Revermont : 6 jours de randonnée dans l’Envers méconnu du Massif du Jura

Il y a des lieux qui méritent d’être davantage connus. Des endroits que les hasards de la géographie et les courants de la mode ont placé, bien malgré eux, un peu en marge des routes bien pavées et rassurantes du tourisme. Dans l’ombre du Jura, vers lequel convergent habituellement davantage les randonneurs/ses, le Revermont est de ceux-là. Certain(e)s y verront comme un secret bien gardé à protéger de l’invasion ; d’autres le considéreront plutôt comme un malheureux laissé pour compte. Toujours soucieux de mettre en lumière les micro-régions méconnues de France, je suis donc allé découvrir pour vous ce Revermont. Et, croyez-moi, ce que j’y ai vu devrait vite vous donner envie de m’emboîter le pas à votre tour ! Voici donc un programme de 6 jours clés en main pour le savourer sans attendre à sa juste valeur.

SOMMAIRE

Un peu de hauteur, beaucoup de douceur et de la générosité dans l’espace visuel offert au randonneur : un premier trait d’identité du Revermont

C’EST QUOI LE REVERMONT ?

À un jet de pierre de Bourg-en-Bresse, le Revermont dresse ses larges contreforts au-dessus de la plaine de la Bresse. C’est un rempart immanquable, un massif de petite montagne qui fait la transition avec le Jura voisin. Dans une certaine mesure, le Revermont est un peu au Jura ce que les Préalpes sont aux Alpes : une passerelle, comme une annonce.

Administrativement parlant, les Monts du Revermont se prolongent dans le département du Jura, en direction de Lons-le-Saunier. Rien d’étonnant finalement à ce que ses frontières institutionnelles y soient alors rattachées et à ce que le Revermont revendique, en toute légitimité, un peu de cette identité avec le fameux massif voisin contre lequel il s’appuie.

L’Ain tel qu’on le découvre dans ses gorges, frontière naturelle entre le Revermont et le Haut Bugey

La vitrine du Revermont ce sont sans aucun doute les Gorges de l’Ain. La grande rivière – qui prend d’ailleurs sa source dans le Jura, un peu à l’est de Champagnole – sert en effet de frontière avec les voisins du Haut-Bugey et offre de spectaculaires points de vue aux visiteurs, notamment au-dessus des fameuses falaises du Jarbonnet.

Mais réduire le Revermont à ce seul et unique site serait faire peu de cas de ses autres visages et de ses multiples atouts pour la randonnée : spots naturels méconnus, réseau de sentiers étoffé, itinéraires panoramiques, vignobles, patrimoine et villages de caractère…

Le Revermont joue encore aujourd’hui les discrets mais il devrait trouver rapidement de nouveaux fans du côté des marcheurs/ses en quête de Nature et de territoires intimes où la randonnée est une excuse pour ralentir. C’est précisément à l’usage de ceux-là que je propose cette découverte du Revermont sous forme de road-trip de six jours clé en main. 

Les gués du Revermont : le genre de bonne surprise qui attend le randonneur au détour d’un sentier

LE REVERMONT : POUR QUELS RANDONNEURS/SES ?

Ainsi que je l’écris fréquemment sur le blog, la randonnée ne doit pas nécessairement se concevoir en permanence comme un défi physique. Elle ne dispense pas toujours de récompense spectaculaire. Les réseaux sociaux ont, à mes yeux, la fâcheuse tendance à entretenir cette quête du Graal permanente avec le risque de réduire la pratique de la randonnée à ce seul aspect et, par la même occasion, à faire de l’ombre à une plus large majorité de territoires qui ont bien d’autres choses à offrir.

À condition d’accepter que randonner c’est savoir aussi poser un regard différent sur ce qui nous entoure et que la beauté peut aussi se trouver dans la simplicité, il devient possible d’éveiller sa sensibilité de randonneur/se à d’autres plaisirs que la seule adrénaline du choc visuel. Par la variété de ses sites naturels, le Revermont offre cet équilibre habile entre ces deux visions et peut alors toucher un panel très large de randonneurs/ses. J’essaie d’en dresser un profil type sur la base des quelques critères ci-après.

Courbes agréables et dénivelé souvent maîtrisé, le Revermont n’a rien d’un territoire sélectif en matière de randonnée

Niveau physique

Avec des itinéraires de 10 à 15 kilomètres pour des dénivelés moyens oscillant entre 300 et 600 mètres, la randonnée dans le Revermont peut être entreprise par des marcheurs qui ne sont pas totalement débutants et qui disposent d’une petite forme physique

Niveau technique

Sauf indication contraire, le Revermont n’est pas un territoire difficile. L’essentiel de son réseau balisé s’appuie sur des sentiers et des chemins bien dessinés et facilement praticables. Disposer d’une trace GPX – et savoir la suivre – pourra cependant être utile : même si le territoire travaille activement à la pose d’une signalétique claire, certains segments peuvent encore parfois être peu lisibles. Un peu d’expérience en matière de lecture de terrain pourra alors être nécessaire pour garder le cap.

Sensibilité

Le Revermont s’adresse à un public guidé par le goût de la Nature et non par celui de la performance. C’est un territoire qui s’apprécie mieux à un rythme lent et contemplatif. C’est dans ses détails que surgit la richesse. Gardez à l’esprit que les Gorges de l’Ain et le Jarbonnet sont une apothéose et presque une exception. L’ADN du Revermont n’est pas qu’ici et j’espère que cet article vous permettra de le réaliser.

Des sentiers Nature tout ce qu’il y a de plus charmants : le Revermont en mode séduction

COMMENT UTILISER CET ARTICLE ?

Ce reportage a été initialement pensé comme un carnet de route de six jours qui invite à une exploration du Revermont autour de plusieurs circuits de randonnée. L’idée était de vous libérer de la contrainte de l’organisation d’un séjour de randonnée grâce à une proposition complète d’itinéraires – routiers et pédestres – à suivre au jour le jour.

À l’exception de deux itinéraires que je n’ai pu entièrement réaliser – du fait d’une météo qui m’a cloué à demeure ou du temps qui m’a exceptionnellement manqué – (mention en est alors faite dans l’article) j’ai personnellement pratiqué toutes les boucles mentionnées dans cet article.

J’ai également ajouté des suggestions de visite en marge de la randonnée ainsi que certaines variantes pour permettre d’allonger – ou de réduire – le programme en fonction de votre rythme. Libre à chacun(e) d’aménager ce canevas en fonction du temps dont il dispose sur place.

Les randonnées décrites peuvent donc parfaitement être réalisées indépendamment les unes des autres et dans un tout autre ordre que celui proposé à l’origine. L’article peut, dans ce cas, se lire comme un simple TOP5 des randonnées à effectuer dans le Revermont.

Des paysages ondulants et toujours agréables à parcourir où la vue porte souvent assez loin, voire très loin

Les informations données sont le fruit de deux séjours distincts effectués dans le Revermont. C’est un territoire où je me rends assez régulièrement pour rendre visite à mon ami Jean-Marie – celui avec qui j’ai traversé les Pyrénées, en 2002, et l’arc alpin, en 2006 (voir l’article La Grande Traversée) – qui y a élu domicile avec sa petite famille. J’en profite alors pour être hébergé chez lui.

Je n’ai donc pas testé les hébergements proposés mais j’ai, en revanche, chargé l’équipe de l’Office de Tourisme de Bourg-en-Bresse, dont la connaissance du terrain et de ses acteurs n’est plus à faire et qui m’a apporté un soutien apprécié à la réalisation de ce reportage, de me recommander les plus adaptés au séjour par rapport à leur position géographique et à la thématique « randonnée ».

Le Suran, la grande rivière du Revermont que tout visiteur sera amené à croiser au moins une fois

À ce titre, et aux fins de compléter ou modifier ce programme donné à titre indicatif, je vous invite à parcourir le site de Bourg-en-Bresse Destinations pour parachever, en amont, votre premier aperçu du Revermont et de son territoire élargi. Vous y trouverez également d’autres possibilités d’hébergement, selon vos critères, ainsi que d’autres choix de randonnées.

Plus généralement, n’hésitez pas à me poser toutes les questions que vous jugeriez utiles pour préparer votre séjour et vos randonnées dans le Revermont en m’écrivant à l’adresse contact@carnetsderando.net

VENIR DANS LE REVERMONT

Point de passage obligé pour les visiteurs/ses, Bourg-en-Bresse, préfecture du département de l’Ain, sera le point de chute incontournable en amont d’un séjour dans le Revermont. Au carrefour de deux autoroutes, elle peut être facilement rejointe en voiture depuis le nord et le Grand Est par l’A39, depuis l’ouest et Paris par l’A40 via Mâcon, par le sud et la vallée du Rhône par l’A42 puis l’40. En train, la gare de Bourg-en-Bresse propose des connexions quotidiennes avec Paris Gare de Lyon, Lyon, Besançon et Mâcon. Des services de location de voiture sont ensuite disponibles au niveau de la gare.

JOUR 1 – LE SURAN & LE MONT TURGON

Difficulté : moyen | Distance : 13 km | Dénivelé : 375 m | Durée : 4h | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3129SB Bourg-en-Bresse

Faire la route

De Bourg-en-Bresse à Saint-Martin-du-Mont (17 km, 24mn) : quitter Bourg-en-Bresse par le sud-ouest et la D1075. Dépasser l’accès à l’A40 et continuer tout droit direction Pont-d’Ain. Quitter plus loin la départementale à droite direction Saint-Martin-du-Mont. Stationnement derrière l’église.

La randonnée

Saint-Martin-du-Mont. Petit par la taille mais néanmoins terre de randonnée bien connue et appréciée des locaux. Pas moins de cinq itinéraires se déploient autour de ce village étiré à 340 m d’altitude face à la plaine de la Bresse. On est ici aux confins méridionaux du Revermont. Encore un pas de plus et c’est déjà le Haut-Bugey.

La boucle du Mont Turgon donne l’occasion d’embrasser ces vastes étendues paysagères qui, au-delà du Suran, prolongent le Revermont jusqu’au Pays de Gex et, plus loin encore, jusqu’aux Alpes. Une introduction au territoire tout en douceur, à la manière d’un livre d’images feuilleté lentement, pour collectionner quelques-uns des premiers aperçus remarquables qui en constituent l’identité.

Le petit village de Saint-Martin-du-Mont, point de départ de ce premier jour de randonnée

En tournant rapidement le dos aux tracés du GR®59 – des Vosges du Sud au contreforts du Jura, fait pour Mon GR® Préféré, rappelez-vous – et du GR® de Pays du Tour du Revermont, dont ce sont ici les premiers kilomètres, le sentier invite le/la marcheur/se à faire son entrée dans un décor de vallons verdoyants et d’arrondis généreux.

Bienvenue dans un univers champêtre, délicatement boisé et garni de petits hameaux reliés entre eux par des chemins de campagne amoureusement préservés

On se laisse guider ici par le chant des mésanges ou par le vol d’une buse jusqu’à doucement glisser, enfoui parmi les sous-bois, vers les paisibles berges du Suran. Plus qu’une rivière ici : une frontière. De l’autre côté c’est en effet le canton de Neuville-sur-Ain, le Haut-Bugey et d’autres histoires à raconter. 

Sur les chemins qui, de Saint-Martin-du-Mont, conduisent jusqu’au Suran

Descendu depuis Loisia, dans le Jura, le Suran quitte ici le Revermont pour réaliser ses derniers kilomètres avant de rejoindre l’Ain à Pont-d’Ain après 74 kilomètres. Il mouille plus loin la massive baume rocheuse de l’Abri du Roseau où des traces d’occupation remontant au Paléolithique ont été retrouvées.

L’une des particularités de cette rivière sont ses gués étonnants, tout en plots de pierre plats, qui le traversent par endroits. Les mêmes que ceux rencontrés en Gâtine Poitevine, dans les Deux-Sèvres, pour franchir le Thouet au gué de Rolland.

On en débusque d’ailleurs un – et un copieux ! – à la faveur d’une erreur d’aiguillage, sur la rive opposée du hameau du Colombier. Le monde appartient décidément à ceux qui savent s’y perdre ! S’il n’est pas sur l’itinéraire officiel, ce gué inattendu permet d’en modeler une version plus courte à usage des plus pressés. Ou des plus fatigués, au choix !

Le gué du Colombier : pas sur l’itinéraire mais tellement proche qu’il serait dommage de ne pas aller le découvrir !

Couronnant Turgon comme un chapeau melon, le Mont éponyme contrebalance son altitude modeste par un panorama étonnamment vaste. Ne pas en profiter, sous prétexte que le tracé officiel de la boucle, n’y passe pas serait gravement préjudiciable.

Le grand air du Revermont souffle ici parmi des tapis de muscaris à toupet et de sauges des prés qui empourprent cette belle prairie sommitale où la vue porte loin. Le liseré des Monts du Bugey, dressé par-delà la mosaïque des champs, y dessine un horizon de montagne annonçant les Alpes. Après les bords du Suran, le Turgon est un nouveau temps fort sur cet itinéraire.

Il ne restera ensuite plus qu’à aller chercher les pentes boisées du Mont de la Vavre où l’on côtoie des châtaigniers, des chevreuils et des poèmes, pour ramener sagement vers Saint-Martin-du-Mont, point de départ et d’arrivée de ce prologue prometteur.

Au sommet du Mont Turgon : on n’est pas bien haut mais qu’est-ce qu’on voit loin !

J’ai aimé

  • Le charme des chemins sillonnant la campagne
  • Le cheminement en sous-bois tout au bord du Suran
  • La découverte inattendue du gué du Colombier
  • Le panorama depuis le sommet du Mont Turgon

Topo pas-à-pas

Note : au besoin, la trace GPX de cet itinéraire est disponible sur simple demande à l’adresse contact@carnetsderando.net

Depuis le parking de l’église, revenir au centre du village et prendre à gauche la route du Colombier puis, tout de suite, la rue qui monte à droite. Poursuivre plus loin à gauche par le chemin En Très Vent jusqu’au cimetière. Le dépasser et continuer par un large chemin en forêt jusqu’à une intersection (1).

Descendre à droite direction Confranchette le Haut et Soblay par l’itinéraire 45. Après avoir dépassé une large grange, descendre à gauche par l’itinéraire 45 (balisage jaune). Au carrefour suivant (2), prendre la route de gauche puis, dans un virage, l’abandonner pour un chemin s’en écartant par la gauche (3). Le suivre et à un carrefour en sous-bois (4) poursuivre tout droit. Descendre et atteindre le bas de Soblay au niveau d’une intersection (5)

Traverser la route et prendre en face le chemin de Gantnon, direction La Bocquette, Abri du Roseau et Saint-André. Peu après tourner à gauche par le chemin vers La Bocquette. Après être passé sous la ligne électrique, à une fourche (6), prendre le chemin de droite (balisage jaune). Plus loin il s’engage à gauche par un sentier étroit entre deux haies d’arbres (7). Sortir au niveau d’une intersection (8) et poursuivre en face pour descendre en direction du Suran. Atteindre le poteau signalétique de La Bocquette.

L’agréable sentier tracé sur les berges du Suran, en direction de l’Abri du Roseau

Suivre à droite le sentier qui rejoint les berges du Suran direction Abri du Roseau et Saint-André. Suivre le Suran en rive droite et rejoindre l’Abri du Roseau. Continuer par le même chemin jusqu’à une fourche (9) (note : en continuant tout droit, on atteint le gué – voir plus bas : pour en faire moins). Continuer par la branche de droite jusqu’à un carrefour de chemins (10), peu après être passé sous la ligne haute tension.

Descendre par le chemin de gauche et rejoindre à nouveau les berges du Suran (11). Tourner à droite et suivre la rivière en rive droite jusqu’aux Guillères où on rejoint une route. Poursuivre par la route en direction du pont (point coté 249) mais ne pas le franchir. Peu avant, repérer le poteau signalétique Saint-André sur la droite (12) et prendre le sentier qui s’engage en montant dans le sous-bois, direction Turgon et Saint-Martin-du-Mont (balisage GR® blanc et rouge). Après la côte, sur le rebord du plateau, à une intersection (13), laisser le GR® et continuer à gauche jusqu’à Turgon. 

Parvenu à un croisement (14), prendre à droite par le chemin du Mont. Dans une courbe à gauche, quitter la route en suivant un chemin à droite. S’élever en lisière de forêt jusqu’à un portail dans la clôture, à gauche (signalétique 44) (15).

L’arrivée dans les pelouses bien dégagées coiffant le sommet du Mont Turgon

Passer le portail et suivre la sente y faisant suite jusqu’au sommet du Mont Turgon (16). Repiquer par le sentier passant derrière le banc pour descendre par un autre chemin jusqu’au bâtiment de la Boule des Roches de Turgon. Le longer, atteindre une route et tourner à gauche. Au niveau du lavoir (17), prendre à droite la route de la Chapelle.

À la fourche suivante, suivre à droite l’itinéraire numéro 44. Rejoindre le lieu-dit La Chapelle (18) et continuer toujours tout droit sur la route. Dépasser le lavoir de la Source de Bénétan. Peu après, au niveau du poteau signalétique La Brévèze (19), monter par un sentier en sous-bois à droite direction Le Mont de la Vavre et Saint-Martin-du-Mont.

Monter jusqu’à une intersection (20). Suivre le chemin de droite jusqu’à croiser le tracé du GR®59 dans un lacet (21). Prendre à gauche l’itinéraire 45 et rejoindre le sommet du Mont de la Vavre. Le dépasser et continuer tout droit par un chemin forestier qui débouche au niveau d’une maison. Longer la propriété, atteindre l’arrière du monument aux morts de Saint-Martin-du-Mont (22) puis, en prenant à gauche, rejoindre le centre du village et le point de départ de l’itinéraire.

Pour en faire moins

Au niveau du point (9) ne pas monter à droite mais suivre le sentier de gauche. Quand il arrondit au bout pour s’enrouler autour de l’extrémité du terrain, le quitter à gauche pour passer derrière la butte, à droite. Atteindre le bord du Suran et franchir le gué. Suivre le chemin qui le prolonge, puis la route qui traverse le hameau du Colombier. Au carrefour, tourner à droite, franchir le pont et retrouver l’itinéraire au niveau du point (12).

Bonnes adresses

À Saint-Martin-du-Mont, tout proche de l’église, une petite épicerie qui fait aussi dépôt de pain permet d’acheter de quoi faire le pique-nique.

Pour les amateurs/trices de bonnes tables, le petit restaurant La Cour de Récré, situé en face de la Poste, serait selon mes sources locales un lieu parfaitement recommandable !

Où dormir ?

Après la randonnée, on reprend la voiture et on met le cap sur Journans, à 10 minutes et 6,5 kilomètres. Ce sera pratique car Journans est le point de départ de la randonnée du jour 2. L’idéal sera d’y rester deux nuits. Possibilité de dormir dans un joli chalet disposant de trois chambres pour celles et ceux qui apprécient l’autonomie et l’indépendance. Deux autres options en gîte  – un gîte paysan et un gîte vigneron – sont également possibles : voir sur le site de la commune de Journans.

Le joli lavoir de la Source de Bénétan, juste avant d’attaquer la montée vers le Mont de la Vavre

JOUR 2 – LE VIGNOBLE DU REVERMONT

Difficulté : moyen | Distance : 14,5 km | Dénivelé : 540 m | Durée : 4h30 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3129SB

Nous ne sommes ni en Bourgogne, ni en Provence, ni dans la Loire mais, pourtant, des arpents de vignes se dévoilent parfois au détour d’un bois, ici dans le sud du Revermont. Les connaisseurs identifieront du Pinot et du Chardonnay, cultivés à la passion par une poignée de viticulteurs perpétuant une tradition dont les origines se perdent à l’époque romaine.

Sous les bannières d’une AOC Vin du Bugey ou d’une IGP Coteaux de l’Ain-Revermont, les vignobles disséminés entre Journans, Gravelles et Bohas-Meyriat-Rignat offrent à découvrir un visage inédit du territoire qui devrait facilement séduire les amateurs/trices de vin. Les autres se satisferont autrement et largement d’une nouvelle belle immersion dans la quiétude et le charme des paysages généreusement étendus du Revermont.

Le village de Journans, son clocher jurassien et, de l’autre côté, sur le coteau, sa petite chapelle Saint-Valérien

Le point de départ de la randonnée c’est Journans, village vigneron par excellence. On y retrouve un bâti soigné, une élégance évidente et l’harmonie étudiée de matériaux propres à ces lieux de vie unis à la Nature et au vin.

À Journans les demeures sont belles et chargées d’histoire. Plaisir des yeux d’un côté et des pieds de l’autre, à fouler des chemins confidentiels qui semblent connus des locaux seuls pour prendre de l’altitude et atteindre la calotte dénudée du Mont de Rignat, deux cents mètres plus haut.

Un premier point haut pour embrasser d’un seul regard ces vagues de reliefs boisés derrière lesquelles s’abritent les gorges de l’Ain et le Pays du Cerdon, avant d’entamer la descente vers Rignat, deuxième village de ce triangle viticole dessiné par le parcours de la randonnée.

En descendant vers Rignat depuis la Croix du Mont

Moins porté sur la coquetterie que Journans, Rignat n’en demeure pas moins riche en matière d’anecdotes. Au gré de ses petites rues et routes, de discrets mobiliers informatifs que seul le rythme tranquille de la marche permet d’apercevoir lèvent le voile sur des épisodes de la vie d’avant.

Ici c’est l’ancienne maison d’une sage-femme célèbre, là le souvenir d’une habitante vouée corps et âme à son village. Rignat dévoile ses archives le temps d’un passage avant d’expédier les marcheurs à l’assaut de la Croix de la Dent par le chemin de Côte Noire qui paraît tout droit sorti d’un roman de George Sand ou d’Alain Fournier.

Le Revermont a définitivement ce côté romantique propre aux campagnes historiquement habitées et exploitées par l’homme. Le cri plaintif d’une buse en chasse coupe subitement court à ma rêverie littéraire. Un brusque appel d’air et voici que surgit en-dessous de nous le belvédère de la Croix de la Dent.

Depuis la Croix de la Dent, on profite d’une très belle vue sur le sud Revermont et le village de Gravelles

Nous voici au-dessus de Gravelles, dernier élément de la Sainte-Trinité des villages viticoles, à 555 m d’altitude. Le point de vue accroche immédiatement le regard, tout en courbes sensuelles et en couleurs chaleureuses. L’image d’un mariage réussi entre les hommes et leur environnement.

Juste en-dessous, sur le versant sud du sommet, un tapis de vignes glisse en toboggan jusqu’aux premières maisons. À l’instar de Journans, Gravelles exhibe de larges demeures, bâties d’une pierre franche et lumineuse et réunies autour d’un four à pain communal sous lequel on se précipite pour échapper à l’averse qui rince maintenant le Revermont.

Le territoire n’est pas vert pour rien et c’est sous une pluie nourrie qu’il faut retourner à Journans par des chemins champêtres que même les efforts d’une météo capricieuse ne parviennent pas à rendre tristes. Je décide de laisser les sentiers aux escargots heureux pour plutôt trouver refuge dans un domaine viticole. Il faut aussi savoir improviser par moment !

À l’abri pour le pique-nique dans le solide four à pain de Gravelles !

J’ai aimé

  • Les ouvertures paysagères toujours généreuses
  • La découverte des vignobles du Revermont
  • Le point de vue depuis la Croix de la Dent
  • L’élégance de Journans et de Gravelles, villages viticoles par excellence

Topo pas-à-pas

Trace GPX disponible sur simple demande en m’écrivant à l’adresse contact@carnetsderando.net

Depuis le parking de la place de la Fontaine, se diriger vers l’extrémité du village par la rue Neuve. À l’intersection avec la rue du Tilleul (1), prendre à gauche celle du Puits. Dans une courbe à gauche, la quitter à droite par le chemin de Mons Fontaine (2). Le suivre jusqu’à déboucher au niveau d’une vigne et à ce qui ressemble à la fin du chemin (3).

Franchir le « portique » en face pour continuer tout droit en laissant la vigne à main gauche. Franchir un second « portique » et s’engager sur un petit sentier en lisière de sous-bois. Il monte plus haut dans l’axe d’une ligne électrique, dans une trouée évidente qui se dirige vers le haut de la colline. Vers 450m, croiser un chemin. (note sur ce segment : au moment de mon passage, le balisage était vraiment absent à partir de (3) et, bien que le chemin décrit existe, il peut paraître intrusif de franchir les « portiques » indiqués. Le territoire m’a confirmé que le passage était bel et bien ici)

Suivre ce chemin à gauche qui vient s’appuyer plus loin contre une clôture. Longer celle-ci par la gauche (balisage jaune) pour trouver le passage la franchissant et retrouver la petite route de Journans (4). La suivre à gauche et après 20m, prendre à droite un petit chemin étroit entre les arbres (balisage rose « Les Sentiers de Bohas Meyriat Rignat »)

Le passage de la Croix du Mont, juste avant de commencer la descente vers Rignat

Atteindre la calotte du Mont de Rignat (5) et la traverser. Retrouver de l’autre côté le sentier qui franchit ensuite une clôture au niveau de la Croix du Mont (6). Tourner à droite par un bon chemin qui descend à Rignat. Passer l’église puis descendre à droite par le chemin de la Croix (pastille orange) (7) puis plus bas à droite encore pour croiser le Gabrot (8). Le suivre à droite et passer devant la maison de madame Pilloud-Bernard. Continuer tout droit par En Courtisane et C204 direction Saint-Martin-du-Mont.

À la sortie du Rignat, quitter la route à gauche, au niveau d’un panneau Interdit à la Circulation, par un petit sentier partant en sous-bois (9). Rejoindre plus haut un large chemin (10) et le suivre à droite. S’élever longtemps en ignorant les chemins ouvrant parfois à gauche ou à droite vers des prairies jusqu’à un portail (11).

Note sur ce segment : lors de mon passage, le portail (11) était clairement fermé et cadenassé. Le balisage se poursuivait pourtant au-delà – confirmé par la trace recueillie auprès du territoire – et j’ai dû l’escalader. Selon la destination, ça a été balisé donc c’est ok. Mais je n’ai pas pu avoir la confirmation que, peut-être, le paysan concerné par le passage n’était lui plus ok pour l’autoriser. J’attends une réponse formelle de la destination pour valider cet itinéraire sur le blog.

Arrivée sur les prairies sommitales de la Croix de la Dent

Passer le portail et monter ensuite par une grande clairière jusqu’à couper le sentier jaune montant depuis le versant nord de la Croix de la Dent (12).Le suivre à gauche. Il serpente ensuite entre les buis, traverse de petites ouvertures et finit par redescendre au niveau de la Croix de la Dent (13).

Plonger directement sous la croix, sud, par un sentier abrupt qui descend rapidement et croise plus bas un autre sentier (14). Suivre celui-ci à gauche et, par un itinéraire en balcon, passer au-dessus des vignes. Plus loin à une intersection en sous-bois (15) descendre à droite jusqu’à atteindre un large chemin (16). Le suivre à droite et rejoindre Gravelles.

Le cheminement passe juste au-dessus des vignes plantées sur le versant sud de la Croix de la Dent

Traverser Gravelles par le chemin de la Croix de la Dent. Plus tard prendre à droite le chemin du Clos (17). Quand il commence à arrondir vers les vignes, le quitter par un chemin enherbé qui le prolonge à gauche et se laisser glisser jusque’à une route (18). La traverser pour prendre la suivante qui monte à gauche. 200m plus haut, repérer le sentier qui repart à droite entre les arbres (19).

Le suivre jusqu’à rejoindre beaucoup plus haut, une zone ouverte de grandes prairies. Atteindre l’intersection des Feuillées Rouges (20) et prendre à gauche. Atteindre un croisement en butant contre la lisière de la forêt (21) et suivre celle-ci à gauche. Atteindre un autre carrefour (22) et prendre le chemin de gauche, sud.

Sur le sentier ramenant vers Journans depuis Gravelles

Le suivre jusqu’à croiser le GR® montant depuis Saint-Martin-du-Mont (23). Tourner alors à droite pour le suivre et descendre dans la forêt. À une première fourche, suivre à droite les balises blanc et rouge. Au terme d’un long single traversant une belle forêt d’acacias, trouver une autre fourche (24).

Cette fois prendre à gauche (vieille balise blanc et rouge sur un arbre à droite) et rejoindre une aire de jeux. Descendre en face par la rue de la Balme pour atteindre l’église de Journans (25). Après l’église, prendre à gauche la rue de l’Église. En bas de celle-ci, tourner à droite au niveau du café-restaurant et, en tournant ensuite à gauche, rejoindre la place de la Fontaine et le parking.

À voir aussi

Profitez d’être à Journans pour faire un aller-retour à la source de la Reyssouze (26). Accessible par le chemin du même nom – qu’on attrape au niveau du café-restaurant – c’est un lieu enchanteur car joliment aménagé et à partir duquel la plus longue rivière du département prend son essor pour 75 kilomètres.

Jaillie d’une résurgence dans un bassin de pierre circulaire, elle est ensuite canalisée entre deux coudées de pierres jointes jusqu’à l’ancien lavoir encadré par un double appentis. Un endroit frais et propice aux légendes dont le charme ne peut laisser insensible.

La source de la Reyssouze : un aller-retour rapide et indispensable à faire depuis Journans

Bonnes adresses

À Journans, le café-restaurant À La Source se prête bien à une petite – ou une grande – pause après la randonnée. Marion et Yannick invitent à savourer une cuisine simple mais raffinée à base de produits locaux. Le temps d’un verre ou d’un repas, d’un menu copieux ou d’un petit en-cas.

À quelques minutes en voiture de Journans, la Cuverie est l’endroit avec un E majuscule où déguster un verre de Bugey/Cerdon avec Aurélien Beyeklian, le propriétaire et vigneron. Revenu sur ses terres du Revermont pour contribuer à la promotion de ces vins endémiques, cet ancien journaliste radio est le fer de lance d’une nouvelle génération de viticulteurs passionnés désireux de faire perdurer l’art ancestral de la vigne ici dans l’Ain. Un rendez-vous à ne pas manquer pour être exhaustif sur la thématique du vin du Revermont.

Une rencontre avec Aurélien, visage d’une nouvelle génération de viticulteurs du Revermont, complète idéalement une journée de randonnée dans les vignobles (photo © Morganne-Monneret)

JOUR 3 – MATIN : LES CRÊTES DU JARBONNET

Difficulté : moyen | Distance : 3 km | Dénivelé : 180 m | Durée : 1h30 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3228OT Oyonnax, Gorges de l’Ain, PNR du Haut-Jura

Faire la route

De Journans au parking du Belvédère de Romanèche (16 km, 19mn) : revenir sur la D52 et monter jusqu’à Revonnas. Dans le centre suivre à droite les directions Villereversure et Sénissiat par la D81. Dépasser Sénissiat et rejoindre la D979 jusqu’à Bohas puis Hautecourt-Romanèche. Dans Hautecourt, prendre à gauche la D59 direction Corveissiat, Cize et Romanèche. Plus tard, au passage de Romanèche, suivre la direction du village par la V1 à droite. Passer devant l’église, continuer par la route principale et, au niveau d’une fourche, suivre à gauche la direction « belvédère ». Suivre la route jusqu’au bout et au parking terminal.

Les falaises du Jarbonnet vues depuis les belles pelouses fleuries en bordure de l’Ain

La randonnée

Ici on ne présente plus le site du Jarbonnet. Ce n’est ni plus ni moins que la vitrine du Revermont, sa porte d’entrée visuellement étourdissante. Du genre à déclencher quasi instantanément cette émotion qui fait passer de la simple inspiration à l’envie tenace d’y foncer séance tenante.

Il faut dire que le Jarbonnet est de ces lieux qui sortent le grand jeu. Un déballage sans concession de spectaculaire où falaises panoramiques et vues à se damner sur les Gorges de l’Ain se succèdent avec une certaine forme d’insolence. Dire qu’on en prend plein les mirettes au Jarbonnet est un doux euphémisme.

C’est le site naturel à ne louper sous aucun prétexte lors d’une visite dans le Revermont. Et démarrer sa journée par un aller-retour vers le belvédère le plus haut placé du secteur devrait suffire à vous mettre la banane pendant toute la journée. Un détour à ne manquer sous aucun prétexte avant de poursuivre ce road-trip en direction d’Arnans.

J’ai aimé

  • Les vues spectaculaires sur les Gorges de l’Ain depuis les falaises
  • Le cheminement entre sous-bois et crêtes
  • L’accessibilité du site pour celles/ceux qui n’ont pas beaucoup de temps

Topo et trace GPX

C’est une toute petite randonnée, très facile à trouver et à suivre car elle suit les balises jaune et rouge du GR® de Pays du Tour du Revermont. Depuis le parking et le belvédère, il faut donc partir à gauche, nord, par la forêt. Si besoin, me demander la trace GPX à l’adresse contact@carnetsderando.net

Faire la route

Prochaine étape : Arnans13,5 km, 18 mn en voiture. Revenir jusqu’à Romanèche et la D59 qu’on suit à droite. Passer Cize en restant sur la D59 et suivant toujours la direction Corveissiat. En arrivant sur Corveissiat, à l’intersection avec la D936, tourner à gauche direction Bourg-en-Bresse. Dans la descente à venir, au niveau d’un lacet bien marqué à gauche, quitter la D936 pour la petite route à droite qui, sans indication, rejoint Arnans. Stationnement à proximité de l’église.

JOUR 3 – APRÈS-MIDI : LE PLATEAU D’ARNANS

Difficulté : moyen | Distance : 15 km | Dénivelé : 460 m | Durée : 4h15 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3228OT Oyonnax, Gorges de l’Ain, PNR du Haut-Jura

C’est le temps d’un plongeon dans le coeur intime du Revermont. Un petit pas de côté, à l’est du Suran dont j’abandonne le cours un peu après Chavannes. C’est là, entre la longue langue de cultures qui accompagne la rivière d’un côté et les gorges de l’Ain de l’autre que se perche le plateau d’Arnans, espace quasi ignoré des visiteurs et propice à une belle échappée en pleine nature sur les hauteurs dénudées des crêtes de Trénoz.

Sur l’itinéraire du Tour du Revermont, Arnans est de ces petites bourgades paisibles croisées au détour d’une route de campagne sinueuse qu’on s’imagine bien grimper à vélo. L’image-même d’un territoire qui invite à rompre avec la pression de la montre pour s’accorder à son pouls tranquille. On ne profite jamais davantage du Revermont qu’au pas lent proposé par ses sentiers les plus intimes. 

À l’assaut des grands espaces ouvrant au nord au-delà d’Arnans. Un autre horizon du Revermont

Cela commence par le chemin du Mollard, trait blanc à l’ondulation lascive, tiré entre de grandes prairies que fait doucement frémir une brise venue du sud. C’est un prémice d’immersion, une promesse faite au marcheur de quelque chose de plus grand.

Une rapide bascule et voici déjà les toits de Cuvergnat, localité agricole de quelques âmes regroupées autour de sa fontaine. Planqués derrière les immenses portes d’une étable, des chiens aboient à notre passage. Un grand classique de la France qui laboure et qui élève.

Encore un peu de montagnes russes et la musique change de ton : un concert de croassements salue ici le début du segment un peu off-track de la boucle. Un bref coup de chaud, le temps d’un raidillon qui fait durcir les mollets, et les crêtes herbeuses des Trénoz sont là. Un micro-univers vierge de tout sentier et oublié du monde où jouer les aventuriers du Revermont le temps d’une escapade.

Il faut parfois faire sa propre trace quand, au printemps, les herbes envahissent le sentier et que les champs n’ont pas encore été fauchés

Je navigue à l’instinct, un oeil arrimé sur les contreforts boisés et plus lointains du Signal de Nivigne, point culminant du Revermont, au-delà de la vallée du Suran ouverte à l’ouest. Ici le balisage joue à cache-cache, camouflé par un terrain qui lui laisse peu d’occasions de s’exprimer. Seule une trace d’herbe, à peine foulée parmi une galaxie étoilée de renoncules, dirige mes pas.

Le temps sera bientôt venu d’aller se percher au-dessus de l’étage d’Aromas, palier inférieur à Arnans étiré comme un rez-de-chaussée devant le rebord des gorges de l’Ain

Un entrelacs de clairières un peu secrètes se révèle jusqu’à la lisière d’un bois où la signalétique solide et concrète d’un poteau met un terme à notre échappée sauvage. Un chemin retrouvé descend jusqu’à La Chana, sur l’ancien fief des Toulongeon, ambassadeurs des princes et des maréchaux de Bourgogne dont le château coiffait la bosse boisée autour de laquelle s’enroule maintenant l’itinéraire.

Sur le large chemin arrondissant au-dessus du vallon de Toulongeon, à mi-chemin de la boucle

Après les larges fenêtres ouvertes des Trénoz, les sous-bois de Bouvans, puis de la Verrine, nous enferment dans l’ombre de leurs feuillus. Une longue progression à volets fermés qui, les jours d’été, permet d’échapper aux assauts cuisants du soleil. C’est le bon moment pour guetter, dans les talus, la fuite précipitée d’un lézard vert.

Il faudra patienter jusqu’à la sortie dans les prés, peu après la fontaine de Bourbouillon, pour regoûter aux grands espaces du Revermont. Au mois de mai, l’herbe encore haute vient chatouiller les genoux des marcheurs qui devront faire leur propre trace dans ces immenses prairies agitées d’un ressac de vagues vertes.

Puis c’est le retour à la route et au goudron. Trois fois rien d’asphalte qu’un crochet par les chemins s’emploie à raccourcir davantage. Le clocher d’Arnans pointe ensuite le bout de sa girouette derrière le toit des premières maisons du village, annonçant par la même occasion le terminus imminent de cette virée plus confidentielle dans le Revermont.

Prendre la clé des champs : une expression qui se prête bien à cette boucle autour d’Arnans

J’ai aimé

  • La confidentialité de l’itinéraire
  • La navigation sur les crêtes des Trénoz
  • Le point de vue sur la Chartreuse de Sélignac (variante uniquement)

Topo pas-à-pas

Si besoin, comme chaque fois, me demander par mail la trace GPX de cet itinéraire à l’adresse contact@carnetsderando.net

Remonter la rue principale jusqu’à la D3, au niveau du mobilier d’information rando et du robinet, et emprunter au nord le chemin du Mollard. Remonter toute la route jusqu’à un champ clôturé. Quelques mètres avant celui-ci, repérer un chemin (1) qui s’engage à gauche entre deux rangées d’arbres et le suivre. 

Il redescend plus loin au niveau d’une route (2). La traverser et prendre la route en face qui remonte à Cuvergnat (balisage jaune et rouge) (3). Traverser Cuvergnat par la rue des Combes puis celle des Grandes Vignes. Au bout de celle-ci (4), prendre à droite.

Chemins de campagne à la sortie de Cuvergnat

Descendre dans une cuvette et suivre le chemin qui arrondit plus loin sous la ligne électrique en passant devant les bassins de la station d’épuration. Passer alors la clôture à droite (5) pour couper à travers champ et rejoindre l’orée du sous-bois au fond. Y retrouver les balises jaunerouge ainsi qu’un sentier escaladant le coteau.

En haut, passer par une ouverture à travers une haie et entrer dans une sorte de prairie sommitale (6). La traverser dans l’axe, en direction du nord, en tenant l’orée du bois à main droite toujours à moins d’une dizaine de mètres. Atteindre ainsi l’entrée d’une brève dépression qui fait la liaison avec les prairies suivantes. Rester globalement orienté nord-nord-est, plutôt appuyé côté droit des prairies, pour rejoindre, juste après un chêne plus isolé, un poteau signalétique (7).

Cheminement pas mal à vue sur les hauteurs des crêtes de Trénoz

Prendre à droite le chemin qui descend dans le bois jusqu’à atteindre une route (8). La traverser et monter en face dans le hameau de la Chana. Au bout de la route, au niveau de la dernière maison (9), monter dans le sous-bois à droite par un sentier rejoignant plus haut un large chemin carrossable (10). Suivre celui-ci à gauche.

Le suivre longtemps. Au passage des 500m d’altitude, dans un lacet à gauche (11), le quitter pour un sentier en sous-bois filant plein sud. Il rejoint une crête forestière au niveau d’une intersection. Prendre à gauche et suivre rapidement l’arrondi qui amène à un autre carrefour (12). Là, prendre bien à droite pour repartir par le chemin orienté sud. C’est une longue sente forestière qui finit par déboucher plus tard sur la D88 (13). La suivre à gauche et, rapidement, s’engager à droite par un sentier descendant en sous-bois.

Les passages en sous-bois de la seconde partie de l’itinéraire. Au frais !

Déboucher à nouveau sur la route et la suivre jusqu’un peu avant l’Hôpital (14). Prendre alors un chemin qui repart sur la droite. Il s’enfonce rapidement sous les arbres en remontant en rive droite du ruisseau du Moularot jusqu’à la fontaine de Bourbouillon (15). Le chemin sort alors dans une grande prairie qu’on remonte en tirant légèrement à droite jusqu’à la route (16).

Suivre la route à droite en direction d’Arnans. Au niveau d’une intersection et d’un oratoire (17), descendre par un sentier plongeant dans un thalweg. Il croise plus bas l’itinéraire du GR® de Pays (18). Le suivre à droite et encore à droite par un chemin remontant sur la route, à l’entrée d’Arnans (19). Entrer dans le village et rejoindre le point de départ.

Pour en faire plus

Depuis Arnans, je vous recommande de pousser en A/R jusqu’au belvédère sur la Chartreuse de Sélignac (20). Suivre sud la route du Château, poursuivre sous le cimetière par un large chemin remontant à travers champs. Entrer dans la forêt plus loin, atteindre une clairière qu’on longe par la gauche et poursuivre à la sortie par le chemin arrondissant à gauche. Plus loin, au niveau d’une intersection, ne pas suivre les marques jaunes qui partent à droite mais continuer quelques mètres à gauche pour arriver au niveau d’une belle croix érigée au-dessus de la superbe Chartreuse de Sélignac.

Pour la version plus longue (indiquée en pointillés oranges sur la carte), vous pouvez aussi, après l’église d’Arnans, descendre par la route à gauche. Dans le lacet, plus bas (A), la quitter pour le chemin balisé jaune qui rejoint bien plus bas la D936 (B). La traverser prudemment et, en face, continuer par un chemin délaissant par la droite l’aire de stationnement. Il rejoint le Pont de l’Abbaye (C), passe en-dessous puis au pied de la Chartreuse. Rejoindre la petite route venant de l’édifice et la suivre à gauche jusqu’à la stèle, à droite (D). Prendre alors à droite le GR® de Pays et remonter vers le plateau d’Arnans. Atteindre un chemin (E) et le suivre à droite jusqu’à une route et la Croix Bataillard (F). En suivant la route à droite, revenir à Arnans. 

Note : depuis mon passage, de récents poteaux signalétiques flambants neufs ont été installés par l’agglo à certains endroits clés de la boucle. Il n’est pas impossible que vous en trouviez qui ne sont donc pas signalés dans mon topo

La variante par le belvédère de la Croix avec vue sur le val de la Chartreuse de Sélignac : joli !

Où dormir ?

Après la randonnée, vous pourrez faire halte chez Denise et Gérard, à leur chambre d’hôte Murmure des Buis qui est toute proche de l’église d’Arnans. C’est une belle maison de village, avec pierres apparentes. Elle est composée d’un lit 2 personnes et d’une mezzanine – avec 1 lit de 90 pour couchage enfant – accessible par un escalier en colimaçon. La chambre est équipée d’une salle d’eau avec WC privée. La nuitée démarre à 55 euros, petit déjeuner compris, pour une personne. Infos et réservation : 04 74 50 75 51 ou 06 33 51 08 52

JOUR 4 – MATIN : LA RECULÉE DE CORVEISSIAT

Difficulté : facile | Distance : 3 km | Dénivelé : 135 m | Durée : 1h30 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3228OT Oyonnax, Gorges de l’Ain, PNR du Haut-Jura

Avertissement : la passerelle de la reculée de Corveissiat est actuellement endommagée. Dans l’attente de travaux de réhabilitation, la boucle décrite dans ce descriptif ne peut actuellement être réalisée. Il faudra, depuis le parking de départ, se contenter d’aller jusqu’à la Reculée et de faire un aller-retour sur la rive gauche du torrent pour profiter, néanmoins, du spectacle et du charme des cascades.

Faire la route

Revenir en sens inverse par rapport à la veille jusqu’à l’entrée de Corveissiat et traverser entièrement le village. Commencer à descendre vers les Gorges de l’Ain. Juste avant un large lacet à gauche, se stationner sur l’espace ouvert sur la droite de la route.

Spectacle des cascades en suivant le torrent descendu de la Reculée jusqu’à La Balme

La randonnée

Quand ça commence à parler de reculée, ça se sent qu’on n’est plus très loin du Jura. Corveissiat a pourtant encore bien les pieds dans l’Ain et le Revermont. L’effondrement soudain du relief, au sortir de la commune, surprendra néanmoins certainement celles/ceux qui s’étaient habitué(e)s au confort rassurant du plateau intérieur du Revermont.

Le monde s’arrête au débouché de Corveissiat, plongeant sans sommation vers l’Ain, deux cent mètres plus bas. En témoigne cette fameuse reculée, ainsi qu’on appelle tous ces fonds de vallée jurassienne, en cul-de-sac et aux parois abruptes. Une échancrure marquée et cernée de falaises, au fond de laquelle coule gaillardement le torrent de la Balme Griva.

Vu de l’extérieur, c’est un terrain qui appelle à l’exploration. Sa verticalité, l’écho lointain de l’eau qui cascade : tout ici résonne d’une belle aventure à venir. L’excitation grimpe d’un cran lorsque le rugissement de l’eau se met à déborder de l’écran de végétation formé par le sous-bois humide. À l’oreille, on sent qu’on approche de l’un de ces incroyables spectacles donnés par la Nature.

La spectaculaire sortie du torrent depuis les profondeurs de la Reculée

Quand la forêt s’élargit enfin, c’est pour laisser apparaître l’entrée d’une cavité ouverte dans la fantastique muraille rocheuse d’un porche de près de trente mètres de haut. L’eau s’en précipite avec vigueur, dégringolant en cascades successives par le thalweg prolongeant cette bouche béante.

La reculée de Corveissiat est de ces sites qui jouent avec l’échelle en confrontant le visiteur à son insignifiance face au gigantisme de ces mondes souterrains dont il n’est invité qu’à contempler l’entrée.

Par sécurité, l’accès au-delà de celle-ci est interdit. Partie intégrante de l’Espace Naturel Sensible Haute Vallée de l’Ain, la Reculée de Corveissiat participe à des enjeux de biodiversité essentiels dont la gestion a été confiée au Conservatoire des Espaces Naturels en lien étroit avec des acteurs locaux.

Une petite randonnée très facile et définitivement placée sous le signe de l’eau

Et, quand bien même la découverte de la Reculée reste le temps fort attendu de la boucle, la suite de la randonnée n’est pas en reste niveau plaisir des sens. Le torrent de la Balme Griva n’en finit en effet pas de se rompre en multiples cascades que quelques pas de côté faciles permettent d’admirer au fil du sentier qui en accompagne le cours.

On nage ici en plein vert. L’humidité suinte du sous-bois en explosions de mousses. Les troncs, les branches, les rochers : tous sont moquettés de ces colonies de Bryophytes agissant comme de parfaits bio-indicateurs de l’état de santé d’une forêt. Impression tenace de fouler du pied une autre planète.

Une passerelle agréable et bien charpentée – oeuvre et don aux suivants des randonneurs de Corveissiat, grâce leur soit rendue – en ajoute au bonheur éprouvé en se laissant glisser au rythme de l’eau jusqu’à la Balme et aux berges de l’Ain. À partir de là, un chemin évident mais, avouons-le, moins sujet au rêve, permet de remonter facilement jusqu’au point de départ.

La belle passerelle qui permet de franchir le torrent en aval sans se mouiller les pieds

J’ai aimé

  • La découverte de ce site naturel spectaculaire
  • L’ambiance surnaturelle dans les sous-bois humides
  • Le sentier des cascades jusqu’aux berges de l’Ain

Topo et trace GPX

La boucle est balisée en jaune et très facile à suivre depuis le parking du départ. En cas de doute, vous pouvez me demander la trace GPX par mail en m’écrivant à l’adresse contact@carnetsderando.net

Visiter la grotte

La cavité est malheureusement fermée au public. C’est la petite frustration à digérer. Outre les dangers inhérents à la nature de ce terrain particulier qui justifie cette interdiction d’accès, il faut également prendre en compte la période d’hibernation des chauves-souris qui va, environ, du 15 octobre au 15 avril et qui rend toute visite impossible.

En revanche, si vous venez à Corveissiat entre juillet et août, vous pouvez formuler une demande à l’AGEK – l’Association de Gestion des Espaces Karstiques – pour participer à l’une des visites touristiques et de sensibilisation qui ont lieu tous les mercredis matins pendant cette période spécifique. Infos et réservation : 06 28 32 50 38 ou mail agek.contact@orange.fr

JOUR 4 – APRÈS-MIDI : SAINT-MAURICE-D’ÉCHAZEAUX

Difficulté : moyen | Distance : 14,5 km | Dénivelé : 330 m | Durée : 4h25 | Carte : IGN TOP25 1/25000è 3228OT Oyonnax, Gorges de l’Ain, PNR du Haut-Jura

Information préalable concernant cette randonnée

Exceptionnellement, je n’ai pas eu la possibilité de faire cet itinéraire qui se prend au départ de Corveissiat et qu’on peut donc coupler à l’itinéraire du matin vers la Reculée. Il était pourtant bien au programme mais la météo lors de mon séjour ce jour-là en a voulu autrement. C’est donc la seule randonnée de ce rando-trip que je n’ai pas entièrement réalisée mais dont je trouve cependant la place suffisamment cohérente dans ce programme pour la mentionner.

De cette boucle je ne connais que la petite chapelle de Saint-Maurice-d’Échazeaux que j’avais découverte lors d’un précédent séjour en famille dans le Revermont – au cours duquel j’avais notamment effectué la boucle de la Reculée de Corveissiat – et dont je confirme le fort potentiel visuel, notamment avec le belvédère tout proche sur les Gorges de l’Ain.

La vue depuis le belvédère de la chapelle : toujours aussi généreuse ! ( photo © Pierre Jayet)

Topo et trace GPX

La trace GPX de ce parcours est téléchargeable sur le site de Bourg-en-Bresse Destination dans la section « Documentation » de la page Église de Saint-Maurice-d’Échazeaux, Ruines de Mont-Didier.

Où dormir ?

Après cette journée, il faudra faire un peu de voiture pour se rendre à Cuisiat et y prendre ses quartiers pour deux nuits à la chambre d’hôtes des Trois Collines. Rose-Marie vous y accueille dans une ancienne maison vigneronne flanquée d’un beau patio décoré d’une fontaine et d’un jardin fleuri orné d’une mare remplie de nénuphars. Vous y serez idéalement à mi-chemin des deux derniers itinéraires de ce rando-trip. La nuitée pour deux personnes est tarifée à 79 euros. Infos et réservation : 04 74 42 35 79 ou 06 62 34 02 54

Où manger ?

Rose-Marie ne proposant pas la table d’hôte, ce sera l’occasion d’aller diner sur Cuisiat au Voyage des Sens, une adresse particulièrement courue ici et dont je n’ai entendu que du bien. Non je ne l’ai pas testée mais les locaux avec qui j’ai réalisé une partie de ce programme n’ont pas tari d’éloges en en parlant. C’était l’occasion de partager ici ce qui m’a tout l’air d’être un très bon plan pour bien manger. Menu découverte à partir de 27 euros. Infos et réservation :  04 74 51 39 94

Le Fiscal, cette étonnante « voie verte » au coeur de Treffort

JOUR 5 – TREFFORT & SON PARCOURS DE CRÊTES

Information préalable concernant cette randonnée

Ma journée sur Treffort a largement été contrariée par la météo. Il a fallu s’armer de patience pour faire les images. Aussi la boucle telle qu’elle est décrite ci-après n’a pu être entièrement parcourue. En revanche, j’ai eu la possibilité d’optimiser un créneau favorable pour faire plusieurs sauts de puce sur les principales crêtes de Treffort. Cela m’a permis de vérifier que l’ambiance pressentie là-haut valait bien l’effort d’une ascension ! Je n’ai, en revanche, pas pu visiter les grottes mentionnées mais me suis fait confirmer leur accès et l’intérêt à les intégrer à la randonnée.

La randonnée

Cap à l’ouest aujourd’hui, vers cet assemblage de crêtes complexe dressant un rempart naturel face à la plaine de la Bresse. Une configuration qui n’a pas échappé aux premiers hommes à être venus s’installer ici, à l’époque.

Étiré de haut en bas sur le cours du Nacaretan, Treffort, de toutes les communes du Revermont, est celle qui a le mieux conservé son héritage médiéval. À l’instar de Journans, elle affiche une certaine opulence, observée à travers ses solides demeures vigneronnes, ses rues fleuries et ses nombreuses fontaines.

Déambuler dans cette ancienne place frontière de la Franche-Comté, au gré de son inspiration, n’a rien d’une perte de temps. Escaliers étroits, passages sous voûte raccordant deux voies et même ce « Fiscal », étonnante rue enherbée desservant une rangée de maisonnettes, constituent autant de points d’intérêt au cours d’une visite en forme de prélude à la randonnée à venir.

Découverte de Treffort à pied : ici tout près du château à l’entrée de la surprenante voie du Fiscal

Treffort c’est également un château. Le lieu, davantage qu’un patrimoine, témoigne de l’énergie du Revermont et de ses habitants à valoriser leur territoire et leur histoire. Si le château de Treffort se veut historiquement associé à Amédée V et aux Ducs de Savoie puis, plus tard, à l’architecte Tony Ferret – qui le sauvera de la ruine à partir de 1909 – il le sera désormais aussi à Michel Piroux, un entrepreneur de Treffort qui a investi pour donner une nouvelle vie à ce site de 800 ans d’âge au 21ème siècle.

À l’issue de trois ans de travaux considérables, le château de Treffort ouvre ses portes au public en 2022 et dévoile sa longue histoire aux visiteurs à travers un musée de dix salles. Les extérieurs ne sont pas en reste avec un programme d’animations en fonction de la saison, des espaces de jeux pour les plus petits et, très régulièrement, des ouvertures visuelles riches sur le Revermont et sur la Bresse, notamment depuis le sommet de la tour de Papegai.

Promenade dans les rues à l’ambiance médiévale encore marquée de Treffort

Ce n’est pas pour rien si le départ de la randonnée se fait sous les murs du château, en s’enroulant en douceur par le versant sud-ouest de la colline du Montcel. Une douceur rapidement en sursis. Les alentours de Treffort montrent en effet rapidement les muscles.

Ici la géologie s’est montrée offensive en érigeant une série de reliefs dissimulant leur raideur sous un camouflage forestier qui pourrait tromper sur leur vraie nature. Enchaîner les crêtes de Treffort comme des perles dans un fil s’avère à la longue très sport. Après tout ne lit-on pas « effort » dans Treffort ?

Ça commence par le Chapeau de Gendarme et sa crête pas mal encombrée pour rallier Cuisiat, plus au nord de Treffort. Cuisiat où le/la marcheur/se déjà essoufflé(e) pourra faire une pause pour visiter le Musée du Revermont (voir plus bas, « en marge de la rando »).

Sur la crête de Montcel qui relie Treffort à Cuisiat

Retour sur les sentiers. Le col des Justices s’atteint à la patience et à l’ombre des sous-bois. Il dessert la crête suivante, la plus fameuse, celle de la Cabatane où se découvre la grotte éponyme à l’intérieur de laquelle il est possible d’avancer pour jouer aux cavernicoles. N’oubliez pas votre lampe frontale !

Le clou du spectacle est, lui, juste un peu après, au débouché d’une large terrasse herbeuse qui avance sur l’ouverture béante formée par le vallon du Nacaretan jusqu’à Treffort, au loin et si petit. Un panorama généreux, fermé très loin vers l’ouest par les Monts du Maconnais. Ce n’est pas un horizon qui m’est familier et à la qualité du belvédère s’ajoute donc une pointe d’excitation face à des terres inconnues.

Le panorama depuis la crête de la Cabatane : mon favori toutes crêtes confondues !

On se laisse ensuite glisser jusqu’à la Croix des Angoulures. Le jeu de montagnes russes n’est pas terminé. La prochaine côte patiente de l’autre côté de la départementale : c’est le Mont de Grillerin qu’un PR jaune escalade sans fioriture jusqu’aux pylônes des grandes lignes haute tension qui enjambent le Revermont en direction du Jura.

Une fois n’est pas coutume, la crête se montre à la hauteur en matière de vue et de petits pas de côté pour se percher sur quelques saillies rocheuses nous récompensent chaque fois par une vision renouvelée du panorama sur la Bresse. Ça, c’est pour le côté face. Côté pile, les ondulations boisées du Revermont creusent le paysage jusqu’aux montagnes du Jura.

Depuis la crête du Mont de Grillerin, un panorama toujours aussi immense sur la Bresse

Dernière sur la liste, la crête du Mont de Plantaglay propose un ultime baroud d’honneur aux randonneurs avec, à la clé, un nouveau panorama à découvrir ainsi qu’une seconde grotte, dite des Fées. Avis aux explorateurs/trices, cette petite cavité livra aux archéologues des sépultures préhistoriques, des silex et des os travaillés lors de sa fouille en 1901.

Elle offre, par ailleurs, une vue considérée parmi les plus belles sur le village de Treffort et son fameux trio de sommets : le Montfort, le Mont Châtel et le Mont Myon. Un aperçu en forme de bande-annonce avant l’ultime journée de demain qui se jouera sur les pentes de ce dernier. Pour l’heure c’est le retour à Treffort, chez les Cavets ou les Ventres Jaunes selon le goût de chacun(e) !

Le joli lavoir de la Platte, construit en 1845. Un endroit lumineux pour terminer la tournée des crêtes de Treffort

J’ai aimé

  • La visite du très beau village de Treffort
  • Le côté sportif proposé par cet itinéraire
  • Les panoramas depuis les sommets des différentes crêtes

Topo et trace GPX

Le circuit des crêtes de Treffort est un assemblage de plusieurs circuits existants qui peuvent être réalisés indépendamment. Il s’agit d’un exemple parmi d’autres des différents circuits de randonnée possibles au départ de ce village. C’est, à mon sens, celui qui permet de couvrir en une fois l’essentiel de Treffort. C’est également le plus long et, probablement, le plus sportif. Je mets à disposition la trace GPX de cette boucle sur simple demande à l’adresse contact@carnetsderando.net

En marge de la randonnée : le Musée du Revermont

Si vous en avez le temps, il pourra être aussi utile qu’agréable de faire une halte à Cuisiat au Musée du Revermont. Vous y ferez un plongeon dans le temps de la vie et des métiers d’autrefois. Des carriers aux faïenciers, de la vigne à l’école, les pages du grand livre du Revermont se feuillettent au gré d’objets et d’archives retraçant les souvenirs de la région. Une visite essentielle pour finir de bien contextualiser le territoire. Ouvert du 15 mars au 15 novembre 2024 : du mercredi au dimanche, 10 h 00 à 18 h 00, jours fériés inclus (8 et 9 mai, 14 juillet 15 aout, 1er et 11 novembre). Fermé le lundi et le mardi.

La façade du Musée du Revermont à Cuisiat (photo © Morgane Monneret)

JOUR 6 – LE MONT MYON : L’OLYMPE DU REVERMONT

Commencé il y a cinq jours au Turgon, frontière méridionale du Revermont, voilà notre séjour qui se termine par un autre sommet situé à l’opposé, à la limite nord du territoire : le Mont Myon. Avec ses 662 mètres d’altitude, cette grosse colline ramassée au-dessus de Pressiat pourrait prêter à sourire l’audacieux/se qui s’apprête à donner l’assaut en étant un peu trop sûr(e) de lui/elle.

Ne prenez toutefois pas le Mont Myon à la légère : il vous le ferait rapidement regretter ! Surtout si, comme moi, vous menez une charge frontale par le sentier tracé dans son versant ouest. On a beau y être à l’ombre le matin, on y fait rapidement quelques gouttes tant la pente est sévère. Et ce n’est rien en comparaison de l’itinéraire en pointillés de la face sud, à éviter après la pluie m’a-t-on conseillé !

Il y a, rassurez-vous, des manières moins guerrières de courtiser ce sommet fétiche des parapentistes. On a le Mont Myon qu’on souhaite, à l’instar de ces traileurs, plusieurs fois croisés en chemin, qui l’enchaînaient 22 fois à titre d’entraînement ce jour-là. Plus qu’un sommet : un stade ici !

Satellisation matinale dans les pentes sévères du versant ouest du Mont Myon : sportif !

Le Mont Myon c’est un modèle d’adaptation qui n’est pas uniquement une affaire de sportifs. Le tout Bourg-en-Bresse y monte pendant les week-end ensoleillés pour admirer la vue en famille ou entre copains sur la Bresse, le Mâconnais et jusqu’à la Haute-Saône et au Morvan que les regards les plus perçants repèreront vers le nord-ouest.

C’est un sommet convivial, à l’image de son refuge Camille Gouilloux, en gestion libre, qui permet d’y passer la nuit après un coucher de soleil sur la grande plaine de l’Ain. C’est d’ailleurs un site classé pour son intérêt paysager.

Le sommet est entretenu par ses amoureux, regroupés au sein de l’association « les Amis du Mont Myon », qui ne regardent pas à l’effort pour que l’expérience du Mont Myon auprès de ses visiteurs/ses soit la meilleure possible. C’est un objectif à côté duquel il est impossible de passer pour prétendre à ce que sa visite du Revermont soit complète.

La vue depuis l’intérieur du petit refuge du sommet. De quoi donner quelques idées de soirée et de bivouac !

Je m’en arrache à contrecoeur, un peu fâché après ce nuage qui retient obstinément le soleil depuis le départ. Pour ce que j’en vois, il faudra patienter jusqu’aux abords de Plain Champ, bien en-dessous, pour pouvoir profiter de celui qui se fait désirer en France depuis plusieurs semaines.

Prolonger par Plain Champ c’est profiter avant de devoir le quitter de ce Revermont panoramique dont je ne me lasse pas. Des courbes douces, baignées d’une lumière retrouvée, que traverse d’un trait souple le sillon clair du chemin. Le goût de l’espace, savouré en petit comité, en suivant les balises du GR®59 qui se prépare, dans quelques kilomètres, à basculer chez le voisin jurassien.

Enchaînement au coeur des belles prairies de Plain Champ avec le Mont Myon en arrière-plan

Une déflagration violente fait soudain vibrer la terre. J’interroge mes hôtes du regard : rien d’inhabituel ici, à proximité de la carrière de Roissiat ! Même la tribu de chamois – on en dénombre, paraît-il jusqu’à 80 ! – qui a élu domicile dans les hauteurs de celle-ci s’en accommode !

J’ignore ce qui, de l’explosion ou de la présence des chamois ici, me sidère le plus ! L’ongulé est une star locale et on vient parfois se promener dans le coin dans le seul et unique but de l’observer. Le voir galoper dans les barres, pile au-dessus des bulldozers, a quelque chose de singulièrement discordant, quoique définitivement surprenant !

Improbables chamois de la carrière de Roissiat ! N’oubliez pas vos jumelles pour pouvoir les distinguer encore plus nettement

Sébastien, le « monsieur rando » de l’agglomération de Bourg-en-Bresse, nous fait ensuite dévier vers les hauteurs solitaires de La Mouria où je verrais bien l’ouverture d’un barreau balisé reliant le GR®59 au GR® de Pays du Tour du Revermont. Je m’enivre littéralement de ces horizons.

Le spot de La Mouria est fou, juché entre terre et ciel. Il y a quelque chose de l’âme du Revermont qui souffle parmi ces grands espaces vierge de tout passage, excepté celui des vaches pendant la période d’estive

Le timing devient serré mais j’en veux encore pour ramener un peu de Revermont en Provence. Sébastien propose un crochet par la table d’orientation du Trembley. En compagnie d’une tribu de bovins curieux, on pose le regard de Roissiat, à nos pieds, jusqu’aux crêtes de Treffort où je gambadais encore hier. J’inspire une dernière fois avant de décrocher. Ce belvédère était le dernier.

À la table d’orientation du Trembley, avec vue sur Roissiat en contrebas

Retour maintenant sur le plancher des vaches via le sentier de découverte Mémoire de Pierre qui, de citation en gravure, valorise au fil du chemin l’art des tailleurs/ses de pierre tout en déroulant les chapitres de l’histoire locale. Une poésie toute minérale et qui témoigne d’un projet original porté avec enthousiasme par des chantres du poinçon carbure et du ciseau à graver.

Je fais, pour finir, un saut à la stèle commémorant la tragédie du Grand Brule, épisode qui a vu les villages et hameaux de Pressiat, Chevignat, Roissiat et Verjon être incendiés par les allemands le 18 juin 1944. Posté face au Mont Myon, le monument est un appel au souvenir et un avertissement pour les générations futures. 

L’étonnant segment de l’itinéraire qui sillonne les roches gravées du sentier Mémoire de Pierre

J’ai aimé

  • Le côté « rassembleur » du Mont Myon et son immense panorama
  • La douceur des espaces de Plain Champ et de La Mouria
  • Observer les chamois de la carrière de Roissiat
  • L’authenticité et l’originalité du sentier Mémoire de Pierre

Topo et trace GPX

Trace GPX disponible si nécessaire sur simple demande à contact@carnetsderando.net

Depuis le parking du plan d’eau, partir à droite direction Pressiat, Roissiat et Mont Myon en suivant le balisage jaune. S’engager plus loin à gauche par la rue du Mont Myon (1) jusqu’à croiser la D52 (2). La suivre à gauche puis, presque immédiatement, monter à droite par un chemin enherbé appuyé contre le mur d’une maison.

Gravir le sentier raide du versant ouest du Mont Myon. Au poteau signalétique alt.534m (3) continuer par une ascendance marquée le long d’une clôture en direction de la crête nord du Mont Myon. Plus haut franchir une clôture par un passage aménagé et atteindre le poteau signalétique alt.640m (4). Suivre à droite la direction Mont Myon – Table d’Orientation.

Depuis le sommet du Mont Myon avec l’ombre des nuages avançant sur la Bresse

Rejoindre et dépasser le parking du sommet. Continuer tout droit pour atteindre d’abord le refuge puis monter à gauche juste avant celui-ci pour rejoindre la table d’orientation (5). Revenir par le même itinéraire jusqu’au poteau signalétique Mont Myon alt.640m et continuer ensuite par le GR, tout droit, direction Bois du Mont Myon, col de Plain Champ.

Au poteau signalétique Bois du Mont Myon (6), poursuivre tout droit direction col de Plain Champ et rejoindre celui-ci au niveau d’une route (7). Traverser celle-ci et continuer par le chemin en face direction Roissiat et Belvédère de la Carrière de Roissiat.

Atteindre le poteau signalétique Boissière (8) et suivre la direction Belvédère Carrière de Roissiat, Verjon, Roissiat (balisage jaune toujours). Rejoindre plus tard la table d’orientation du belvédère (10). Le dépasser et descendre la butte pour continuer à descendre par un sentier enroulant en lacets dans le versant sud du Trembley. La trace arrondit autour de l’ancienne carrière puis rejoint une route (11).

Les hauteurs de la carrière de Roissiat, aperçus depuis les grandes ouvertures de Plain Champ

La traverser pour continuer par un chemin en face. À l’intersection suivre la route à gauche. La quitter plus loin à gauche à l’invitation du mobilier de présentation du sentier Mémoire de Pierre (12). Remonter celui-ci jusqu’au poteau signalétique Sous En Coulouvière (13) et suivre la direction Le Grand Brule, balisage jaune et rouge du GR® de Pays. Croiser assez vite un autre poteau signalétique Grande Charrière Haut (14) et suivre le balisage jaune direction le Grand Brule et Chevignat. Descendre jusqu’à croiser la D52.

La suivre à gauche et, assez rapidement, la quitter par un chemin parallèle à droite jusqu’au poteau signalétique Sous Grand Brule (15). Emprunter le passage aménagé dans la haie à droite, direction le Grand Brule et, par un sentier en sous-bois, rejoindre le monument (16).

À l’invitation du poteau signalétique suivant, descendre sous celui-ci par une trouée dans la végétation direction Courmangoux. Rejoindre une petite route au niveau du poteau signalétique Pont du Tram (17) et passer sous celui-ci, à gauche, direction Chevignat et rejoindre le plan d’eau après avoir traversé le petit village.

Pour en faire moins

On peut rejoindre Courmangoux  directement depuis le col de Plain Champ si on ne souhaite pas faire l’intégralité du circuit. Un balisage jaune, juste avant le col de Plain Champ, y redescend en empruntant le Fond de l’Anche. Tracé indiqué en pointillés rouges sur la carte.

Pour en faire plus

Au niveau du poteau signalétique de Boissière (8), vous pouvez effectuer un aller-retour sur les jolies crêtes dégagées de la Mouria en suivant le balisage GR®. Prendre donc d’abord à droite puis, au poteau signalétique suivant, continuer à monter à gauche. Peu avant que le chemin ne redevienne route – et uniquement si la barrière est ouverte – monter alors par un chemin à droite qui rejoint de grands champs en pente. Suivre grossièrement la pente en ascension et poursuivre par une sente parfois assez bien marquée pour dépasser des bosquets et atteindre les espaces sommitaux plus dégagés de La Mouria (9). Retour par le même itinéraire pour raccorder le circuit principal au niveau de Boissière.

Belle parenthèse immersive sur les hauteurs de La Mouria

En marge de la randonnée : le Monastère Royal de Brou

De retour à Courmangoux, il est maintenant temps de rentrer sur Bourg-en-Bresse – 21 km, 25 mn de voiture – pour la fin de ce rando-trip. Si vous disposez d’un peu de temps, je vous invite vivement à ne pas passer à côté de la visite du sensationnel Monastère Royal de Brou, pièce maîtresse de cette grande ville de l’Ain, dont les intérieurs m’avaient totalement époustouflés.

Je ne suis pas certain d’avoir jamais admiré de retables aussi incroyables et démesurés que ceux qu’abrite ce chef-d’oeuvre de l’art gothique flamboyant daté du 16ème siècle. Une oeuvre consacrée par l’amour de Marguerite d’Autriche à son époux Philibert, duc de Savoie et dont les sépulcres respectifs gisent, réunis pour l’éternité, dans le silence et la beauté renversante du choeur de l’ouvrage. Passionnant.

Remarque : les informations données dans cet article consacré au Revermont engagent uniquement la responsabilité de l’utilisateur/rice sur le terrain qui saura les adapter à son niveau et à son expérience. Carnets de Rando ne saurait être tenu responsable de tout accident survenant suite à un mauvais usage de cet article ou à une mauvaise appréciation du niveau du/de la pratiquant(e) par rapport à celui requis.
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2 Comments

  1. Olivier Grosjean Répondre

    Salut David,

    La passerelle de la Reculée de Corveissiat, qui permet de traverser le ruisseau de la Balme, n’est malheureusement plus aussi belle que sur la photo ci-dessus. Pour tout dire, elle est même fermée au public, pour cause de grand délabrement des poutres de soutènement, avec risque de passer au travers. La petite boucle dans la reculée n’est donc plus possible.
    Par contre, le premier mai, il y avait de l’eau et la cascade était fort jolie.

    https://www.altituderando.com/rando24546

    1. carnetsderando Auteur de l'article Répondre

      Salut Olivier,

      Waow ! Mais mince alors ! Si je m’étais attendu à ça ! On y était passé il y a peut-être deux ans de ça et je m’étais dit que j’allais caler cette sympathique boucle dans ce sujet. Tu parles d’une nouvelle… Je suis déjà bon pour une mise à jour… Merci pour cette info essentielle en tout cas. Je fais dès que possible le nécessaire pour actualiser l’article.

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