Française de Randonnée Pédestre pour suivre à la trace ce bel itinéraire réalisé en assemblant notamment des portions des GR®70, 61, 6 et 63. De la Lozère au Vaucluse, de l’Aubrac à Avignon, c’est parti pour 329 km d’aventure ! Prix indicatif : 15,20 € | Ref.670
Le Gard… à pied | 6ème édition déjà de cet incontournable pour aller plus loin dans votre découverte de la randonnée dans le Gard. 52 itinéraires balisés vous aideront à trouver l’inspiration pour profiter de ce beau département. Notamment des boucles autour du château de Tornac et du Signal Saint-Pierre. Prix indicatif : 15,20 € | Ref.D030
Cartoguides | A pied, à cheval ou à VTT la collection Espaces Naturels Gardois offre d’infinies possibilités de balades et randonnées, dont les itinéraires de Grande Randonnée comme le Chemin Urbain V. Chaque carto-guide propose la cartographie d’un réseau de sentiers (de 100 à 300 km) et de nombreuses informations patrimoniales: l’utilisateur peut au choix suivre une des propositions de balade ou composer lui-même son parcours « à la carte » en utilisant un ou plusieurs carto-guides de la collection (les réseaux sont interconnectés); ce sont alors des centaines de combinaisons possibles ! En vente dans les librairies, magasins de sports, offices de tourisme et sur www.tourismegard.com Prix : 5 euros.

topourbainV2

EN BREF

Assemblage de GR déjà existants sur cette étape, le Chemin Urbain V donne un second souffle à des itinéraires peu parcourus par les randonneurs. A tort ! On y retiendra les nombreuses plages accueillantes sur les rives des Gardon et des possibilités de visites nombreuses et passionnantes, en marge de l’itinéraire. Et puis le symbole de la Porte des Cévennes est fort, presque mythologique ! Une étape qui a une vraie âme rapportée à la globalité du Chemin. Le Gard relève le défi haut la main après la Lozère.

 

by-nc-ndCe reportage Carnets de Rando, sous licence Creative Commons, est la propriété exclusive de Carnets de Rando. Son usage à des fins non commerciales est autorisé à condition de mentionner son appartenance au site www.carnetsderando.net. Pour toute autre utilisation, merci de me contacter.

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